20 juillet 2017

Quelle évolution du CNRD ?

 

- Concours national de la Résistance et de la Déportation
arrêté du 23-6-2016 - J.O. du 28-6-2016
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=103870


- La Refondation du CNRD (concours national de la Résistance et de la Déportation), Tristan Lecocq, IGEN

http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/la-refondation-du-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation/

Avant 2010, la 2 GM occupait trois chapitres dans un manuel de première :
la guerre mondiale, la France dans la 2 GM, la destruction des juifs par l'Allemagne nazie

Depuis Chatel, 1 seul chapitre met l'accent sur une guerre d'anéantissement.

1. Un concours adapté aux programmes, des procédures simplifiées, de nouveaux participants
« les thèmes annuels proposés seront adossés aux programmes d’enseignement, dans leur triple dimension académique, didactique et pédagogique »

2.Un concours mieux préparé, mieux harmonisé, mieux valorisé
« L’enseignement de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, en collège et dans les lycées, la réflexion sur les mémoires de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, le recul critique par rapport à un savoir en permanente évolution sont ainsi au cœur de la rénovation du CNRD »


- La revue Historiens & Géographes publie la tribune de Franck Schwab (APHG Lorraine)
http://www.aphg.fr/CNRD-vers-la-lobotomie

Dans un article mis en ligne le 30 mars 2017 sur le site du Souvenir français et intitulé « La refondation du CNRD », l’Inspecteur général Tristan Lecoq présente aux membres de cette honorable association ce que devrait être le nouveau Concours national de la Résistance et de la Déportation mis au point par les services de l’Education nationale. L’époque est aux refondations. Après avoir « refondé » l’école et peut-être avant de refonder la République - voire l’Europe - il fallait sans doute chercher à « refonder » le CNRD, même si, rappelons-le, celui-ci continue de se porter comme un charme puisqu’il est toujours, et de très loin, le premier concours scolaire du pays. Or, qui dit refondation du CNRD dit forcément redéfinition de ses objectifs. Les voici crûment formulés : « Le concours porte sur la résistance à l’occupant et à ses vassaux, sous toutes ses formes, extérieure et intérieure, militaire et politique, du 18 juin 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il porte sur la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, ses étapes et ses espaces, ses processus et ses appareils, ainsi que la déportation d’autres minorités telles que les Tziganes. » Et c’est tout, fin des objectifs !

Le nouveau concours reste donc strictement centré sur la résistance des Français à l’occupant en faisant totalement l’impasse sur la dimension européenne du phénomène (pour la refondation de l’Europe, ce sera une autre fois...) alors qu’il aurait sûrement pu être judicieux de faire travailler les élèves sur la résistance allemande. Surtout, il limite désormais l’étude de la déportation au seul cas des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles étaient et qui appartenaient donc à ce que les historiens appellent aujourd’hui la « déportation de la persécution » : les Juifs et les Tsiganes, en premier lieu, mais aussi les membres de ces « autres minorités » que sont par exemple les homosexuels ou les Témoins de Jéhovah. A l’inverse, le futur concours va maintenant faire entièrement l’impasse sur l’« autre déportation », celle des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles faisaient et qui ont appartenu à ce que les historiens appellent la « déportation de répression ». Exit donc du concours le déporté résistant qui s’est battu pour la liberté et pour une certaine idée de l’Homme et de la société jusqu’à l’intérieur des camps de concentration. Plus rien désormais sur ces refondateurs de la République et sur leur expérience terrible du système concentrationnaire nazi. A l’heure où les programmes d’éducation morale et civique mettent l’accent sur la notion d’engagement, c’est tout à fait surprenant et c’est même, disons-le, quasiment scandaleux.

