01 février 2015

Nuit et Brouillard, ce soir sur HD1

 


La chaîne HD1 a diffusé le dimanche 1er février, à minuit, Nuit et Brouillard,
le chef d'oeuvre d'Alain Resnais en 30 minutes,
avec un texte de Jean Cayrol lu par Michel Bouquet, musique d'Hanns Eisler.

Le film est une commande du Réseau du souvenir et du Comité d'histoire de la 2GM,
après l'exposition de la rue d'Ulm « Résistance, Libération, Déportation » (nov 1954-jan 1955).
Il est financé en partie par les ministères de l'éducation et des anciens combattants.

voir également :
La déportation dans les camps nazis :
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm
http://clioweb.canalblog.com/tag/auschwitz

Le Cercle d'étude : http://www.cercleshoah.org/


Dans Télérama, François Ekchajzer répète l'attaque simpliste habituelle (« pas de juif » dans le commentaire)
de ceux qui oublient qu’un film ce sont aussi des images, par exemple celles du convoi de Westerbork
[Resnais n'avait pas accès aux images des militaires français].
FE laisse aussi planer une ambiguïté sur le képi (une exigence de la gendarmerie française) ...


Il mentionne « Nuit et Brouillard, Face aux fantômes » un docu de Jean-Louis Comolli et Sylvie Lindeperg
et « Nuit et brouillard, un film dans l'histoire », l’ouvrage de référence de l'historienne (2007).
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm
.
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

Y lire comment un film sans juif est exploité lors du procès Eichmann,
utilisé en classe en France (en 16 mm en noir & blanc, puis en VHS
et aujourd'hui en couleurs en DVD, avec pause possible pour l'analyse des images)
diffusé par la TV française en 1980 après l’attentat de la rue Copernic,
ou distribué en cassettes VHS après la profanation de Carpentras.
Ou encore déstructuré par une chaîne de TV américaine en 1959...


En mars dernier, j'avais regroupé quelques réponses aux détracteurs de ce film,
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/03/06/29373720.html

Une formule récurrente peut lasser :
« redécouvrir ce film hors du cadre scolaire
et de la pompe mémorielle permet d'en apprécier la valeur intrinsèque »

« Hors du cadre scolaire ? »
Pourquoi ce dénigrement systématique du travail mené dans les classes ?
Pour donner raison à ceux qui voudraient privatiser toute l’éducation ?
Pour vanter les industriels qui truquent les images d’archive, sous prétexte de rendre tout « ludique » et vendeur,
y compris les amoncellements de cadavres produits
par une dictature portée au pouvoir dans un pays considéré jusqu'alors comme civilisé ?

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29 janvier 2015

27.01.1945 : Les soviétiques à Auschwitz

 

aus-sov-1945

Libération du camp d'Auschwitz, photos soviétiques source Google images


« When the Red Army arrived at the camp on January 27 they found around 7,500 prisoners and about 600 corpses had been left behind. Due to the vast extent of the camp area, at least four different divisions took part in liberating the camp: 100th Rifle Division (established in Vologda, Russia), 322nd Rifle Division (Gorky, Russia), 286th Rifle Division (Leningrad), and 107th Motor Rifle Division (Tambov, Russia) ».
http://en.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_concentration_camp

In November 1944, Crematoria II, III, and IV were dismantled, while Crematorium I was transformed into an air raid shelter. Himmler ordered the evacuation of all camps. « On January 17, 58,000 Auschwitz detainees were evacuated under guard, largely on foot; thousands of them died in the subsequent death march west... Approximately 20,000 Auschwitz prisoners made it to Bergen-Belsen concentration camp in Germany, where they were liberated by the British in April 1945 ».

