05 juillet 2009
Des outils pour l'histoire des arts
Des outils pour l'histoire des arts,
un dossier du CNDP (DIE, N° 66, juin 2009)
http://www.cndp.fr/DossiersIE/66/som66.asp
- Les adresses web retenues sont institutionnelles.
Inutile d'y chercher le Web Gallery of Art. A cause de l'anglais ? ![]()
Explorer Musagora (Versailles).
Beaucoup de pub pour Webizart,
un site du 33 qui semble hésiter entre plusieurs interfaces.
- Arasse, France-Culture, la TV sans l'image, a contribué à le faire connaître et aimer.La série Histoires de peintures existe en livre-cd.Ecouter notamment son commentaire sur les Ménines...http://clioweb.free.fr/art/arasse.htm
- Un choix d'adresses sur l'histoire de la peinture
dont cette adresse à explorer pour le XXe,
http://www.paintings-directory.com/
Les jeunes vont-ils se crétiniser ? - 2
Commentaire d'EB sur la liste Apses :
En effet, "le web n'est pas coupable" en tant que média, et il ne nuit pas en soi à l'écrit.
Toutefois, on ne peut nier les difficultés croissantes de la génération de nos élèves actuels face à la lecture (concentration, endurance, vocabulaire) et à l'écriture (syntaxe, orthographe, effort de raisonnement...). Nous venons d'en faire - comme chaque année - la cuisante expérience en corrigeant les copies de bac.
Un combat anti-web ne paraît donc pas pertinent ; en revanche, en observant l'addiction des jeunes aux mobiles, iPod, msn, bientôt iPhone pour tous, et l'incapacité de la plupart d'entre eux à se consacrer totalement à une seule tâche à la fois (en cours comme à la maison) à cause de la multiplication de ces accessoires, j'ai du mal à rejeter le terme de crétinisation... Mais c'est peut-être de l'élitisme de ma part.
Et si j'ajoute qu'en fin de compte ça m'est égal que nos supérieurs fassent tout pour détériorer les capacités à l'écrit des élèves (je ne parle pas des meilleurs, ni du niveau scolaire en général, qui comprend bien d'autres éléments), car moins les jeunes sauront travailler et écrire, au fil des ans, plus cela fera de la place pour
ma fille - et plus généralement les enfants de profs -, est-ce encore réac et élitiste ?
Merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire ce billet.
Pour répondre à Eric, 2 citations, et des distinctions nécessaires pour débattre sereinement et efficacement.
Andrew Keen ("le culte de l'amateur") « s’en prend à tout ce qui est susceptible de faire peur dans le Mid-West (qui vote républicain), dans le Sud croyant et, d’une façon plus générale, aux bien-pensants du monde d’hier » écrit Francis Pisani dans L’alchimie des multitudes (p 129).
« la discussion ainsi amorcée nous lance un vrai défi qui vaut la peine d’être relevé. Pour tordue qu’elle soit, sa critique nous pousse à en trouver de plus fines pour éviter que le débat ne se centre sur le rejet du web au lieu de s’en prendre aux problèmes qu’il pose, aux domaines qu’il faut améliorer, aux tendances qu’il faut combattre, aux luttes qu’il faut mener ».
J’ai réagi sur un discours, celui que tient Pierre Assouline ici ou Nicholas Carr outre-Atlantique.
Un discours largement politique, pour qui Wikipedia et la démocratie participative, c’est la même chose.
Dans ce discours, l’histoire de la lecture me semble largement fantasmée.
La galaxie Gutenberg ? Avant le livre de poche (1954), avant la généralisation de la lecture (fin XIXe), le livre était réservé à une élite restreinte. Il y aurait beaucoup à dire sur la lecture (lente ou rapide)…
A ceux que le débat intéresse, je conseille de télécharger et lire le chapitre 5
http://alchimie-des-multitudes.atelier.fr/pdf/extrait5.pdf
ou http://alchimie-des-multitudes.atelier.fr/chapitre9.htm
Ce discours est relayé avec empressement par des médias pour qui le numérique est un double danger : le lecteur peut accéder gratuitement à un article ; un expert blogueur peut être davantage lu qu’un chroniqueur salarié.
