02 janvier 2017

La Révolution et les émotions

 

La Grande Révolution : concentré d'émotions
Concordance des temps, 31.12.2016 avec Guillaume Mazeau
http://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps

La prise de la Bastille, Saint-Just, Esprit de la Révolution et de la constitution de France (1791)
Renvoi de Necker le 11 juillet 1789, Rivarol
La marche des femmes les 5 et 6 octobre 1789, Restif de la Bretonne
« Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyr », André Chénier
« La Carmagnole de Fouquier-Tinville » de Ladré (1794-1795)
Lettre Gaston de Lévis à sa femme Pauline, datée du 18 septembre 1791


Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello (dir.), Histoire des émotions, Seuil, 2016.
Guillaume Mazeau, Le Bain de l’Histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (1793-2009), Champ Vallon 2009


5oct1789-dames

5 octobre 1789 : les dames de la Halle et autres femmes partant de Paris pour Versailles
Jean-François Janinet (1752-1814) estampe (détail)
Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69441758/
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L'histoire par l'image : http://www.histoire-image.org/etudes/femmes-revolution

 

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21 octobre 2013

Photographie et littérature

 

phys-quenedey

Le physionotrace - images indexées par Google images


- Le physionotrace (fr ?) - physiognotrace (en) est une technique inventée par GL Chrétien (1745-1811). Elle permet de mécaniser le portrait de profil par l'usage d'un pantographe équipé d'un œilleton de visée.

Lors d'une conférence pour la Régionale de Caen de l'APHG, Guillaume Mazeau (Paris 1) a présenté des portraits de l'époque révolutionnaire, réalisés entre autres par Edme Quennedey.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edme_Quenedey

Philippe Ortel a consacré un article au sujet :
« Le physionotrace à l’ombre des Lumières », communication présentée
lors de la journée d’étude « Phlit, nouveaux développements », 22-23 mars 2012, Université Rennes 2, labo Cellam.
« le physionotrace affiche plus que jamais son rôle de transition, non seulement entre deux systèmes de valeurs, mais aussi entre deux médias (la gravure et la photographie) et, à travers eux, entre deux siècles ».
Le physionotrace se développe au temps du sensualisme … « un portrait peut donner d’une personne à partir de l’impression visuelle exacte qu’il en procure » … Ortel évoque le portrait de Sendhal en 1807, à Paris, chez Quenedey semble-t-il. Il cite Gilles-Louis Chrétien, Edme Quenedey,  Gonord et Bouchardy (moins connus)
http://phlit.org/press/?p=1240


Portraits conservés par Gallica, d'après Google images

phys-kutsa

Pour la technique, voir le blog de Maxim Kutsa
http://maxmaxovich.blogspot.fr/2013/02/physionotrace.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Physiognotrace


- Photo et littérature, c'est un projet soutenu par l'université Rennes 2
http://phlit.org/

« Paul Edwards, Soleil noir, photographie et littérature des origines au surréalisme »,
CR par Dominique de Font-Réaulx, Études photographiques, Mai 2009,
http://etudesphotographiques.revues.org/2602

ILLOUZ, Jean-Nicolas, Nerval et Baudelaire devant Nadar
http://phlit.org/press/wp-content/uploads/2012/01/Illouz-Nerval-Der-der.-Plaanches2.pdf

Ortel mentionne le LAHRA (LAboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes)
http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/index_fr.php

“L’art du portrait en France de 1760 à 1840 : stratégies commerciales et modèles économiques”, journée d'étude octobre 2012
http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/Informations/Agenda_fr.php?ID=697

Lyon, silhouettes d'une ville recomposée. Architecture et urbanisme 1789-1914
http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/Informations/Publications_fr.php?ID=489

Un atlas imaginaire. Cartes allégoriques et satiriques, Laurent Baridon
http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/Informations/Publications_fr.php?ID=639

