21 juillet 2017

Pétrarque : Où est passée la révolution ?

 

Où est passée la révolution ?
Les Rencontres de Pétrarque 11.07.2017
par Jean Birnbaum et Hervé Gardette
avec Pascal Ory, Sophie Wahnich et Frédéric Rouvillois
http://www.franceculture.fr/emissions/les-rencontres-de-petrarque/ou-est-passee-la-revolution


notes perso :

P. Ory : le grand siècle de la révolution, c'est le XIXe, de la révo américaine à la double révo russe.
Au XVII, l'Angleterre a vécu 2 révolutions, une radicale avec Cromwell, une libérale (la Glorieuse Revolution) en 1688
Le XXe affaiblit le concept de révolution :
cf Mantoux parle de révolution industrielle pour une mutation technique et sociale de longue durée


S. Wahnich constate une grande confusion (révolution dite nationale).
Pour elle la révolution, ce sont des transformations radicales ET une marche vers davantage d'émancipation
Elle regrette l'arrêt de transmission scolaire et la perte de transmission
Mais elle constate l'intérêt d'un regard neuf, des étudiants actuels posant de bonnes questions

Révolution nationale ?
Pour P Ory, le populisme est à droite, c'est la captation d'une partie de l'héritage de gauche au profit de valeurs de droite
cf les blanquistes dans le boulangisme
Quand ces valeurs sont extrémisées, cela devient du fascisme

FR - Il cite Goebbels, la prise complète de pouvoir en 1933, sans effusion de sang (sic et resic)
Pour lui, toute révolution est porteuse de risques éminents.
Il estime L'utopie intrinsèquement perverse (Pie XI sur le communisme), du fait de la sublimité de son objectif, réaliser 1 soc parfaite.
Ceux qui ne suivent pas le mouvement sont vus comme des monstres qu'il faut éliminer.  
Il considère l'utopie comme totalitaire et mortifère.
Mais en ce moment, l'idée de progrès a bcp du plomb dans l'aile, les utopies complètes sont passées de mode.


SW - L'utopie n'est pas le stalinisme.
Citer Goebbels, c'est enterrer l'utopie.
Ne pas laisser ces concepts au nazime et au stalinisme,
il faut les récupérer au service d'une démocratie délibérative et utopique

More, Camapanella... ?
Ces théoriciens ne sont pas au pouvoir.
Leur société est face à un pouvoir monarchique qui veut tout régenter,
ils écrivent des textes qui permettent à des cénacles d'inventer des imaginaires pour tenir en situation d'étiage de la liberté.
Où est l'oppression ? Chez ceux qui écrivent ou chez ceux qui exercent le pouvoir ?


FR L'utopie l'envie d'une bifurcation ?
On peut appeler n'importe quoi n'importe comment. :-)
La perfection est le ver dans le fruit, qui mène vers des lendemains qui ne chantent pas


P Ory évoque Simon Leys, Batavia
La société issue d'un naufrage au large de l'Australie aboutit d'emblée à l'horreur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Naufragés_du_Batavia

Après 1870, la France a plutôt fait le choix du centre et du compromis.
La radicalité peuple plutôt les musées : elle produit la modernité culturelle
La radicalité est increvable : il y a toujours de bonnes raisons de rejeter la société extistante, et de rêver d'une autre.

 

SW - quelque chose chose se joue aujourd'hui dans le refoulement de l'idée d'utopie.
Les déclarations des droits de l'homme (1789, 1793) ont mis en avant la liberté et la résistance à l'oppression.

Aujourd'hui, le vrai danger, ce n'est pas l'utopie, mais le droit pénal de l'ennemi,
le droit de tuer l'ennemi [avec des drones] (1980, Günther Jakobs juriste allemand, d'après Carl Schmidt) ?
Torturer pour éviter des événement monstrueux,
n'est-ce pas un dilemme lui même monstrueux qui crée la condition de la politique du pire ?

