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histoire
21 avril 2019

Reconstruire l'histoire de l'Europe - 1

 

Pour construire l’Europe, il faut reconstruire son histoire

Tribune Le Monde 19.04.2019

Stéphane Michonneau (Université de Lille / IRHiS)
et Thomas Serrier (Université de Lille / IRHiS / IEA Nantes)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/19/pour-construire-l-europe-il-faut-reconstruire-son-histoire_5452318_3232.html


Assumer les ombres comme les lumières de notre histoire

L’Europe est un champ de failles
L’Europe riche de ses divisions


... « Reconstruire l’histoire de l’Europe pour reconstruire l’Europe, tel est notre objectif. Pour nous, Européens et non Européens, il est crucial de donner du sens à cette expérience aussi unique que fragile. Forts de cette confrontation des mémoires, nous nous devons de raconter l’histoire d’une Europe qui s’efforce, envers et contre tout, de construire un autre rapport à soi et au monde ».



One heritage, one story: that’s not the Europe we know

Our continent’s past is made up of many varied stories.
Only by examining and accepting this can we secure our future
Thomas Serrier and Stéphane Michonneau, The Guardian, Wed 17 Apr 2019
https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/apr/17/unite-europe-divides-future

« To reconstruct Europe, it is vital to reconstruct its history. It seems crucial that this unique and fragile European experience be given a fuller meaning. By reflecting on our divided memories and engaging in renewed forms of “shared memory” work, we believe it is possible to tell the story of a Europe struggling against all odds towards building a new kind of relation with itself, and with the rest of the world »



La tribune avec les intertitres du Monde.

version pdf : http://clioweb.free.fr/debats/europe-histoire.pdf

« À la veille des élections du Parlement européen, le sentiment d'une perte de sens de l'Union européenne taraude les opinions. Nous, historiens et citoyens d’Europe et d’ailleurs, constatons le délitement d'un projet porté par une utopie qui touche aujourd’hui à ses limites : utopie téléologique qui relisait l'histoire millénaire de l'Europe à la lumière de la construction européenne ; utopie providentialiste qui vouait l'Europe à une irréversible unité, au mépris des pays restés en marge ; utopie éternaliste qui faisait de la construction européenne une fin de l'histoire. Aujourd'hui, après bien d’autres crises, le Brexit nous force à reconnaître que le projet européen n'est plus irréversible. Il est même en grave danger.

Avec le retrait des Etats-Unis, à l'ombre desquels les Européens vivaient des temps tranquilles, notre continent fait face à des questions inédites. Face au vide, nombreuses sont les tentatives d'ériger une histoire simplificatrice qui sépare de manière caricaturale les Européens et les Autres. Pour un continent qui, il n'y a pas si longtemps, dominait le monde, se barricader ainsi au sein d’une forteresse fait sourire, comme si cette domination n'avait pas laissé de traces auprès de nombreux peuples non européens après des siècles de rencontres commerciales et coloniales. Les extrêmes droites s'efforcent aujourd'hui d'identifier l'histoire du continent au récit autoritaire d'une civilisation chrétienne, blanche et sûre de son passé, qui aurait à combattre un prétendu déclin en exaltant ses « valeurs » fondatrices.

Assumer les ombres comme les lumières de notre histoire

Nous condamnons énergiquement ces lectures obsidionales qui jettent aux gémonies tant la diversité culturelle, religieuse et politique qui caractérise notre continent que la responsabilité héritée de notre histoire dans le monde. Elles font de l'Autre - le musulman, le juif, l’immigré, le réfugié, le Rom sur la scène intérieure, mais aussi des puissances concurrentes sur la scène internationale - le bouc-émissaire de nos propres frustrations et impuissances. De même nous ne voyons pas bien où mènent les récits victimaire qui font de l'histoire de tel ou tel pays une somme unique de souffrances, de guerres et de génocides, ni la raison d’être d’une posture unilatéralement accusatrice, qui identifie les Européens à des bourreaux. Notre urgence aujourd’hui : sortir de ce dilemme morbide, et pour cela, assumer face au monde les ombres comme les lumières de notre histoire. Penser l’Europe au prisme de ces oppositions est notre responsabilité.

À ce défi, comment répondre ? Au lieu d’entretenir la nostalgie d’un récit linéaire, qui présuppose toujours une unité préétablie - un héritage, une histoire, une mémoire… - il importe de se mettre à l’écoute de mémoires fondamentalement polyphoniques.

L’Europe est un champ de failles

L'Europe ne se laisse plus enfermer dans un « grand récit » uniforme. Ce qui fonctionna naguère pour les États-nations ne fait plus florès : dans nos sociétés multiples, on ne peut que s'en féliciter, sans se résoudre pour autant à une parole paralysée ou émiettée. Car le sentiment d'avoir quelque chose de commun demeure bien réel : un passé, un présent, et un futur - si nous le voulons.

