19 janvier 2011

Wikileaks en débats

extrait de la Chronique internet n° 413, à paraître dans la revue Historiens & Géographes :

WikiLeaks est une association à but non lucratif fondée en décembre 2006. Le site Web (qui n’a rien à voir avec l’interface wiki) collecte des sources sensibles (rapports internes, documents confidentiels) illustrant des dysfonctionnements au sein de nos sociétés. Après analyse critique, certains de ces documents sont publiés, l'anonymat des informateurs étant en principe garanti.

La diffusion de la vidéo d’une bavure à Bagdad en 2007 a attiré l’attention des médias. Par la suite, The Guardian a exploité et cartographié les archives de guerre (warlogs) en Irak. Plus récemment, des télégrammes de la diplomatie américaine ont été remis à cinq quotidiens dont Le Monde qui en ont publié une sélection (Cablegate).
http://tinyurl.com/guardian-2010-iraq-map  -  http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/

Chez les technophobes, WikiLeaks est devenue la dernière cible à la mode, Google et Wikipédia bénéficiant d’un répit relatif. Les attaques sont souvent très révélatrices, aussi bien pour la forme que pour le fond. Ainsi, pour ces censeurs, Wikileaks menacerait la sécurité des Etats démocratiques, en particulier celle des Etats-Unis, et mettrait en péril la vie de leurs agents. Le cauchemar de la transparence absolue est brandi, souvent par des politiciens qui voudraient mettre la vie de leurs concitoyens sous vidéosurveillance généralisée ! La personnalité de Julian Assange et ses propos sont aussi passés au crible…
« Rétif par nature à tout contrôle, multiple, insaisissable, impossible à unifier et sans doute à réguler, ce cinquième pouvoir [l’initiative citoyenne et ses milliers d’associations] est en train d'acquérir une puissance qui menace tous les autres. En poussant sa logique au plus loin, il est possible d'imaginer que l'activité de ce cinquième pouvoir puisse, à terme, rendre les démocraties impossibles à réformer et peut-être même à gouverner…». écrit Jean-Christophe Rufin dans Le Monde 21/12/2010

.
Il y aurait beaucoup à écrire sur les formes prises par la médiatisation de cette initiative, entre course permanente au scoop, personnalisation à outrance, et choc des arguments (dont certains n’évitent pas la mauvaise foi). Un exemple : Wikileaks menacerait la presse, son travail d’investigation et son rôle de médiation ; or la sélection et la diffusion de quelques centaines de dépêches (sur 250 000 annoncées) s’est faite dans les colonnes de cinq quotidiens.

Patrice Flichy fait le pari de l’intelligence et de la culture de lecteurs éclairés ; selon lui, Wikileaks, « c'est la réhabilitation du journalisme d'expertise » et l’essor du journalisme de données, les logiciels permettant d’exploiter des masses énormes de données brutes. Le Monde 03/12/2010.

Pour Dominique Cardon, la transparence est moins une menace pour la démocratie que l’opacité : « La demande d'informations issues des coulisses apparaît alors comme un contre-feu face à l'hypertrophie des stratégies de communication qui cadenassent dans une langue de plus en plus artificielle les discours du pouvoir ». De plus, « au prétexte de la tyrannie de la transparence, l'affaire WikiLeaks a ranimé chez certains le culte du secret et de la raison d'Etat. Une révélation de plus, et ce sont les vertus de la politique machiavélienne qui seront réhabilitées et, avec elles, cette habitude de protéger n'importe quel agissement du pouvoir, au nom du discrétionnaire « secret défense » ».
Le Monde 03/12/2011, dossier « WikiLeaks, entre déballage et démocratie ».

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18 janvier 2011

Sciences sociales sans débats ?

Les questions pédagogiques sont porteuses d'enjeux politiques
Le Monde - 17-01-11 publie un point de vue de Marjorie Galy, présidente de l'APSES (Association des profs de SES).