Nuit et Brouillard ; connais plus ; Charlotte Delbo et ses compagnes entrées à Auschwitz en chantant La Marseillaise : connais pas ; Robert Antelme : connais pas ; par voie de conséquence, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Natzweiler, Mauthausen : connais plus. Et puisque parler des camps, c’est toujours parler d’Europe : Jorge Semprun, connais pas ; Boris Pahor : connais pas ; Ernst Wiechert : connais pas... Ce n’est plus de refondation dont il est question ici mais d’oblitération, voire même de lobotomisation de toute une partie de notre cerveau : celle où se trouve la mémoire de la déportation résistante que le concours a pourtant vocation à entretenir au même titre que la mémoire de la Shoah. Alors certes, en risquant volontairement leur vie pour le pays, les déportés résistants ont eu le mauvais goût d’avoir partie peut-être trop liée avec ce prétendu « roman national » tant décrié par certains « beaux esprits » de l’historiographie actuelle pour qui l’histoire de France n’est qu’une construction idéologique dépourvue de toute crédibilité (d’ailleurs, c’est bien connu, la France n’existe pas et personne n’a jamais eu envie de mourir pour elle). Mais faut-il que le concours « refondé » aille dans le même sens en reniant toute une partie de ce qui a fait jusqu’à aujourd’hui son identité ?

Peut-être pouvons nous rappeler, pour finir, ce que disait en 2009 dans la revue Le Déporté (n° 562) un autre inspecteur général de l’Education nationale récemment disparu qui fut, entre 1993 et 2001, le dernier déporté résistant ayant présidé le jury du CNRD. A la question « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? », Jean Gavard - puisque c’est de lui dont il s’agit - répondit : « Je pense que si tout continue ainsi, un jour nous irons dans le mur. J’ai peur que ce qui se passe en ce moment nous ramène vers des tendances totalitaires. Car si les difficultés augmentent encore, il y aura toujours un homme providentiel qui prétendra sauver tout le monde. En France, on a cette inclination-là ; rechercher l’homme providentiel. L’Histoire nous l’a appris : Napoléon III, le général Boulanger et même Pétain car, à ses débuts, il a été accepté. Le risque existe, c’est certain. C’est pourquoi je pense que mes amis déportés résistants et tous ceux qui acceptent de travailler à nos côtés ont un rôle important et majeur à jouer. » Mais non, mais non cher Jean, l’Education nationale ne le pense pas puisque la mémoire de votre déportation, comme celle du Père Jacques, que vous avez fréquenté à Mauthausen, ou la mémoire de la déportation de Germaine Tillion à Ravensbrück - pourtant très officiellement célébrée lors de la dernière panthéonisation - disparaissent du concours que vous avez présidé. Et ne nous répondez pas, je vous prie : « Nous n’avons sûrement pas fait tous ces sacrifices pour aboutir à cette société de consommation qui s’étale sous nos yeux. Nous rêvions d’une société infiniment plus fraternelle. » Il faut être de son temps, savoir évoluer, que diable ! Répétez après nous : « Je refonde, tu refondes, nous refondons... »

Franck Schwab,
Rédacteur au Patriote Résistant
Ancien lauréat départemental du CNRD avec ses classes.
Le Patriote Résistant
n° 919 - mai 2017. Tous droits réservés.


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15 septembre 2016

CNRD 2017 : la négation de l'Homme

 

cnrd2017-brochureFMD

La brochure coordonnée par la FMD
pour le CNRD 2017 est disponible en ligne

(32 pages au format pdf)
http://tinyurl.com/fmd-cnrd2017



Parmi les sujets abordés :

Première partie : De l’idéologie
dont
L’endoctrinement
du rôle de la police
L’individu n’a de valeur qu’en fonction de son apport à la « communauté raciale »
Incitation à la haine des juifs
La guerre à l’Est, une campagne d’extermination
Une propagande raciste suggestive, initiée par les régimes ralliés aux idées du national-socialisme, comme le régime de Vichy, favorise l’expression d’un racisme et d’un antisémitisme latents


Deuxième partie : De la pratique. La négation de l’Homme à l’oeuvre

l’entreprise de déhumanisation
la mort civique
le rituel d’arrivée
le fouet
un travail harassant, des coups, des cris

l’extermination
banaliser le crime de masse
 la mort n’a pas de signification
les expériences pseudo-médicales
les assassinats


Troisième partie : Du triomphe de l’Homme (et du droit ?)