Soyons lucides. L'Europe est sans cesse traversée de frontières invisibles qui opposent les Européens entre eux dans leurs imaginaires. C'est l'Europe atlantique qui rêve de grand large sans prendre la mesure de son imbrication avec le reste du continent. C'est l'Europe riche du Nord-Ouest qui donne des leçons aux « PIGS » du Midi sous couvert de bonne gouvernance économique. C'est l'Europe occidentale qui regarde d'un œil paternaliste et méprisant ces autres Européens du centre et de l'est, au prétexte de cultures démocratiques récentes et déficientes. C'est l'Europe chrétienne qui exclut celle des minorités religieuses ou athées qui constituent aussi son histoire depuis des siècles. C’est l’Europe des grands qui peine à entendre les angoisses légitimes des petits pays, lesquels gardent le souvenir cuisant de longues périodes de domination. C’est l’Europe « issue de l’immigration », dont les représentants sont considérés comme des citoyens de seconde zone. La liste est infinie : l'Europe est un champ de failles qu’il n’est que trop aisé pour les démolisseurs de réactiver.

L’Europe riche de ses divisions

Sans connaissance du passé, quel avenir construire ensemble ? Avançons ici deux constats qui pourraient former le socle d'un récit de l'histoire européenne que nous appelons de nos vœux. D'une part, l'Europe est riche de ses divisions. En reconnaissant pleinement les perceptions des autres et les mémoires divisées que ces incessants conflits générèrent, leur récit commun nous fortifie à l'heure où de dangereuses entreprises de puissances prétendent nous asservir à leurs modèles économiques, politiques, sociaux et culturels d'un autre âge.

L'histoire de ces divisions comme patrimoine commun reste à écrire. Elle doit être narrée sans fatalisme, car ces divisions ont déjà été largement dépassées depuis 1945 et 1989, non par sur ordonnance, sur une décision d’en haut, mais bien par un travail de mémoire que nous autres Européens avons su engager d’en bas, et qui est toujours un travail des mémoires, comme disait Ricœur.

Car d'autre part, l'Europe est un continent du droit, qui nous protège dans l'expression de nos diversités. A ceux qui opposent la souveraineté des États à une administration bruxelloise accusée d'être aussi pléthorique qu'anti-démocratique, nous répondons que cette union est la meilleure protectrice des souverainetés nationales dans la mesure où elle organise leurs divergences. Ce projet est à l'opposé des empires-puissance qui prétendaient asservir le continent au bénéfice d'un seul. Il n'est pas non plus la « prison des peuples » que des élites mondialisées auraient imaginée puis imposée. Porté par la volonté de peuples qui ont aboli la guerre entre eux et partagent un même désir de liberté, le projet européen est un projet de solidarité inédit, qui vaut la peine d'être raconté et défendu.

Reconstruire l'histoire de l'Europe pour reconstruire l'Europe, tel est notre objectif. Pour nous, Européens et non Européens, il est crucial de donner du sens à cette expérience aussi unique que fragile. Forts de cette confrontation des mémoires, nous nous devons de raconter l'histoire d'une Europe qui s'efforce, envers et contre tout, de construire un autre rapport à soi et au monde ».


Elle a été signée par plus de 100 historiens provenant de 29 pays,
dont 21 pays européens (21.04.2019) :
http://clioweb.canalblog.com/tag/reconstruire


Pour soutenir cette tribune : europenarrative@gmail.com


Journaux :

Cette tribune est parue ces derniers jours dans The Guardian, El País, Le Monde, La Libre Belgique,
I Efimerida, Gazeta Wybrocza, Berliner Tagespiegel,
Jutarnji list et prochainement, La Repubblica
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http://www.theguardian.com/commentisfree/2019/apr/17/unite-europe-divides-future

http://www.lalibre.be/debats/opinions/pour-construire-l-europe-il-faut-reconstruire-son-histoire-5cb613c97b50a60b45aaf6bf

http://lafiva.com/un-heritage-une-histoire-ce-nest-pas-leurope-que-nous-connaissons-thomas-serrier-stephane-michonneau-et-autres-opinion/

http://elpais.com/elpais/2019/04/15/opinion/1555346373_337679.html

http://www.tagesspiegel.de/politik/vor-den-europawahlen-die-spaltungen-machen-europa-umso-reicher/24226916.html

http://wyborcza.pl/7,75968,24674931,opowiedzmy-historie-europy-na-nowo.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/19/pour-construire-l-europe-il-faut-reconstruire-son-histoire_5452318_3232.html



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21 avril 2019

Reconstruire l'histoire de l'Europe - 2

 

Pour construire l’Europe, il faut reconstruire son histoire

Tribune Le Monde 19.04.2019

Stéphane Michonneau (Université de Lille / IRHiS)
et Thomas Serrier (Université de Lille / IRHiS / IEA Nantes)



Signataires :

Joaquim Albareda (Pompeu Fabra University of Barcelona)

Timothy Garton Ash (Oxford University)

Martin Aust (University of Bonn)

Justin Bisanswa (Université Laval Québec / IAS Nantes)

Alain Blum (EHESS / INED France)

Felipe Brandi (EHESS, Paris)

Marco Bresciani (University of Florence)

Jose Burucua (National Academy of History, Buenos Aires / IAS Nantes)

Antonio Castillo Gómez (University of Alcala)

Johann Chapoutot (Sorbonne University, Paris)

Abdessalam Cheddadi (Mohammed V University Rabat / IAS Nantes)

Anne Couderc (Panthéon-Sorbonne University of Paris)