Jean-François Dreuille.  Le droit pénal de l’ennemi : éléments pour une discussion.  Jurisprudence page 149, Université de Savoie, 2012
http://hal.univ-smb.fr/hal-01479079/document


Dans ce débat, il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est la révolution
La foi en l'impossible (Quinet ?), c'est l'autre nom de l'utopie,
l'impossible, c'est le rapport à une justice qui serait stabilisée


P Ory : les contre-révolutionnaires sont à la traîne.
En 1789, dans le drapeau, le tricolore n'est pas la fusion des couleurs de Paris et de celle de la monarchie.
Le tricolore est le symbole choisi d'emblée par les révolutionnaires, partisans de la liberté.
Par réaction, les monarchistes sont amenés à revendiquer le blanc.
Le danger actuel, c'est le populisme et les prises de guerre sur ses adversaires (FN au pouvoir en Finlande).


SW cite P Clastres, la société contre l'Etat
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Clastres
le danger ce n'est pas l'idéologie mais la mnière dont des gouvernants produisent une capture des liberté individuelles, une capture qui peut se faire dans une société qui a abandonné toute utopie émancipatrice et où le pouvoir refuse d'annoncer son projet.


.

.

Posté par clioweb à 08:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


13 juillet 2017

Rencontres de Pétrarque 2017

 

Rencontres de Pétrarque 2017

cette semaine, sur France-Culture, 17-18 h, ou en différé

http://www.franceculture.fr/emissions/les-rencontres-de-petrarque


Relire la Révolution, Jean-Claude Milner :
Où est passée la révolution ? S Wahnich, P Ory, F Rouvillois
Valeurs : le retour de bâton ? E Bastié, L de Cock, M Canto-Sperber


à suivre
13.07 Culture pour tous, culture de classes ? N Heinich
14.07 Animaux, robots : l'humanité détrônée ? P Picq, S Tisseron, JB Jeangène Vilmer



.

Posté par clioweb à 08:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

27 août 2016

Pétrarque2016 : un monde en mouvement

 

Débattre ! S’orienter dans un monde en mouvement
Rencontres de Pétrarque 14.07.2016
http://www.franceculture.fr/emissions/les-rencontres-de-petrarque/debattre-sorienter-dans-un-monde-en-mouvement

La globalisation économique redistribue les cartes,
la révolution numérique s'affranchit des frontières,
l'enjeu climatique contribue à une prise de conscience citoyenne universelle.
Nous ne sommes plus seuls au monde...

avec Patrick Boucheron historien, Collège de France,
Camille Grand, FRS
Corinne Pelluchon : Philosophe

La leçon inaugurale a été prononcée le 11 juillet par Michèle Riot-Sarcey
http://www.franceculture.fr/emissions/les-rencontres-de-petrarque

Posté par clioweb à 08:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 juillet 2016

Quand Le Monde fabrique la photo

 

mrs-lm

Quand Le Monde fabrique une photo unique par collage de deux clichés distincts...


« La pratique ordinaire du journalisme visuel,
qui ne s’embarrasse pas de considérations déontologiques excessives,
en dépit de toutes les affirmations contraires ».

Sur la liste du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire), l’historienne indique que « l’interlocuteur Marcel Gauchet [lui] a été imposé », et que « la photo réalisée est un montage. J’avais refusé de poser avec lui. J’en suis absolument désolée. J’espère que le contenu est suffisamment éloquent pour inverser cette première impression laissant [croire] à une certaine complicité ».

« Le Monde rapproche Marcel Gauchet et Michèle Riot-Sarcey »
André Gunthert, L'image sociale, 09.07.2016
http://imagesociale.fr/3440


Le débat intellectuel français est-il un champ de ruines ? Le Monde 07.07.2016
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/07/07/le-debat-intellectuel


L'article annonce les Rencontres de Pétrarque, la semaine prochaine à Montpellier

« Trente ans de débats qui ont marqué la France »
« Dépasser la crise du progrès »
« Interroger la France et ses valeurs »
« S’orienter dans un monde en mouvement »
« Réinventer la politique »

des extraits seront diffusés sur F-Culture, le matin (11-12 h) du 22 au 26 août
http://www.franceculture.fr/medias/grille-d-ete-la-curiosite-n-est-plus-un-vilain-defaut


.


