Comment l'Histoire fait-elle son cinéma ?
Face-à-face entre Pierre Nora et Bertrand Tavernier
A lire dans Le Nouvel Observateur, n° 2407, 23/12/2010.

« L'historien fait savoir, comprendre et sentir, alors qu'un créatif, écrivain ou cinéaste, n'est pas du côté de ceux qui font savoir : il fait sentir complètement et donne à comprendre par des chemins différents »

« Montrer des films historiques à l'école ? Ce serait en tout cas plus vivant ! » (sic)
Mais plusieurs éléments s'y opposent :
. la paupérisation des programmes,
. la rupture du sentiment temporel,
. la formation des profs, etc...

Parmi les réalisateurs cités, en dehors de Tavernier : Jean Renoir, Christian Jaque (François 1er sous les traits de Fernandel), Sacha Guitry, Rachid Bouchareb, Abdellatif Kechiche...

Extraits avec quelques affirmations qui mériteraient débat :

P Nora - « La question de l’enseignement de l’Histoire est indissociable des conditions générales propres à cette époque et là on retrouve la quadrature du cercle : on entend désormais que les élèves apprennent plusieurs langues, quand beaucoup ont déjà du mal avec le français, on souhaite à raison leur enseigner l’informatique, on veut qu’ils fassent plus de sport… Les confectionneurs de programmes s’arrachent les cheveux. Bien sûr, je déplore la paupérisation des programmes : comment peut-on enseigner le christianisme ou l’islam mais pas les deux . L’Asie ou l’Europe, mais pas les deux ?…»

B Tavernier -  … « L’Education nationale a mis très longtemps à prendre l’image au sérieux... »

P Nora - « La question de l’éducation à l’image est essentielle, mais il faudrait commencer par former les enseignants, qui pour beaucoup d’entre eux sont nés dans cette même indifférence à l’Histoire. Et il ne peut y avoir d’éducation à l’image sans enseignement de l’histoire de l’art. Et là nous retombons sur le problème des programmes. Mais l’enseignement le plus en danger en France est sans doute le primaire : les parents veulent seulement que les gosses leur fichent la paix, les professeurs aussi parfois, alors on ne veut pas les brimer en leur apprenant à écrire ! »

B Tavernier - « Face à la TV de Berlusconi, qui en était encore à ses débuts, face à toutes ces coupures publicitaires dans les films, Fellini disait que nous allions engendrer des générations de crétins impatients. On sait aujourd'hui que le temps de concentration maximum de beaucoup ne peut excéder neuf minutes... »

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source : http://monfernandel.free.fr/filmographie.html
et Google images.