11 juillet 2016

Les Années Mitterrand

 

Quand la gauche était au pouvoir
http://www.laviedesidees.fr/Quand-la-gauche-etait-au-pouvoir.html

Mathias Bernard, Les Années Mitterrand. Du changement socialiste au tournant libéral, Belin
CR Ismaïl Ferhat , La vie des idées 11.07.2016

« Elu en 1981 sur un programme de transformation sociale, le premier septennat de François Mitterrand a été le moment d’agonie d’une partie du tissu industriel français : la Manufacture à Saint-Étienne, définitivement fermée en 1985, les Charbonnages de France, qui gèrent à partir de 1983 la fin de l’activité minière hexagonale, la réduction de la métallurgie (à Fos-sur-Mer ou en Lorraine). Le pouvoir de gauche en est réduit à accompagner le déclin de son cœur sociologique et identitaire, le monde ouvrier ».

Un véritable découplage s’est opéré entre la fortune électorale de la gauche et sa surface militante (adhérents, syndicats, associations).

Le culte de l’émancipation individuelle a remplacé les convictions et les espérances collectives, d’où une fragmentation sans cesse accrue...


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19 juillet 2015

Jean Lacouture (1921-2015)

 

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Le Monde 18.07.2015

 

- Jean Lacouture, journaliste et biographe - Luc Cedelle, Le Monde 17.07.2015
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/07/17/mort-de-jean-lacouture-eminent-journaliste-et-biographe_4687210_3382.html

« En combien de temps ce champion de l'écriture véloce – et néanmoins soignée – eût-il lui-même troussé, au format convenu, le récit de sa vie ? Debout, en un quart d'heure, ainsi qu'il tapait l'édito de politique étrangère du Monde au début des années 1960 ? « C'est tellement amusant d'écrire !», disait-il, un brin cabotin, lorsque, dans son âge avancé, il était interrogé sur son exceptionnelle facilité. Jean Lacouture, mort le 16 juillet à l'âge de 94 ans, ne pourra donc plus s'amuser. Mais il laisse une œuvre de grand journaliste et de biographe. Et une belle trace dans les annales du métier ».


Journaliste de référence, il combat le colonialisme, tout comme Simonne Miollan rencontrée au Maroc. Le couple est familier de Ho Chi Minh, Nasser, Bourguiba ou Ben Barka, etc. « Sur la révolution culturelle maoïste, il fut intensément aveugle... Il tarda à réaliser la dérive génocidaire des Khmers rouges »

« En 1965, il débute sa carrière parallèle de biographe, avec un premier De Gaulle (3 volumes suivront 20 ans plus tard). Au total, il signera pas moins de dix-huit biographies – notamment celles de Léon Blum, André Malraux, Hô Chi Minh, Mauriac, Montaigne, Montesquieu… qui à elles seules auraient suffi à combler une vie de travail ».


- Portrait de Jean Lacouture par Judith Perrignon - Libération, 22 mai 2003
http://www.liberation.fr/culture/2003/05/22/son-pantheon-est-decousu_434373


- Mitterrand, Une histoire de Français
1 - Les risques de l'escalade 2 - Les vertiges du sommet

« Le relatif échec de Mitterrand est bien celui de ma génération. Mendès France, lui aussi, n'avait atteint en 1955 qu'une part de ses objectifs. Mais il était investi d'une telle noblesse, il était sorti les mains tellement propres de l'aventure, qu'il n'y a plus que la lumière qui demeure ».

« Ce métier file un mauvais coton. Le journalisme d'aujourd'hui a tort de se prendre pour la police, pour la justice, pour la diplomatie secrète et pour tout ce qu'il n'est pas... La transparence, c'est la barbarie. Elle aboutirait à nous faire vivre en un aquarium »
entretien Télérama 12.09.1998


- Jean Lacouture, point final, Laurent Joffrin Libération

« Ainsi s’efface dans l’élégance un héraut de la gauche des libertés, fidèle à ses idées et encore plus à ses amis, épicurien du Midi et spartiate de l’écriture, chaleureux et exigeant, colérique et généreux. Ainsi s’éloigne sans tapage une forme de journalisme que les esprits forts récuseront sans l’avoir connu, proche de la littérature, dans la confidence des puissants, mais d’une sagacité rare et d’un agrément de lecture dont on fera bien de s’inspirer avant de donner des leçons. D’autant que les incertitudes de l’engagement étaient chez lui compensées par cette qualité parfois oubliée qui reste le fondement de ce métier : l’honnêteté intellectuelle ».
http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/07/17/jean-lacouture-point-final_1349702


13.08.2015
Dans un hommage d'André Versaille, une citation surprenante :
« Carl Bernstein et Bob Woodward ont réalisé une enquête formidable. Mais que deux journalistes se servent d’une histoire abjecte pour faire tomber Nixon, un président - que j’ai toujours détesté, mais qui n’en était pas moins un homme d’État utile aux États-Unis -, qui sera remplacé par un crétin notoire puis par un homme trop faible, me laisse perplexe. Il y a des vérités fondamentales devant lesquelles doit s’incliner la raison d’État : la condamnation d’un l’innocent, l’usage de la torture, le trucage électoral ; il y en a d’autres dont la révélation tonitruante aboutit à détruire, sans nécessité absolue, les fondements du système démocratique. Quand le crime n’est pas monstrueux, la raison d’État doit l’emporter sur la vérité »
http://www.andreversaille.com/


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 Libération - AFP 17.07.2015

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Sud-Ouest martèle : Bordelais, né à Bordeaux, élève des Jésuites...