Ce discours méconnaît les usages réels. Il refuse de voir la synergie entre tous les supports : le livre est une excellente carte de visite pour la radio (voir la TV) ; le web fait vendre et lire des livres et des revues. Les idées importantes circulent indépendamment du support, imprimé ou numérique.
Sur l’évolution de l’attention des élèves en classe et des étudiants, beaucoup a été écrit, par notre génération et par les précédentes. Le formatage télévisuel (l’info en 90 secondes, les clips), les usages sociaux du téléphone portable ont sans doute davantage d’impact que l’ordi.
Au CDI, on peut reprocher aux élèves qui travaillent sur écran d’ignorer les livres et les revues, si un prof ne les encadre pas ; ils préfèrent souvent le personnel au scolaire… mais je les ai rarement vu changer d’activité toutes les 20 secondes…
Bien sûr, en prenant le temps de penser et rédiger cette réponse, je ne suis pas dans l’univers ludique des ados, ni dans le superficiel des « chats » d’après une journée de classe… Le ludique, celui que beaucoup de journalistes présentent régulièrement comme l’alpha et l’omega de la pédagogie (l’édutainement (education + entertainment), apprendre en s’amusant…)
04 juillet 2009
Les jeunes vont-ils se crétiniser ?
Les jeunes vont-ils se crétiniser ?
Jean-Louis de MONTESQUIOU FEZENSAC
(acheter la bio, c'est 6 euros)
Un titre choc pour un billet de blog
annonçant le magazine Books de l'été
Le billet et le dossier sont révélateurs :
- de l'art de titrer pour attirer le chaland.
" Internet rend-il encore plus bête ?" (que le soleil et la plage ?)
Un titre caricatural, un dossier plus nuancé
composé non pas de bonnes feuilles de livres
mais d'articles à propos de livres... :-)
(un article fait la différence entre les critiques professionnels,
les seuls vrais et les blogueurs amateurs... p 50)
http://www.booksmag.fr/
- de l'astuce d'un "consultant et ancien dirigeant de banque",
qui titre sur les jeunes,
accumule des anecdotes déclinistes ("Jusqu'où peuvent-ils descendre ?"),
les contredit par quelques observations positives
et finit par un "en tout cas, il faut s'en persuader"
- des techniques commerciales :
. Comment se faire connaître et trouver des acheteurs ?
En créant sur le web Wikigrill, une rubrique dénonçant les travers de Wikipedia.
La notoriété de l'adversaire peut servir d'argument de vente...
A propos de Wikigrill, lire Sylvain Négrier
http://clioweb.free.fr/debats/wikigrillsylvain.pdf
. Traduire et adapter des articles (anglo-saxons),
dont celui de Nicholas Carr - Is Google Making Us Stupid ?
http://www.theatlantic.com/doc/200807/google
[ Carr se plaint de la diminution de sa capacité personnelle de concentration,
(once, I was a scuba diver in the sea of books. Now I zip along the surface...)
il questionne l'impact des technologies sur le fonctionnement du cerveau,
et voit dans le succès de Google l'application de la taylorisation à la vie intellectuelle ]
. Utiliser les relais d'autres anti-web à la radio et à la TV.
Brice Couturier a fait du dossier le sujet du Grain à moudre de jeudi soir.
- Francis Pisani consacre 2 pages à Carr,
p 126 dans l'Alchimie des multitudes (II, 5)
entre Jaron Lanier ("maoïsme digital") et Andrew Keen ("le culte de l'amateur").
http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm
Framablog a traduit l'article de Carr
et cite un commentaire de Nicolas Dickner à propos de l'imprimé et du livre
- Les polémistes s'en prennent d'abord aux excès lyriques des articles
vantant l'apport du web, mais ils jettent souvent le bébé avec l'eau du bain :
au nom de l'imprimé, ils voudraient censurer tout le numérique.
A l'expression "intelligence collective", ils opposent "la bêtise des foules"...
dans un discours qui semble souvent confondre démarche intellectuelle
et dénonciation de la démocratie.
C'est le cas d'un billet de Pierre Assouline dans L'Histoire :
il avait, en février 2007, à la veille de la présidentielle, une double cible :
Wikipedia, l'erreur à haut débit ; la démocratie participative.
