22 octobre 2015

RVH 2015 : Empires et histoire globalisée

 

empires-sg-pb

RVH Blois 2015 - Les empires, vecteurs de la mondialisation
Serge Gruzinski Pierre Singaravelou Patrick Boucheron
http://www.rdv-histoire.com/



- Au-dela des empires : quelle histoire écrire dans un monde globalisé ?
Conférence inaugurale Serge Gruzinski pour les RVH 2015
http://bit.ly/1KlOHpl
http://www.rdv-histoire.com/edition-2015-les-empires/conference-inaugurale-au-dela-des-empires-quelle-histoire-ecrire-dans-un-monde-globalise-par-serge

L'attrait de l'Ouest concurrence les déplacements vers l'Est
SG souligne l'intérêt d'étudier le regard des Ottomans sur le nouveau monde (cf. carto)

Une transposition théâtrale de L'Aigle et le Dragon a été réalisée par Laurent Guitton
au lycée Jean Rostand de Roubaix
http://www.youscribe.com/catalogue/livres/education/cours/l-histoire-pour-quoi-faire-2534090


- Les empires, vecteurs de la mondialisation
P. Boucheron et S. Gruzinski / Pierre Singaravelou
http://youtu.be/GnHD8gz8lZ8

Ne pas limiter l'histoire scolaire à une histoire identitaire et fermée, une histoire de rois et de chefs de guerre.
Ramener l'histoire à hauteur d'homme et de conscience du monde (l'échelle ou l'idée qu'on en a),
avec une attention portée aux seconds couteaux, aux intermédiaires, aux passeurs et aux renégats.

Une question rappelle l'importance du travail fait sur l'histoire du capitalisme par des historiens comme Fernand Braudel, Pierre Chaunu, Michel Morineau. Ils n'ont pas eu vraiment d'héritiers, ce sont les anglo-saxons qui ont pris le relais.


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10 octobre 2015

Les empires, Le Monde livres 02.10

 

Devenirs impériaux,
Le Monde des livres 02.10.2015
Spécial Les Rendez-Vous de l’histoire 2015

extrait :
« Qu’est-ce qu’un empire ? Disons-le nettement : au sens où nous allons en parler, rien, dans l’histoire de l’Europe, ne mérite le nom d’empire. Le plus souvent, on imagine qu’un empire se déploie par-dessus des unités plus stables, plus authentiques et plus légitimes : des nations. Rome est un empire, la Gaule est une nation, et Astérix toujours vaincra les armées de César. On sait bien pourtant qu’il n’en fut rien, mais cela aurait dû dans notre imaginaire. D’où il résulte que les empires, dans la morale commune, sont destinés à périr, parce qu’ils sont ­artificiels, et parce qu’ils portent en eux la guerre. L’empire napoléonien, le IIIe Reich en sont de tragiques exemples.
Mais, rapportées aux empires chinois ou islamique, ces assertions n’ont aucun sens… »

http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/10/01/devenirs-imperiaux_4779358_3260.html

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08 octobre 2015

Blois 2015 : Les empires

 

empires-rvh-chrono

Les Rendez-Vous de l'histoire, Blois 2015
http://www.rdv-histoire.com/



Les programmes 2015
http://www.rdv-histoire.com/programmes

Blois 2015 , programme chrono
http://www.rdv-histoire.com/sites/default/files/fichiers/programme_rvh_2015.pdf

programme général
http://www.rdv-histoire.com/sites/default/files/fichiers/prog_web.pdf

Vidéos et audios :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/10/18/32791730.html


RVH 2016 : Partir




blois-affiches

Les Rendez-vous (1998-2016)
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/06/03/27319538.html


sur le blog et le site Clioweb :

Les rebelles : http://clioweb.canalblog.com/tag/blois2014
La guerre : http://clioweb.canalblog.com/tag/blois2013
Les paysans : http://clioweb.canalblog.com/tag/blois2012
L'Orient : http://clioweb.canalblog.com/tag/blois2011
Faire justice : http://clioweb.canalblog.com/tag/blois2010
Le corps : http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/10/03/15287949.html

Les ateliers multimedia pour l'APHG
http://web.archive.org/web/20120514040255/http://clioweb.free.fr/blois/rvh2011.htm


- Les archives des RVH sur le site académique Orléans-Tours (programmes, comptes rendus - 1998-2010)
http://www.ac-orleans-tours.fr/rdv-histoire/archives/sommaire-archives.htm