Par la suite, le camp sert à la fois d'hôpital et de prison.
Rudolf Höss est capturé en Allemagne, condamné et exécuté le 16 avril 1947

« The camp's liberation received little press attention at the time. Rees attributes this to three factors: the previous discovery of similar crimes at Majdanek concentration camp, competing news from the Allied summit at Yalta, and the Soviet Union's interest, for propaganda purposes, in minimizing attention to Jewish suffering ».
http://en.wikipedia.org/wiki/Auschwitz_concentration_camp


Alexander Vorontsov a filmé cette libération dans les jours qui ont suivi, sous la forme d'une reconstitution avec des déportés : l'accueil des "libérateurs", les déportés derrière les grillages, les femmes dans une baraque. Les photos sont souvent des copies d'écran de plans de ces films.
Des extraits sont utilisés par Alain Resnais dans Nuit et Brouillard.
http://www.tagtele.com/videos/voir/53810
http://www.tagtele.com/videos/voir/53819


Plusieurs extraits sont disponibles sur Internet Archive
https://archive.org/details/SovietPropagandaMovieAuschwitzLiberation
https://www.youtube.com/watch?v=_RIkcrdIX9E

Ils sont aussi exploités dans cette vidéo de 52 minutes
The Liberation of Auschwitz (includes 1945 original Red Army footage)
https://www.youtube.com/watch?v=0V0RMf2qU18


- Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946)

L'article de Catherine Monjanel pour Le Cercle d'étude :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article418

L'exposition du Mémorial de la shoah propose 76 extraits de films.
Le Figaro en présente trois et parle d’images ambiguës « très éloignées de la réalité: détenus bien portants en liesse, femmes des environs venant interpréter près de deux mois après le rôle des recluses dans les baraques, ou - moins loin du réel - détenus de Maidanek posant derrière les barbelés. Mise en scène et reconstitutions des semaines après la libération des camps sont de mises. Plusieurs raisons peuvent être avancées: le manque de pellicule et d'éclairage pour filmer à Auschwitz contraint de différer les prises de vues et amène à faire rejouer certaines scènes. Mais l'intention est également de donner une vision valorisante de l'Armée rouge grâce à laquelle des vies ont été sauvées ».
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2015/01/27/

1945 : Le Figaro découvre les camps nazis
http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/01/27/


- Marie-Anne Matard Bonucci, Usages de la photographie par les médias dans la construction de la mémoire de la Shoah, Le Temps des médias 2005/2 « dans la presse ou les brochures et livres témoins publiés dans l’après-guerre, les photographies de camps de la mort furent probablement à l’origine d’une prise de conscience « émotionnelle » sur ce qu’avait pu être l’univers concentrationnaire. Elles contribuèrent davantage à sensibiliser et à dénoncer qu’à instruire véritablement le dossier de la déportation et de la Shoah ».
http://www.cairn.info/revue-le-temps-des-medias-2005-2-page-9.htm


- L'Armée rouge a envoyé sur le front 250 photographes et cameramen sur le front de l'Est - une centaine y a perdu la vie.
Le blog Arrignon cite plusieurs vidéos et parle du rôle de Voronzov
http://blogs.mediapart.fr/blog/segesta3756/280115/70e-anniversaire-de-la-liberation-des-camps-d-auschwitz-birkenau-par-l-armee-rouge-les-27-et-28-jan

Vorontsov

http://www.combatcamera.be/war-photographers-and-cameramen/alexander-vorontsov/


children-wire

2005 : Tomy Shacham, Erika Winter, Marta Wise, Eva Slonim, Shmuel Schelach, Gabriel Neumann, Bracha Katz
Finding the Children Behind the Barbed Wire
https://sfi.usc.edu/news/2015/01/8451-finding-children-behind-barbed-wire


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06 mars 2014

Nuit et Brouillard face à ses détracteurs

 

westerbork

Westerbork, 19 mai 1944 in Nuit et Brouillard.
devant des images, on ne voit que ce que l'on veut voir.


Nuit et Brouillard , film de toutes les polémiques
, Franck Nouchi, Le Monde 03.03.2014 
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/03/03/nuit-et-brouillard-film-de-toutes-les-polemiques_4376546_3246.html

« Film de toutes les polémiques » ?
La formule est surprenante.
Le film a été censuré en 1956 à la demande du ministère qui dirigeait la gendarmerie, et privé de Cannes sur la demande de la RFA.
Il ne s'agit donc pas de polémiqueS, mais de censure.

Par la suite, le chef d'oeuvre d'Alain Resnais a été violemment critiqué par Lanzmann et ses proches (au nom de la spécificité de la destruction des juifs d’Europe, de la place des images). Là on peut parler de polémique au singulier.

La meilleure réponse aux détracteurs, c’est de prendre le temps de voir le film, un chef d’œuvre et une référence durable. La force des images, la qualité du commentaire permettent de contrer ces polémiques où la mauvaise foi n'est jamais loin. Il faut aussi lire l’excellent ouvrage de Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, O Jacob 2007, et voir le documentaire « Nuit et Brouillard. Face aux fantômes» que l’historienne a réalisé avec Jean-Louis Comolli.