.

Posté par clioweb à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

29 juillet 2015

Petrarque : La démocratie et les inégalités

 

Rencontres de Pétrarque 2015 :
20.07 : Les Klarsfeld
21.07 : Liberté - Comment concilier sécurité et libertés ?
22.07 : Égalité : Les inégalités mettent-elles en péril la démocratie ?
23.07 : Fraternité - Que faut-il sacrifier pour vivre ensemble ?
24.07 : Existe-t-il encore des valeurs universelles ?
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-2


22.07.2015 : Egalité - Les inégalités mettent-elles en péril la démocratie ?
Claude Halmos, Alexis Spire, Jean-Marc Daniel, François-Xavier Bellamy


18eme minute :
Alexis Spire, la sociologie au niveau des guichets
AS s'intéresse moins aux discours officiels des élites administratives qu'aux pratiques quotidiennes de leurs subordonnés

A.Spire, Étrangers à la carte, 2005
http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/livres/alspir.htm

Alexis Spire, Faibles et puissants face à l'impôt, Raisons d'agir, 2012
http://lectures.revues.org/10190
http://www.alternatives-economiques.fr/faibles-et-puissants-face-a-l-impot_fr_art_1183_62011.html


AS propose de reformuler la question :
Ne pas se demander si la démocratie est mise en cause par l'accroissement des inégalités,
mais pourquoi l'accroissement constant des inégalités ne remet pas en cause l'ordre social ?

Ces inégalités ne concernent pas seulement le revenu et le patrimoine.
Elles forment système, elles sont territoriales, elles touchent le capital culturel, les formes de résistance, etc...
Devant l'impôt, l'inégalité n'est pas seulement comptable. Les libéraux veulent faire croire à une fuite générale
devant l'impôt alors que tous n'ont pas le même rapport à la domination et le même accès aux formes d'évasion fiscale.

Pour AS, il faut politiser la question.
La droite fait tout pour discréditer l'égalité ; elle lui oppose l'égalité des chances, l'équité ; elle feint de confondre égalité et uniformité / nivellement.

Aujourd'hui, une partie de cette droite milite même en faveur de l'inégalité.
C'est le cas dans ce débat : FX Bellamy, prof de prépa, maire-adjoint de Versailles dresse un réquisitoire de l'Ecole au nom de l'égalité des chances, mais vante une inégalité dans l'offre scolaire.

La gauche a abandonné ce combat global pour l'égalité, elle se contente souvent d'enjeux ponctuels.
Du coup, les inégalités sont opaques, parcellisées, fragmentées.
Aucune structure ne les rattache à des enjeux structurels et à des actions collectives déterminées.
Il n'y a donc plus de combat victorieux sur ce terrain.

JMD commence en douceur. Mais l'idéologie arrive au galop, avec l'habituel refrain sur la détestation de Keynes, de l'Etat et des services publics.
52e : Pour le chantre de la privatisation intégrale, il faut briser le monopole de l'Education nationale et suivre le modèle de Cameron (free schools).

AS souligne l'hypocrisie des "libéraux" madelinistes : en France, ce sont des fonds publics qui assurent le fonctionnement de l'école privée catholique.
AS rappelle que l'Etat social reste un filet de sécurité efficace en cas de crise et qu'il peut servir de rempart contre les inégalités.


.

Posté par clioweb à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


13 juillet 2014

Rencontres de Pétrarque 2014

 
« De beaux lendemain ? Ensemble, repensons le progrès »
Rencontres de Pétrarque 2014
http://www.festivalradiofrancemontpellier.com/index.php/


Lundi 14 juillet - Leçon inaugurale
Thomas Piketty, auteur de l’ouvrage Le Capital au XXIème siècle

Mardi 15 juillet - La politique peut-elle se passer de l'idée de progrès ?
Cécile Duflot, Etienne Klein, Blandine Kriegel.

Mercredi 16 juillet
La révolution technologique nous promet-elle un monde meilleur ?
Jean-Michel Besnier, Christophe Bonneuil, Jérôme Clément, Agnès Guillot.