« Les programmes d'enseignement sont le reflet des finalités confiées à l'école par chaque nation. Les sciences économiques et sociales sont nées il y a plus de quarante ans d'une conception démocratisante et émancipatrice du savoir. Cet enseignement de sciences sociales, qui participe à la culture générale des lycéens, emprunte principalement à l'économie, la sociologie et la science politique des savoirs et méthodes pour donner des clés de compréhension des sociétés contemporaines. Il connaît depuis sa création un attrait continu auprès des lycéens toujours plus nombreux à le choisir et à poursuivre avec succès, après un baccalauréat économique et social, des études supérieures diversifiées les menant vers les emplois qualifiés du tertiaire.

Cette réussite repose sur le choix pédagogique de partir de questions contemporaines pour aborder les apports des différentes sciences sociales. Or, les nouveaux programmes de SES publiés suite à l'actuelle réforme du lycée, tournent le dos à ce choix fondateur pour proposer aux lycéens une collection de fondamentaux disciplinaires décontextualisés et technicistes.

L'économie est-elle encore une science sociale ?

Michel Pébereau et Yvon Gattaz, illustres représentants du monde patronal, dénoncent depuis longtemps cet enseignement qui détournerait les lycéens des "connaissances de base en économie". On leur doit, en 2008, l'initiative d'un rapport à charge de l'Académie des sciences morales et politiques contre l'enseignement des SES s'inquiétant "de programmes prétentieusement philosophiques, d'une approche inopportune de la vaste sociologie, (…) de la négligence des bases de l'analyse économique".

Leurs conclusions vont à l'encontre des choix ayant présidé au succès de cet enseignement et s'accordent en revanche parfaitement avec le nouveau programme de première applicable à la rentrée 2011 qui entérine un cloisonnement inédit de l'économie d'un côté et de la sociologie de l'autre. L'économie y apparaît comme une science sans débats édictant des lois insensibles aux contextes sociaux et politiques tandis qu'on est surpris par le maigre contenu de la boîte à outils du sociologue, l'étude des classes sociales ou de la culture disparaissant par exemple.

En revanche, les deux principales préconisations du rapport commandé en 2008 par le ministère, à l'économiste et professeur au Collège de France Roger Guesnerie, sont totalement ignorées par le groupe d'experts. Aucun allègement du programme n'est effectué, bien au contraire, l'encyclopédisme y atteint un niveau record. Ensuite, la recommandation de privilégier une architecture matricielle reposant sur le croisement d'objets et de concepts a été ignorée, ce qui fait dire à Roger Guesnerie que "les concepteurs sont passés d'une logique d'objet à une logique de concept qui peut conduire à une sorte de caricature des conceptions universitaires de l'enseignement des sciences économiques et sociales".

Amoindrir la portée critique des sciences sociales au lycée ?

Le renversement des finalités pédagogiques et le démembrement de l'enseignement de SES sont liés. Ce programme est très mal accueilli par une majorité d'enseignants de SES qui y voient la négation de leur expertise professionnelle et du succès de leur enseignement. Que révèle cette volonté d'imposer un programme contre l'assentiment des professeurs qui auront à l'enseigner ? Si ce programme n'est pensé ni pour les élèves, ni pour les enseignants, pour qui l'est-il alors ? Les professeurs sacrifieront-ils leur éthique professionnelle pour "boucler le programme", ou, contraints par la réalité quotidienne de leur classe et la conception qu'ils se font de leur rôle, iront-ils au-delà de la liberté pédagogique que le nouveau programme leur confisque pour prendre des chemins de traverse ? Nous parions, qu'ils ne sacrifieront pas leurs élèves sur l'autel d'un programme qui n'a pas été pensé pour eux.

Devant ce programme infaisable et face à l'éclatement de l'enseignement qui en découlera, il relève de la responsabilité du ministre Luc Chatel d'annoncer sans tarder un moratoire sur les nouveaux programmes de SES afin de donner le temps et la légitimité à un nouveau groupe d'experts de construire des programmes de SES attractifs, enseignables et utiles aux lycéens, citoyens de demain ».