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14 juin 2013

Révolution : la bataille du public



Guillaume Mazeau, La Bataille du public. Les droites contre-révolutionnaires et la Révolution française dans la première moitié du XXe siècle - in Sophie Wahnich (dir), Transmettre la Révolution française, histoire d’un trésor perdu, Les prairies ordinaires, 2013. http://aggiornamento.hypotheses.org/1397


A la fin du XIXe, la droite catholique et royaliste a perdu le combat politique et scolaire. Mais sur le terrain idéologique, entre 1815 et 1945, elle lutte avec efficacité contre l’histoire républicaine. Elle se présente comme « histoire vivante », plus vraie et plus authentique que l'histoire scientifique. Elle s'adapte à la culture de masse et réussit à banaliser les clichés contre-révolutionnaires.


En 1893, « à l'occasion du Centenaire du soulèvement contre la République, des centaines de commémorations, banquets, messes et fêtes populaires sont organisées en Vendée, popularisées par des journalistes comme Eugène Veuillot, directeur du journal catholique L'Univers, mêlant royalistes et républicains conservateurs ».
«... Au début du XXe siècle, de nombreux érudits ... collectionneurs, publicistes, professeurs, écrivains et historiens, investis dans des centaines de sociétés savantes locales concurrencent efficacement les récits républicains ...». L'Action française fondée en 1908 leur sert de pépinière.
« Dans les années 1930, les réseaux du souvenir de la Contre-Révolution s'émancipent des clercs et se structurent autour d'associations spécialisées. Le Souvenir Vendéen, créé en 1932, organise des veillées, des kermesses et  des spectacles, forme des conférenciers et met en place un réseau de délégués cantonaux … »

La légende noire est servie par les écrivains et par l'édition. Elle peut se revendiquer de Taine (pour lui la Révolution est « une maladie de la nation définie comme un corps qui, pour être guéri ou rester sain, doit être dirigé par ses élites et un chef ») ou de Fustel de Coulanges.
Louis Madelin marginalisé par l’Université, se lance avec succès dans la vulgarisation. Il entre à l’Académie française en 1927. L’Histoire de France du monarchiste Jacques Bainville est éditée à 340 000 exemplaires chez Fayard.
Royaliste convaincu, G. Lenotre (Louis Gosselin) est l’auteur prolifique de livres sur le marquis de la Rouerie (1896-1897), sur Marie-Antoinette (1897), sur les noyades de Nantes (1914) ; il lance le débat sur la survivance de Louis XVII (1920) ; c’est un fin connaisseur des Archives nationales mais il brouille sans pudeur les frontières entre l'histoire et la fiction.
Sous Vichy, Pierre Gaxotte, rédacteur en chef du collaborationniste Je suis partout, participe à l'assaut généralisé contre l'histoire républicaine . Par la suite ses ouvrages sont constamment réédités en poche.

En face, les historiens républicains ont beaucoup travaillé. Ils se sont massivement mobilisés à l’occasion des cérémonies du Centenaire (1889), beaucoup moins pour celles du Cent-Cinquantenaire. Ils mettent au point la méthode critique et accordent une grande place à la publication des sources. Aulard occupe la chaire d’histoire de la Revolution française créée en 1885, Mathiez fonde la Société des Etudes Robespierristes (1908), Georges Lefevre étudie les paysans du Nord ou la Grande Peur ; il occupe la chaire d'histoire de la Révolution créée en 1937. En 1931, le musée Carnavalet présente l’exposition « Paris et la Révolution ».

Pour G. Mazeau, « par le rejet de la biographie, du détail, de la narration et de l’événement », les historiens de métier ont abandonné le terrain de la vulgarisation à leurs adversaires. Ces derniers ont utilisé leur savoir-faire pour tenter d'imposer dans le public leur haine de la Révolution et de ses principes.

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mazeau

Guillaume Mazeau, Université Paris 1 - page IHRF dont articles publiés
Rumeurs et vérité en histoire - Caen, 27 mai 2010
A propos de l'ouvrage de Michel Onfray Freud : Le crépuscule d'une idole
http://www.dailymotion.com/video/xdsy32_rumeurs-et-verite-en-histoire-debat_webcam

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