26 mars 2019

EHESS : Pratiques de l'histoire orale

 

ehess-h-orale

Pratiques contemporaines de l'histoire orale.
De l'entretien aux archives orales

Programme :
http://www.ehess.fr/sites/default/files/evenements/fichiers/190321_programme_print.pdf

appel à communications : http://crh.ehess.fr/index.php?6456

http://oralhistory.hypotheses.org/74

 


extraits du programme :

Jeudi 11 avril

EHESS I 96 bd Raspail, Salle M. et D. Lombard

« Une histoire orale à la française ? »

Collecter, analyser, diffuser les archives orales.
Le récit biographique en histoire et en histoire de l’art

Dirigeants et experts politiques et scientifiques :
pratiques d’entretien et analyse secondaire de sources orales

Les défis de l’enquête orale

 

Vendredi 12 avril

EHESS I 96 bd Raspail, Salle M. et D. Lombard

« Comment on découvre, il y a un demi-siècle, l’intérêt de l’histoire orale »

Histoire orale des mondes ouvriers

Mouvements sociaux, militantisme et dynamiques mémorielles

Mémoires de la guerre, Mémoires combattantes


samedi 13 avril

EHESS, 105 bd Raspail, Salle 13


Se faire entendre. Histoire des femmes, histoire des féminismes

La parole des témoins dans les expositions, les documentaires et les salles de classe.


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22 octobre 2018

Après l'ère du témoin ?



Le Monde 20.10.2018 - L’éducation nationale se prépare à enseigner la Shoah sans « grands témoins » rescapés
Du côté des survivants d’Auschwitz, dont une quinzaine seulement peut encore témoigner, comme des enseignants, on prépare « l’après »
http://www.lemonde.fr/education/article/2018/10/20/l-education-nationale-se-prepare-a-enseigner-la-shoah-sans-grands-temoins-rescapes_5372189_1473685.html

Le Monde 20.10.2018 - « Je ne crois pas que l’enseignement de la Shoah changera radicalement avec la disparition des témoins ».
Pour Annette Wieviorka, depuis quelques années, les historiens s’intéressent davantage aux individus. On parle d’histoire par le bas. Pour ce type d’histoire, les témoignages sont indispensables. Ils n’exonèrent pas les historiens d’un travail critique »
http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/10/20/je-ne-crois-pas-que-l-enseignement-de-la-shoah-changera-radicalement-avec-la-disparition-des-temoins_5372256_3224.html


sur le témoin, l'historien et le professeur d'HG,
écouter et lire Annette Wieviorka
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article36

Elle a publié L'ère du témoin


E'
écoutEn 2006, il était possible de l'écouter ou de la voir
(6 heures d'entretiens avec JB Peretie pour l'INA.
En ce moment le fichier n'est plus en ligne.  Pour de bonnes raisons ?
http://entretiens.ina.fr/memoiredelaShoah
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/aw-ina.pdf

 

dans l'entretien de l'INA :
chap 46 : Les déportés, témoins ou profs d'histoire ?

« Ce qui est important dans la visite d’un déporté... cela fait dialoguer des générations éloignées...

« Quand on fait venir Stéphane Hessel dans sa classe, on est honoré par sa présence... Mais je pense que cela ne remplace pas un cours d'histoire. Le vrai problème, c'est que si les enseignants ont une petite paresse à aborder cette question, ou une petite frayeur à l'aborder, et qu'ils se défaussent sur le témoignage du déporté, ils ne font pas face à ce qui est leur travail, qui est quand même de donner un cours d'histoire à des élèves. Et un ancien déporté ne peut pas donner un cours d'histoire ».

« Il y a toujours la possibilité de raconter sa vie en recontextualisant sans cesse. Parce qu'en fait, nous sommes très peu originaux, nous sommes le produit à la fois de notre famille, de l'époque où nous vivons, des événements qui se déroulent autour de nous. S'ils avaient cette capacité, ils pourraient effectivement faire une leçon d'histoire... Mais très peu le font. Pourtant, ils n'hésitent pas à se présenter comme possédant la science... »


rappels :
Témoignages et vidéos en ligne

. Nombreuses webographies sur le site Cercleshoah.org

et sur ce blog :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2018/09/25/36735482.html

 

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02 mars 2012

A. Wierviorka - L'heure d'exactitude - 2

 

AW

source : La Grande Librairie - France 5


Parmi les invités de la Grande Librairie du 01.03.2012
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6278

Annette Wieviorka, à partir de la 19e minute
à propos de l'ouvrage L’heure d’exactitude. Histoire, mémoire, témoignage, le livre d'entretien réalisé avec Séverine Nikel. Le titre vient d'Apologie pour l'histoire, l'ouvrage de Marc Bloch : pourquoi l'usage des mots justes a-t-il autant de mal à s'imposer dans l'espace public ?