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- Lire également Les sciences sociales, des sciences sans débats ?
autre texte de Marjorie Galy, Présidente de l'APSES - L'Humanité, 13/01/2011
http://tinyurl.com/huma-1301-ses

- 24/01/2011 - Entretien de Marjorie Galy avec Le café pédagogique - 24/01/2011

« Les procédures actuelles de confection des programmes sont archaïques. La mise en minorité numérique et symbolique des enseignants dans les groupes d'experts est assez révélatrice de la vision pyramidale de la transmission des savoirs qui existe aujourd'hui.  L'absence de chercheurs en sciences de l'éducation, l'absence d'évaluation préalable des anciens programmes, l'incapacité à réfléchir conjointement aux modalités d'évaluation des programmes ou la démarche de la table rase sont quatre autres graves lacunes ».
Sur la rupture avec la pédagogie active, relire  Henri Lanta

Le texte met aussi l'accent sur la dégradation des conditions matérielles de travail. (économie-SES ou économie-gestion pour tous, mais disparition des groupes, prise en compte aléatoire des notes...)

 

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Sites académiques 01/2011

La liste complète des séquences disponibles sur les sites académiques en HG...
interroger les titres en plein texte
http://www.educnet.education.fr/bd/urtic/histgeo/liste_fiches.php

Mise en oeuvre des nouveaux programmes 2010 (5e - 2de - 1ere Bac pro)
http://tinyurl.com/educnet-hg-nxprog2010-prop

Travaux académiques mutualisés
http://tinyurl.com/educnet-traam

Edubase, flux rss
http://www.educnet.education.fr/histgeo/usages/edubase

Lettres d'informations académiques
http://tinyurl.com/educnet-hg-academies

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parmi les sujets traités en janvier 2011 :

DNB - Histoire des arts, annales zéro
Compétences - Livret personnel - outils d'évaluation.

Aix - La Durance 112
Créteil - Echelles n° 29
Amiens - Rechercher sur internet - Les jeans Lee Cooper
Besançon - DD, propositions de séquences
Dijon : La Bretagne en panne d'électricité ?
Grenoble - L'eau en Tunisie
Montpellier - Gibraltar-le-choc-des-continents
Poitiers - Empreinte écologique et agendas 21
Rouen - Mesurer la pauvreté IPM
La Réunion - Sortie aux Makes
Dakar : Le littoral dakarois (A Lamotte, AEFE)

Reims - L'Illiade et l'Odyssée (site web canadien)
Dijon - Wharram Percy, Pékin aux XVe et XVIe siècles
Nice - La seigneurie des Arcs-sur-Argens (32 Mo)
Poitiers - Les Demoiselles d'Avignon
Paris - Les Temps Modernes
Versailles - Les enfants dans la Grande Guerre
Paris - Enseigner la Shoah par le théâtre

Créteil - Les Européens dans le peuplement de la Terre
Nantes - La traite transatlantique (BD Emory U, Atlanta)
Versailles - L’immigration irlandaise en Amérique, au XIXe siècle
Dijon - Le retour des haies
Nice - L'espace Cannes-Grasse
Créteil - Singapour

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17 janvier 2011

Les décennies aveugles

Philippe Askenazy était l'invité de Sylvain Bourmeau le 08/01/2011 à propos de son ouvrage Les décennies aveugles : Emploi et croissance (1970-2010), Seuil, 2011
A écouter au format mp3 : http://media.radiofrance-podcast.net/

Le 10, Audrey Pulvar lui a consacré sa chronique, à lire ou à écouter en ligne
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/sans-prejuges/index.php?id=99878

PA a une vision très critique des politiciens et de leurs conseillers :

11e - Barre, que Giscard avait tenté de vendre comme "meilleur économiste de France", a joué l'apprenti sorcier.
Il a commis 2 erreurs majeures à propos des jeunes :
. il veut les faire bosser dans des métiers manuels, alors que la croissance est ailleurs... dans des domaines où les jeunes peuvent acquérir les qualifications nécessaires ;
. il choisit de subventionner les emplois à court terme et renforce d'autant leur précarisation.

21e - En 1993, au moment où les USA de Clinton et Gore encouragent les investissements dans les technologies,
en France, le ministre de la recherche ignore ces technologies dans ses 25 priorités,  et le ministre du budget en sabre les crédits au nom de l'austérité. Devinez qui étaient ces deux ministres, tous les 2 juristes de formation ...

23 - Il interroge la capacité des experts à anticiper dans le bon sens, et la lenteur du renouvellement du personnel politique.
Malinvaud est directeur de la prévision en 1973 : il certifie que la croissance va continuer.
En 1981, il plante Mitterrand, il conseille la relance, en pensant que les USA vont faire de même...
Il a aussi plaidé la réduction des cotisations sociales sur les bas salaires, alors que son coût fait interroger la pertinence de cette mesure...

