06 décembre 2016

LNV : Combats politiques et sociaux

 

combat-richeux

 

Le combat - émission les Nouvelles Vagues 05.12.2016
1/5 Combats emblématiques, combats révélateurs
http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-vagues

A partir de mai 1968 et de la mobilisation contre le CPE en 2006,
les combats politiques et les conflits sociaux (plutôt que sociétaux :-) )
qui révèlent un moment de la société : ses fractures, ses « camps », ses préoccupations...

avec Ugo Palheta, Lille III sc education
et Ludivine Bantigny, Rouen + SciencesPo


Ludivine Bantigny a publié notamment :
« Le temps politisé. Quelques enjeux politiques de la conscience historique en Mai-Juin 68 », Vingtième Siècle n° 117, janvier-mars 2013
« Mai-Juin 1968 : temps et contretemps de l’événement »,
in Anne Muxel (dir.), Temps et politique. Les recompositions de l’identité, Presses de Sciences Po, 2016

Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesses en France de l’aube des trente glorieuses à la guerre d’AlgérieFayard 2007,
Histoire des jeunes en France, PUF, 2009
La fabuleuse histoire des journaux lycéens Les Arènes 2014,
La société française de 1945 nos jours avec Jenny Raflik et Jean Vigreux , Doc Française 2015
Flux et reflux de l’idée révolutionnaire 
in Christophe Charle et Laurent Jean-Pierre ,
La vie intellectuelle en France, Le Seuil 2016
http://grhis.univ-rouen.fr/grhis/?page_id=362

A paraître :
Les circulations révolutionnaires dans les années 1968,
un numéro de la revue Monde(s) coordonné avec Boris Gobille et Eugénia Palieraki
Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes? Le genre de l'engagement dans les années 1968,
un ouvrage aux PUR codirigé avec Fanny Gallot et Fanny Bugnon
De grands soirs en petits matins : l’événement de 68, Le Seuil, à paraître sept 2017 ?


En vidéo, après l'inévitable publicité
La jeunesse, une valeur sûre, La vie des idées 18.06.2012
http://www.dailymotion.com/video/xrloa8_la-jeunesse-une-valeur-sure_news

La jeunesse, du mythe à l'histoire, Sénart mars 2011 - 1/3 à 3/3
Les jeunes ont-ils délaissé la politique ? La Croix, 16.05.2016
http://www.dailymotion.com/fr/relevance/universal/search/Ludivine+Bantigny/1


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08 octobre 2014

M. Gauchet : Conformisme et Tradition


Conformisme et tradition. Quelques remarques sur la pensée de Marcel Gauchet, blogs de Médiapart, 07.01.02014
http://blogs.mediapart.fr/edition/rendez-vous-de-lhistoire-de-blois-2014-les-rebelles-quelle-edition/article/071014/conformisme-et-tradition-quelques


Ludivine Bantigny (U. Rouen) a démissionné en août du conseil scientifique des RDV de l'histoire de Blois. Elle a découvert dans la presse, comme les autres membres, le choix de Marcel Gauchet pour une conférence inaugurale sur « les rebelles ».

Dans un article publié par Médiapart, elle considère ce choix « étonnant pour le moins, indécent quand on y regarde de près ». Elle décrit « la suffisance » du philosophe très actif dans les médias, elle analyse ses prises de position sur l’ordre néo-libéral, sur les mouvements sociaux, sur 1968 (l’événement ou sa postérité ? le concept de génération, l’ignorance des archives), sur l’immigration vue comme problème, sur l’enfant désiré vu comme une catastrophe provoquée par la libération des femmes. A travers une citation de Sandra Laugier, elle « refuse de prendre pour argent comptant le discours de la domination ».

extrait :
« Il y a certes, chez Gauchet, de nombreuses flèches décochées contre le présentisme, en tant qu’enfermement dans le présent. C’est pourtant un présentisme activement pratiqué qu’il propose en refusant d’imaginer la moindre alternative à ce couvercle pesant.

Car s’il y a bien de l’intouchable chez Gauchet – la tradition, la famille, la nation –, il inclut, et au premier chef, un capitalisme non interrogé. C’est là un « cela va de soi », interdisant justement la mise en cause, le refus, la rébellion, et empêchant que de l’autre soit pensé, imaginé et pourquoi pas rêvé – autre gros mot. « C’est dans le cadre du marché, de la liberté individuelle et de la propriété privée que devra se situer toute politique plausible. En ce sens, il est possible de soutenir en effet qu’il n’y a plus d’autre socialisme concevable que libéral. Il en va de même d’ailleurs du conservatisme. Ils sont condamnés à composer avec le fait libéral et à s'inscrire dans ses limites indépassables. »
On accordera à Marcel Gauchet de n’avoir pas changé : à l’aube des années 1990, il y insistait déjà : « les vieilles disputes autour du capitalisme sont rendues obsolètes par sa redéfinition de fait comme économie de l’innovation ». Quoi qu’on en pense par ailleurs, ces leçons délivrées dans la majesté d’un ton qui n’admet pas la contradiction reviennent à condamner toute brèche, toute incursion dans les failles d’un système qui précisément ne va pas de soi parce qu’il est historiquement, politiquement et  idéologiquement déterminé. Le philosophe de la condition historique pourrait au moins le faire saisir, au lieu de nourrir l’absence de réflexion sur une telle historicité ».