A la source de ces discours, il faudrait interroger une vision élitiste,
fondée sur l'industrie du livre, sur la présence de médiateurs "naturels"
aussi bien en politique que dans la vie intellectuelle.
Ces discours antis idéalisent l'imprimé et la galaxie Gutenberg.
Oubliant qu'il s'est passé plus de cinq siècles entre Gutenberg et Jules Ferry,
Et que le livre de poche ne date que de 1954 en France.
Ces discours méconnaissent la synergie entre tous les supports d'information.
Le web fait vendre des livres, au même titre que la presse, la radio ou la TV.
Le web n'a jamais empêché de lire et de penser.
Les débats animés par les internautes le prouvent au quotidien.
03 juillet 2009
Qu'est-ce qu'un Français ?
A l'occasion d'un débat au Mémorial de Caen (Dialogiques)
autour de l'ouvrage de Patrick Weil
Liberté, égalité, discriminations,
quelques pages croisées sur le web :
- Qu'est-ce qu'un français ?
Un entretien avec Patrick Weil
http://www.parutions.com/?pid=1&rid=4&srid=100&ida=2879
- La nationalité française : une histoire à rebondissements
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article_imprim.php3?id_article=21153
- L’accès à la citoyenneté :
une comparaison de vingt-cinq lois sur la nationalité (mai 2002)
http://tinyurl.com/pw-25lois
- Histoire et mémoire des discriminations en matière de nationalité française.
Vingtième siècle - no 84 2004/4
http://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2004-4-page-5.htm
ou
http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=VING_084_0005
version sans notes de bas de page
http://clioweb.free.fr/revues/pwdiscrim84.doc
- Quelle politique de l'immigration pour la France ?
Patrick Weil invité par l'association Démosthène – Caen 29/11/2007
http://clioweb.free.fr/dossiers/immigres/weil.htm
Patrick Weil dispose d'un site personnel très étoffé :
http://www.patrick-weil.com/
29 juin 2009
16 000 postes supprimés en 2010
- Education: 16.000 postes supprimés en 2010
Juste avant son départ, Darcos a claironné le chiffre.
"pour la 1ere année d'application de la réforme, à la rentrée 2010,
les étudiants qui auront réussi le concours d'enseignant
ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe,
ce qui permettra d'économiser cette rentrée-là
les 15 400 cents postes de fonctionnaires stagiaires cités".
source : AFP - http://tinyurl.com/lzy4tt
Dans Marianne, Maurice Szafran le voit
comme "l'hyper courtisan qui a hyperéchoué".
Un entrefilet l'imagine en prof chef du "dialogue social"...
- Luc Chatel
maîtrise de sciences de gestion (1987)
DESS de marketing
ancien de chez L'Oreal
http://www.fabula.org/actualites/article32114.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Chatel
Il s'est rendu à l'école Victor Hugo de Maison-Alfort
où il a observé l'utilisation d'Ipod
pour l'apprentissage des langues ( source : L'Expresso)
Lire également "Un pedigree pour l'Education nationale ?"
sur le blog de Claude Lelièvre
- LRU : 3000 signatures pour recruter 3 universitaires
http://sciences.blogs.liberation.fr/
- Le couac en HG.
Le commentaire du reportage de M6 est en ligne
http://tinyurl.com/l6fjg9
Il y aura une étude à faire sur la circulation de l'info
entre les différents niveaux du MEN...
- "La baisse générale du niveau de maîtrise du français
n'épargne, hélas !, pas les journalistes".
C'est Véronique Maurus qui l'écrit
http://tinyurl.com/luroks
27 juin 2009
Concours 2010
Les programmes des concours 2010 sont au BO :
http://www.education.gouv.fr/pid21508/special-n-6-du-25-juin-2009.html
25 juin 2009
un détour par Schoolhistory
- "The battle lines are drawn and one subject is waning : will history become a thing of the past ?"
Dafydd Humphreys cite un article du TES (Times Education)
http://www.tes.co.uk/article.aspx?storycode=6015314#
http://www.schoolhistory.co.uk/forum/index.php?showtopic=11563&hl=
Schoolhistory a attiré plus de 5000 membres
qui ont rédigé et mis en ligne près de 80 000 messages.