Josefina Cuesta (University of Salamanca)

Antonio De Almeida Mendes (University of Nantes)

Sofia Dyak (Center for Urban History of East Central Europe, Lviv)

Andreas Eckert (Humboldt University of Berlin)

Alan Forrest (University of York)

Josep Maria Fradera (Pompeu Fabra University of Barcelona)

Etienne François (University of Paris 1 / Free University of Berlin)

Robert Gildea (Oxford University)

Maciej Górny (German Historical Institute Warsaw)

Catherine Gousseff (EHESS Paris, PIASt Warsaw)

Hannes Grandits (Humboldt University of Berlin)

Heinz-Gerard Haupt (University of Bielefeld / EUI Florence)

Beata Halicka (Adam Mickiewicz University of Poznań)

Béatrice von Hirschhausen (CNRS Paris / Centre Marc Bloch Berlin)

Ton Hoenselaars (Utrecht University)

John Horne (Trinity College Dublin)

Keith Hoskin (University of Birmingham / IAS Nantes)

Dagmara Jajeśniak-Quast (European University Viadrina Frankfurt-Oder)

Bogumił Jewsiewicki (Université Laval Québec)

Basil Kerski (European Solidarity Center Gdańsk)

Gábor Klaniczay (Central European University Budapest)

Svetla Koleva (Bulgarian Academy of Sciences Sofia / IAS Nantes)

Kornelia Kończal (Ludwig-Maximilian University of Munich)

Christina Koulouri (Panteion University Athens)

Kazmer Kovacs (Sapientia Hungarian University of Transylvania)

Claudia Kraft (University of Vienna)

Roman Krakovsky (University of Geneva)

Todor Kuljic (University of Belgrade)

Audrey Kichelewski (University of Strasbourg)

Jörn Leonhard (University of Freiburg)

Paweł Machcewicz (Polish Academy of Sciences Warsaw / Imre Kertesz Kolleg Jena)

Ondřej Matějka (Institute for the Study of Totalitarian Regimes Prague)

Benoît Majerus (University of Luxemburg)

Caroline Morel (European Association of History Educators EUROCLIO)

Javier Moreno Luzon (Complutense University of Madrid)

Ekaterina Makhotina (University of Bonn)

Diana Mishkova (Center for Advanced Study Sofia)

Suleiman Mourad (Smith College, USA /IAS Nantes)

Akiyoshi Nishiyama (Kiurytsu University Tokyo)

Ełżbieta Opiłowska (University of Wrocław)

Jiři Pešek (Charles University of Prag)

Teresa Pinheiro (Technical University of Chemnitz)

Juan Pro (Autonomous University of Madrid)

Anna Reading (King’s College London)

Ofelia Rey (University of Santiago de Compostella)

Valérie Rosoux (Catholic University of Louvain)

Henry Rousso (CNRS Paris)

Krzysztof Ruchniewicz (Willy Brandt Centrum Wrocław)

Luule Sakkeus (Estonian Institute for Population Studies, Tallinn University)

Magdalena Saryusz-Wolska (German Historical Institute Warsaw)

Martin Schulze Wessel (Ludwig-Maximilian University of Munich)

Irina Sherbakowa (Memorial International)

Nenad Stefanov (Humboldt University of Berlin)

Steven Stegers (EUROCLIO European Association of History Educators)

Bo Stråth (University of Helsinki)

Lakshmi Subramaniam (Centre for Studies in Social Sciences, India / IAS Nantes)

Philipp Ther (University of Vienna)

John Tolan (University of Nantes)

Robert Traba (Polish Academy of Sciences Warsaw)

Balazs Trencsenyi (CEU Budapest)

Laurence Van Ypersele (Catholic University of Louvain)

Jakob Vogel (Sciences Po Paris / Centre Marc Bloch in Berlin)

Pierre-F. Weber (University of Szczecin)

Jay Winter (Yale University)

Sergei Zakharov (Higher School of Economics, Russia / IAS Nantes)

Paul Zalewski (European University Viadrina Frankfurt-Oder)

Robert Żurek Krzyżowa (Foundation for Mutual Understanding in Europe)

Judith Rainhorn (Sorbonne Université-

Laurent Brassart (Univ. de Lille)

Carlo Ginzburg (Scuola Normale Superiore, Pisa)

Andrea Graziosi (University of Naples)

Daniela Luigia (Caglioti, University of Naples)

Guri Schwarz (University of Genova)

Francesco Cassata (University of Genova)

Carlotta Ferrata degli Uberti (University College London)

Mila Orlić (University of Rijeka)

Stefano Petrungaro (University of Venice)

Simone Neri Serneri (University of Florence)

Fulvio Conti (University of Florence)

Emanuele Felice (University of Chieti-Pescara)

Gabor Egry (Institute of Political History, Budapest)

Pieter Judson (European University Institute)

John Paul Newman (National University of Ireland, Maynooth)

Rok Stergar (University of Ljubljana)

Marta Verginella (University of Ljubljana)

Laura Downs (European University Institute)

Tvrtko Jakovina (University of Zagreb)

Klaus Richter (University of Birmingham)

Anne Deighton (University of Oxford )

Clément Thibaud (EHESS , Paris)

Sandrine Kott (Université de Genève)

Jessica Reinisch (University of London)

Denis Peschanski (CNRS, France)

François Da Rocha (Univ d'Artois)

Christophe Charle (Sorbonne Université)

Guillaume Piketty (Sc. Po Paris)

Philippe Dariulat (Sc Po Lille)

Leora Auslander (Chicago Univ.)

