09 décembre 2014

USA 1927 : démocrates et républicains

 

- USA - Le parti démocrate vu par André Siegfried en 1927

«  La tradition démocrate réside essentiellement dans la défense des minorités, des non-organisés. De ce fait, le parti ne trouve pas d'unité dans un principe constructif; son esprit véritable est celui de l'opposition; il ne maintient sa raison d'être que dans une perpétuelle et changeante coalition de mécontents.

Protéger les immigrants contre les assimilateurs; l'individu contre l'Etat, combattre l'oppression légale et sociale de la majorité, revendiquer pour les communautés locales, contre le gouvernement central, le droit de régler elles-mêmes leurs problèmes, c'est-à-dire préserver les Etats contre l'emprise excessive de la fédération...

C'est toujours une clientèle locale brimée, ou s'estimant telle, qu'il soutient : le Sud contre le Nord, l'Ouest agricole contre l'Est capitaliste, les grandes cités cosmopolites contre l'américanisme protestant. Ses victoires sont nombreuses, mais elles restent de caractère local : gouverneurs, législatures d'Etats... »

André Siegfried. Les Etats-Unis d'aujourd'hui, ed Colin 1927.
Istra, Histoire 1ere, 1982, p 155


- USA - Le parti républicain, vu par André Siegfried en 1927

Après la défaite du démocrate Cox, soutenu par le président sortant Wilson, aux élections de novembre 1920, les Républicains Harding, Coolidge. et Hoover se succèdent à la Maison Blanche jusqu'en mars 1933. Le gouvernement coopère avec les milieux d affaires.

« Le parti républicain est, par essence, celui de la richesse organisée, de la grande production capitaliste : c'est instinctivement que celle-ci s'appuie sur lui, et lui sur elle...

Par là, le parti représente à la fois; la prospérité et la conservation sociale. Les indices de réussite matérielle mesurent le succès de sa politique ...Dans ce pays fortuné, où l'abondance apparaît chose normale, on ne saurait s'étonner que. depuis un demi-siècle, il ait été, sauf de rares intermèdes, presque constamment au pouvoir. Non moins logique est l'esprit conservateur qu'il incarne, car si les affaires vont bien, pourquoi rien changer au régime politique?

... Ceux qui sont sur le chemin de la fortune ou qui, l'ayant acquise, veulent la consolider ou l'accroître, demanderont donc au gouvernement de les laisser faire, de ne pas les entraver, de les favoriser au contraire en mettant à leur service le pouvoir de l'Etat ...

(La) raison d'être (du parti), c'est d'appuyer la production organisée, de la défendre contre l'étranger par la protection douanière massive dont il s'est fait la spécialité, de considérer sans fausse honte " les affaires " comme servant l'intérêt général de la nation. Il y a là une conception politique qui se tient, et, tant que la prospérité des plus heureux rejaillit sur tous, on comprend que la majorité s'en accommode. »

A. Siegfried. "Les États-Unis d'aujourd'hui", Éditions A. Colin.1927
Manuel Istra, 1ere, ed 1982, p 154


- USA - xénophobie et racisme

« L'attitude de l'Américain moyen est en train de changer. Il souffre d'une " saturation " d'étranger mal digéré. Il commence à trouver que l'étranger crée de nombreux et difficiles problèmes, et aggrave un certain nombre de maux anciens. En plus, avec l'accroissement massif de population étrangère, il commence à voir le pouvoir politique lui échapper ici ou là et passer aux mains d'étrangers qu'il n'a pas su entièrement convertir aux idées et aux idéaux de la démocratie américaine... Nous avions compté sur le fait que l'Amérique changerait l'étranger et c'est l'étranger qui change l'Amérique...

Ces dernières années, nous avons fait des efforts frénétiques vers l'américanisation. Nous avons découvert que le processus d'assimilation était beaucoup plus lent que nous l'avions espéré. Aucune nation ne peut être une grande nation sans un esprit d'unité, un certain degré d'accord et de ressemblance dans le peuple. Il est souhaitable aussi qu'il y ait un certain degré de diversité, mais ce doit être une diversité de même niveau. Une infiltration modérée de gens d'autres pays exerce une saine influence pour combattre la tendance à l'immobilisme auquel tendent naturellement les groupes sociaux. Mais si l'on va trop loin la population deviendra une simple cacophonie d'éléments hétérogènes...

Le plus grand danger permanent, cependant, réside dans le risque de recevoir des peuples de races inférieures. L'Américain commence à soupçonner que la composition raciale de notre immigration a une faible valeur...

En ce qui concerne l'admission des étrangers. nous devrions partir de l'idée que l'immigration n'est pas un droit, mais un privilège, et que nous n'avons pas la moindre obligation de l'accorder à tous les peuples - fussent-ils de race blanche ».

S.J. Holmes, " The Independant " 17 mars 1923.
cité dans J. Brun. " América ! América ! América ! ", Coll, Archives, Éditions Gallimard.Julliard, 1980.

Posté par clioweb à 07:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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