Rester des hommes
Conserver son autonomie et sa faculté de choix en situation extrême
Refuser l’avilissement
Nuremberg : Le procès des médecins
Élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme par René Cassin


Parmi les sites web
Le site officiel
http://www.reseau-canope.fr/cnrd/

Le cercle d'étude de la déportation et de la shoah
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article527

 

sur le site de la FMD, un aperçu des expositions :
http://www.fmd.asso.fr/web/

La Déportation dans les camps nazis 1933 - 1945
http://fondationmemoiredeportation.com/expo-la-deportation-dans-les-camps-nazis/

La fin du système concentrationnaire : Le retour à la liberté des déportés
http://fondationmemoiredeportation.com/expo-la-liberation-des-camps-de-concentration/

rappel : La déportation dans les camps nazis
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

 

 

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15 mai 2016

CNRD 2017 : la négation de l'Homme

 

- CNRD 2017 : « La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi »


Robert Antelme, L'espèce humaine
http://clioweb.free.fr/camps/antelme.htm
« Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir. C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous.
Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable »

Primo levi, Si c'est un homme
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article28
http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm

voir la page en cours de rédaction du Cercle d'étude :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article527



- Le 10 novmbre 2015, un rapport a été remis au MEN par une mission de réflexion
sur l'organisation du CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation)
(Anne Anglès, Jean-Yves Daniel, Hélène Waysbord, Charles-Jacques Martinetti)

Le rapport en 94 pages (daté de juillet 2015) :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/154000800.pdf


« Dès l'édition 2016-2017, le CNRD concernera davantage d'élèves, dans un plus grand nombre d'établissements et dans toutes les filières de l'enseignement secondaire ».
« Son organisation territoriale... favorisera une meilleure valorisation des travaux des élèves ».
http://www.education.gouv.fr/cid102014/-la-negation-de-l-homme


cnrd-rapport072015

 

 


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23 janvier 2016

Résister par l'art et la littérature

 

resister-art

Résister par l'art et la littérature
détail d'Autoportrait de Jean Daligault fait à Trêves en août 1944 - MRD Besançon
La brochure de la Fondation de la Résistance est en ligne



Le CNRD, le site du Ministère
http://eduscol.education.fr/cid45607/concours-national-resistance-deportation.html

La brochure de la Fondation de la Résistance (36 pages, sommaire sur ce blog, le 15.10.2015)
pdf : http://www.fondationresistance.org/catalogue_2015_2016/common/data/catalogue.pdf

http://www.fondationresistance.org/catalogue/index.html


CNRD 2016, Résister par l’art et la littérature
Les artistes, les mots du CNRD,
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article457
Le CNRD
http://www.cercleshoah.org/spip.php?rubrique53


MRD Besançon, Portofolio CNRD 2015-2016
http://www.citadelle.com/images/20151221_Portfolio_CNRD_2015-2016_compress%C3%A9.pdf

dossier CHRD Lyon
http://www.chrd.lyon.fr/static/chrd/contenu/pdf/pedago/CNRD/CHRD_CNRD_2015.pdf


Musée de la Résistance en ligne - Aeri
ressources nationales, ressources locales
http://museedelaresistanceenligne.org/pedago_espace.php?pave=4&concours=a

Nantes, sitographie 2015-2016
http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/histoire-geographie-citoyennete/ressources/sitographie-du-cnrd-2015-2016-724321.kjsp?RH=PEDA
(existe aussi pour 2010-2014)


rappel, blog Clioweb 15.10.2015 
http://clioweb.canalblog.com/tag/cnrd

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15 octobre 2015

Résister par l'art et la littérature

 

resister-art

Résister par l'art et la littérature
détail d'Autoportrait de Jean Daligault fait à Trêves en août 1944 - MRD Besançon
La brochure de la Fondation de la Résistance est en ligne

 

Concours National de la Résistance et de la déportation
CNRD 2015-2016 :
Thème : « Résister par l’art et la littérature »

- Les pistes proposées par le Cercle d'étude
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article457


- Le sommaire de la brochure de la Fondation de la Résistance
http://www.fondationresistance.org/catalogue/index.html

Avant-propos

I - Art et littérature pour combattre dans la France occupée
• Conditions de la création littéraire et artistique sous l’Occupation
• Au début de la résistance : des tracts littéraires
• La littérature et l’art dans la presse clandestine
• La résistance des écrivains
• Contourner la censure et jouer avec les mots