Christian Thibon (UPPA)

Olivier Bousquet (Univ. Paris-Diderot)

Fabien Theofilakis (Sorbonne Univ.)

Pierre Cyrille Hautcoeur (EHESS, Paris)

Eic Alary-Denechaud (Chaire Supr. CPGE, Tours)

Sylvie Aprile (Univ. Nanterre)

Jacques Revel (EHESS, Paris)

Walter Bruyère-Ostells

Nicolas Badassi (IEP Aix-en-Provence)

Morgane Labbé (EHESS, Paris)

Dominique Kalifa (Sorbonne Univ.)

Laurent Martin (Univ. Paris 3)

Christian Vivier (Univ. Franche Comté)

Mathieu Marly (EHNE, secr. gén.)

Daniel Letouzey (APHG Caen)

Emmanuelle Cronier (Univ. Picardie)

Jean de Préneuf (Univ. Lille/SHD)

Michel Dreyfus (Sorbonne Univ.)

 

18 avril 2019

Concours 2020 Histoire, Géo

 


Programmes des concours externes 2020


http://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid98492/programmes-concours-enseignants-session-2020.html



Agrégation externe d’Histoire 2020
http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/agreg_externe/76/8/p2020_agreg_ext_histoire_1112768.pdf


Questions d’Histoire

Histoire ancienne
Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère

Histoire médiévale
Écrit, pouvoirs et société en Occident du début du XIIe siècle à la fin du XIVesiècle
(Angleterre, France, péninsule Italienne, péninsule Ibérique)

Histoire moderne
Etat, pouvoirs et contestations dans les monarchies française et britannique et dans leurs colonies américaines (vers 1640-vers 1780)

Histoire contemporaine
Culture,médias,pouvoirs aux Etats-Unis et en Europe occidentale 1945-1991

Questions de Géographie

Géographie des territoires
Les espaces ruraux en France

Géographie thématique
L’Asie du Sud-Est

 

Agrégation externe Géographie 2020
http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/agreg_externe/76/6/p2020_agreg_ext_geographie_1112766.pdf

Géo thématique
La nature objet géographique

Les espaces du tourisme et des loisirs

Géographie des territoires
L’Asie du Sud-Est

Les espaces ruraux en France

Histoire moderne
État, pouvoirs et contestationsdans les monarchies française et britannique et dans leurs colonies américaines (vers 1640-vers 1780)

Histoire contemporaine
Culture, médias, pouvoirs aux États-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991

 

Agrégation interne Histoire et Géographie 2020


Histoire

Cultures, medias, pouvoirs aux États-Uniset en Europe occidentale (1945 -1991) (nouvelle question)

Chrétiens, juifs et musulmans. Pouvoirs et minorités dans l’espace méditerranéen (XIe-XVe siècles)


Géographie

La France: géographie générale

Les espaces du tourisme et des loisirs



Capes externe Histoire et Géographie 2020
http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/capes_externe/77/9/p2020_capes_ext_histoire_geo_1112779.pdf

Histoire

- Écrit, pouvoirs et société en Occident aux XIIe-XIVesiècles (Angleterre, France, Italie, péninsule Ibérique). (Question nouvelle)

- État, pouvoirs et contestations dans lesmonarchies française et britannique et dans leurs colonies américaines (vers 1640-vers 1780)

- Culture, médias, pouvoirs aux États-Unis et en Europe occidentale, 1945-1991 (Question nouvelle)

Géographie

- Les espaces ruraux en France

- L’Asie du Sud-Est (question nouvelle)

- Les espaces du tourisme et des loisirs


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25 mars 2019

Verdun

 

- Tollé dans la Meuse : la bataille de Verdun ne figure plus
dans les programmes d’Histoire en lycée à la rentrée 2019
L’Est Républicain + VA 23.03.2019
http://bit.ly/2USazq1


- Non, Verdun ne disparaît pas du programme d'histoire au lycée.
Pour une bonne raison : la bataille n'y était déjà pas [dans le programme Chatel 2010].

sur Tweeter, une réponse très argumentée de Thibaut Poirot
24.03.2019 -
http://twitter.com/ThPoirot/status/1109741240067784705

 

verdun-boen-1418

 Programme Blanquer, HG première (extrait)
 http://cache.media.education.gouv.fr/file/SP1-MEN-22-1-2019/93/9/spe577_annexe2_1062939.pdf

- « ...La bataille de Verdun n'a jamais figuré dans les programmes de lycée, et qu'elle a toujours été enseignée.
Ce pour une raison très simple : longtemps les programmes ont été rédigés en ne mentionnant que les principaux points tels « La première guerre mondiale, causes, principaux évènements, conséquences », sans rentrer dans les détails puisque les programmes subissent au moins trois traductions : celle de l'Inspection générale (les ressources d'accompagnement), celle des auteurs de manuels scolaires, et celle des enseignants eux-mêmes... » Laurence de Cock – Aggiornamento HG,
http://blogs.mediapart.fr/edition/aggiornamento-histoire-geo/article/250319/verdun-na-jamais-figure-dans-les-programmes-de-lycee


rappels :