Jeudi 17 juillet
Déclin de l'Occident : d'où viendra le progrès ?
Jean-Joseph Boillot, Pascal Bruckner, Geneviève Fraisse, Thanh Nghiem.

Vendredi 18 juillet
Peut-on remettre l'économie au service du progrès ?
Elie Cohen, Jean-Marc Daniel, Gérard Dumenil, Axelle Lemaire.


Diffusion des tables rondes sur France Culture
du 21 au 25 juillet, de 21 heures à 22 heures.
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-1

en mp3 : http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11919.xml

La démocratie jusqu'au bout : Le Monde a publié un entretien avec Thomas Piketty
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/10/thomas-piketty-il-faut-miser-sur-la-democratie-jusqu-au-bout_4455216_3232.html

extraits :
« On dit que la France est pionnière pour l'égalité, mais en réalité... le mot républicain lui-même légitime les inégalités les plus extrêmes
La conclusion que j'en tire, ce n'est pas que le progrès est impossible, mais qu'il faut repenser les institutions de politique publique dans toute une série de domaines (fiscalité, transparence, éducation…). Pour que la République soit sociale, une vraie démocratisation de l'économie et l'accès au savoir s'impose. Il faut plus que la Révolution française et l'égalité formelle pour que le progrès se réalise ».

« On l'a oublié, mais pendant longtemps les Etats-Unis étaient plus égalitaires que la vieille Europe. Reagan a utilisé la peur d’une concurrence par les pays vaincus en 1945 pour prôner un retour à un capitalisme débridé »

« On n'écrit pas un livre pour les gens qui nous gouvernent : de toutes les manières, ils ne lisent pas de livres. On écrit des livres pour tous les gens qui en lisent, à commencer par les citoyens, les acteurs syndicaux, les militants politiques de toutes tendances ».

« Je n'aurais jamais représenté l'inégalité comme je le fais sans la lecture de Balzac. Il y a là, dans la littérature, une puissance évocatrice qu'aucun chercheur en sciences sociales ne peut approcher ».

« il est possible de développer une vision optimiste et raisonnée du progrès. Pour cela, il faut miser sur la démocratie jusqu'au bout. Il faut s'habituer à vivre avec une croissance faible, et sortir des illusions héritées des " trente glorieuses ", où la croissance allait tout régler. La réflexion sur les formes concrètes de la démocratisation de l'économie et de la politique, sur la façon dont la démocratie peut reprendre le contrôle du capitalisme, cette réflexion ne fait que commencer. Il est urgent de développer des institutions réellement démocratiques, au niveau européen comme local, avec de nouveaux modes de participation collective aux décisions et de réappropriation de l'économie ».

.

Posté par clioweb à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

28 juillet 2013

Rencontres de Pétrarque 2013


Rencontres de Pétrarque 2013 : Guerre ou Paix
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-0
hun lien vers la version audio donne accès aux questions de la salle.
en mp3 : http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11919.xml


- Gilles Kepel : Trop de djihad tue le djihad
- Le Monde 11.07.2013
en liaison avec la leçon inaugurale du 15.07.2013 : Après les « révolutions » arabes, guerre ou paix ?
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/11/gilles-kepel-trop-de-djihad-tue-le-djihad_3446502_3232.html

« La guerre est le père de toutes choses, disait Héraclite. Le 11-Septembre a pris au dépourvu l'Occident car son appareil militaire et son système de renseignement étaient encore largement structurés autour de l'ancienne menace soviétique. Il était essentiellement équipé de tanks et de missiles pouvant détruire les grandes villes de l'ennemi ».
Au lendemain du 11-Septembre, il n'y a pas de Moscou d'Al-Qaida à bombarder. L’invasion de l’Irak permettait à Bush et aux néco-cons de brandir une Amérique virile et d’avoir qq chose à détruire, faute de pouvoir se débarrasser d’Al-Qaida.
En Irak, les USA ont appris, ils ont réorganisé le renseignement et appris l’arabe, ils ont développé « la technologie des drones, qui pose un énorme problème juridique mais qui constitue la réplique militaire la plus efficace à Al-Qaida ».
La fracture sunnite-chiite est redevenue un élément structurant.