Focus : Les Éditions de Minuit
Focus : Le silence de la mer de Vercors et l’écrivain Édith Thomas

• La poésie au coeur de la résistance littéraire
• Exposer ou s’exposer ? Résistance et arts plastiques
Focus : René Iché adresse La déchirée au général de Gaulle

• Dessins et caricatures : une arme de guerre psychologique
• Résister en musique
• Témoigner de l’insupportable
• La littérature et l’art pour vivre l’expérience résistante
Jean Moulin, alias Romanin, artiste

II - Art et littérature, armes de la France libre
• Défendre les valeurs humanistes de la culture française
• La France libre affirme son identité grâce aux arts plastiques
• La littérature combattante des Français libres
• Les artistes au service de la France libre
• Créer pour mobiliser
Focus : Joseph Kessel, auteur d’hymnes à la Résistance

III - Art et littérature pour continuer le combat et survivre dans les prisons et les camps
• Dans les prisons
• Dans les camps d’internement
• En déportation
Focus : Germaine Tillion, Le Verfügbar aux Enfers
Focus : Boris Taslitzky, un peintre dans l’internement et la déportation

Liens cités :

Canope : http://www.reseau-canope.fr/cnrd/
INA : http://fresques.ina.fr/jalons/

CDG : http://www.charles-de-gaulle.org
France Libre : http://www.france-libre.net/concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation-2016/
OdL : http://www.ordredelaliberation.fr
ECPAD : http://acp.ecpad.fr/concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation/

IMEC : http://www.imec-archives.com/linstitut/
USC Shoah : http://sfi.usc.edu/french (Spielberg)

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19 juin 2015

CNRD 2016 : Résister par l'art et la littérature

 

Concours National de la Résistance et de la déportation

CNRD 2015-2016 :
Thème : « Résister par l’art et la littérature »
La brochure sera élaborée par la Fondation de la Résistance et diffusée en octobre 2015
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=90108


Les thèmes de 1961 à 2010
http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=158

2010/2011 : « La répression de la Résistance en France par les autorités d'occupation et le régime de Vichy ».
2011-2012 : « Résister dans les camps nazis »
2012-2013 « Communiquer pour Résister (1940-1945) ».
2013-2014: « La libération du territoire et le retour à la République ».
2014-2015 : « La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire ».

http://www.fondationresistance.org/

http://www.cercleshoah.org/spip.php?page=recherche&recherche=CNRD

 

silence-mer

source MRN - CRDP de Créteil - Google images


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17 avril 2015

F Marcot, dict de la Résistance, 2006

 

Dictionnaire historique de la Résistance - Résistance intérieure et France libre
sous la direction de François Marcot,
avec la collaboration de Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé,
Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1 248 pages, 2006


Présentation de l’ouvrage. Cécile Vast sur la liste H-Français

Portée et ambitions du Dictionnaire historique de la Résistance
En se démarquant à la fois de la vision convenue des années 50-60 et de la focalisation sur Vichy qui a marqué l’historiographie depuis les années 70, la recherche sur la Résistance n’a cessé de progresser en dehors du tapage médiatique, en élargissant le champ de ses préoccupations autour de problématiques renouvelées... S’ouvrant largement à l’histoire politique, culturelle et sociologique, aux apports de l’anthropologie, à l’histoire des représentations et des mentalités, ils se sont intéressés à des aspects jusque-là négligés ou traités de façon convenue. À rebours des visions simplificatrices des comportements des Français sous l’Occupation, ils considèrent la Résistance comme un processus social qui n’a pu exister, vivre et se développer que dans la dynamique des liens de complicité et de solidarité tissés dans et avec la société française. Cette recherche remet sérieusement en question l’idée caricaturale qui consiste d’une part à réduire la majorité de la population à une masse résignée, voire complice et s’accommodant tant bien que mal de l’Occupation, d’autre part à limiter la Résistance à une minorité, équivalente à celle des « collaborateurs », et supposée être, comme ceux-ci, isolée dans le pays.