Jean Giono : Verdun, les « cadavres garde-manger »
   http://clioweb.canalblog.com/tag/gardemanger

 

2016

verdun-figaro2016

« A Verdun, le devoir de mémoire l'a emporté sur le devoir d'histoire »
Stéphane Audoin-Rouzeau, Le Figaro 28.05.2016



 

21 février 2019

Oubli, mémoires et ... Histoire

 

- L’oubli, semaine des Chemins de la philo
http://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie

Nietzsche, toute action exige l’oubli
Des livres aux ordinateurs, où stocker nos souvenirs ?
Pardonner, est-ce oublier ?
Alain Resnais, comment fabriquer l'oubli ?


- Mémoires, Contre-mémoires
Les dialogiques 2018, Charles-Edouard Leroux, Mémorial de Caen
http://clioweb.free.fr/debats/dialogiques/progr-2semestre2018.pdf

1 - Mémoires privées, mémoires collectives
2 - Le poids des mémoires
3 - Mémoire et interprétation
4 - L’oubli pour horizon


- Paul Ricoeur, La justice et le pardon,
Antoine Garapon, émission Le bien commun 30.04.2000
rediffusé sur France-Culture en 2017
http://www.youtube.com/watch?v=DFzir6F5VLc


- Paul Ricoeur, La Mémoire, l'histoire, l'oubli, Le Seuil, 2000
Brigitte Evano, BBF 2001
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2001-04-0120-012


- Paul Ricœur : de l'oubli.
Philibert Secretan, Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique. N°72, 2001
http://www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_2001_num_72_1_233

 

- Demander pardon vaut-il réparation ?
Émission du grain à moudre, 29.11.2018
avec Olivier Abel et Sandrine Lefranc
http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/du-grain-a-moudre-du-jeudi-29-novembre-2018


- Le devoir de mémoire,
une formule et son histoire
Sébastien Ledoux
CNRS 2016
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/04/05/33618391.html

compte rendu Corinne Benestroff
http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/10652

compte rendu Véronique Servat, Aggior
http://aggiornamento.hypotheses.org/3237


- À quoi servent les politiques de mémoire ?

Sarah Gensburger, Sandrine Lefranc, Les Presses de Sciences Po, 2017,

CR par Martine Giboureau
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article647

 

rappel :
Mémoires des massacres, colloque au Mémorial de Caen
http://clioweb.canalblog.com/tag/massacres

- Pour évoquer l'étude des sociétés du passé, 
les médias utilisent de moins en moins le mot Histoire
mais abusent de la mémoire et des mémoires.

Les mémoires et les conflits entre les mémoires sont devenus un objet d'histoire,
il serait souhaitable que les mémoriens apprennent aussi l'histoire et le métier d'historien.


 

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2 février 2019

Le prof d'HG et les supports péda

 

Comment le cinéma, la télévision puis aujourd'hui le jeu vidéo
sont-ils intégrés en tant qu'auxiliaires pédagogiques par le système scolaire depuis les années 1950 ?
La Fabrique de l'histoire, 30.01.2019
http://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/eduquer-dans-son-temps-34-nouveaux-medias-nouvelle-pedagogie

 

Annie Bruter, « Pédagogies de l’histoire », Histoire de l’éducation 114 | 2007
http://journals.openedition.org/histoire-education/1244

Dominique Margairaz. L'utilisation des supports informatifs dans l'apprentissage de l'histoire et de la géographie.
Revue française de pédagogie, 1988
http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1988_num_85_1_1434

 


Pour les enseignants, la production de supports de cours
et les appareils utilisés ont beaucoup évolué depuis un siècle.


ecole-63600

Musée de l' Ecole 1900 à Saint-Martin-des-Olmes (63600)

Naguère, les murs des salles de classe étaient couverts d’affiches ou de cartes murales.

 

manuels-anciens


Les manuels jouaient un rôle important.

http://ecolereferences.blogspot.com/2012/04/blog-manuels-anciens.html
http://manuelsanciens.blogspot.com

Par la suite, beaucoup a été demandé aux manuels de collège et de lycée :
livre de cours, livre d’images, cahier de TD, lexique, piste de lectures ou de films.
Le numérique a diversifié les auteurs et la mise en forme des supports exploités en classe.