Environ une dizaine de messages (seulement) ces derniers jours,
rangés explicitement dans une dizaine de rubriques.
http://www.schoolhistory.co.uk/forum/index.php?act=idx
Le forum repose sur un solide noyau de profs d'histoire :
Andrew Field (Ely) le fondateur gère le forum
avec l'aide de Dan Moorhouse, Dave Wallbanks, John D Clare,
Lesley Ann, Nichola Boughey, Russel Tarr
Plusieurs ont développé des sites web indépendants, 1.0 ou 2.0
Plus de 4000 sujets ont été traités dans la rubrique
"Teaching requests, ideas and resources"
près de 1500 dans "ICT in the History classroom"
"Teaching history in France", le séminaire conduit
avec l'aide de plusieurs clionautes (dont Laurent et Jean-Philippe)
a été vu plus de 80 000 fois.
http://clioweb.free.fr/listes/seminars.jpg
Si vous souhaitez compléter le séminaire, il suffit de s'abonner.
Parmi les autres sujets "populaires"
. Encouraging History Teachers To Use ICT
. Essay Writing Skills at AS Level
. Online Simulations in History
. Teaching Black and Asian History in Schools
La rubrique sur technologies éducatives est un peu moins visitée
(environ 10 000 vues par sujet) :
Interactive whiteboard seminar
Making use of Youtube ?
3D Reconstructions
Come And Criticise My Web Site
Paperless Preps
Google Earth for Historians !
Wiki Textbooks
Les sujets propices à la polémique sont lisibles par les seuls abonnés
et les archives régulièrement effacées.
le Café : Friendly discussions, jokes and anything else 'off topic'
ou le Pub : The place for more robust discussions
Il existe une rubrique Facebook dédiée à Schoolhistory
Les messages sont dorénavant indexés par Google
23 juin 2009
discours Genève - Versailles
- "Face à un capitalisme financier devenu fou à force de n’être soumis à aucune règle et dont on commence à mesurer à quel point il peut être destructeur, est-il bien raisonnable d’attendre encore ?"
une version texte brut du discours de Genève :
http://clioweb.free.fr/presse/1prov/geneve.pdf
- Le discours de Versailles 22 juin 2009 (et pas 23 juin 1789 :-)
http://clioweb.free.fr/presse/1prov/versailles.pdf
- Frédéric Lordon
La crise de trop
Pour en finir avec les crises financières
http://clioweb.free.fr/dossiers/lordon.htm
18 juin 2009
Pourquoi sommes-nous si impudiques ?
"Pourquoi sommes-nous si impudiques" sur les réseaux sociaux, le billet de D Cardon cité le 19 avril dernier sur la liste H-Français.
http://tinyurl.com/cardon-impudiques
Ce billet renvoie à un essai de typologie du web 2.0, à partir des formats de visibilité
et des modes de navigation (catégorie, serendipity, relations...)
" Les plateformes du web 2.0 ont généralisé le principe du filtrage par le réseau social et par la proximité de goût, en aidant les utilisateurs à se constituer eux-mêmes un univers d’informations qui les détourne légèrement de leurs chemins habituels, les surprennent sans les désorienter, les aident à explorer et à préciser leurs centres d’intérêt.
Les activités individuelles des utilisateurs produisent un bien collectif, une zone de pertinence des informations disponibles à chacun, sans avoir jamais fait l’objet d’un plan concerté – ce qui interdit une approche éditoriale a priori par les concepteurs des plateformes. Ce modèle d’action collective articulant de façon originale individualisme et bien commun constitue la principale caractéristique de la force des coopérations faibles".
http://tinyurl.com/internetactu-visibilite
Eric Sadin (Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle - Flammarion)
y ajoute la servitude volontaire, le Big Brother dont nous sommes à la fois victimes et complices.
http://www.ecrans.fr/L-ere-du-Net-ambigu-et-du-tracage,6701.html
Place de la Toile, 20 février 2009
03 mai 2009
Clic no 70
Un "bulletin" québécois à conseiller vivement
à propos des technologies éducatives et des usages de l'ordi en classe
http://clic.ntic.org/
Ce numéro visite plusieurs sujets que la liste H-Français a croisé ces derniers mois :
http://clioweb.free.fr/clio/articlesclio.htm
- Wikipédia, vue et utilisée depuis Chicoutimi ("l'effet Piranha")
- Installer un wiki dans l'Espace personnel de Profweb
- InukTIC et " l'évaluation des habiletés "
- Le podcast au service de la pédagogie
- des dossiers web (2.009)
dont " Bloguer pour enseigner et apprendre " :
Quelques exemples d’utilisations possibles (enseignant, portfolio...)