Al-Qaida a tenté de s’attaquer aux dictatures, mais dans un premier temps, les sociétés n’ont pas suivi. Pour la suite, Kepel distingue 3 cas :
- au nord de l’Afrique, lors de la chute de Ben Ali, Moubarak, Khadafi, les enjeux sont surtout domestiques
- autour du golfe arabo-persique, le pétrole est essentiel. La « révolution » a été avortée à Bahreïn et étouffée au Yémen.
- en Syrie, la fracture sunnite-chiite a écrasé le reste, avec deux séries d’alliances improbables : Moscou-Téhéran-Bagdad-Hamas contre Washington-Arabie (salafistes)-Qatar (frères musulmans)-Ankara-Tel Aviv.


- À quoi ressemblera la guerre du futur ? Pétrarque 17.07.2013
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-a-quoi-ressemblera-la-guerre-du-futur-2013-07-24

vers la 35e minute
Beatrice Heuser - U of Reading
http://www.reading.ac.uk/spirs/about/staff/d-b-g-heuser.aspx

. Dans les traces archéologiques, rien ne prouve que la guerre a toujours existé. L'absence de preuve pas une preuve d'absence, mais elle autorise à douter.
. BH distingue 3 types d'états : le pré-moderne, toujours fragile, le moderne qui s'attribue le monopole de la violence publique, le post-moderne qui cherche des solutions non-violentes aux conflits. Aujourd'hui, les trois types d'état cohabitent, avec les difficultés inhérentes.
. Au moins jusqu'à Clausewitz, la réussite de la paix était le but principal d'une guerre légitime. Aujourd'hui, la paix n'est plus la valeur la plus importante dans certaines cultures.

- un rappel utile, fait par B. Kouchner le 18.07 :
La différence entre la Grande Guerre et les guerres suivantes, c'est la place des civils. Ainsi, en 1914-1918, Mémoire des hommes estime à plus de 1,3 million le nombre de militaires morts pour la France. En 1939-1945, dans le monde, les civils représentent plus de la moitié des 50 millions de morts.

.
.

Posté par clioweb à 08:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

22 juillet 2013

Rencontres de Pétrarque 2013

 

Les Rencontres de Pétrarque (FC- Le Monde) viennent d'avoir lieu *.
Le thème « Guerre ou paix ? » est un de ceux auquel il sera difficile d'échapper avec les commémorations de 2014.
« La guerre a changé. La paix aussi, du même coup » (sic).

Cette semaine, France-Culture en diffuse de larges extraits chaque soir, entre 19 et 20 h

Ce lundi soir, leçon inaugurale de Gilles Kepel, Après les révolutions (sic et resic) arabes, guerre ou paix ?
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-0
http://www.franceculture.fr/podcast/4645806


* 15.07.2013 - Après les révolutions arabes, guerre ou paix ?
Leçon inaugurale : Gilles Kepel.

16.07 - Pourra-t-on en finir avec les terroristes ?
Mario Bettati, juriste, Olivier Christen, vice-procureur près le TGI Paris, et Anne Nivat, grand reporter.

17.07 - A quoi ressemblera la guerre du futur ?
Michèle Alliot-Marie, Vincent Desportes, général, Béatrice Heuser, universitaire.

18.07 - La nouvelle géopolitique des conflits.
Ariel Colonomos, politologue ; Bernard Kouchner, Valérie Niquet, politologue

quelques débats des années précédentes ont été archivés sur dailymotion

http://www.festivalradiofrancemontpellier.com/


Sur le site France-Culture plus : http://plus.franceculture.fr/guerre-ou-paix
La guerre du futur commence-t-elle aujourd'hui ? Histoire(s) de la guerre économique, Histoire(s) des arts de la guerre, Histoire(s) du terrorisme.
- Grégoire Chamayou, Théorie du drone, fiche de lecture (pdf)
- Histoire(s) du terrorisme (fichier en pdf)

.

.