Pour PA, il faut cesser de courir après LE modèle parfait à transposer sans adaptation ...
Voilà 5 ans, la référence c'était l'Irlande des néo-cons.
On sait ce qu'il est advenu depuis de ce pays et de sa politique économique.

L'écouter aussi dans Les Matins (10/01/2011) via dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/xgi105_les-matins-philippe-askenazy_news

decennies

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16 janvier 2011

Tunisie, le choc de l'après

- La Tunisie face au choc de l'après-Ben Ali - Le Monde 15/01/2011
« Président depuis 23 ans, M. Ben Ali a fui en Arabie saoudite, chassé par une révolte contre l'arbitraire du régime et sa corruption ». http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2011/01/15/

- WikiLeaks : Corruption en Tunisie, "ce qui est à vous est à moi" - Wikileaks - Le Monde - 15-01-11
« Le Monde publie exceptionnellement une traduction en français d'un télégramme diplomatique américain dévoilé par WikiLeaks et décrivant la corruption au plus haut niveau du régime du président Ben Ali »

- La révolution du Jasmin, de Sidi Bouzid à la fuite de Ben Ali - Libération
http://www.liberation.fr/monde/

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- Dossier Tunisie, Le soulèvement - Libération
http://www.liberation.fr/tunisie-soulevement-2011,99999

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- Leila Trabelsi, la cleptodame - Libération 18/01/2011
Ecartant les clans rivaux, l’omnipotente seconde épouse de Ben Ali a pillé le pays au profit de sa famille (son clan ?).

« C’est l’histoire d’une Du Barry
qui s’est prise pour la Pompadour
et aurait pu finir comme Marie-Antoinette ... »

 

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Wikipédia incontournable

En dix ans, Wikipédia est devenue incontournable
Le Monde - 15.01.11

Depuis 2003, la Wikimedia Foundation est propriétaire des machines, des noms de domaine, et de la marque. Florence Devouard a présidé la WMF entre 2006 et 2008. L'actuel président est l'Allemand Ting Chen.

Wikipedia se professionnalise. A la suite de l'appel aux dons, le budget 2011 doublera à 16 M $.
Un troisème centre de serveurs sera installé (Virginie ?)
http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/01/15/en-dix-ans-wikipedia-est-devenue-incontournable_1466043_3234.html

- Côté encyclos traditionnelles, Alain Beuve-Méry parle de Larousse et de l'Universalis (sans mentionner le succès du dvd, davantage abordable que la version papier).
Il cite aussi ... Knol...
"Pour les concurrents de Wikipédia, la meilleure manière pour exister consiste d'ailleurs à se concentrer sur des thématiques spécialisées".
A quels exemples peut-il se référer ?

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15 janvier 2011

Wikipedia a dix ans

TEN_WP

.
- Extrait du message de Jimmy Wales transcrit et traduit par Framablog :
« ...Nous avons des millions d’articles dans des centaines de langues. Environ 400 millions de gens visitent le site tous les mois et c’est quelque chose de tout simplement stupéfiant.
Si vous n'avez pas encore contribué, cliquez sur Modifier
[ ou mieux créez un compte et cliquez sur Modifier].
Vous voyez des erreurs ? Corrigez-les.
Tous les internautes vous en sauront gré ».
http://www.framablog.org/index.php/post/2011/01/14/wikipedia-10-ans
Framablog ajoute : Bon anniversaire et grand merci, et plutôt dix fois qu’une !

Wikipedia, c'est à ce jour :
1 055 942 articles en français
3,529,142 articles in English
649 735 en russe
50 000 en latin pour Vicipaedia
C'est aussi   
Wikimedia Commons (8,143,141 freely usable media files)
Wikisource (EN:160,118 texts - FR:63 651 textes)
etc...
.
- Wikipédia, bulle de savants,
D Camille Gévaudan, Libération Ecrans
http://www.ecrans.fr/Wikipedia-bulle-de-savants,11767.html

Dans Libération, Camille Gévaudan rappelle que Wikipedia ne devrait pas fonctionner, et pourtant elle marche.
Son usage est devenu un réflexe, aussi bien pour une date ponctuelle que pour la découverte et l'exploration d'un sujet plus ample.

