Mais si ! L’université est en crise et la crise s’aggrave - Libération rebonds, 09.01.2014
Olivier Beaud, François Vatin, Alain Caillé
http://www.liberation.fr/societe/2014/01/09/mais-si-l-universite-est-en-crise-et-la-crise-s-aggrave_971676

La tribune est une réponse à l’ouvrage de Romuald Bodin et Sophie Orange
http://www.liberation.fr/societe/2013/12/09/cinq-cliches-recales-a-l-universite_965360

extraits :
« La situation présente de l’université française est loin de celle qu’imagine volontiers le public. Les cursus ont été renouvelés, les bâtiments, surtout en province, ont été améliorés grâce au soutien des collectivités locales. Quant aux sureffectifs étudiants, sauf en première année de médecine et en droit, ils ne constituent pas la situation dominante. Tout au contraire, la tendance est, depuis le milieu des années 90, à la baisse, tout particulièrement en sciences et en lettres et en sciences humaines.

Alors que les universités comptaient 75% des effectifs étudiants en 1970, elles n’en comptent plus que 54% en 2012. Le public étudiant fuit les cursus universitaires ; il les fuit d’autant plus qu’il a les moyens scolaires et financiers de le faire.

La crise de l’université est donc patente… on assiste à une «privatisation rampante» de l’enseignement supérieur français (écoles d’ingénieurs, écoles de commerce…)

Or, paradoxalement, les pouvoirs publics, les directions des universités et le corps universitaire lui-même s’accordent pour cacher cette crise et sa gravité. Les pouvoirs publics (de droite comme de gauche) sont convaincus que la question est d’importance secondaire pour la formation des élites … les universitaires sont surtout préoccupés de leur propre reproduction …

De quelque manière que l’on prenne les choses (la désaffection du public, la situation budgétaire, la qualité des formations), l’université française apparaît donc bien en crise. Les réformes successives, loin de réduire cette crise n’ont cessé de l’aggraver. Ce sera le cas, tant que l’on persistera à vouloir réformer isolément l’université. Il est grand temps de penser à une réforme globale de l’enseignement supérieur ».

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