Avantages pédagogiques (Formalisation des idées par l'écriture,
Pratique réflexive, Trace du cheminement, Interaction avec les autres,
Publication, Démocratie, Compétence TIC, Esprit critique ...
http://tinyurl.com/marceau-blogue
DL
12 juillet 2008
L’alchimie des multitudes
« Comment le web change le monde.
L’alchimie des multitudes »
Francis Pisani - Dominique Piotet - Pearson - L'Atelier
Facebook, Myspace, Youtube…les « réseaux sociaux » sont utilisés par 55 % des jeunes Américains, surtout pour rester en contact avec des amis ; ces jeunes qui se soucient peu des « actualités » ont transformé le réseau en « lieu social de l’adolescence ». A la métaphore trompeuse des « autoroutes de l’information », Francis Pisani, le journaliste-blogueur et Dominique Piotet (l’Atelier) préfèrent la réalité de la « dynamique relationnelle ».
Selon eux, le web actuel est fait par et pour les « webacteurs » qui se servent de ces outils pour s’exposer, tisser des relations, débattre, mettre des contenus en ligne ou enrichir ceux qui existent déjà (cf le succès de Wikipedia). « Le lien est l’essence du web » : il évite de refaire ce qui existe déjà, il établit des relations entre des données mais plus encore entre des acteurs. http://pisani.blog.lemonde.fr/
« L’alchimie des multitudes », le coeur de l’ouvrage, désigne un processus (incertain) où la mise en relation permanente d’acteurs du web permet d’accumuler suffisamment de données pour espérer en tirer des informations nouvelles utiles à l’ensemble des utilisateurs. Ce processus peut faire émerger des pépites ; il peut aussi conduire à des dérives. Les auteurs invitent donc à la vigilance, en particulier dans la protection des données personnelles. La métaphore est bien sûr discutable, tout comme celles de « sagesse des foules » ou « d’intelligence collective ». Elle a cependant l’avantage de rompre avec les habituelles récriminations néo-conservatrices sur le « maoïsme digital ».
Le web est devenu une plate-forme polyvalente et dynamique, accessible partout et en permanence (« always on ») ; il n’est plus nécessaire d’installer au préalable trente disquettes… Son succès ne tient pas à une innovation majeure mais à une philosophie du partage et à une technique qui s’efface au profit des données et de l’utilisateur final, sauf en cas de panne… Les logiciels libres et l’Open Source autorisent des usages inattendus et des croisements féconds d’applications (Craiglist propose des annonces immobilières localisées à l’aide de Google Maps ). Le web de demain, ce pourrait être le « Graphe Global Géant » que Tim Berners Lee définit comme l’ensemble des relations entre tous les webacteurs de la planète.
Le « Web participatif » est présenté en triple rupture : avec le modèle économique qui a fait la fortune de Bill Gates, avec une économie où la valeur est fondée sur la rareté relative et avec l’obsession d’une validation institutionnelle et hiérarchique. « Une économie de la relation peut-elle être rentable ? » La dernière partie de l’ouvrage traite des modèles économiques possibles : le bénévolat (que certains semblent confondre avec « l’intolérable gratuité »), les marchés de niche (la « longue traîne »), la publicité ciblée (moins intrusive que celle de la TV commerciale).
Deux domaines sont fortement chahutés : les médias et l’entreprise. Dans les premiers, une information standardisée ne satisfait plus les weblecteurs. Dans la seconde, la pression est forte pour travailler en ligne et à distance (« dans les nuages ») ; les services informatiques n’apprécient pas ; ils mettent en avant la sécurité pour préserver leur pouvoir et ralentir l’évolution vers « l’entreprise liquide ».