Comme tout objet d’histoire, la Résistance relève d’un traitement scientifique qui n’a rien de spécifique, mais, comme les autres, elle requiert la prise en compte de sa part de singularité - voire d’étrangeté. Pour répondre à ce défi, les historiens doivent faire preuve d’invention en interrogeant leurs outils conceptuels : d’abord la notion même de résistance. Ils ont à questionner leurs méthodes : l’utilisation des témoignages et l’exploitation des données sociologiques par exemple. Ils doivent diversifier leurs catégories, de l’étude des actes et des acteurs dans leur espace « réel » à celle de leur dimension légendaire et mythique - qui n’a rien à voir avec l’affabulation. Ainsi ne voir dans la Résistance que la compétition des hommes dans leur lutte pour le pouvoir, se focaliser sur la centaine de chefs qui l’ont « dirigée », court le risque de négliger le sens qu’ils ont donné à leur engagement et d’ignorer la multitude de ceux dont l’aventure s’inscrivait dans une tout autre perspective. Limiter la Résistance à des approches organisationnelles (quelles structures et au profit de quels pouvoirs ?), politiques (quels projets et quels lendemains ?) ou militaires (quelle efficacité dans la libération du pays ?)... peut amener à dénaturer l’identité du phénomène.

Ces approches nouvelles, n’isolant plus les résistants du reste de la société, cherchant à saisir ce que ces « rebelles » partageaient avec les « autres » ont révélé l’image d’une Résistance moins héroïsante, plus humaine, replacée dans la complexité des comportements - sans être pour autant banalisée. Rassembler ces analyses, les préciser, les confronter aux travaux d’historiens étrangers sur les modes de résistance en Europe, tel a été l’enjeu des six colloques organisés autour du thème « La Résistance et les Français », à partir de 1993, avec le concours de l’Institut d’histoire du temps présent dirigé à cette date par Robert Frank. Ce dictionnaire en est l’un des principaux aboutissements.

Le Dictionnaire historique de la Résistance est le premier ouvrage de cette ambition et de cette forme. Il offre la première grande synthèse sur l’histoire de la Résistance française grâce à sa composition en trois parties précédées de grands textes qui font le point sur les grandes questions d’une histoire toujours en débats. Il constitue une somme de connaissances jamais réunies à ce jour avec ses 1003 articles, présentant systèmes d’occupation, acteurs, territoires, mouvements et réseaux, organisations civiles et militaires, actions et combats de la Résistance intérieure et de la France libre. Se plaçant du point de vue des acteurs, il décrit leur vie quotidienne, dit les valeurs qui les ont motivés et les passions qui les ont animés. On y trouve ainsi les articles : patriotisme, idée européenne, République, amours et sexualité, argent, doute, passions, tractions et bicyclettes, vie quotidienne.

Cet ouvrage, appelé à devenir très vite un livre de référence pour les étudiants, les professeurs et tous ceux qui s’intéressent à notre histoire, s’accompagne d’une réflexion originale sur ces années de combat et l’écriture de cette histoire. Le lecteur pourra y une référence, un nom, une date fondamentale et les explications claires s’y rapportant. Les détails et les lignes directrices d’une action de quatre ans en zone occupée, en zone « libre » et dans tous les territoires ralliées à la France libre, jusqu’à la Libération. Ainsi des 235 biographies, des articles sur la division Leclerc, la Résistance dans les 22 régions françaises, la presse clandestine ou la lutte armée. Toutes les formes de résistance sont étudiées, soit sous forme d’articles généraux (propagande, passage clandestin, sauvetage des Juifs, renseignements, imprimeries clandestines, lutte armée, maquis, liaisons) soit à la faveur d’études de cas précis portant sur des mouvements, réseaux, maquis, journaux clandestins ou des missions.

