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« Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de lieues accumulées,
mais notre capacité à dessiner des liens entre les lieux »

En imaginant pour « Le Monde » le paysage d’une ville au-delà de l’automobile,
le géographe Jacques Lévy dessine un nouvel art de vivre la mobilité « pas à pas »,
vade-mecum pour un piéton redevenu attentif à son environnement le plus immédiat.

Jacques Lévy, Le Monde 07.08.2019

http://tinyurl.com/y3kqav3s

 

Le 7 août 2019, alors que la TV annonçait 700 km de bouchons en France
(dont les autos des Parisiens ou des Lyonnais en vacances),
et évoquait une capitale vide, surtout fréquentée par des touristes étrangers,
Le Monde s’interrogeait sur la ville sans autos.

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La tribune est illustrée avec la photo de piétons à proximité du Mont-Saint-Michel.

1 - Le Mont n’est pas vraiment un exemple de grande métropole modialisée.

2 - Il est accessible à pied, à condition de traverser la baie avec un guide.
Après avoir rejoint Genêts en auto ou en autocar. :-)
http://clioweb.canalblog.com/tag/baie

Les autres touristes paient cher l'utilisation du parking d’une filiale de Véolia.
Qui n'a pas réussi les navettes tirées par des chevaux, ce qui se faisait à Paris au XIXe.

Et la fréquentation du Mont a subi une forte baisse, malgré les dépenses de pub du département.


L’article oublie beaucoup d’enjeux importants
dont la distance entre logement et lieu de travail,
le prix de l’immobilier,
les infrastructures existantes de transport.
Il faudrait aussi distinguer la situation de l'agglomération parisienne et celle des espaces ruraux.

Il y aurait aussi bcp à dire sur les choix politiques de la SNCF et des régions,
sur la fermeture des lignes secondaires
et la volonté d'imposer des bus peu écolos.

 

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 La gare de Caen avant l'auto...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gare_de_Caen

 
Il aurait été possible d’évoquer davantage l’histoire :
au XIXe, avant le vélo ou l’auto, les travailleurs marchaient.beaucoup, au moins pour les courtes distances.

Le cheval façonnait le paysage des villes (écouter l'historien Daniel Roche).
Les traces sont encore visibles (cours intérieures, écuries).
Pour Paris, la motorisation supplante les chevaux juste avant 1914
carte postale carrefour des Italiens :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/10/09/32748577.html


Dans toutes les grandes villes, le train a aussi structuré les banlieues,
avec une prime aux gares qui disposaient de trains directs vers le centre ville.


En province, le train combinait les grandes lignes et la desserte locale.

Beaucoup d’omnibus ont disparu avant 1939 ou vers 1970.
Ainsi, entre Caen et Vire, l'autoroute A 84 utilise en partie

le tracé d'une ligne qui a existé de 1891 à 1938
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_Caen_à_Vire

Depuis 1970, entre ces 2 villes, il faut 2 heures en train pour parcourir 60 km
et bien davantage à pied :-)
(Vire-Granville, en train, c'est 30 mn.
La Région et la SNCF veulent fermer la ligne (privatiser ?),
et la remplacer par un autocar (qui triple le temps de transport...)


PS -
L'article mentionne PostCarWorld, un programme de recherche soutenu par le FNS (2014-2016)
http://www.espacestemps.net/articles/les-au-dela-de-la-societe-automobile/

1 synthèse : http://www.espacestemps.net/articles/post-car-world/

+ « Penser l’espace avec ses pieds. », EspacesTemps.net 2015
lecture d’un ouvrage de Merlin Coverley Psychogéographie ! (2011) par Nicolas Canova
http://www.espacestemps.net/articles/penser-lespace-avec-ses-pieds/


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