De fait, on peut souligner un succès pluriel :
- Chaque internaute (souvent via Google) trouve une réponse à ses questions chaque fois que d'autres internautes l'ont précédé dans sa curiosité. La mobilisation de millions de mains anonymes sert la diffusion d'une culture de masse. Une culture parfois dénigrée mais qui n'a nullement à rougir face aux rediffusions de la TV commerciale sur la TNT.

- Une double réussite technique :
Lors de votre dernière recherche, Wikipedia probablement fourni une réponse dans l'instant.
Il faut imaginer la puissance de l'infrastructure nécessaire (datas centers, ordis, tuyaux), et vanter la simplicité de l'interface en wiki. http://techblog.wikimedia.org/2010/09/wmf-engineering/
Après Tampa, et Amsterdam, un nouveau datacenter pour la WMF :
http://darkoneko.wordpress.com/2010/07/12/

Le tout est financé aujourd'hui par des dons, pas par la publicité commerciale.
Voir Pour la bonne cause, une vidéo sur le site Nouvo.ch :
http://www.nouvo.ch/2011/01/pour-la-bonne-cause-wikip%C3%A9dia

- 2 défauts sont cependant à noter :
. La brutalité de certains patrouilleurs et celle de Salebot, le robot automatisé qui surveille les modifications ; les chamailleries interminables des guerres d'édition...

. Wikipedia ne cible pas un public précis ; les incitations à la concision sont trop rares.

Néanmoins, à condition de ne pas y chercher les subtilités de la dernière controverse historiographique, à condition de ne pas en attendre le manuel de votre classe de collège ou de lycée ( ou les manuels utiles pour préparer le capes), nul doute que Wikipedia a déjà répondu et répondra à vos questions.
« Chaque polémiste regarde Wikipedia de sa seule fenêtre : un universitaire veut y voir une thèse ou un manuel du supérieur, un professeur de collège ou de lycée y cherche le manuel idéal. Or ceux qui utilisent Wikipedia savent que ce n’est ni une thèse ni un manuel, mais un simple outil efficace de vulgarisation, accessible à tous, partout et tout le temps, dont le contenu dépend de ceux d’entre nous qui ont décidé de lui consacrer bénévolement du temps personnel et familial ». Chronique Internet, à propos de Wikigrill

.
- Wikipedia a dix ans. JN Lafargue, pour Owni (source : Michel)
http://owni.fr/2011/01/14/wikipedia-a-10-ans/

Pour JNL, Wikipedia est devenue une institution, une porte d'entrée difficilement évitable.
Avec les défauts et les qualités d'une institution

Wikipedia est aussi un réseau social, où les contributeurs sont égaux, certains l'étant davantage que d'autres.

Il évoque et regrette le clash fréquent entre le spécialiste universitaire d'un domaine et le morveux qui connaît tout à Wikipédia et à ses rouages mais strictement rien au sujet traité.

Il rappelle l'atelier à Paris VIII sur l'art contemporain et les arts numériques. L'expérience a duré cinq ans.

.
-  Avec 1 176 120 articles, Wikipedia en allemand arrive en deuxième position. (Nicole sur la liste HF)

« La plus grande oeuvre des hommes » titre l'hebdomadaire Die Zeit en première page de son édition papier.
« Des centaines de milliers de personnes participent chaque jour à  la rédaction de l'Encyclopédie la plus vaste du monde ».

Cependant, la version allemande connait des problèmes spécifiques (historiques) par rapport aux autres versions. Elle est en quelque sorte bridée par sa rivalité avec l'encyclopédie Brockhaus. Elle doit chercher à  se rapprocher du modèle anglais, estiment les responsables allemands. La version allemande est composée de grands articles, alors que les autres versions sont constituées de petits articles. Les liens vers les autres versions sont mal faits. "Wikipedia ist in einer Sackgasse" : Martin Haase estime que Wikipedia.de est dans un cul de sac, mais cela devrait s'arranger.
http://www.zeit.de/digital/internet/2011-01/wikimedia-wikipedia

pour explorer plus avant ce thème : http://www.zeit.de/themen/digital/wikipedia/index

.
- En 2006, le regretté Roy Rosenzweig a écrit : « Can History be Open Source ? Wikipedia and the Future of the Past ».
Une adaptation en français a été faite à plusieurs mains et mise en ligne.
Par la suite, les débats n'ont pas manqué, avec souvent une bonne dose de mauvaise foi.
http://clioweb.free.fr/debats/wikipedia.htm

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14 janvier 2011

Qui veut la peau des Services Publics ?

cotta_sp

 

Qui veut la peau des Services Publics ?