 

Avant l’accès généralisé à la photocopie, plusieurs machines ont été utilisées pour la duplication :

duplicateur-alcool

- Le duplicateur à alcool
http://www.neoprofs.org/t49689p175-machine-a-alcool-polycopieur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Duplicateur_à_alcool

La ronéo à encre (cyclostyle ? Gestetner)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclostyle
http://www.ebay.fr/sch/sis.html?_nkw=Presse+dimprimerire+rotative+Gestetner+Cyclostyle+N+6



freinet-imprimerie

 - Dans les classes Freinet, l’imprimerie scolaire occupe une place essentielle
cf L’école buissonnière, le film de JP Le Chanois avec Bernard Blier
http://clioweb.canalblog.com/tag/buissonniere

Les techniques Freinet de l’école moderne ont désormais droit de cité - Freinet, L’Educateur N° 12
http://www.icem-freinet.fr/archives/educ/59-60/12/1-4.pdf

 

limographe

Le limographe à l'école moderne, 1963
http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/15503

bandes enseignantes L’Educateur 6, 1963
http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/15561

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/recherche/adultes-archives/results/taxonomy%3A658

 

La reproduction, un peu d’histoire
http://espacerepro.fr/html/histoire.html


La photocopie en classe
règlementation, constats, problèmes et conseils - Vincent Breton - IEN - sans date
http://www.ia29.ac-rennes.fr/jahia/webdav/site/ia29/users/vbreton1/public/photocopie.pdf

La photocopie est devenue une technique indispensable,
avec des choix en fonction de la technique disponible et des coûts :
noir et blanc ? Couleur ? accès direct, avec ou sans quota par discipline,
ou un original à fournir en avance au secrétariat ou à l’intendance ?
Impression en nombre à partir d’un fichier numérique ?

-

 - Pour l’image fixe, le projecteur diapo
(photos de vacances ? avec petit film à faire défiler , existe aussi pour diapo par diapo),

sodisfom




retro

 le rétroprojecteur (après l'épiscope ou l’épidiascope pour projeter 1 page de livre)

 

- Pour l’image animée et la vidéo

 

projecteur16mm

- Projecteur 16 mmhttp://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/

1 exemple beaucoup exploité en classe :
le film Nuit et Brouillard réalisé sur commande par Alain Resnais
http://clioweb.canalblog.com/tag/resnais

 

salle-classe

salle de classe avec TV et magnétoscope + ordi

Magnétoscope VHS
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:VHS_recorders

Vidéodisque (un des éléments du cimetière des technologies)
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:LaserDisc.jpg

 

tni-desmares

Tableau blanc interactif - blog Marie Desmares, le webpedagogique

 

Les supports numériques
quelle adaptation aux programmes ? quelles sources ? quels droits d'usage ?
Qui les produit ? Les enseignants ? Les éditeurs ?
DVD ou accès en ligne (vidéo mpeg2 ou mp4 ? drive ? )
Travail en classe ou à distance ?
Quelle place donner aux powerpoints ?

Pour l'histoire de l'art, les dossiers pédagogiques et parfois les dossiers de presse
Les Nadar, dossier de presse :
http://www.bnf.fr/documents/dp_nadar.pdf

 

casque-rv

A suivre, le casque de réalité virtuelle (ici chantier en STI)
http://eduscol.education.fr/sti/sites/eduscol.education.fr.sti/files/ressources/pedagogiques/8605/8605-tutoriel-immersion-chantier.pdf

 

 

france-2000-vue1900

La France en l’an 2000
Environ 87 dessins pour l’exposition universelle de 1900
(parmi les dessinateurs Jean-Marc Côté)
une version existe aussi pour L’Allemagne et pour Moscou
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:France_in_XXI_Century_%28fiction%29

 

choix de sites web
( A compléter - une recherche est à faire sur les ESPE, ex-IUFM
et sur le Musée national de l'Education, à Rouen)


Les TICE et l’enseignement de l’histoire

Entretien avec Daniel Letouzey,
paru dans Le cartable de Clio - n° 3 - 2003
http://clioweb.free.fr/peda/cartable.htm

sites web – ESPE ?

Outils numériques en HG
http://histoire-geo.ac-amiens.fr/560-tutoriels-d-outils-numeriques-en-histoire-geographie-emc.html

Le livre scolaire, manuels collège et lycée
http://www.lelivrescolaire.fr/

André Tricot, L’innovation pédagogique, mythes et réalités
http://clioweb.canalblog.com/tag/tricot

ressources pour enseigner - Caen
http://histoire-geographie.discip.ac-caen.fr/IMG/pdf/ressources_pedagogiques_pour_enseigner_2018-19.pdf

Numérique et Pédagogie, HG, académie de Caen
Numéro spécial EMC/EMI – 6
http://histoire-geographie.discip.ac-caen.fr/spip.php?rubrique125

Eduscol HG
http://eduscol.education.fr/pid34178/histoire-et-geographie.html

Edubase (HG, par niveau, par discline, par thèmes)
https://edubase.eduscol.education.fr/

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28 novembre 2018

Guerre d'Algérie, histoire et mémoires

 

Guerre d'Algérie : histoire commune, mémoires partagées ?
(guerre pour l'indépendance de l'Algérie)
Journée d'études
Mercredi 28 novembre 2018 de 10h à 17h30

MNHI - Musée d’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293 avenue Daumesnil 75012 Paris


Matin :

- B Stora - Histoire et mémoires de la Guerre d’Algérie : quels enjeux aujourd’hui ?
- Présentation de l’exposition par Raphaëlle Branche, Jean Jacques Jordi et Abderahmen Moumen
- Hériter de la guerre, les jeunes français et les mémoires de la guerre d’Algérie, par Tramor Quemeneur et Paul Max Morin.