Une vidéo rappelle le parcours de l'historienne et ses ouvrages :
1983 - Les Livres du souvenir , mémoriaux juifs de Pologne
Déportation et génocide, thèse publiée en 1992
1998 L'ère du témoin
1999 Auschwitz expliqué à ma fille
http://fr.wikipedia.org/wiki/Annette_Wieviorka
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6284

Un grand-père journaliste et écrivain, déporté et assassiné par les nazis.

Le travail sur les livres du souvenir , et l'influence du roman de John Hersey
qui met en scène Ringelblum, l'archiviste du ghetto de Varsovie.

Pourquoi le détour par le marxisme et le maoisme ?

Le témoin et ses limites ? Le vécu, le ressenti a besoin de sens,
d'où l'appui parfois sur le travail des historiens, sur le roman ou le cinéma.

Comprendre, est-ce obscène ?
AW est en total désaccord avec ce type d'interdit jeté par Claude Lanzmann.

La dignité de l'homme, c'est de chercher à comprendre,
soit en passant par le comment (Hilberg), le pourquoi (Poliakov, Friedlander)
Mais plus on travaille ce sujet, moins on comprend.
On voit de mieux en mieux les mécanismes,
mais il reste un noyau qui échappe à l'entendement :
celui de la noria des convois et de l'assassinat des êtres humains par les nazis.

Quel portrait idéal de l'historien ?
Les pionniers ont eu du mal à se faire entendre et n'ont pas eu de poste à l'université ou dans la recherche. AW revendique un idéal d'intellignce, de courage, avec une dose d'humour. Sans oublier l'amour de l'écriture : l'historien est aussi un écrivain

Elle évoque l’influence de la littérature sur son travail, à travers John Hersey, The Wall, 1950 - La muraille - Folio 1979
Hersey's The Wall, based on Emmanuel Ringelblum's Notes from the Warsaw Ghetto
In 1950 Hersey's novel The Wall was published, an account presented as a rediscovered journal recording the genesis and destruction of the Warsaw Ghetto, the largest of the Jewish ghettos established by Nazi Germany during the Holocaust.
http://en.wikipedia.org/wiki/John_Hersey
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article36

" La Muraille est le récit de l'extermination systématique des Juifs du ghetto de Varsovie et de l'héroïque résistance qu'opposèrent ces hommes et ces femmes sans défense à la force brutale des Allemands. Mais le véritable sujet du livre est l'histoire de la conquête spirituelle que réalisa un groupe d'amis, et qui leur permit d'affronter sans crainte, et avec un véritable sentiment de victoire, l'anéantissement physique".
http://www.gallimard.fr/Folio/implivre.action?codeProd=A37131


- L'heure d'exactitude a été présenté dans La Fabrique de l'histoire du 09.12.2011


rappels
- Mémoires de la Shoah
L'écouter dans un très long entretien (7 heures) avec JB Peretié en 2006 - mis en ligne par l'INA
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html

- En janvier 2008, l'émission A Voix nue a consacré une semaine à l'historienne
http://clioweb.free.fr/presse/aw.htm

- La page du CNRS (publications, colloques, conférences) :
http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article115



Avant l'intervention de Florent Brayard, une vidéo présente les auteurs et les ouvrages majeurs dans l'histoire de la destruction des juifs d'Europe : Hilberg, Lanzmann, Klarsfeld, AW, Friedlander, Paxton, Browning, Goldhagen ...
http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6293

 
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07 avril 2010

Mémoires de la Shoah : A Wieviorka

Sur le site de l'INA, Annette Wieviorka s'entretient longuement avec JB Peretié
( 7 heures d'entretien . Aussi disponible en séquences très courtes - source : Nicole
L'entretien a eu lieu le 16 juin 2006, la mise en ligne a été faite en décembre 2006)
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah&Entretien=Wieviorka
En 2014, ce lien ne répond plus.
Et une transcription est imprimable,
(sans aperçu avant impression ni indication du nombre de pages).

http://entretiens.ina.fr/imprimer/Shoah/Wieviorka
http://entretiens.ina.fr/sitemap
Plus encore, cliquer sur la vidéo d'Annette Wieviorka donne accès à la vidéo... de Jacques Altmann !
Qui se soucie, dans certaines structures, du travail des enseigants dans la durée ?