Posté par clioweb à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

30 août 2012

Pétrarque - Internet et la démocratie



Internet, stade final de la démocratie ? - Rencontres de Pétrarque 2012

Invité(s) :
Dominique Cardon, Fabrice Apelboin, Fleur Pellerin

http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-internet-stade-final-de-la-democratie-2012-08-25
l'émission au format mp3
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12533-25.08.2012-ITEMA_20394200-0.mp3


Ecouter notamment Dominique Cardon sur les relations entre Internet et la démocratie représentative (vers la 35e minute).

Il reprend des analyses présentes dans un entretien avec Hubert Guillaud en sept 2010, mis en ligne sur Internetactu le 19.08.2011
Pourquoi l’internet n’a-t-il pas changé la politique ? 
http://internetactu.blog.lemonde.fr/2011/08/19/dominique-cardon-pourquoi-linternet-na-t-il-pas-change-la-politique/

Notes personnelles et extraits de l'entretien :

Certains médias voudraient voir dans internet un signe de modernisation de la vie publique (cf la campagne d'Obama en 2008), ou une solution miraculeuse à la crise de la démocratie.

DC, internetactu : « Internet ne révolutionne pas la représentation politique traditionnelle.
… Ce n'est que bien plus tard que l'idée de démocratie électronique, de vote en ligne, de présence des partis sur la toile est venue se greffer, comme un corps presque étranger, sur l'esprit d'internet. Alors ce que font aujourd'hui les partis pour réinventer le dialogue avec les militants et les électeurs, c'est très bien... mais il faut reconnaitre que ce n'est pas l'endroit où l'internet est le plus brillant. Les dispositifs institutionnels de consultation ne réunissent pas grand monde ».
« L'usage des réseaux sociaux permet, dans des circonstances particulières, comme les campagnes électorales ou les débats sur des thèmes chauds d'actualité, de sortir du périmètre strict de l'organisation partisane et de faire transpirer le militantisme politique vers la société ».

Selon Dominique Cardon, Internet et la démocratie sont deux domaines qui ne sont pas superposables.Il estime qu'internet modifie peu la compétition pour les postes de pouvoir, ou seulement à la marge. La démocratie représentative n'est pas menacée, la légitimité reste fondée sur l'élection.


L'Internet des pionniers avait une visée politique : changer la société par l'espace public mais sans se soucier de la prise du pouvoir.

« Internet libère l'expression des individus, et le droit de porter, sans contraintes ni censures, leur propos dans un espace public ».
« Le web social a permis de démocratiser l’autoconstruction narrative en l’inscrivant dans les pratiques de la vie ordinaire. Il permet aux internautes les moins dotés en capital culturel de se mettre en scène sous des formes beaucoup plus brèves, légères et faciles que la rédaction d’un blog ».

Cette action d'Internet est surtout décelable dans les mouvements sociaux et dans les formes d'engagement. On ne vote pas sur Internet. L'essentiel, c'est le consensus : pas la recherche de l'unanmité, mais l'accord trouvé par débat et étapes successives.

Dans ce militantisme en réseau, Dominique Cardon voit plusieurs formes communes :
- Le refus d'une organisation par le haut et d'une affiliation permanente.
Le centre est vide, il n'y a pas de porte-parole permanent.
(avec des exceptions : cf le charisme et le magister moral d'un Richard Stallmann pour le logiciel libre)
- L'absence d'un programme exhaustif
- L'individu est au centre. Il prend part à un mouvement et peut se retirer à tout moment. La force de ce type de mobilisation, c'est la coordination par essaim, une coordination faible, mais qui peut faire masse (cf le TCE de 2005).
- Dans ces espaces, la définition des règles, des procédures de la participation, absorbe beaucoup de temps et d'énergie. DC ne croit pas aux consultations décrétées par le haut, avec un site web vitrine. En général, le débat se fait
sur d'autres espaces, non prévus au départ.

Il plaide pour l'ouverture des donnés publiques, condition d'un regard critique et responsable dans un Internet indomptable (cf  les sites web regards citoyens ou  sourcemap)
Les citoyens sont placés face à leur propre responsabilité. Le travail des élus devient moins simple, mais est-ce vraiment un problème ?


qq observations entendues :
- Ce sont les hippies qui ont inventé internet. Les militaires ont juste apporté beaucoup d'argent.
cf Fred Turner. Aux sources de l'utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture : Steward Brand, un homme d'influence. http://cfeditions.com/

- Jusqu'ici Internet a su échapper à la mesure d'audience façon TV commerciale et publicité.