Enfin l’ouvrage propose une réflexion inédite sur la Résistance en revenant sur son action et sur son sens. Sans omettre de présenter les noms les plus connus de la Résistance et de la France libre, il s’intéresse aussi aux résistants « ordinaires ». Il remet en question la vision stéréotypée d’une France constituée d’une masse de Français résolument attentistes pris entre deux minorités agissantes, les résistants et les collaborateurs. Il montre les liens qui se tissent progressivement entre les résistants et les Français. Il décrit la diversité de la société résistante, avec ses héros qui n’en sont pas moins des Français de leur temps et ses gens ordinaires qui ont osé se lancer dans cette aventure incertaine : jeunes, femmes, Juifs, catholiques, protestants, étrangers, ouvriers, gendarmes, militaires, intellectuels, patrons, paysans, communistes, socialistes, monarchistes.


Les auteurs
Cet ouvrage a été rédigé par une équipe de 114 historiens de 6 nationalités qui ont travaillé sous la direction de François Marcot (professeur à l’université de Franche-Comté), avec la collaboration de Bruno Leroux (directeur historique de la Fondation de la Résistance ) et de Christine Levisse-Touzé (directrice du Mémorial du maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris, et du musée Jean Moulin - ville de Paris), et un comité scientifique composé de : Claire Andrieu (professeur à l’IEP-Paris), Christian Bougeard (professeur à l’UBO-Brest), Laurent Douzou (professeur à IEP-Lyon), Robert Frank (professeur à Paris I), Jean-Marie Guillon (professeur à l’université d’Aix), Pierre Laborie (directeur d’études à l’EHESS), Denis Peschanski (directeur de recherches au CNRS), Guillaume Piketty (directeur de recherches à l’IEP-Paris), Jacqueline Sainclivier (professeur à l’université de Rennes II), Dominique Veillon (directeur de recherches au CNRS).

Sommaire :
Introduction : Regards sur la Résistance et la France libre
Les grandes étapes de la Résistance
La France libre, la Résistance et la France
Systèmes d’occupation et pouvoirs
Qu’est-ce que la Résistance ?
Les résistants dans leur temps
La Résistance dans le siècle

Première partie : Acteurs et territoires
Vues d’ensemble
La Résistance : aventure individuelle et collective
Les liens entre les deux Résistances
Géographie de la Résistance intérieure
Géographie de la Résistance extérieure
La Résistance et les Alliés
Mouvements, réseaux et structures
Territoires et régions
Hommes et femmes

Deuxième partie : Événements et actions
Vues d’ensemble
La Résistance, l’occupant et Vichy
Multiplicité des formes d’action : redécouverte et invention
Résistance et action politique
Les enjeux de la lutte armée
Résistance et Libération
Les grands événements
Valeurs et projets
Actions et combats
Face à la répression

Troisième partie : Les résistants, leur temps et le nôtre
Vues d’ensemble
L’opinion et la Résistance
Pour une histoire culturelle (et sociale) de la Résistance
Résistance et identités
Héritage et mémoire de la Résistance
L’écriture de l’histoire de la Résistance
La Résistance, Vichy et le monde
La société résistante
Anthropologie de la vie résistante
Mémoires de la Résistance

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13 octobre 2014

CNRD 2015 : le dossier pédagogique

 

Mauthausen-1945

May 6 : Mauthausen survivors cheer the soldiers of the 11th Armored Division
of the U.S. Third Army one day after their actual liberation - source Wikipedia


CNRD 2015 : « La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire ».

La majorité des camps sont libérés par les troupes alliées au fur et à mesure de leur progression :
Les Russes libèrent notamment Auschwitz le 27 janvier, Sachsenhausen le 22 avril, et Ravensbrück le 30.
Les Britanniques Bergen-Belsen le 14 avril.
Les Américains Flossenburg le 23 avril, Dachau le 29, Neuengamme le 4, et finalement Mauthausen le 5 mai.
Les déportés prennnent le contrôle du camp de Buchenwald le 11 avril 1945, quelques heures avant l'arrivée des Américains (WP).

