22 novembre 2016

UK : Enseigner une économie pluraliste


Dans Courrier international 1359, la traduction d'un article
de David Pilling pour le Financial Times, 30.09.2016

Crash and Learn: should we change the way we teach economics ?
A growing student rebellion is challenging the decades-old academic consensus
http://www.ft.com/content/0dc9b416-8573-11e6-8897-2359a58ac7a5


extraits :
1 question d'exam en 1er cycle :
« The Econocracy reproduces a typical exam question set for undergraduates. “Consider a two-period economy in which the representative consumer maximises the lifetime utility function U (C1, C2) = u(C1) + ßu(C2), subject to the lifetime budget constraint (1 + t)C1 + C2/R = W, where 0 < ß < 1, W is the present value of after-tax lifetime income, t is the VAT tax rate and R = 1 + r, where r is the interest rate.” »

« In London, both Goldsmiths College and the University of Greenwich are offering courses with a pluralist bent. University College London is already teaching from the open-source “core” programme, which seeks to make economics more relevant to the real world. At Manchester, too, broader-based modules are being introduced, too late and still too narrow for the students who pushed for change back in 2012, but a breakthrough nonetheless. Post-Crash Economics itself has folded into Rethinking Economics, a registered charity that links more than 40 student groups pressing for curriculum changes in campuses from Italy to Canada and from China to Brazil. »

the Post-Crash Economics Society itself has folded into Rethinking Economics, a registered charity that links more than 40 student groups pressing for curriculum changes in campuses from Italy to Canada and from China to Brazil.
http://www.post-crasheconomics.com/
http://www.rethinkeconomics.org/


.

 

Posté par clioweb à 08:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


06 février 2014

LM : Rien ne va plus à l'Ecole

 


Le Monde publie une série de 5 articles sur l'Ecole

1/5 - Rien ne va plus à l'Ecole - Le Monde 03.02.2014
Ecole : une nécessaire prise de conscience
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/une-necessaire-prise-de-conscience_4358944_3224.html

Les enfants de pauvres sont-ils condamnés à l'illettrisme ? Le Monde 03.02.2014
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/les-enfants-de-pauvres-sont-ils-condamnes-a-l-illettrisme_4358954_3224.html

2/5 - Peut-on enseigner les mathématiques à tous ? Le Monde 04.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/04/peut-on-enseigner-les-mathematiques-a-tous_4359648_1473685.html

3/5 - Faut-il être malheureux à l'école pour bien apprendre ? - Le Monde 05.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/05/faut-il-etre-malheureux-a-l-ecole-pour-bien-apprendre_4360374_1473685.html

4/5 - Faut-il en finir avec le collège unique ? - Le Monde 06.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/06/faut-il-en-finir-avec-le-college-unique_4361069_1473685.html

5/5 - A-t-on les enseignants qu'il nous faut ? - Le Monde 07.02.2014
http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2014/02/07/a-t-on-les-enseignants-qu-il-nous-faut_4361928_1473692.html

  « Arrêtons d'opposer plaisir et effort à l'école » -Entretien avec le ministre
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/08/vincent-peillon-arretons-d-opposer-plaisir-et-effort-a-l-ecole_4362698_1473685.html

http://www.lemonde.fr/education/

Posté par clioweb à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 décembre 2013

Oublier Pisa ?

 

- La France, championne du monde des inégalités scolaires, Libération 03.12.2013
En France, nous formons toujours autant de très bons élèves mais aussi, et surtout, de plus en plus d’élèves en difficulté venant de milieux défavorisés. L’école française est fortement inégalitaire. Rien de nouveau certes, mais ça s’aggrave.
L'OCDE évalue tous les trois ans les systèmes éducatifs de 65 pays et mégalopoles comme Hongkong ou Shanghai... 510 000 élèves de 15 ans ont passé les mêmes tests, en compréhension de l’écrit (français), maths et sciences.
http://www.liberation.fr/societe/2013/12/03/la-france-championne-du-monde-des-inegalites-scolaires_963749
En ligne, Libération vend un dossier "Gratuit pour les abonnés" (sic et resic)

- Comment PISA est devenu la norme mondiale de l'évaluation scolaire
Maryline Baumard - Le Monde  03.12.2013
« PISA a su s'éloigner suffisamment des programmes scolaires pour évaluer ce que l'honnête homme du XXIe siècle doit être capable de faire. Ensuite, en se limitant à trois disciplines (langue maternelle, maths et sciences), il permet une comparaison des systèmes dans le temps. Dernier point, les résultats sont livrés clés en main aux politiques, lisibles par le grand public ».  Pierre Vrignaud, prof de psycho à Paris X
Participer à PISA a coûté 534 000 euros à la France en 2012
http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/12/03/comment-pisa-est-devenu-la-norme-mondiale-de-l-evaluation-scolaire_3524386_1473688.html