1998 : Le crime et le pouvoir   
1999 : Les nourritures terrestres    
2000 : Les utopies, moteurs de l'Histoire?
2001 : L'Homme et l'environnement, quelle histoire?    
2002 : L'Etranger ...
pour les comptes rendus des autres académies, utiliser Custom search ou  http://tinyurl.com/blois-ac-cr


- Rendez-vous de l’Histoire de Blois, vidéos archivées par Canal-C2 (2003-2013)
....................... http://www.canalc2.tv/series.asp?idSerie=39



2003 : L'Afrique - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=103


2004 : Les femmes - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=146

2005 : Religion et politique - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=190

2006 : L'argent - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=251

2007 : L'opinion - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=356

2008 : Les Européens - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=430

2009 : Le corps - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=487

2010 : Faire justice - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=542

2011 : L'Orient - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=601

2012 : Les paysans - http://www.canalc2.tv/video.asp?idEvenement=654

2013 : La guerre - http://www.canalc2.tv/video/12254

2014 : Les rebelles (vidéos sur le site des RDV - http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/10/14/30767828.html

2015 : Les empires - http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/10/18/32791730.html


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06 septembre 2015

Cahiers d'histoire : Les Empires africains

 

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Les Empires africains des origines au XXe siècle - Cahiers d'histoire 128

 

Les Empires africains des origines aux XXe siècle
Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique n° 128, juillet-sept 2015
http://chrhc.revues.org/4476

Les articles sont accessibles en ligne gratuitement

au sommaire, notamment :
L’Empire romain en Afrique
L’Empire ottoman en Afrique
Le sultanat de Zanzibar et le royaume de Madagascar (1817-1874)
L’Empire du Mali d’hier à aujourd’hui

dans les comptes rendus,
- Didier Daeninckx et Pef, Maudite soit la guerre
- Chloé Maurel, Manuel d’histoire globale.
Comprendre le « global turn » des sciences humaines


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02 septembre 2013

Une histoire partagée

 

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Pierre Singaravélou, Jean-François Klein, Marie-Albane de Suremain
Atlas des empires coloniaux (XIXe-XXe s.) , Paris, Autrement, 2012


Colons, colonisés, une histoire partagée - Libération Le Mag, 30.08.2013
http://www.liberation.fr/monde/2013/08/30/colons-colonises-une-histoire-partagee_928383

ITV - Des élites autochtones qui pactisent avec les colonisateurs, des peuples qui résistent… L'historien Pierre Singaravélou, spécialiste des empires coloniaux, signe un ouvrage collectif qui déjoue les clichés.
Explications cartes à l'appui.


extraits :
« Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs français et étrangers décide d’écrire collectivement une histoire comparée des empires coloniaux, européens, japonais et américain, sous la direction de Pierre Singaravélou , déjà coauteur d’un Atlas des empires coloniaux. De nombreux clichés sont ainsi débusqués, ceux de l’historiographie traditionnelle mais aussi ceux des études post-coloniales qui s’inspirent des travaux de l’intellectuel américano-palestinien Edward Saïd et enfin ceux de l’historiographie conservatrice ou néoconservatrice, illustrée aujourd’hui par Niall Ferguson. Ici, l’histoire de la colonisation n’est pas abordée d’un point de vue moral et ne dresse aucun bilan, ni positif ni négatif »…

« La colonisation a été à l’origine d’une histoire commune, violente mais tissée de nombreux échanges, qui fait de nous ce que nous sommes. Colonisés et colonisateurs ont été transformés par cette expérience. Et il revient aujourd’hui aux historiens d’étudier ces interactions … En France, à quelques exceptions près, nous manquons cruellement de travaux empiriques pour mesurer l’impact de la colonisation sur la métropole elle-même, ses institutions, sa culture, et ses pratiques sociales »…

« En se concentrant sur les migrations «blanches» transatlantiques, les historiens ont longtemps éludé les grands flux migratoires asiatiques.
Environ 50 millions de Chinois et 30 millions d’Indiens ont quitté leur région d’origine pour travailler outre-mer, dans les colonies européennes. Si la majorité d’entre eux ont fini par rentrer chez eux, une partie est demeurée sur place et a contribué à refaçonner la démographie de certaines colonies comme Maurice et Singapour, dont la population devient respectivement majoritairement d’origine indienne et chinoise ». …