- Dans le web des pionniers, l'internaute s'effaçait derrière les liens et l'accent était mis sur les contenus. Avec l'arrivée de facebook, l'internaute affirme d'abord et avant tout sa subjectivité


A lire également sur le web, à propos de l'ouvrage La démocratie Internet (Le Seuil,09.2010) :

Histoire politique d'Internet
http://www.wethenet.eu/2011/02/la-democratie-internet/

Dominique Cardon et Fabien Granjon, 2010, Médiactivistes, Les Presses de Sciences Po
.


.

 

Posté par clioweb à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03 août 2012

P - La critique, une clé de la démocratie

 

Notre avenir est-il démocratique ?  -  Le Monde 12.07.2012
Pour restaurer la confiance des citoyens, affirme Luc Boltanski, l'esprit critique doit être réhabilité dans le débat public comme dans la vie ordinaire.

Deux accès à la leçon inaugurale des Rencontres de Pétrarque 2012 :

- un entretien publié par Le Monde
http://www.centrevillepourtous.asso.fr/IMG/pdf/2012_07_12_le_monde.pdf

- La diffusion de la leçon par France-Culture le samedi 28 juillet (19-20h30)

http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-lecon-inaugurale-2012-07-28
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12533-28.07.2012-ITEMA_20388390-0.mp3


extraits :

« Si l'on veut restaurer la croyance dans la démocratie, il faut défendre la cause de la critique. C'est-à-dire non seulement l'autoriser en parole, mais lui redonner les moyens d'avoir prise sur la réalité... (cf le réferendum  de 2005)

... Mais le chemin vers l'émancipation, qui est l'autre nom de la démocratie, suppose peut-être un changement plus radical qui concerne la relation aux règles mises en place par les institutions. L'égalité dans ce domaine est l'un des principes de base de la démocratie. Il n'est pourtant guère difficile de constater que parmi les nombreuses asymétries qui structurent la vie sociale, l'asymétrie concernant les règles est l'une des plus criantes. C'est d'abord par rapport à elle que prend sens l'idée de domination.

Une réaction fréquente consiste à exiger une plus grande rigueur à l'égard des puissants, afin de les obliger à respecter eux aussi les règles qu'ils imposent aux autres. On peut la qualifier de moraliste. Elle conduit facilement vers une forme ou une autre de populisme ou même d'intégrisme.

Il existe pourtant une autre façon de diminuer les asymétries face aux règles. Elle consisterait à donner au plus grand nombre les moyens d'interpréter les règles...

C'est en redonnant toute sa place à la critique que l'on rendra évidente aux yeux du plus grand nombre la valeur de la démocratie et que l'on restituera à l'action politique la force que lui a soustraite son assujettissement aux contraintes gestionnaires et aux verdicts des experts.

Pour s'orienter vers un changement de ce type, il faut assumer pleinement la rupture avec la théologie politique, rupture qui est inhérente à l'idée même de démocratie. Mais aussi renoncer à cet autre absolutisme qui se réclame de la science et, particulièrement, actuellement, de l'économie néoclassique ».


- Mardi 17 juillet : La démocratie française est-elle usée ? avec Laurent Bouvet, Rémi Soulié et Judith Revel
- Mercredi 18 juillet : La démocratie : un horizon universel ? avec Mathieu Guidère, Wassyla Tamzali, Zheng Ruolin, Barbara Cassin
- Jeudi 19 juillet : La crise économique éclipse-t-elle le politique ? avec Kalypso Nicolaidis
- Vendredi 20 juillet : Internet, stade final de la démocratie ? avec Dominique Cardon, Fabrice Epelboin

à suivre les samedi d'août, entre 19 h et 20 h 30
http://www.franceculture.fr/evenement-les-xxviies-rencontres-de-petrarque

 

Posté par clioweb à 07:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,