- 5 des 50 problèmes de mathématiques - Le Monde  03.12.2013
http://www.lemonde.fr/education/article/2013/12/03/classement-pisa-cinq-exemples-de-questions-posees-en-mathematiques_3524501_1473685.html

- Même avec Pisa, impossible d'échapper au théâtre d'ombres des politiciens.
Laurent Wauquiez veut y voir « une alerte rouge pour M. Peillon ».
Pour le PS, Pisa dresse « un réquistioire sans appel de la politique éducative menée par la droite pendant dix ans ».
En fait, l'enquête de 2012 porte sur les années 2009-2012, celles de Chatel.
Le bilan de Peillon, ce sera Pisa en 2015.
http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/03/pisa-wauquiez-peillon-ps-etude-porte-2009-2012_n_4376367.html
. http://www.lemonde.fr/education/

- Classements : oubliez Pisa, on est forts dans plein d’autres trucs ! - Rue 89 03.12.2013
http://www.rue89.com/2013/12/03/est-forts-dautres-trucs-salete-pisa-248067
La France aurait gagné 287 000 millionnaires entre 2012 et 2013, Ulm progresse de 6 places... Y ajouter le poids de l'extrême droite dans le pays des droits de l'homme...

- Ça ne va pas si mal que cela ! dessin de Martin Vidberg
http://vidberg.blog.lemonde.fr/2013/12/03/ca-ne-va-pas-si-mal-que-cela/


.

 

Posté par clioweb à 07:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

27 novembre 2013

Au pays merveilleux des maths

 

- « Comment j'ai détesté les maths » : au pays merveilleux des mathématiques - Le Monde 26.11.2013
« Le mythe de l'austérité des maths, et des matheux infréquentables, se dissout très vite au profit d'une véritable poésie que le réalisateur révèle aussi bien dans l'esthétique des équations qui emplissent les tableaux noirs, que dans la gestuelle, les regards et les propos de ces personnages hors sol, dont l'intelligence phénoménale n'a d'équivalent que l'infinie modestie ».
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/26/comment-j-ai-deteste-les-maths-au-pays-merveilleux-des-mathematiques_3520193_3246.html

Un autre article fait l'éloge de la "Craie et (du) tableau noir, matières à penser - Le Monde 25.11.2013
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/11/25/craie-et-tableau-noir-matieres-a-penser_3519999_1650684.html


- Olivier Peyon était mardi l'invité de La Grande Table (1ère partie) 26.11.2013 -
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-1ere-partie-0

- Le dossier de presse du film
« On se sert des maths pour asséner des certitudes et clore le débat, alors que les mathématiciens se construisent sur le doute ».
http://www.hautetcourt.com/film/fiche/190/comment-jai-deteste-les-maths


- Jean-Pierre Bourguignon, les maths sans frontières Le Monde 02.09.2013
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/09/02/jean-pierre-bourguignon-les-maths-sans-frontieres_3469939_1650684.html

.

Posté par clioweb à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 novembre 2013

Comment j'ai détesté les maths



- Comment j'ai détesté les maths
L'émission Rue des Ecoles du 20.11.2013 présente le documentaire d’Olivier Peyon (sortie en salles le 27.11.2013).
Vers la 22eme minute, écouter une mise en contexte des maths modernes enseignées à l'école dans les années 1970.
http://www.franceculture.fr/emission-rue-des-ecoles-0  - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)

NB : La Révolution française a bon dos, mais en faire la source de la sélection par les maths, n'est-ce pas aller vite en besogne ?
Jusqu'en 1958, la réussite passait plutôt par la maîtrise du latin (et du grec) dans des lycées ou collèges classiques
Lors de la Fabrique sur la Renaissance, ce sont les Lumières qui ont servi de cible à la médiéviste invitée.