Pour avoir longuement exploité ce film en lycée, en classe d'histoire, dans un programme qui prévoyait environ 10 heures pour l’étude de l'ensemble de la 2 GM, et pas 3 ou 4 comme aujourd’hui, il est possible d'opposer un certain nombre d'arguments à ces critiques répétées, mais simplistes et paresseuses.
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm
Histoire et Mémoires, JP Husson, Reims : http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/enseigner/memoire_histoire/menu.htm


« Nuit et Brouillard est un film sur l'univers concentrationnaire, en ce sens qu'il ne différencie pas explicitement les camps de concentration des camps d'extermination ».

S'il s'agit de replacer le documentaire d'Alain Resnais dans l'histoire de la déportation et dans l'évolution de l'historiographie, alors aucun problème.
En 1955, la commande met l'accent sur la déportation de répression, celle qui est incarnée par le sinistre décret Nacht und Nebel du 07.11.1941 (signé par le maréchal Keitel)  qui spécifie : « Les prisonniers disparaîtront sans laisser de trace ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_brouillard - http://www.defense.gouv.fr/content/download/100779/978495/file/MC36.pdf
Faut-il s'étonner d'une telle lecture dix ans après la fin de la 2GM ?
Pourquoi faudrait-il exiger d'un cinéaste de 1955 de faire le travail que les historiens ne feront que plus tard ?


Lors de la sortie de Shoah, un double procès a été mené contre Nuit et Brouillard :
- Etudier l’histoire du nazisme, chercher à le mettre en contexte, c’était courir le risque de "comprendre" et de devenir complice des crimes nazis.
- Les images avaient été produites par les hitlériens. Les utiliser, c’était aussi risquer de jouer les complices. Sylvie Lindeperg décrit le clash entre Godard qui se faisait fort de découvrir des images nazies de la mort de masse si elles existent, et Lanzmann qui affirmait au Monde qu'il détruirait ces images s'il en avait entre les mains.
Dans ces deux cas, c’est faire peu de cas du métier des historiens et de l’intelligence de ceux qui les lisent.
De plus, prétendre interdire l'usage des images aux historiens, voilà une démarche bien surprenante dans le monde actuel.

Pour le 70eme, l’histoire de la déportation est le monopole des témoins (ou plutôt des acteurs ?) qui ont échappé à la mort. Le documentaire a été réalisé juste avant « l’ère du témoin » (A. Wieviorka).
La mode de la colorisation et de la sonorisation des archives (Apocalypse) ne sévissait pas encore. L'utilisation du noir et blanc ou de la couleur aident le spectateur à distinguer l'origine des images.

« Et si l'on y voit les chambres à gaz d'Auschwitz, la spécificité du génocide juif n'apparaît pas (le mot juif n'est cité qu'une seule fois) »

- Pas de juif ?

L’argument répété à l’infini consiste à dénigrer le texte de Jean Cayrol.
Oui, le poète et résistant, déporté à Mauthausen ne fait qu'une allusion à un déporté juif.
Mais cette attaque est malhonnête. Jean Cayrol souligne le tournant nazi, et une pré-version abordait la question du génocide.
cf. Christian Delage, Nuit et Brouillard : un tournant dans la mémoire de la Shoah, Politix 61, 2003.

Et surtout, le texte de Jean Cayrol ne peut pas être réduit à cette critique simpliste.
Il comporte aussi une mise en alerte qui a été trop peu entendue en 1956 :
« Qui de nous veille de cet étrange observatoire
pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? 

Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? »


- Pas de juif ?

Vers la 5e mn, Nuit et Brouillard exploite les images nazies d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944 : tous les déportés portent une étoile, et le train part vers Birkenau et vers Bergen-Belsen
cf Chronique internet 403 : D'après Sylvie Lindeperg, bloqué dans ses recherches d'images par les militaires français (SCA) et anglais, Resnais se tourne vers l'institut néerlandais de documentation de guerre (Amsterdam). Il y découvre les plans tournés par les Britanniques lors de la libération de Bergen-Belsen, et les images d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg403.pdf

Les images retenues ou tournées par Alain Resnais sont explicites, à condition d'accepter de les regarder :
http://clioweb.canalblog.com/tag/westerbork
Visiblement, chez ceux qui veulent démolir la réputation du film, on ne voit que ce que l'on veut voir.