La culture numérique (la « digital literacy ») est fondée sur une triple compétence, technique, intellectuelle et civique. Elle se développe largement en dehors de l’école : l’apprentissage combine formation sur le tas et entraide, mais la dextérité technique a ses limites. La postface souligne le rôle essentiel de l’éducation : « 1+1 = beaucoup » écrivent les auteurs ; de chacun de nous dépendra la direction prise par le web, course dans le mur ou marche vers le progrès.
http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm
16 mai 2008
Les blogs en Histoire-Géo - 2e partie
Un article écrit avec Anthony Lozac'h pour la revue des Clionautes (mai 2008)
16 mars 2008
Les blogs en Histoire-Géo - 1e partie
Un article écrit avec Anthony Lozac'h pour la revue des Clionautes (mars 2008)
08 novembre 2007
Histoire de l'art
L'histoire de l'art sur le web,
Florence et la Renaissance
Le Romantisme,
La peinture 1850-1914
http://clioweb.free.fr/art.htm
A l'école, on apprend aussi à voir...
31 octobre 2007
Trésors de la Société de Géographie (BNF)
Trésors photographiques de la Société de Géographie, l'exposition de la BNF
a été présentée dans l'émission Planète Terre du 31 octobre 2007.
Pour échapper à la TV sans images, quelques-une des photos commentées
par le commissaire de l'exposition
22 octobre 2007
Résister à Hitler
"Résister, c'est un verbe qui se
conjugue toujours au présent" Lucie Aubrac
à propos de Guy Môquet
Commémorer et/ou faire de l'histoire ?
30 juillet 2007
Revue de presse sur la liste H-Français
Cette page liste les messages adressés à la liste H-Français
la liste sur l'histoire (et de la géographie) enseignées.
16 mai 2007
Histoire des esclavages
Un choix de livres, d'articles, de sites web sur
l'histoire des esclavages :
http://clioweb.free.fr/dossiers/colonisation/esclaves.htm
21 février 2007
Wikipédia, l'erreur à haut débit (L'histoire mars 2007)
Wikipédia, l'erreur à haut débit
C'est le titre d'un point de vue de Pierre Assouline dans la revue L'histoire, à partir de son blog de janvier.
Rappel : “Can History be Open Source ?”, l'article de Roy Rosenzweig.
La traduction collective et l'adaptation pour la revue Historiens & Géographes
http://clioweb.free.fr/debats/wikipedia.htm
17 décembre 2006
Le web en HG : une dérive techniciste ?
Le web en HG : une dérive
techniciste ?
" L’effort à faire
est maintenant surtout un effort de formation, une formation qui ne soit
pas techniciste mais bien didactique et pédagogique, où l’on
entre par les notions, les concepts, les compétences et dans lesquelles
les TICE s’intègrent. On perd trop de temps encore aujourd’hui avec
des formations du type " Les TICE et/en Histoire-géographie
" dans lesquelles le formateur se fait plaisir en balayant des possibles.
Lorsque l’on compare le nombre d’enseignants qui ont suivi ces formations
depuis une douzaine d’années, et ceux qui utilisent réellement
les TICE en classe, leur faible efficacité saute aux yeux ".
http://www.cafepedagogique.org/disci/geo/78.php#95
Ce jugement sévère figure dans un entretien entre Pascal Boyries, un IPR et Jean-Philippe Raud-Dugal (Le Café pédagogique, décembre 2006). Ce pionnier des technologies éducatives a notamment exploré leur apport spécifique et a lancé, en janvier 2005, un débat autour du succès des diaporamas (« Communiquer » sur écran ou « Traiter des données » ?)
http://clioweb.free.fr/peda/traiter/traiter.htm
Il est toujours difficile de porter un jugement global compte tenu de l’hétérogénéité d’une formation fortement ébranlée depuis 1997. Les excès n’ont pas certes pas manqué, comme ces stages d’utilisation du rétroprojecteur en classe. Ou encore l’apprentissage encadré des CMS, ces systèmes de gestion de contenu dont les traitements de texte ressemblent à une régression. Pourtant, dans un monde qui donne une telle place aux appareils numériques et aux formats propriétaires imposés, comment échapper à une certaine technicité ?