aw-ina


Le sommaire
: (version artisanale en pdf)
I -   L'après-guerre : le témoin, les souvenirs, le récit - 1 h 52
II -  Les années 1960-1970 : Eichmann, les Six Jours et le réveil de la mémoire - 1 h 14
III - Les années 1970-1980 : La collecte, l'interprétation et la transmission - 1 h 25
IV - Les années 1980-1990 : Les procès, la reconnaissance et la transmission - 1 h 46
V - Sur l'actuel et les temps à venir : l'histoire, la loi et l'essentiel - 56 mn

Parmi les sujets abordés : Le témoin et l'historien, Les déportés : témoins ou profs d'histoire, Sur le voyage (scolaire) à Auschwitz, L'argent des orphelins de la déportation, La loi et l'écriture de l'histoire, La fiction et le rire, Sortir d'Auschwitz ? Du dérisoire et de l'essentiel...

Une vingtaine d'autres entretiens sont disponibles (dont Serge Klarsfeld) :
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah

Attention l'installation d'un plugin peut être exigé par l'INA au préalable,
Patience : le chargement peut être long et les plantages ne sont pas exclus...
De plus le texte est transcrit est en mode image, comme au temps de Gallica 0.1
Dommage...

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Extraits :
chap 46 : Les déportés, témoins ou profs d'histoire ?
« Ce qui est important dans la visite d’un déporté... cela fait dialoguer des générations éloignées...
« Quand on fait venir Stéphane Hessel dans sa classe, on est honoré par sa présence... Mais je pense que cela ne remplace pas un cours d'histoire. Le vrai problème, c'est que si les enseignants ont une petite paresse à aborder cette question, ou une petite frayeur à l'aborder, et qu'ils se défaussent sur le témoignage du déporté, ils ne font pas face à ce qui est leur travail, qui est quand même de donner un cours d'histoire à des élèves. Et un ancien déporté ne peut pas donner un cours d'histoire ».
« Il y a toujours la possibilité de raconter sa vie en recontextualisant sans cesse. Parce qu'en fait, nous sommes très peu originaux, nous sommes le produit à la fois de notre famille, de l'époque où nous vivons, des événements qui se déroulent autour de nous. S'ils avaient cette capacité, ils pourraient effectivement faire une leçon d'histoire... Mais très peu le font. Pourtant, ils n'hésitent pas à se présenter comme possédant la science... »

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chap 79 : Sortir d'Auschwitz ?
« vous dédicacez votre dernier livre « A mon fils, cette sortie d'Auschwitz ».

« ... Mon travail n'a jamais eu pour finalité de transmettre un fardeau à mes enfants. Mais de faire que cette histoire soit écrite pour qu'on puisse en quelque sorte en desserrer l'emprise... je l'ai dédie à mon fils...parce ce que je me suis dit que je n'avais pas associé assez mes enfants à ce que je faisais... J'avais le désir de les protéger de cette histoire. Je pense qu'on n'a pas à charger le fardeau, que les enfants, les petits-enfants n'ont pas de devoir par rapport à cette histoire. Ils ont le devoir de travailler à leur vie et au monde qui est le leur dans leur génération... L'opération historique est une opération de sépulture... Ce n'est pas l'oubli, ce n'est pas l'absence de transmission. Mais c'est une façon de donner aux générations qui viennent la liberté, alors que ce qui caractérise cette histoire, c'est que les gens ont été des objets et que leur marge de sujets a été très mince ».

fardeau
Copie d'écran de l'entretien à écouter en ligne

« des Auschwitz virtuels, c'est quelque chose que vous redoutez ? »
« je tiens le mensonge pour la pire lèpre de l'âme » Marc Bloch.
« Le virtuel permet tous les mensonges. Et parfois, un de ces mensonges, c'est de reconstituer comme cela a été, on donne l'impression d'être le plus près de la vérité alors que c'est peut-être à ce moment que l'on ment le plus ».

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« De ces années d’étude de la Shoah, on sort avec davantage de lucidité pessimiste sur l’espèce humaine ... »
« On est accablé devant le jeu social : d’un côté on invoque le devoir de mémoire, de l’autre, il y a des institutions qui fonctionnent - pas comme fonctionnait le nazisme - mais comme peuvent fonctionner les administrations, avec autant d’indifférence, de lâcheté, d’absence de perception sur ce que les actes produisent… » « Parfois on a envie de ricaner quand on voit certains faire des grandes leçons sur Vichy et qu’on voit les conditions dans lesquelles ils peuvent « mettre à mort » un jeune thésard… »

 

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