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13 mai 2011

Le coup d'état permanent

Un 13 mai 2011, clin d'oeil vers d'autres 13 mai : 13 mai 1958, 13 mai 1968...
Une histoire et des enjeux qui vont disparaître de l'histoire enseignée en Terminale. 

François Mitterrand, Le coup d'Etat permanent
Dans ce livre, Mitterrand dénonce la pratique du pouvoir personnel par le général de Gaulle. Il ne se contente pas de critiquer la lettre de la Constitution : il reproche plutôt au général de Gaulle d'avoir trahi la promesse de 1958, selon laquelle le président est un arbitre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Coup_d'Etat_permanent

Extrait sur le site Lettres volées :
http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

« Qu'est-ce que la Ve République sinon la possession du pouvoir par un seul homme dont la moindre défaillance est guettée avec une égale attention par ses adversaires et par le clan de ses amis ? Magistrature temporaire ? Monarchie personnelle ? Consulat à vie ? pachalik ? Et qui est-il, lui, de Gaulle ? duce, führer, caudillo, conducator, guide ? A quoi bon poser ces questions ? Les spécialistes du Droit constitutionnel eux-mêmes ont perdu pied et ne se livrent que par habitude au petit jeu des définitions. J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de de Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus aimable : consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors, elle m'apparaît plus redoutable encore. Peut-être, en effet, de Gaulle se croit-il assez fort pour échapper au processus qu'il a de son propre mouvement engagé. Peut-être pense-t-il qu'il n'y aura pas de dictature sans dictateur puisqu'il se refuse à remplir cet office. Cette conception romantique d'une société politique à la merci de l'humeur d'un seul homme n'étonnera que ceux qui oublient que de Gaulle appartient plus au XIXe siècle qu'au XXe, qu'il s'inspire davantage des prestiges du passé que des promesses de l'avenir. Ses hymnes à la jeunesse, ses élégies planificatrices ont le relent ranci des compliments de circonstance. Sa diplomatie se délecte à recomposer les données de l'Europe de Westphalie. Ses audaces sociales ne vont pas au-delà de l'Essai sur l'extinction du paupérisme. Au rebours de ses homélies « sur le progrès », les hiérarchies traditionnelles, à commencer par celle de l'argent, jouissent sous son règne d'aises que la marche accélérée du siècle leur interdisait normalement d'escompter.

Je ne doute pas que l'accusation d'aspirer à la dictature le hérisse. Sa réponse aux journalistes accourus à sa conférence de presse du Palais d'Orsay pendant la crise de mai 1958 : « Croit-on qu'à soixante-sept ans je vais commencer une carrière de dictateur », exprimait le souci sincère d'épargner au personnage historique dont il a dessiné les traits dans ses Mémoires cette fin vulgaire. On le devine désireux d'exercer sur ces concitoyens une magistrature paternelle, un consulat éclairé. A la condition préalable et nécessaire toutefois que les Français s'abandonnent à lui pour le meilleur et pour le pire, pour la paix et pour la guerre, pour les grandes espérances et pour l'orgueilleuse solitude, pour la joie et pour le malheur de vivre, pour les poussières radioactives et pour le pain quotidien. Et si les Français renâclent, on fera leur bonheur malgré eux. On rétorquera : « Mais les Français ne renâclent pas, ou du moins, pas encore. De Gaulle dictateur ? Tout au plus un père qui gourmande, qui corrige, qui châtie, non un bourreau d'enfants. Un père qui pense à tout, qui pense pour tout le monde, n'est-ce pas commode pour tout le monde même si c'est commode pour de Gaulle ? Cessez ce paradoxe et ne reprochez plus à de Gaulle d'opprimer un peuple qui l'acclame. »

A vrai dire le comportement de de Gaulle à l'égard du peuple et le comportement du peuple à l'égard de de Gaulle sont d'un intérêt secondaire. Ce n'est pas la première fois qu'un homme d'un grand éclat suscite l'amour des foules. Un passé glorieux, une bonne technique de la propagande et une police vigilante représentent trois atouts maîtres qui dans la même main, l'Histoire l'a cent fois prouvé, balaient les autres jeux. L'essentiel est de savoir que de Gaulle, le désirant ou le déplorant, pour rendre son pouvoir intouchable est contraint, quoi qu'il veuille, de le faire absolu. Non seulement par tempérament, par inclination, par goût, il évite le conseil et s'éloigne des représentants élus de la Nation, non seulement par méthode et pour maintenir son prestige hors d'atteinte, pour affûter le réflexe des masses naturellement portées à se tourner à l'heure du péril vers l'homme qui n'a dévoilé ni les ressources de sa pensée ni les ressorts de son action, il use du silence et de la solitude, mais encore il pressent que tout pouvoir qui ne lui est pas soumis se transforme fatalement en pouvoir ennemi, que toute parcelle du pouvoir qui lui échappe pourrit, comme une gangrène, le pouvoir entier, qu'il n'y a pas de no man's land entre ses adversaires et lui, qu'une place qu'il n'occupe pas est déjà une place perdue. Et il ne peut pas en être autrement ».
François Mitterrand, Le coup d’Etat permanent. Plon 1964

http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

Institut Mitterrand : http://www.mitterrand.org/

10mai58

source : http://www.crdp-reims.fr/cinquieme/page10.htm

 

13mai68

source : http://jeanpierre-rey.over-blog.com/article-19893199.html

 Le lundi 13 mai 1968, une immense manifestation traverse Paris. Le syndicat CFDT parle d'un million de manifestants. La préfecture de police n'en concède même pas 200 000. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68_en_France

 

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