Avant 1997, il semble que technique et pédagogie allaient de pair : découvrir un logiciel de cartographie, c’était bien sûr découvrir un univers informatique, mais c’était plus encore explorer les règles de la sémiologie graphique et se donner des outils pour apprendre à analyser le réel, par exemple la géographie du chômage, en tenant compte de multiples facteurs quantifiables. En classe, les professeurs pouvaient s’appuyer sur les compétences enseignées aux élèves (initiation à la programmation ou maîtrise du tableur en S, pratique des bases de données ou du dépouillement d’enquête en STT) pour faire une géographie appliquée. Au même moment, outre-Manche, nos collègues se servaient de bases de données pour étudier la Révolution anglaise. Depuis lors, l’option informatique a disparu du lycée, et les jeunes doivent attendre l’université pour découvrir la programmation. Les lycéens actuels, on le voit au cours des TPE, doivent souvent maîtriser des savoirs-faire pour lesquels ils n’ont souvent reçu aucune formation scolaire préalable.
Les conséquences de ce déficit dans la formation se mesurent dans la géographie scolaire. Longtemps, la carte au 1/50 000e est restée la référence incontournable, et son apprentissage pouvait être très technique. La cartographie statistique n’est pas valorisée au bac où les schémas prennent parfois la suite du croquis dessiné à la main et appris par cœur. La pratique des SIG dont l’usage est courant dans les collectivités territoriales reste, en classe, l’apanage d’un cercle très restreint. Nos collègues anglais sont davantage capables de programmer des applications utilisables par leurs élèves. En un mot, nous payons aujourd’hui des choix contestables. Cette situation explique probablement le succès de Google Earth : une technique pointue mise en « boite noire » au service du grand public.
A ce constat, s’ajoute un changment apparent dans les prescriptions institutionnelles : pendant quelques années, le web a été perçu comme le cheval de Troie qui allait faire triompher la « pédagogie constructiviste ». Ces derniers mois, la pédagogie active, qui existait bien avant l’ordinateur, a repris un cheminement plus discret. Et le cours magistral a reçu le support du « moderne » vidéo-projecteur.
Enfin, si l’on veut vraiment soutenir la diffusion des technologies éducatives, la formation joue sans doute un rôle moins déterminant que les conditions effectives du travail en classe.
Dans la diffusion des technologies
éducatives, la technicité compte moins que les conditions
du travail en classe. Les effectifs et les conditions de l’accès aux machines sont un obstacle majeur (36 élèves en HG , ce n’est pas la même chose que 8 dans d’autres disciplines). Surtout si le bouclage du programme est absolument impératif. Il faudrait donc porter l’effort sur les modules en seconde et sur l’éducation civique qui se font encore en groupes à effectif restreint.
Les technologies éducatives, ce sont aussi de fausses bonnes idées et des occasions manquées. Pourquoi faire comme si la technique allait apporter à elle seule la réponse à des questions sont mal posées ? Pourquoi laisser croire que chaque professeur est l’auteur de son propre manuel et le concepteur de ses propres supports de cours ? Un travail artisanal isolé peut rendre de très grands services en classe, mais rarement concurrencer les produits diffusés par les éditeurs scolaires. Pourquoi laisser aux mains des seuls responsables financiers une formation à distance qui pourrait venir compléter une formation continue sinistrée depuis 1997 ? Nous avons souligné l’apport de la vidéo ou de la radio sur le web ; ceux qui ont expérimenté la conjonction de rencontres régulières et du travail à distance ont mesuré l’intérêt de ces nouvelles formes de travail.
Dans l’immédiat, il serait urgent de résoudre le problème des droits. Cela permettrait d’exploiter en classe, par exemple, des extraits de l’émission " Un œil sur la planète " (Wal-Mart, " L’ogre de Bentonville ", " La terre à tout prix ", " De si belles statistiques " à propos du chômage en Grande-Bretagne). De même, il deviendrait possible de publier sur le web la collection " Images de France " dont la réalisation a été longue et coûteuse.
Bien sûr, une telle logique fondée sur la demande risquerait de heurter certaines institutions qui considèrent l’éducation avant tout comme un marché captif. Mais la diffusion des technologies éducatives pourrait en être renforcée.