Q - La colonisation serait-elle à l’origine de la mondialisation ?
R - « Il est tentant de penser que les empires ont constitué l’un des principaux vecteurs de la mondialisation dès le milieu du XIXe siècle. C’est par exemple la thèse de l’historien Niall Ferguson, qui parle d’«anglobalisation» pour qualifier le rôle décisif de l’empire britannique dans l’avènement de la «modernité» aux quatre coins du monde avec la diffusion du libre-échange, des institutions politiques modernes, de la langue anglaise ou encore des sports dits «modernes».
L’expansion coloniale a, certes, induit une accélération et une intensification des interactions à l’échelle mondiale qui, pour la première fois dans l’histoire, ont concerné - simultanément mais avec une intensité variable - des populations des cinq continents. Mais contrairement à Niall Ferguson, on ne peut pas dire que la colonisation a entraîné un processus univoque d’occidentalisation des sociétés colonisées. Celles-ci se sont appropriées, ont adapté et réinventé des formes culturelles d’origine européenne : le développement des langues créoles et des syncrétismes religieux illustre parfaitement cette mondialisation impériale avant la Seconde Guerre mondiale ».

Libération a regroupé 4 cartes : le monde de Félix Eboué (1884-1944), celui de Gabriel-Louis Goulvant (1872-1932), Philip José Rizal (1861-1896), John Pope Hennessy. (1834-1891)
sur Félix Eboué : http://fr.wikipedia.org/wiki/Felix_Eboue
cartoon from Charles Alston, 1943 - http://en.wikipedia.org/wiki/Felix_Eboue

singaravelou
Pierre Singaravélou
http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article484

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19 décembre 2011

L'histoire à parts égales - suite

 
RomainBertand

 

Romain Bertrand, l'auteur de L'histoire à parts égales
Récits d'une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècles) 
était l'invité de Sylvain Bourmeau - La Suite dans les idées - 17/12/2011
écouter et archiver l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-17.12.2011-ITEMA_20330207-0.mp3


Extraits :

vers la 18e : Il faut décentrer notre regard sur les premières modernités. Le lieu de l'étrangeté, ce ne sont pas les mondes asiatiques ; c'est la fin du XVIe qui est si loin de nous. Comprendre un marin ou un philosophe (cf G Bruno) de cette époque, pour nous c'est une chose extrêmement difficile. L'histoire européenne a tout fait pour résorber cette étrangeté de la fin du XVIe.

16e : Il faut à la fois se réjouir et se défier de la fascination esthétique que provoque une exposition sur les enluminures persanes. L'histoire globale reste une affaire d'un gentlemen's club européen qui être prête à s'ouvrir quand il s'agit d'épices, d'enluminures mais se referme quand il s'agit de choses sérieuses, de philosophie, d'histoire des sciences ou de la pensée politique.

13e : à la fin du XVIe, les continents dans leur ensemble sont reliés par des routes maritimes ; mais des bassins régionaux préexistent à l'arrivée des Européens.

[ Se méfier des catégories héritées du XIXe et dont certains politiques et les médias dominants abusent ]:

Vers la 6e : Etre Hollandais en 1590 ?  Eviter le grand récit en majuscules, où chaque individu serait le résumé fidèle d'une civilisation ou d'une culture. Il faut faire une histoire au ras des flots qui montre que ces contacts ont mis aux prises des acteurs sociaux. Ce n'st pas l'Europe qui rencontre une Asie déjà arriérée, mais des marins et des marchands , des gens du monde des docks qui partent à la rencontre de sociétés régies par un pouvoir de type monarchique avec un rôle majeur d'aristocraties particulièrement éprises de convenance.  La rencontre se fait entre un monde marchand européen et un monde aristocratique javanais et malais, ou plus précisément entre des fragments de ces deux mondes, les Hollandais venant d'un pays qui est une enigme politique dans une Europe monarchique, un pays qui est à feu et à sang depuis 3 décennies...

22e : Etre chrétien en 1590 ?
RB veut suivre les acteurs au plus près de leurs propos.
Le langage de l'affrontement entre chrétienté et islam n'a pas cours dans les témoignages de la fin du XVIe. Les Hollandais ne se définissent pas comme des chrétiens partis à la rencontre de sociétés païennes ou musulmanes. Ils auraient eu beaucoup de difficulté à le faire : ils sont les enfants d'une Europe brisée par les guerres de religion, ils partent d'un pays mis à feu et à sang par les Espagnols qui entendent écraser l'hérésie (le protestantisme) ; ils ne sont pas très sûrs de ce que c'est d'être un bon chrétien. Ils rencontrent un monde dans lequel les gens ne sont pas très sûrs non plus de ce que c'est d'être un bon musulman, d'articuler rite et mystique, loi et charia. Ces deux mondes sont dans une incroyable incertitude sur des catégories qui sont alors beaucoup plus fluides que ce qu'en diront les cultures associées aux Etat-nations du XIXe. Au nom de quoi l'historien devrait-il employer des catégories qui font à ce point injure à ce qu'était la conscience de soi des acteurs ?