Le sujet incite à (re)lire Primo Levi et Robert Antelme.
En 2005, l’émission Radio Libre avait interrogé de nombreux témoins.
Sur le site du Cercle, Martine Giboureau propose un choix d'extraits de témoignages.
http://www.cercleshoah.org/

Le dossier pédagogique pour le CNRD 2015 est disponible au format pdf
sur le site de la FMD (Fondation de la Mémoire de la Déportation) :
https://fondationdeportation.files.wordpress.com/2014/09/concours-2014-2015-3.pdf

au sommaire :
Préambule : Le thème et ses limites
1 - Avant la libération - Le contexte historique
2 - Délivrance et liberté
3 - Retour et rapatriement
4 - Et après ?
5 - La découverte progressive des camps de concentration et d’extermination
6 - Pourquoi s’intéresser à la déportation 70 ans après ?
Renseignements bibliographiques et documentaires

La brochure du CNRD 2005 est toujours disponible sur le web :
« La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire »
http://www.fondationresistance.org/documents/cnrd/Doc00016.pdf


03.12.2014 : Un dossier élaboré par Cécile Vast et Émeline Vimeux (avec l'équipe du MRD de Besançon)
est à télécharger sur le site académique de Besançon
http://missiontice.ac-besancon.fr/hg/spip/spip.php?article1447

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16 septembre 2014

CNRD 2015 : Le retour des déportés

 


- CNRD 2015 : « La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire »
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=79102

Brochure annoncée en septembre sur le site de la FMD
http://fondationdeportation.wordpress.com/
http://www.fmd.asso.fr/

http://eduscol.education.fr/cid45607/concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation.html
http://www.cndp.fr/cnrd/


- Libération des camps et retour des déportés, Martine Giboureau, Cercle d'étude de la shoah et de la déportation
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article336

« Et toi, comment as-tu fait ? … Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C’est la question qu’on se pose, qu’on n’ose pas leur poser [1] » Charlotte Delbo, Auschwitz, III


1. Libération et retours
- Formes de libération (Soulèvement, Arrivée des Alliés, Fuite des SS, Évasions des marches de la mort)
- Des sentiments contrastés
- Quelles attitudes face aux Kapos et aux Allemands vaincus
- État physique et réalimentation
- Parcours de retours ou recherche d’un pays d’accueil

 2. Les premiers moments à l’arrivée
- La séparation d’avec les amis de déportation
- Premiers contacts avec le sol français
- Le Lutétia (L’attente des familles de déportés, Les formalités administratives)
- Arrivées hors Lutétia
- Des déportés à la rue
- Exemples individuels de solidarité
- Se refaire une santé
- Détresses psychologiques sans soutien

 3. Raconter au retour
- Besoin de raconter – les livres
- La difficile communication avec les proches
- Incompréhension et scepticisme
- L’expression par la création artistique

 4. Se réinsérer socialement
- La difficulté de se sentir comme les autres
- De maigres avantages matériels
- Le décalage avec les réalités d’avant-guerre
- La récupération de biens … ou son impossibilité
- La reprise des études : succès et échecs
- La marginalisation, les troubles psychiques
- Retrouver ses enfants

 5. Des décennies après, quels bilans ?
- Une santé toujours fragile, des séquelles à vie
- Angoisses et pulsions récurrentes, la vie à l’aune du camp.
- Voyages en famille et témoignages dans les écoles
- Des parcours personnels réussis
- Le militantisme
- Pardonner ?
- Croire en Dieu après les camps ?
- Vivre sa judéité
- La solidarité avec l’État d’Israël
- La reconnaissance publique des responsabilités de l’État français

Biographie et bibliographie

extraits :
Henry Bulawko affirme qu’il y a un devoir spécifique pour les déportés survivants :
« Oh ! Nous avons vite compris que le monde d’après-guerre n’était pas celui dont nous avions rêvé. Mais, contre vents et marées, nous avons conscience qu’une lourde responsabilité nous incombe. C’est à nous qu’il appartient de combattre la guerre, de dénoncer le racisme et l’antisémitisme, d’œuvrer pour la fraternité entre les peuples et entre les hommes. C’est à nous de démasquer ceux qui tenteraient à nouveau de diviser l’humanité entre races supérieures et inférieures. C’est à nous qu’il appartient de rappeler sans cesse ce que fut Auschwitz pour en éviter le retour. La tâche est bien lourde et il nous est arrivé, plus d’une fois, de vouloir renoncer. Mais on ne lâche pas pied facilement quand on a tenu bon là-bas. »

