26 juin 2018

Montalembert

 

Sous la Restauration, le monopole de l’éducation publique a fait ce qu’on appelait dans ce temps-là des libéraux et des révolutionnaires ; sous le régime de juillet, elle a fait des républicains et sous la République, elle fait des socialistes. (Approbations à droite. Bruit à gauche. ) [...]
On ne saurait le nier, la jeunesse est élevée contre la société et contre nous. L’éducation publique, telle qu’on la donne en France, fomente une foule innombrable d’ ambitions, de vanités et de cupidités, dont la pression écrase la société. Elle développe des besoins factices qu’il est impossible de satisfaire[...]
Enfin le résultat est celui que je viens de vous dire : c’est que chaque gouvernement élève des générations qui le renversent lorsqu’elles arrivent à maturité.

Et d’où vient cette infirmité cruelle de notre époque ?... Elle vient de ce qu’on tue, dans l’éducation publique, le sentiment du respect de l’autorité, de l’autorité de Dieu d’abord (Mouvement). Ce n’est pas volontairement, ici je n’accuse personne, mais voici le résultat : c’est que, dans l’éducation publique, on tue le respect de Dieu, le respect du père, c’est-à-dire de la famille, et enfin le respect du pouvoir ou de l'État. (C’est vrai! c’est vrai!) On apprend aux jeunes gens chez nous, on leur apprend le savoir et non pas le devoir; on leur apprend à émanciper, comme on vous l’a dit plus d’une fois, la raison ; mais savez-vous ce que l’on émancipe en même temps chez eux ? L’orgueil ! (Mouvements divers.) On tue l’humilité.

Eh bien ! nous venons proposer le remède à cet état de choses ; ce remède, c’est de faire rentrer la religion dans l’éducation par la liberté, comme je le disais tout à l’heure, de l’y faire rentrer, non pas pour tuer la raison (comme on le prétend sottement quand ce n’est pas calomnieusement !), non pas pour tuer la raison, mais pour la régler, pour la discipliner, pour l’éclairer et pour l’épurer. (Exclamations à gauche — Assentiment à droite.)

Maintenant, messieurs, où est aujourd’hui, pour justifier notre tentative, où est aujourd’hui la défense de l’ordre, de l’ordre social, de l’ordre matériel même ?... Qui donc défend l’ordre et la propriété dans nos campagnes ? Est-ce l’instituteur ? […] Qui donc défend l’ordre, sans s’en rendre compte souvent à soi-même, mais instinctivement et avec une force et une persévérance admirables ? Il faut bien le dire, c’est le curé (Rires ironiques à gauche.)

Discours de Montalembert à l’Assemblée législative au cours du débat sur la liberté de l'enseignement.


Le 17 janvier 1850, lors du vote sur la Loi Falloux (Le Moniteur Universel du 19 janvier ? )

Compte rendu des séances de l’Assemblée nationale législative
tome 5, du 16 janvier au 20 février 1850, typographie Panckoucke 1850
via Google Books ; http://bit.ly/2KdrRwz


- Le sujet a été aussi abordé en septembre 1848 :
Discours de M. de Montalembert,... sur la liberté d'enseignement, dans la discussion de l'article 8 du projet de constitution : séances des 18 et 20 septembre 1848 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k83074w

 

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05 janvier 2011

L'instit ou le curé

instit_cure

Dessin en dernière page du Canard enchaîné (5 janvier 2011)

En 2007, le chanoine du Latran avait claironné, en lisant la prose de ses conseillers cléricaux :
« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal,
l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé
parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie
et le charisme d’un engagement porté par l’espérance »

«  Dans le premier degré, des classes seront fermées puisqu'on attend 8 900 nouveaux élèves
et que 8 967 postes d'enseignants disparaissent » -  Le Monde, 28/12/2010

Pour voir d'autres dessins de Philippe Mougey, consulter son site web ou interroger Google images

 

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