Un ouvrage et une émission souvent mal nommée d'Isabelle Giordano (France Inter, jeudi 13 janvier 2011). A archiver et écouter en différé en mp3
ou
http://sites.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=10765&BD=13012011
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10207.xml
 

 

Selon l'animatrice, il faudrait se résigner à la dégradation actuelle et se soumettre à la privatisation généralisée :
- Il n'y a plus d'argent dans les caisses (un déficit de 1600 Mds),
- C'est la politique mise en place chez tous nos voisins
( lire dans la presse, l'appel au refus de laisser brader l'Hôtel de la Marine)
 

37 Jacques Cotta :
« Pourquoi faudrait-il considérer comme moderne et inéluctable, non pas des réformes mais des contre-réformes  qui consistent à s'emparer de ce qui est socialisé pour le confier à des intérêts privés ? Pourquoi toujours prendre l'argent dans la poche du plus grand nombre ? Ne pourrait-on pas prendre l'argent là où il est ?
Je ne résigne pas, je m'indigne...  »

« C'est un discours de vieux », lui rétorque Olivier Pastré qui caricature le propos en le réduisant à un discours sur le « Toujours Plus ».

La rhétorique de Pastré semble très révélatrice.
A une affirmation qui déplait, il prétend opposer « un fait »,
mais à « un fait » qui ne lui convient pas, il répond par une caricature
( « mettre un hôpital à tous les coins de rue ? je voudrais bien, mais c'est hélas impossible »
ou encore « Thatcher est allée trop loin...  heureusement aujourd'hui nous ne sommes pas aussi brutaux »

.
IG fait tout son possible pour laisser le dernier mot à Pastré, en espérant une formule choc, du genre « Comment faire Mieux avec beaucoup Moins », « Travailler plus pour gagner...»

En fait, c'est à J Cotta que ce dernier mot revient. Il propose de
. Prendre l'argent là où il est et arrêter de siphonner les fonds publics,
. En finir avec les directives européennes qui imposent de démembrer les services publics au nom d'une concurrence supposée libre et non faussée...
. Déclarer que le bien social est au dessus de tout, notamment au dessus de l'intérêt à court terme des actionnaires.

cotta
Jacques Cotta, source Marianne 2

.
-- Le coût du conseil en politique :

Ecouter  Pascal Clark sur France Inter
ou lire Pierre Haski sur Rue 89
http://clioweb.canalblog.com/


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Le coût du conseil en politique ...

-- Un conseil à 8000 euros par mois, ...

Ecouter l'émission 5 minutes avec... du 6 janvier 2011.
Pascale Clark y interroge D Paillé, l'ex-porte parole du parti majoritaire.
Ce politicien qui se dit « moins à droite que JF Copé » touchait « 8000 euros net au titre de conseiller du secrétaire général » de l'UMP (autant pour Lefebvre ?). Son ambition affirmée est de « continuer à être utile à NS pour que son septennat (sic et resic) » soit une réussite. Accessoirement, il veut devenir député des Français de l'étranger (zone du Bénélux) - indemnité, environ 9000 euros mensuels
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11710.xml
http://media.radiofrance-podcast.net/

- De la mondialisation à l'universalisation : une ambition sociale
Christine Boutin, l'ex-ministre a rendu son rapport en 17 propositions le 9 déc. 2010 ...
http://asset.rue89.com/files/0000.pdf

- Le coût de la mission confiée par EW, alors ministre du travail, avait soulevé la polémique en juin 2010.
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/06/10/18213842.html

- «  J'ai lu le rapport de Boutin sur la mondialisation : affligeant » constate Pierre Haski dans Rue 89 - 11/12/2010.
« Dans cet inutile et (très) coûteux document, l'ex-ministre du Logement offre à NS d'aller vers l'universalisation du monde ».