25e : L'inscription disciplinaire ? La bataille des étiquettes ?

Histoire ? anthropologie ? Romain Bertrand vient des études asiatiques. L'inscription disciplinaire n'est pas prioritaire pour lui. Histoire et sciences sociales ont vécu un tel itinéraire de compagnonnage que la question n'a plus de sens. Que serait une histoire sans sociologie, ou une socio qui ne se poserait a aucun moment la question de l'historicité de ses catégories ?

La bataille des étiquettes (histoire globale, connectée, atlantique) est vaine également. Elle n'a d'intérêt que si elle se rattache a des projets historiographiques, à des questionnements susceptibles d'être partagés entre intellectuels.

Il met en garde contre le risque d'un exceptionnalisme méthodologique : changer d'objet ou de regard ne dispense pas de s'interroger sur la démarche et la méthode. Pour l'histoire globable ou les pos-colonial studies, c'est une manière de raccorder leur questionnement à celui des autres historiens ; c'est une bonne chose, il faut renoncer à l'enclavement de l'exception.

Voir également le blog Clioweb 30/09/2011

 

 

 

 

 

 

 

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03 décembre 2011

Racialisme et xénophobie

 

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 L'humiliation au nom d'une anthropologie complice du racisme nazi
source - Bordas, Terminale, 1980 - arch Ringart


- Le racisme, un conditionnement. Le Monde, entretien avec Lilian Thuram - 28/11/2011
Son exposition, Exhibitions, l'invention du sauvage, ouvre au Musée du quai Branly à Paris
http://www.lemonde.fr/culture/2011/11/28/

- Comment le sauvage est devenu l'unique figure de l'autre lointaindurant le XIXe siècle industriel et colonialiste. Aucun pays occidental n'a échappé à cet engouement écoeurant qui attire des millions de visiteurs dans les expositions coloniales. 
http://www.lemonde.fr/culture/2011/11/28/

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- Histoire du racisme 3/4 - La Fabrique de l'Histoire 16.11.2011

avec Laurent Dornel, La France hostile : socio-histoire de la xénophobie : 1870-1914 (2004)
et Carole Reynaud-Paligot,
De l'identité nationale : science, race et politique en Europe et aux Etats-Unis, XIXe-XXe siècle (2011)
La République raciale : Paradigme racial et idéologie républicaine 1860-1930 (2006) - CR par Bruno Bertherat - RH du XIXe
L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-16.11.2011-ITEMA_20322737-0.mp3


Laurent Dornel souligne la distinction nécessaire entre la xénophobie (la haine du voisin étranger caricaturé), et le racialisme, la volonté de classer et de hiérarchiser les hommes en fonction de critères physiques supposés. Il admet la porosité entre les deux discours : l'anthropologie raciale, très active entre 1860 et 1945, a pu contaminer l'ensemble des relations humaines.

Ainsi, en 1919, quand le capitaine de Gaulle (qui a été captif en Allemagne) commente le Traité de Versailles, il écrit :
« Nous allons donc nous heurter de suite à toute cette science de chicanes gémissantes, de délais prolongés, d'entêtements sournois, qui est la plus claire aptitude de cette race » (race au sens de nation).  http://clioweb.free.fr/textes/29dg19.htm

En 1894, Barrès décrit la dégradation du capitaine Dreyfus :
« Quand il s'avança vers nous, le képi enfoncé sur le front, le lorgnon sur son nez ethnique (sic), l'oeil furieux et sec, toute la face dure et qui bravait, il s'écria d'une voix insupportable : "Vous direz à la France entière que que je suis innocent » 
"Judas ! Traître ! Ce fut une tempête.
Ah ! non, certes, il n'est pas au monde un groupe d'hommes qui puissent accepter cet individu. Il n'est point né pour vivre socialement. Seule, dans un bois décrié, une branche se tend vers lui. Pour qu'il s'y pende ».
Maurice Barrès, Scènes et doctrines du nationalisme (Bordas manuel de 3eme, 1971, p 149)
http://clioweb.free.fr/dossiers/dreyfus/dreyfus.htm


