Hier, à l'INRP (Lyon), un séminaire international avait lieu sur le thème L'Ecole et la Nation.

- Extrait de l'article de Véronique Soulé (Libération) :
« L’ordre est venu directement du «Château» - comprenez de l’Elysée : il faut organiser dans les meilleurs délais un séminaire, colloque ou autre réunion haut de gamme impliquant des intellectuels et où l’on parle de la nation, à défaut d’identité nationale, notion trop dévoyée. Le ministère de l’Education nationale s’est mis illico à plancher. Et il a trouvé l’idée d’un «séminaire de recherche sur les rapports entre l’école et la nation hier et aujourd’hui». La première séance se tenait hier à Lyon »

- « Ne pas rester dans une tour d’ivoire »
Olivier Loubes, historien, défend sa venue à un séminaire qu’il juge dégagé de l’agenda politique.
Le séminaire est ciblé sur l’école et la nation, et non pas sur l’identité nationale. Il va permettre de montrer que la nation est une construction historique, et non un invariant ... En effet, on ne naît pas français, on le devient...
Enfin ce séminaire est international et scientifique, avec un volet de deux jours à Barcelone

- « Une dimension très nauséabonde »
Nicolas Offenstadt, historien, dénonce un débat sur une notion que le gouvernement a d’emblée manipulé en la figeant dans le nom d’un ministère.
Faut-il refuser de parler de nation ?
« Il faut refuser de participer à définir une identité nationale dont le questionnement est défini d’avance, et dont on sait où le pouvoir veut aboutir… Il y a l’effet d’affichage et les conclusions que le gouvernement tirera de ce séminaire, qui risquent bien de masquer le travail savant ».

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- La vidéo du ministre est déjà en ligne. Suivront des interviews des intervenants, des actes en 2011, un numéro spécial de Histoire de l’éducation, une brochure pédagogique à destination des professeurs...

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- Comptes rendus sur le site du Café péda
Antoine Prost : "La Nation, c'est la Révolution..."

Le Roman scolaire de la nation : Le cas français
Annie Bruter : "la IIIe République s'inscrit dans les pas du Second Empire, mais supprime l'histoire sainte".
Olivier Loubes : "entre les deux guerres, le roman national bouge, du patriotique au pacifique"

Parenthèses et tournants
Rémi Handourtzel : "La Nation à l'Ecole sous Vichy"
Peter Carrier : "En Allemagne, un sentiment national ambigu, après la Shoah"
Joan Pagès Blanch : "L'histoire scolaire de l'Espagne et de la Catalogne"
Jürgen Helmchen : "Le terme "national" est-il définitif ?