 

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Laisser brader l'Hôtel de la Marine ?

Régis Debray, Alain Decaux, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Le Goff, Pierre Nora, Mona Ozouf, Michel Winock refusent de laisser brader l'Hôtel de la Marine. Leur Appel a été publié par Le Monde le 10/01/2010

« On veut faire une Maison de l'histoire de France parce que, paraît-il, la France perd sa mémoire. Mais on liquide en même temps une maison qui est, à sa manière, une leçon d'histoire de France. La France ne perd pas sa mémoire, elle la brade ».

Pierre Nora était l'invité de la Fabrique de l'Histoire, ce vendredi, à propos de cet Appel,
en même temps que Jean-Pierre Rioux au sujet de la Maison de l'Histoire de France.

.
Copie de l'Appel :

Sauvons l'hôtel de la Marine à Paris !

« Quiconque éprouve encore un minimum de respect pour le passé national, pour les pierres chargées de symboles et d'une histoire qui touche tous les Français ne peut qu'être révulsé à l'idée que l'hôtel de la Marine, place de la Concorde, soit alloué le 17 janvier - demain ! - sans protestation aucune, affermé, disons le mot : aliéné à un groupe financier international, Alexandre Allard, pour, derrière la façade inchangée, en faire un Barnum commercial assorti de suites de luxe.

Et que ce soit un ancien ministre de la culture, qui, devenu salarié d'un « rénovateur » d'hôtels, facilite auprès des politiques la réalisation juteuse d'un projet si évidemment contraire à l'intérêt général, cela lève le coeur.

Soyons nets et clairs : on peut comprendre que, grâce aux facilités juridiques qui, depuis juillet 2010, permettent la location par bail emphytéotique de trente, cinquante ou quatre-vingt-dix ans de domaines de l'Etat généralement classés, certaines rénovations puissent présenter des avantages, comme celle qui vient d'être annoncée à Versailles pour l'hôtel du Grand-Contrôle, à l'abandon depuis plusieurs années et qui va devenir, pour trente ans, un hôtel de charme de vingt-trois chambres. C'est du cas par cas.

Mais la place de la Concorde ! Mais l'hôtel de la Marine ! Indépendamment de sa situation sur la place la plus célèbre de France, en face de l'Assemblée nationale, indépendamment de la richesse de la décoration intérieure, de l'escalier de Soufflot et de la galerie des Amiraux, ce lieu est chargé des images historiques les plus lourdes qu'on puisse imaginer : au croisement de l'Ancien Régime et de la Révolution.

C'est là, dans cet hôtel construit par Gabriel et Soufflot pour Louis XV, et qui avait toujours appartenu à la Couronne, qu'ont eu lieu les premières émeutes populaires à la veille du 14 juillet 1789 ; là que s'était installé le secrétaire d'Etat à la Marine quand Louis XVI et le gouvernement avaient dû quitter Versailles à la fin de 1789, pour rejoindre les Tuileries.

C'est là que, devant cette façade aux magnifiques péristyles ironiquement dédiés à la magnificence et à la félicité publiques, Louis XVI et Marie-Antoinette, mais aussi tant d'autres acteurs célèbres ou anonymes de la Révolution, ont été guillotinés.

On veut faire une Maison de l'histoire de France parce que, paraît-il, la France perd sa mémoire. Mais on liquide en même temps une maison qui est, à sa manière, une leçon d'histoire de France. La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend.

Les deux affaires sont, en réalité, plus étroitement liées qu'il n'y paraît. Car si Maison de l'histoire de France il doit y avoir, c'est là qu'elle devrait s'implanter, pas ailleurs. C'est pourquoi nous faisons appel à vous, Monsieur le Président, convaincus de n'être ici que les porte-parole d'une opinion silencieuse mais majoritaire.

Au nom même des principes supérieurs que vous invoquez souvent et dont vous êtes le garant, nous vous prions de prendre toutes les mesures d'urgence nécessaires pour arrêter ce qui ne peut apparaître que plus grave qu'un crime : une faute ».

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