08 septembre 2011

Qu'apportent les digital humanities ?

 

Pierre Mounier : Qu'apportent les digital humanities ? Quelques exemples (1/2)
http://homo-numericus.net/spip.php?breve1011

Pierre Mounier : Qu'apportent les digital humanities ? Quelques exemples (2/2)
http://homo-numericus.net/spip.php?breve1012

La qestion initiale a été posée par Hubert Guillaud sur La Feuille en juillet 2010 (il cite les 12 projets soutenus par Google).
http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/07/22/quapportent-les-digital-humanities/

Elle a été posée également en juin 2011, lors du colloque Dans la toile des médias sociaux, à l'Institut Historique Allemand : Quels effets les médias sociaux ont-ils sur la culture scientifique ?  http://dhiha.hypotheses.org/25


Dans le premier article, Pierre Mounier met en avant deux exemples :

- « Why Net Censorship in Times of Political Unrest Results in More Violent Uprisings : A Social Simulation Experiment on the UK Riots ». Dans un article de just in time sociology Antonio Casilli et Paola Tubaro mobilisent à la fois un modèle théorique et un outil de simulation sur ordinateur pour tester et contredire la suggestion de Cameron (interrompre les liaisons électroniques dans un espace touché par des mouvements sociaux).

- « Le cinéma du chaos ». Matthias Stork a réalisé et diffusé sur Viméo une vidéo d’extraits de films anlysés et commentés en voix off. Selon lui, le « le cinéma populaire contemporain filme les scènes d’action en particulier n’obéit plus à aucune logique rationnelle ou narrative qui permette au spectateur de suivre et comprendre l’action qu’il est en train de regarder, mais à la volonté d’anesthésier son jugement en l’écrasant sous un flot démentiel et chaotique, un véritable déluge de violence et d’effets spéciaux ».


Dans un second article, Pierre Mounier nuance « un enthousiasme justifié » :

- L’engouement pour Google Ngram Viewer ne peut masquer ses faiblesses méthodologiques : le décompte d’occurrences est spectaculaire, mais il se fait à partir d’une base dont le contenu tient en partie au hasard.

- Casillii et Tubaro apportent la contradiction à Cameron. Ils opposent une recherche immédiate, largement diffusée au discours d'un politicien conservateur. Ils opposent un système multi-agents à « l’agent supposé rationnel, centré sur l’individu et faisant abstraction des dimensions sociales, culturelles ou de classe qui peuvent aussi agir sur les comportements individuels et collectifs ». Leur travail ne propose tout simplement pas « un cadre alternatif de compréhension de la réalité sociale mais corrige une affirmation singulière dans un cadre de pensée partagé avec les acteurs politiques dominants ».


Dans le cas de Bourdieu (La distinction) ou de Lahire (la culture des individus), « c’est ici le livre dans sa forme la plus traditionnelle qui est le plus adapté à l’exposition d’une théorie sociologique qui n’appartient qu’à son auteur et dont la sophistication a besoin de temps et de place pour s’exposer ».

Pierre Mounier voit plusieurs écueils à éviter : la fascination pour l’outil, l'utilisation de formats fragmentés, la recherche qui peut s'effacer derrière les impératifs de la communication ou les financements à court terme.

Il conclut : « Lorsqu’on regarde la manière dont les grandes théories scientifiques se sont établies dans leur champ, on voit comment c’est le plus souvent à la fois en publiant des ouvrages témoins particulièrement marquants, en produisant dans le même temps une instrumentation nouvelle plus efficace pour la conduite de la recherche et en faisant la démonstration de leur intérêt pour leurs contemporains. Il ne semble pas que les Digital Humanities doivent échapper à cette triple exigence ».



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Posté par clioweb à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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