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22 août 2014

L. Bantigny : Les rebelles

 
L'historienne Ludivine Bantigny a démissionné du Conseil Scientifique des Rendez-vous de l'histoire de Blois à la suite au choix unilatéral, par la direction, de demander à Marcel Gauchet de prononcer la conférence d'ouverture.
Son texte de présentation a été retiré du site des RDV.
http://www.rdv-histoire.com/-Les-Rebelles-971-.html

Avec son accord, en voici une copie :

Les rebelles

Esclaves brisant leurs chaînes, paysans et ouvriers insurgés, peuples révoltés, réfractaires et résistants, anarchistes et féministes, artistes avant-gardistes…  Les rebelles, par-delà leur extrême diversité dans le temps et l’espace, ont du moins un point commun : le rejet d’un ordre imposé et supposé partagé qu’ils voient comme une domination, voire une sujétion. Tour à tour valorisée, raillée, stigmatisée voire criminalisée, la rébellion dit bien l’envers des sociétés. Car elle expose tout ce qu’il y a de convention et de conservation, d’obéissance et de soumission, de normes auxquelles il faut être conforme, dans un système qu’elle veut briser. C’est en cela qu’elle est une menace, et doublement : elle entend mettre à bas un monde honni et dans le même mouvement elle en arrache le masque, le divulguant à lui-même. En ce sens, elle apparaît comme un dévoilement. Ainsi la rébellion qui souvent part de la marge, de bas-fonds, de minorités, finit-elle bien souvent par attaquer le cœur même d’un système. Et les imaginaires contestataires qu’elle dessine sont autant de projets de société rompant avec le tout-venant de ce qui va de soi, pour mieux révéler en quoi, justement, il ne va pas.

 La rébellion peut se faire transgression, insoumission, insubordination : elle est tantôt mutinerie dans une armée, indiscipline dans une institution, dissidence dans une organisation, solidarité face à la répression. Elle a ses moments : hérésies, jacqueries et pirateries, révoltes et insurrections, révolutions… Elle a ses formes et ses gestes, sa geste même : violences, grèves, occupations, illégalismes, quand prendre les armes devient plus que légitime – nécessaire et obsédant. Car elle a aussi ses affects et ses sentiments ; si l’amour n’est pas le seul « oiseau rebelle », il y faut en tout cas beaucoup d’émotions : courage, honneur, admiration, aversion et détestation, la rébellion est aussi affaire de passion.

 Est-elle vouée à la récupération ? Elle en est du moins souvent menacée, comme l’illustre encore récemment le lancement d’une marque de vêtements, « belles et rebelles ». Tant de procédés visent en effet à instrumentaliser les rébellions en faisant mine d’en reprendre la lettre, mais négligent radicalement leur esprit, jusqu’à le retourner contre lui. On peut ainsi faire le récit de tous les moments où la rébellion devient banalisée et ritualisée. Il est aussi des rébellions paradoxales : que deviennent les rebelles lorsqu’ils accèdent au pouvoir ? La rébellion lui est-elle compatible ? Peut-elle se faire institution ?

 Il n’empêche, entre contre-cultures et contre-écriture, force de la résistance et de l’insoumission, les rebelles, en rejetant les classements trop évidents, en récusant la loi et l’ordre, en cherchant à les démystifier pour les dynamiter, redonnent souvent du sens à ce qui n’en avait plus et du désir quand il s’était perdu. Les échappées rebelles sont-elles toujours des échappées belles ? A l’histoire ici de leur redonner vie.

 Ludivine Bantigny



Aggiornamento a publié ce texte de soutien :
« Nous, enseignants, chercheurs, lecteurs, amateurs d'histoire, très attachés à la diffusion et au large rayonnement des recherches et travaux auxquels oeuvrent les Rendez-vous de l'histoire de Blois depuis 16 ans, tenons à exprimer notre incompréhension devant le choix de confier cette année la conférence inaugurale à un auteur connu pour des thèses tournées avant tout vers le maintien de l'ordre, qui peuvent être jugées ultra-conservatrices, sceptiques sur l'impératif de respect des droits de l'homme, familialistes, sexistes et homophobes. Ce choix polémique nous paraît d'autant plus déplorable que les Rendez-vous de l'histoire de 2014 sont centrés sur le thème des Rebelles et présidés par une grande historienne de la cause des femmes ».

Une pétition est en cours : envoyer ce texte et votre signature par mail à l'adresse petition.blois@laposte.net, avec éventuellement indication de votre activité et/ou de votre lieu de résidence.
La pétition sera transmise à la Direction des Rendez-vous et diffusée avec la liste des signataires par ordre alphabétique général (sans distinction de premiers signataires).

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