Après-midi

- Enseigner la guerre d’Algérie : enjeux et ressources disponibles, par Valérie Esclangon-Morin et Paul Max Morin
- Participer à la campagne d’archives orales : Abderahmen Moumen, Romain Choron et Rosa Olmos
- La transmission des mémoires par la création artistique

http://www.histoire-immigration.fr/agenda/2018-11/guerre-d-algerie-histoire-commune-memoires-partagees

 

Expo - Persona Grata
L’art contemporain interroge l’hospitalité
dossier de presse - MNHI + MACVAL
http://personagrata.museum/storage/wsm_home/XIKx4bcq209r4ulGlwtkVUZuYDrnnOnOkZjHFh38.pdf

1 - appels d’urgence
2 - Désenchantement
3 - La main (dé)tendue
4 - Shoud I stay or should I go ?
5 - désirs d’horizons

+ revue Hommes & Migrations
http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?id=3563

 

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7 octobre 2018

L'histoire sans parité ?



Pourquoi l'enseignement de l'Histoire reste dominé par les hommes ?

http://www.lesinrocks.com/2018/10/06/actualite/mettons-fin-la-domination-masculine-en-histoire-une-signataire-du-manifeste-sexplique-111131680/

Entretien avec Pascale Barthélémy - ENS Lyon – Les Inrocks 06.10.2018
http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/membre/68


« Nous ne faisons pas de hiérarchie entre les luttes, mais celle-ci nous paraît importante à mener aujourd'hui »


L’Appel, publié juste avant les RVH de Blois interroge le manque de parité dans l’écriture de l’histoire.
Elle évoque aussi la place des femmes dans les programmes du secondaire.

La Place des femmes dans l’histoire – Une histoire mixte
http://www.mnemosyne.asso.fr/uploads/Flyers/983103_dep_femmes_v1.pdf

L’ouvrage publié par Belin en 2012 voulait renouveler le discours sur l’histoire
et rendre les femmes davantage visibles.
« Les sociétés du passé étaient composées à la fois d’hommes et de femmes,
la moindre des choses est de parler des deux ».

 

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9 septembre 2018

Céline Loriou - L'histoire à la radio

 

À la radio, de l’histoire pour tous ?
par Céline Loriou · Mondes sociaux 03.09.2018
http://sms.hypotheses.org/12730

. Se divertir et s’évader
La Tribune de l’histoire : « la vie de grands personnages et les épisodes marquants de l’histoire,
essentiellement de l’histoire de France, y sont mis en scène dans des évocations dialoguées
rédigées par Alain Decaux, André Castelot et Jean-François Chiappe ».

Alain Decaux raconte

. Donner la parole aux universitaires
Les Lundis de l’histoire (1966-2014)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Lundis_de_l%27Histoire
(Pierre Sipriot - Denis Richet - Jacques Le Goff - Roger Chartier - Michelle Perrot - Philippe Levillain)

La Fabrique de l’histoire (Emmanuel Laurentin -
1 débat entre historiens le jeudi, 1 documentaire, le mardi puis le jeudi)

2000 ans d’histoire, La Marche du monde, La Marche de l’Histoire


. Faire dialoguer passé et présent
Concordances des temps

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- « Quand la radio fabrique de l’histoire », Séverine Liatard Tracés, n°12 2012
http://journals.openedition.org/traces/5530

La Fabrique de l’histoire, sujets abordés de 2004 à 2018
http://clioweb.canalblog.com/tag/fabriquesujets

 

- Ecoute en différé, podcast et mp3 :

L’évolution de l’accès à la radio est révélateur.
Très longtemps, les émissions n’étaient disponibles qu’en direct.
La programmation de l’enregistrement sur cassette était compliquée.

Le numérique permet l’écoute en différé
Et surtout l’archivage en mp3.

Pendant qq années, l’écoute n’a été possible que sur un temps limité, environ une année puis trois ans.
En ce moment, toutes les émissions de la Fabrique sont disponibles depuis janvier 2011

Pour l’accès aux documentaires vidéos, la situation est davantage variable.


- Quelle durée ? 93 secondes (d'Art d'Art) - 5 minutes, 25 ou 55 minutes ?

- Quels choix politiques ?
cf. Mazeau, La bataille du public. Les droites contre-révolutionnaires et la Révolution française dans la première moitié du XXe siècle
http://aggiornamento.hypotheses.org/1397


- Le débat concerne aussi la TV et la presse (quotidiens, magazines) :

Historiens de métier (Georges Duby, Pascal Ory) ou bonimenteurs ?
« Aux armes, historiens ! » Le Monde des livres du 10.10.2013 (RVH de Blois)

Au cœur de la télévision : l'histoire, Isabelle Veyrat-Masson Le Débat 177 2013/05
http://www.cairn.info/revue-le-debat-2013-5.htm

Les faiseurs d'histoire dans les médias, une minorité très visible
Sylvain Venayre Libération 05.10.2016
Face à l’histoire identitaire, Etienne Anheim, Le Monde des livres 28.09.2016


- Audio ou vidéo ?

Les deux formats servent lors des enregistrements
(RVH de Blois, Collège de France, Caen, la Forge numérique)

La radio filmée est de plus en plus utilisée (cf la chronique de ConstancePro)
Les questions de droit peuvent décourager les organisateurs.