Sam Braun affirme comme un principe fondamental qu’avoir été déporté ne doit pas conduire à se positionner comme une éternelle victime devant bénéficier de privilèges (être protégé, ménagé) et encore moins comme ayant une sorte de supériorité morale (‘’J’ai été déporté, tu n’as rien à dire’’). « Je veux l’affirmer bien fort : nous sommes normaux et il faut nous dire certaines choses si ces choses doivent être entendues. Avoir été déporté, avoir vécu l’existence indicible des camps nazis, ne nous donne aucun droit mais nous impose, au contraire, des devoirs. […] Nous n’avons pas à nous glorifier de notre survie qui est due à la chance, à des circonstances particulières. Je ne suis maintenant ni la victime ni le héros d’une histoire malheureuse. Ces deux conditions sont indispensables pour devenir un être normal dans la quotidienneté de la vie.»

Charlotte Delbo témoigne  : « Devant tous ceux que je rencontre, je me demande : M’aurait-il aidé à marcher, celui-là ? M’aurait-il donné un peu de son eau, celui-là ? […] Ceux-là, je sais au premier regard qu’ils ne m’auraient pas aidé à marcher, qu’ils ne m’auraient pas donné une gorgée à boire, et que je n’ai pas besoin qu’ils parlent pour savoir que leurs voix sont fausses, fausses leurs paroles. […] Ceux dont je sais au premier regard qu’ils m’auraient aider à marcher sont si peu … »

Mado ajoute : « La vie que nous voulions retrouver quand nous disions : ‘’Si je rentre …’’ devait être grande, majestueuse, savoureuse. N’est-ce pas notre faute si la vie que nous avons reprise est fade, mesquine, triviale, voleuse, si les espoirs y sont mutilés et les intentions trahies ? »


Rappels
- La déportation dans les camps nazis :
http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm


- CNRD, sujets précédents :
http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=158

2005. 1945 : libération des camps et découverte de l'univers concentrationnaire ; crime contre l'humanité et génocide.
La libération des camps de concentration et d'extermination nazis par les Alliés victorieux en 1945 prouve qu'une certaine idée de l'homme constituait l'enjeu essentiel du conflit. Montrez que la Résistance, sous toutes ses formes, est porteuse de cette valeur. Ce combat a-t-il encore des résonances aujourd'hui ?
Le dossier de la FMD pour 2005 est tjs en ligne
http://www.fmd.asso.fr/updir/36/memoire_vivante_special_e.pdf

1995 - Classes de Seconde, Première et Terminale : La libération des camps de concentration et d’extermination nazis par les Alliés victorieux en 1945 prouve qu’une certaine idée de l’homme constituait l’enjeu essentiel du conflit. Montrez que la résistance, sous toutes ses formes, est porteuse de cette valeur. Ce combat a-t-il encore des résonances aujourd’hui ?

1985 - Quarantième anniversaire de la Libération. Pourquoi la déportation et les camps de concentration ne doivent pas être oubliés. L'importance de ce souvenir pour le présent et l'avenir.

1975. « La Déportation, les camps de concentration, la libération des camps. »

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17 novembre 2013

CNRD : La Libération

 

La Libération vue depuis la Franche-Comté
Sur le site académique de Besançon, télécharger une brochure qui traite du thème du Concours de la Résistance 2014 :
« La libération du territoire et le retour à la République » (attention fichier de 120 Mo)

Le dossier a été élaboré par le Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon et les services éducatifs des archives

8 thématiques sont abordées :
I - Attentes et espoirs
II - Les combats de l’été 1944
III - Joies
IV - Douleurs et massacres : la guerre n’est pas finie
V - Reconstruire
VI - Le rétablissement de l’ordre républicain
. 1. La transition démocratique
. 2. L’épuration
. 3. Élections et retour à la République
. 4. Le sort des prisonniers de guerre de l’armée allemande
VII - Retours
VIII - Premières mémoires
http://missiontice.ac-besancon.fr/hg/spip/spip.php?article1328

fcomte-sommaire

Consulter le sommaire détaillé au format pdf

 

belfort-liberation


La Libération vue depuis la Franche-Comté - Académie de Besançon

 

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