- Pas de juif ?

De larges extraits de Nuit et Brouillard ont été projetés lors du procès Eichmann à Jérusalem.
cf Chronique internet 405 : Lors de l'audience du 8 juin 1961, l'oeuvre d'Alain Resnais a été abondamment utilisée : une trentaine d'extraits, parfois très découpés, ont été retenus pour une durée cumulée d'une quinzaine de minutes.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg405.pdf


- Pas de juif ?

Le documentaire a été abondamment utilisé en lycée, où il a servi de référence sur l'univers concentrationnaire des nazis.
Il a aussi mobilisé au service du combat contre l'antisémitisme. Il a été projeté à la TV aussi bien après l'attentat de la rue Copernic (projection de Nuit et Brouillard par la TV en 1980) qu'après la profanation du cimetière juif de Carpentras (une version VHS de Nuit et Brouillard est distribuée dans les lycées en 1990). Et il a été sans doute vu bien davantage que les 9 heures du film de Lanzmann.


Le simplisme n'est donc pas absent de cette polémique intéressée.

- The Destruction of the European Jews, l'ouvrage de Raul Hilberg est publié aux USA en 1961.
Mais en France, la traduction ne paraît qu'en 1985 !
Lanzmann veut parfois faire la leçon aux historiens. Ils n'ont donc pas attendu un génial réalisateur pour faire leur travail.

- Primo Levi, l'auteur du célèbre Si c'est un homme, illustre un autre aspect de la complexité de cette histoire.
Le chimiste est arrêté comme résistant en décembre 1943. Il espère échapper à une exécution sommaire en déclarant « sa condition de citoyen italien de race juive ». Il est transféré dans le camp d'internement de Fossoli, près de Modène, où il demeure deux mois, puis il est déporté en février 1944 à Auschwitz. Des 650 déportés de son convoi, seule une vingtaine retrouveront la liberté.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi - http://it.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi

- On meurt aussi dans les camps de concentration :
Lire ou relire Robert Antelme dans L'espèce humaine.
« Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir. C'est l'objectif que les SS ont choisi pour nous. Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable ».


- Cette réalité des formes multiples prises par la déportation a quasiment disparu des programmes. Depuis la déstructuration de l'histoire scolaire par le ministre Chatel, la 2 GM n'est plus étudiée que comme une guerre d'anéantissement. Pas de place pour l'expérience combattante, la Résistance est étudiée comme un aspect de l'histoire intérieure de la France, pas comme un combat contre l'occupant nazi, La guerre dans le Pacifique ou la guerre (mondiale) à l'Est ont peu de place dans les manuels de 2011.


- Sylvie Lindeperg a laissé à d'autres l'étude des usages du film en classe, en lycée pendant deux générations.
Le film a d'abord été projeté en 16 mn, en noir et blanc. La version VHS était une amélioration, malgré la taille modeste des écrans. La disponibilité du film en dvd et en couleurs permet de faire un réel travail d'analyse des images (quand le survol speedé des programmes laisse un peu de temps).

Il devient possible d'étudier la composition du film, de distinguer entre les images d'archives (Westerbork, Bergen-Belsen) et les images tournées à Birkenau en 1955. Il est possible de s'intéresser à l'histoire du képi et à la censure exigée par la gendarmerie française.
Il y aurait aussi à dire sur la vision des images de l'horreur et au danger de la sidération devant les amoncellements de cadavres produits par l'hitlérisme et sa machine de mort. 

Le film a des défauts réels (cf. l'erreur sur les chiffres - 9 M de morts -, etc.) mais l'appel à la vigilance formulé en 1956 par Jean Cayrol mérite toute notre considération : en Algérie, la guerre d'indépendance dure alors depuis deux ans, et la torture a fait sa réapparition, une décennie seulement après la défaite des hitlériens.