L'anthropologie raciale prend son essor à la fin du XVIIIe, lorsque les scientifiques veulent classer toutes les plantes, tous les animaux, tous les humains. Le comte de Gobineau, un diplomate, est souvent incriminé. 
L'Essai sur l'inégalité des races, est publié à partir de 1853 à compte d'auteur et se vend peu. La notoriété vient plus tard, du fait des ultra-nationalistes allemands qui apprécient son affirmation d'une supériorité de la race germanique aryenne sur les autres. Les nazis font traduire ces écrits et leur donnent encore plus d'écho.

L'émission rappelle le célèbre désaccord entre Jules Ferry (le prétendu devoir de civiliser les races inférieures
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/ferry1885.asp
et Georges Clémenceau (« J'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand »).
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7ec.asp

rappel : Trésors photographiques de la Société de Géographie, Expo de la BNF en 2007.
Sylvain Kahn (Planète Terre) avait invité Olivier Loyseaux pour la présenter. En janvier 2010, Jean-François Staszack a traité de la Géographie post-coloniale : les désirs d'exotisme mis à nu 
http://clioweb.free.fr/dossiers/colonial/tresorsg.htm

L'anthropologie est bien en cour dans les années 1880 (Abel Hovelacque). Elle légitime la conquête coloniale et impose dans les manuels (Paul Bert) une vision raciste en contradiction avec les valeurs républicaines. Cette dimension raciale ne concerne pas les seuls républicains de 1885, elle touche l'ensemble du continent européen et les Etats-Unis.  

Dans L'Histoire (coll n° 10) Serge Bernstein distingue 3 âges de l'antisémitisme : l'antijudaïsme catholique, l'antisémitisme socialiste, l'antisémitisme racial. Michel Winock décrit les fantasmes du racisme (supposé) scientifique (L'Histoire n° 269), et cite Drumont, Vacher de Lapouge, Alfred Fouillée, Jules Soury...

La lecture raciste culmine dans les années 1930 : exposition coloniale de 1931, recherche de boucs émissaires au lendemain de la crise de 1929. Une des formulations les plus violentes, en France, c'est celle d'Henri Béraud :

« C’est l’immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l’affreuse misère andalouse, de la semence d’Abraham et du bitume de Judée ». 
http://clioweb.free.fr/textes/depotoir.htm

En Allemagne, les délires eugénistes nazis étaient largement acceptées dans les milieux scientifiques. 
cf Benoît Massin, De l’eugénisme à la Shoah, Cercle d'étude, 2001
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article31

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Lorsqu'après la capitulation des nazis, l'UNESCO a voulu déconstruire ces préjugés (Race et histoire 1952), elle s'est heurtée à la réticence de nombreux anthropologues installés. C'est le moment où l'Afrique du Sud installe le régime d'apartheid, et où le combat contre la ségrégation commence aux Etats-Unis. Aujourd'hui encore, la race est un élément des recensements aux EU, les traducteurs de séries américaines inventent une race caucasienne ; d'autres critères d'assignation (religion) et d'autres mots (ethnique) masquent souvent mal une vision raciale et raciste.


L'anthropologie raciale a durablement marqué les esprits. Encore en 1960, quinze ans après la capitulation des nazis, elle donne encore cette vision de l'humanité dans une double page d'un manuel de géographie de 6e (Pernet - Hachette) :

pernet-blancs


pernet-j

 Manuel de géographie 6e, Hachette, 1961
 http://clioweb.free.fr/manuels/pernet.htm

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« La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion (Constitution art 1)»

Le terme race est-il encore nécessaire ?
Jean Gayon, philosophe, professeur à l’université Paris-I
propos recueillis par Eric Rohde pour Télérama hors série (fév. 2007)
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1943
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?rubrique15


- Pensées raciales et mythes nationaux
Histoire transnationale des pensées raciales XVIII-XXe siècles - NYU Paris

« Si d’une certaine façon les catastrophes du XXème ont rendu la notion de race impensable, elle continue à structurer les pensées et la politique dans un monde où les frontières d’antan deviennent de plus en plus fluides ».