A Blois, l'audio suffit pour beaucoup d'historiens qui ont peu le temps d'utiliser des supports visuels.
Que donnera La puissance des images pour les RVH de Blois 2018 ?
Combien de vidéoprojecteurs mobiliés ?
des connexions internet efficaces ?


- Difficile enseignement de l’histoire, Le Débat 175 2013/03
http://www.cairn.info/revue-le-debat-2013-3.htm

Aggiornamento HG
voir les tags: http://aggiornamento.hypotheses.org/table-des-matieres

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16 décembre 2017

Colbert : la réponse du CNMHE

 

Quand la guerre des mémoires éradique l'Histoire

Comité National pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage
Paris, le 16 novembre 2017
http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1956951041295730&id=1574261962897975
http://97land.com/cnmhe-quand-la-guerre-des-memoires-eradique-lhistoire/


« Nous sommes concernés par les prises de position récentes autour de la demande de débaptiser les lieux publics du nom de Colbert, à partir d'un argumentaire qui met l'accent sur le fait que le nom de Colbert est lié à deux piliers du système esclavagiste colonial de l'Ancien Régime, le Code noir pour la théorie, et les Compagnies de commerce pour la pratique. Cette demande est portée, notamment, dans une pétition dont les initiateurs principaux sont Louis-Georges Tin, du CRAN, et Louis-Sala Molins.

Nous ne sommes pas favorables à cette demande, sur le fond et sur la forme.


Des faits discutables.


Relevons quelques erreurs et incohérences dans l'argumentaire.
L'Edit sur la police des esclaves, ultérieurement vulgarisé sous le nom de Code Noir, qui porte le nom de Colbert, date de mars 1685. Or, Jean-Baptiste Colbert, celui qui est célébré au fronton des bâtiments publics, est mort en 1683, deux ans plus tôt. Le Colbert de l'Edit est son fils, Colbert de Seignelay.

En revanche, Jean-Baptiste Colbert est bien celui qui a restructuré la Compagnie des Indes, en regroupant toutes les compagnies antérieures en deux secteurs géographiques, Orient et Occident. Réformateur, et non fondateur, puisque toutes les compagnies pratiquant le commerce colonial, et notamment la traite des esclaves, existaient bien avant qu'il n'occupe le ministère du Commerce.

Enfin, il est surprenant de s'offusquer de la contradiction entre le nom de Colbert et la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité », puisqu'il existe un décalage de plus d'un siècle entre les deux. La Révolution française, en célébrant Vauban, Turenne, ou Jean Bart, grands serviteurs de la monarchie, n'a pas manifesté une telle passion éradicatrice.


Il faut être attentifs aux contextes croisés.

Il faut élargir le propos. Le problème réside dans la confrontation entre deux mises en contexte. Si la tâche primordiale de l'historien est la contextualisation, celle-ci présente une double dimension, savoir replacer un acteur dans son époque, et tenir compte de la demande actuelle de fractions de nos concitoyens qui s'estiment légitimement victimes d'une action entreprise dans un passé révolu. En l'occurrence, reconnaître chez Colbert à la fois la volonté de rationaliser un mode de production esclavagiste qui n'était guère contesté à son époque, et le souci du service public ; et admettre que les esclaves et leurs descendants sont les victimes d'un crime contre l'humanité, pour lequel l'Etat français porte une lourde part de responsabilité.


Oublier ou déformer le passé conduit à une impasse tragique.

La façon de régler un problème d'éducation et d'intégration est-il d'effacer les traces laissées par l'Histoire dans notre patrimoine commun ? Nous répondons par la négative. L'abbé Grégoire en son temps, franc républicain et ami des Noirs, avait fermement condamné le vandalisme qui consiste à détruire les traces symboliques du passé monarchique et féodal. Le même problème se pose aux Etats-Unis avec les statues des généraux sudistes, en Europe de l'Est avec les nombreuses empreintes du régime totalitaire.

Condamner le passé à l'oubli, outre le risque de le revivre, témoigne d'une conception héroïque de l'Histoire. Un personnage public n'est pas monolithique, prisonnier pour la postérité d'une seule action, enfermé dans une image univoque. Il est complexe et contradictoire, comme le réel. Sortons de cette vision manichéenne, qui oppose tout d'un bloc les héros et les salauds. Substituer des figures héroïques à d'autres qui auraient failli ne changera rien au problème, car nous savons bien que Toussaint-Louverture, ou Louis Delgrès, portaient aussi les contradictions de leur temps et de leur condition. Décapiter la statue de Joséphine relève de la magie, et non de la pédagogie.


Alors, que faire ?


Essayons de manier la plume, plutôt que de brandir les ciseaux ou le burin. Nous préconisons une pédagogie plurielle et collective. L'enseignement de l'Histoire est certes central dans la construction d'un récit critique commun ; mais il faut beaucoup de temps et de patience pour retisser une trame rompue, et pour combattre les mythologies et les approximations véhiculées par la désinformation en réseaux. Les collectivités publiques peuvent contribuer à répandre les informations historiques indispensables au moyen de panneaux explicatifs, ou de brochures, à l'abord des monuments publics, ou bien aider les musées et les archives à organiser des expositions, des conférences pour le grand public. »

Comité National pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage - 16.11.2017


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