Les maths, c'est « la seule discipline où l’on se targue d’être nul » !
http://www.commeaucinema.com/film/comment-j-ai-deteste-les-maths-comedie,223913


Beaucoup de radio à podcaster en ce moment :

- Archéologie du Japon médiéval -  Le Salon noir 12.11.2013
http://www.franceculture.fr/emission-le-salon-noir-0  - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)


- Eclairer l'Histoire par les lois et les lois par l'Histoire - Le bien commun, 14.11.2013
Antoine Garapon reçoit Marc-Olivier Baruch.
http://www.franceculture.fr/emission-le-bien-commun-0 - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)
http://clioweb.canalblog.com/tag/loisindignes

- Le grand Ferré -  premier héros paysan - les Lundis de l'histoire 18.11.2013
Colette Beaune était l'invitée de Jacques Le Goff  (avec Mathieu Arnoux)
http://www.franceculture.fr/emission-les-lundis-de-l-histoire-0  - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)


- Lévi-Strauss lu et relu par Maurice Godelier - La suite dans les idées 16.11.2013
(avec un double accent :
les structures de la parenté (CLS aurait fait l'impasse sur la descendance)
les mythes et les rites (CLS aurait fait silence sur les religions)
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idées-0  - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)


- Qui a eu cette idée folle de vouloir réformer l'école ? - du grain à moudre 13.11.2013
(notamment avec l'ancienne rectrice de Limoges & Poitiers)
http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-0  - l'émission en mp3 (clic droit pour podcaster)

.


Posté par clioweb à 07:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


11 janvier 2013

Michèle Audin, Une vie brève

 

Michèle Audin, Une vie brève, Gallimard

extrait :

Une vie brève n'aurait pas existé sans le goût du travail d'historien qui a jeté un beau jour la spécialiste de la géométrie symplectique sur la piste de Jacques Feldbau. Ce mathématicien fut déporté, comme juif, à Drancy puis à Auschwitz, et mourut juste avant la fin de la guerre. Une histoire de Jacques Feldbau (Société mathématique de France, 2010) a été précédée d'un premier essai, " plus littéraire ", que l'universitaire strasbourgeoise a consacré à une autre figure du monde des mathématiques, la Russe Sofia Kovalevskaya (1950-1891). Scientifique éminente, discriminée du fait de son sexe, cette chercheuse exceptionnelle a fait l'objet de plusieurs livres, de films et d'une pièce de théâtre.

Michèle Audin a trois ans en 1957, quand son père, pied-noir, mathématicien, favorable à l'indépendance est " emmené, torturé et tué " à Alger par les parachutistes français...
Maurice Audin ? Un garçon ordinaire, d'origine modeste. Il boit son café sans sucre, il aime les mathématiques, a lu des livres sur Gandhi. Il va au cinéma avec sa femme et fume des Camélia Sport. Rien d'exceptionnel ? Rien.



L’équation de Michèle Audin - Libération livres 09.01.2013

Mathématicienne, elle totalise les traces du père qu’on lui a soustrait en Algérie
http://www.liberation.fr/livres/2013/01/09/l-equation-de-michele-audin_872786


.

Posté par clioweb à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

16 février 2012

Agrégation de maths : démissions

 

- Agrégation externe de mathématiques : Démission d’un quart du jury

Trente mathématiciens, soit plus d’un quart du jury 2011, ont décidé qu’il n’était plus possible d’assister passivement à la destruction du système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le texte (copie ci-dessous) et la liste des démissionnaires :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

http://sciences.blogs.liberation.fr/


- CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

« Au total, pour le concours externe 2012 des CAPES disciplinaires, il y a 6314 admissibles pour 4847 postes ( soit une proportion admissibles/postes de 1,30 ) contre 7492 admissibles pour 4881 postes au concours externe 2011 des mêmes CAPES disciplinaires ( soit une proportion admissibles/postes de 1,53 ) ».

Simple conséquence de l'extension à bac +5 des études, ou volonté délibérée de torpiller les concours de recrutement et la fonction publique ?
http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2012/02/14/capes-la-crise-de-recrutement-saggrave/

.

« Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire.

Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité.

Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité. Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond. Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste. Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves. Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nosmédailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe. Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons ».

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

Posté par clioweb à 07:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20 mai 2011

Vive les profs !