Le séminaire organisé par Beth Epstein (NYU) et Carole Reynaud Paligot (NYU, Centre d’histoire du XIXe) – en collaboration avec Ann Thomson (Université de Paris) veut « rendre tout son historicité à la notion de race » et étudier son rôle dans l’entreprise de naturalisation et de biologisation du social (du XVIIIe siècle à nos jours) et dans « la construction des identités collectives dans l’espace occidental des années 1850-1940 ».
http://nyufresearch.wordpress.com/

 

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30 septembre 2011

L'histoire à parts égales

 

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Dans un Monde des livres un peu moins littéraire cette semaine, trois excellentes pages sur l'histoire globale ou histoire connectée, une approche qui risque de mettre beaucoup de temps à passer dans l'histoire scolaire. A archiver.


- Orient-Occident, la rencontre n'a pas eu lieu
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/orient-occident

« Une flottille a jeté l'ancre dans la rade de Banten, au nord de Java. Ceux qui viennent de passer le détroit de la Sonde sont hollandais et abordent pour la première fois ce monde insulindien qu'ils rêvent comme un eldorado. Ils pensent vivre un moment historique. C'est, pour eux, le 22 juin 1596, Anno Domini : le nouveau siècle frémit d'impatience. Pour ceux qui les accueillent, en revanche, le seuil du premier millénaire vient d'être franchi, sans que rien de neuf soit apparu ... »

« D'où l'expérimentation historiographique à laquelle invite ce livre enthousiasmant qui contredit avec allégresse les discours ambiants sur le déclin de l'histoire en langue française : envisager les récits d'une rencontre entre deux mondes qui s'ignorent, en conférant une égale dignité documentaire aux archives du contact. Cette Histoire à parts égales exige de ralentir l'allure, de densifier la description, de se rapprocher des acteurs. Elle ne peut se payer de mots, ni se contenter d'une théorie des bonnes intentions ; elle est, tout entière, une méthode d'enquête et un art du récit. Aussi ne révèle-t-elle sa force véritable que dans le foisonnement aventureux d'une lecture au long cours ».


- Java, un des noms de l'oubli qui a recouvert l'histoire de toutes les sociétés extra-européennes
entretien avec Romain Bertrand auteur de L'histoire à parts égales, Le Seuil 2011
«... la pire façon d'écrire l'histoire des premiers contacts entre les Européens et les sociétés d'Asie du Sud-Est, c'est de céder à la tentation téléologique, de la raconter depuis ce que nous imaginons être sa fin logique : la colonisation. Laissons aux commencements leur indétermination.. ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/java-un-des-noms-de-l-oubli


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A monde global, histoire globale, Antoine Lilti
« Dans L'Histoire à parts égales, la scène convenue de l'affrontement colonial semble se déliter et laisse apparaître en filigrane l'histoire plus trouble d'une incompréhension mutuelle, d'une rencontre manquée ... 
La leçon, à défaut d'être simple, est précieuse : l'histoire ne révèle ni le choc inéluctable des civilisations, ni une inter-culturalité béate, mais bien la richesse des processus complexes par lesquels des sociétés et des individus entrent en contact, échangent, se combattent et, parfois, s'ignorent ou se méprennent ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/a-monde-global-histoire-globale_1579689_3260.html

(Mediapart rapproche le livre de celui de Jack Goody, Le vol de l'histoire. Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde. Gallimard 2010) 

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- Empires ou civilisations ?
Là où la notion de civilisation implique souvent des mondes cloisonnés, qu'Huntington (et Bush) ont voulu opposer, celle d'empires privilégie les circulations
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/l-empire-contre-attaque_1579691_3260.html

Jane Burbank et Frederick Cooper, Empires in World History. Power and the Politics of Difference, Payot Histoire
Les grandes civilisations, cours du Collège de France à Aubervilliers, présenté par Carlo Ossola et Jack Ralite, Bayard

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Egalement, un article sur l'ouvrage de Samuel Kassow, Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie, Grasset. Avec Emanuel Eingelblum, une soixantaine de bénévoles du groupe Oyneg Shabes ont amassé les archives du ghetto où les nazis entassent et tuent.

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- Romain Bertrand tente une nouvelle histoire du monde, qui n’oublie pas 55% de l’humanité 
Joseph Confavreux - Médiapart - 28 septembre 2011 
http://www.mediapart.fr/article/offert/b359cf94c2fd6be2f017f333d8840394


- 10/10 : L'émission Les Lundis de l'histoire recevait Romain Bertrand et Patrick Boucheron.
Romain Bertrand mentionne quelques désamours et un énervement...
à archiver et écouter en différé au format mp3

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Posté par clioweb à 09:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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