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02 mars 2014

Alain Resnais (1922-2014)

 

resnais-cannes 2012

de gauche à droite, Annie Duperey, Julie Salvador (second plan), Pierre Arditi, Sabine Azéma,
Gilles Jacob (second plan), Alain Resnais, Anne Consigny, Denis Podalydès, Lambert Wilson
Cannes 2012 - Les acteurs de 
Vous n'avez encore rien vu - source wikimedia commons

 

Alain Resnais, le plaisir des jeux - L'Express 02.03.2014
http://www.lexpress.fr/culture/cinema/alain-resnais-le-plaisir-des-jeux_1495594.html

Le cinéaste vient de décéder à l'âge de 91 ans.
Il laisse derrière lui une oeuvre protéiforme et terriblement stimulante. D'Hiroshima mon amour en passant par On connaît la chanson, Smoking, No Smoking ou le récent Aimer, boire et chanter.

Alain Resnais, l'article de Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Resnais


westerbork


Nuit et Brouillard
, l'excellent documentaire a été beaucoup exploité en classe, en 16 mm, en VHS, en vidéo...
Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'Histoire
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm
Elle a rédigé un chapitre sur Westerbork, le camp nazi au nord des Pays-Bas,  dans La voie des images
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/05/22/27215729.html
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg425.pdf


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25 mai 2013

Le gendarme de Beaune-la-Rolande ?

 

 

 kepi12

Quarante et un ans pour dévoiler le képi caché - LDH Toulon
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1533
Alain Resnais, Nuit et Brouillard.
Entre 1956 et 1997, le képi du gendarme a été censuré et masqué à la gouache

gendarme-nb

Alain Resnais, Nuit et Brouillard
Le cliché présenté depuis 1997

gendarme-pl

Cadrage plus large dans la version Illusions perdues (1941-1942) de JM Plouchard

 

gendarme-pl2

Un autre gendarme en arrière-plan de cette photo du documentaire de JM Plouchard


- La censure de 1955-1956 :
Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard un film dans l'histoire (chapitre 9, Bas de fer avec la censure), O Jacob, 2007
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm

Jacques Mandelbaum - Nuit et Brouillard, le scandale - Le Monde : 22.08.2006
En décembre 1955, à la suite d'une demande du ministère de la Défense, la censure exige la suppression de la silhouette du gendarme. Resnais qui n’avait pas repéré initialement ce gendarme accepte de masquer le képi par un bandeau noir. Pendant 41 ans, cette censure devient une icône illustrant la collaboration de l’Etat français à la destruction des juifs.
En avril 1956, Maurice Lemaire refuse la présence du film à Cannes (pression de la RFA ?). Le film sera néanmoins projeté hors compétition le 29 avril, lors de la Journée du souvenir de la déportation.
http://resistancememoires.over-blog.com/article-3594795.html


- Pithiviers ou Beaune-la-Rolande ?
d'après Sylvie Lindeperg, le cliché fourni par le CDJC à Alain Resnais indique au dos que le camp est celui de Pithiviers [Agence Fulgur 46 rue Laffitte autorisé par censure 7 mai 1941]. Il a pu être publié dans la presse de la collaboration. En 2007, dans une note, page 144, SL écrivait « aucune investigation poussée n’a été entreprise sur cette photographie ».

En 2010, pour le Cercil, Catherine Thion a mené ce travail d'expertise. La mention de Pithiviers a été mise en doute. « Le travail de comparaison et l'identification des bâtiments présents à l'arrière-plan permettent de conclure que la photo dite du gendarme représentait en fait la partie sud-ouest du camp de Beaune-la-Rolande, et non le camp de Pithiviers ».
Rapport d'activités 2010 du CERCIL (source NM) : http://www.cercil.fr/cercil/adherents/files/page19_1.pdf

Cette expertise risque de rester longtemps lettre morte :
toutes les pages web consultées mentionnent le gendarme de Pithiviers et continueront longtemps de le faire ...

 

pithiviers-co       beaune-lr

Le camp de Pithiviers - source wikimedia commons                        Le camp de Beaune-la-Rolande - source JM Plouchard


- Le rôle de la gendarmerie, d'après l'historien Benoît Verny
(in
JM Plouchard, 1941-1942 : Illusions perdues (vers la 36e minute)