.
Dix enseignants heureux dans leur classe
,
dossier dans Le Monde Education 18/05/2011

« A l’heure où l’approfondissement de la crise sociale rend le quotidien des classes de plus en plus difficile, au moment où le pouvoir politique juge l’éducation trop coûteuse et lui coupe ici sa formation initiale ou là des postes qui sont pourtant des aides précieuses aux élèves les plus en difficulté, les enseignants souffrent de plus en plus, certes, mais continuent leur chemin ». Luc Cédelle.
http://www.lemonde.fr/education/

 

- Sauver les naufragés des maths par des cours vidéo
Philippe Mercier, collège de Morhange
son ambition : étendre l'offre au lycée
http://maths-videos.com/

- Sortir des labos avec les réseaux sociaux
Etienne Parizot, Paris VII, E.T. d'Orion - http://www.etdorion.com/

- Mêler les voix et les matières - HG et Allemand
ML Pierre et B Faux, Pau, Abibac
http://www.cyberlycee.com/barthou/site-public/rubrique.php3?id_rubrique=117

- Remettre les langues anciennes au goût du jour
Dominique Augé, Chambéry - Le projet Helios
http://helios.fltr.ucl.ac.be/presentation.htm

- Embarquer en poésie des adolescents high-tech
Jean-Michel Le Baut (Brest) : la littérature doit être vivante
blog http://i-voix.over-blog.com/
http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6863

- Installer sa classe primaire dans les coulisses d'un opéra
Sophie Rousseau, Sarcelles

- La méthode Orangina pour réveiller les amphis endormis
Thierry Isckia, blog http://rse.lemonde-apres.com/tisckia/
http://www.prix-strategie.com/interview-thierry-isckia-intmanagement.php

- Coacher en classe et en ligne
Eric Cobast,
http://blog.letudiant.fr/concours-sciences-po-iep

- De la Méditerranée à l'Allemagne, un voyage pour élargir son avenir
Anne Iksi-Smouts, Marseille 

- Privilégier l'autonomie et éduquer à la vie de groupe, dès le plus jeune âge
F Blais, maternelle

- Les présidents d'université appellent à une révolution pédagogique (sic...)
La réforme de la licence a été au coeur de leur colloque à Toulouse. L'article parle d'initiation à la recherche et de prime d'excellence pédagogique.

Posté par clioweb à 07:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

28 avril 2011

Programmes : le tour des matheux

Terminale S : d’éminents mathématiciens contestent les nouveaux programmes.
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/26/

Après les profs de SES, ce sont les matheux qui entrent dans la danse.

Selon plusieurs d'entre eux « les ambitions affichées » par ce projet de programme « ne seront en aucun cas réalisables compte tenu des horaires assignés et des contenus proposés ». 

Les signataires déplorent l'improvisation actuelle, regrettent l'absence d'expérimentations préalables à la rédaction des programmes scolaires.

http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/~demailly/communique_math_TS_2011.pdf

 

Posté par clioweb à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

07 décembre 2010

Pisa : le questionnaire

- Pisa, Le questionnaire 2009
Le Soir a publié une version du questionnaire (La démocratie à Athènes, c'est page 68)
http://www.lesoir.be/mediastore/
En anglais, les annexes sont page 179, Thucydide c'est page 209
http://www.oecd.org/dataoecd/11/40/44455820.pdf
Google Books en propose aussi une version.

- Copie de la synthèse des résultats, version Rue 89.
http://asset.rue89.com/files/46624382.pdf

Enquête Pisa sur l'école : il est temps d'évaluer l'évaluation
Nestor Romero - Ancien enseignant -  - http://www.rue89.com/restez-assis/ - 15/12/2007
Rapport Pisa 2009 sur l'éducation : la vie est un combat
Nestor Romero - Ancien enseignant -   08/12/2010  -  http://www.rue89.com/restez-assis/ -

 Dix leçons du classement Pisa 2009 - Le Monde
9 - Les profs français les moins sympas…10 - … mais jugés les plus justes
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/07/

- Eric Charbonnier, responsable du classement PISA-France
"Notre système éducatif est devenu dichotomique : soit on réussit, soit on échoue" -  Le Monde.fr - 01.12.10

.
- rappel : « Qu'est-ce qu'une école juste ? »
débat le 28 janvier 2010, entre Marie Duru-Bellat et Eric Charbonnier organisé par  l'Observatoire des inégalités.
Eric Charbonnier est expert à la direction éducation de l'OCDE / analyste à la Division des indicateurs et analyses de l'OCDE.
http://www.inegalites.fr/
http://ses.ens-lyon.fr/1267723248990/0/fiche___article/&RH=33

.
Ecole : une France inégalitaire - Libération Education, 08/12/2010
http://www.liberation.fr/societe/

Juste la moyenne en maths
http://www.liberation.fr/societe/
Les garçons à la traîne
http://www.liberation.fr/societe/
La maternelle est utile
http://www.liberation.fr/societe/

 

Posté par clioweb à 15:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,