« La gendarmerie locale, tout comme la parisienne, est constamment associée au camp. La crainte des autorités (les ministères ou le préfet du Loiret), c'est que les gendarmes finissent par sympathiser avec les internés. Ils savent que les hébergés ne sont pas des délinquants, qu'on n'a rien à leur reprocher.
On demande aux gendarmes de faire des choses qui leur répugnent. Ils voudraient se dégager de ce qui se passe à l'intérieur du camp. Mais quand les choses deviennent difficiles, par exemple quand il y a des tentatives d'évasion, les gendarmes remplissent leur rôle : ils tirent sur les évadés, ils les pourchassent, ils les arrêtent, ils les livrent à la justice. Et lors de la rafle du Vel d'hiv, ce sont eux qui vont faire le pire.
Les gendarmes peuvent avoir des réticences ou des états d'âme, mais ils appliquent les consignes. La gendarmerie (et la police), ce sera une force de persécution très efficace ».


strompf


En bas à gauche, le gendarme au clairon

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22 mai 2013

Le camp de Westerbork



En 1941, les Nazis font du camp de Westerbork, au nord-est des Pays-Bas, un centre d'internement des juifs. Entre le 15 juillet 1942 et le 13 septembre 1944, près de 100 convois ont déporté 100 000 personnes.
http://www.kampwesterbork.nl/
Encyclopedie de l'USHMM


Un extrait d'un film tourné pour les Nazis est disponible sur le site du Musée (dans la version Nuit et Brouillard ?).
http://www.youtube.com/user/Herinneringscentrum

Resnais l'a utilisé au début de Nuit et Brouillard, un chef d'oeuvre auquel certains reprochent le silence sur la destruction des juifs.

D'après Sylvie Lindeperg, bloqué dans ses recherches d'images par les militaires français (SCA) et anglais, Resnais se tourne vers l'institut néerlandais de documentation de guerre (Amsterdam). Il y découvre les plans tournés par les Britanniques lors de la libération de Bergen-Belsen, et les images d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944.
« Afin de démontrer l’utilité du camp, au printemps 1944, Gemmeker demanda à trois détenus de produire un film sur la vie à Westerbork. Le scénario avait été conçu par Heinz Todtmann, un Juif baptisé de l’Ordnungdienst, et plus proche soutien de Gemmeker. Après que ce dernier eut donné son aval au scénario, deux autres détenus, le photographe Rudolf Breslauer et son assistant Kart Jordan, filmèrent les activités du camp entre mars et mai 1944 ». Ido de Haan - Revue d’histoire de la Shoah

Resnais pratiqua une découpe et un insert dans les séquences de Westerbork en y intégrant deux plans, d’origine polonaise, d’un vieil homme avançant lentement sur un quai, en compagnie de trois petits enfants. Par ce geste, le réalisateur inquiète la fausse tranquillité des scènes de Westerbork au sein desquelles il introduit un élément étranger, trouvé au Studio des films documentaires de Varsovie ».
Sylvie Lindeperg Nuit et Brouillard, un film dans l’histoire, Odile Jacob 2007
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg403.pdf


(44e seconde de la vidéo) : Anna-Maria Settela Steinbach est née dans le Limbourg en 1934. La jeune tsigane est déportée de Westerbork lors du convoi du 19 mai. Elle est assassinée avec sa mère et ses 9 frères et soeurs dans la nuit du 2 au 3 août 1944.
http://www.sintiundroma.de/en/sinti-roma/the-national-socialist-genocide-of-the-sinti-and-roma/extermination.html
http://www.romasinti.eu/#/SettelaSteinbach

Anne Frank et sa famille furent internées au camp du 8 aout au 2 septembre 1944. Ils arrivent à Auschwitz dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944. Elle sera transférée par la suite à Bergen-Belsen où elle meurt en février ou en mars 1945.
http://www.annefrank.org/en/Subsites/Timeline/
http://www.annefrank.org/fr/Anne-Frank/Decouverts-et-arretes/Deportes-aux-camps-/Au-camp-de-Westerbork/


Le camp de Westerbork d'après Wikipedia
http://nl.wikipedia.org/wiki/Kamp_Westerbork
http://en.wikipedia.org/wiki/Westerbork
http://fr.wikipedia.org/wiki/Westerbork_(camp_de_regroupement_et_de_transit)

Plan et maquette du camp
http://www.fold3.com/page/286060429_westerbork_concentration_camp/
Kamp Westerbork, Ward Dossche
http://users.skynet.be/sky35373/westerbe.htm
Le camp d'après google images

Un musée (memorial ?) a été inauguré en 1983.
Digital Monument to the Jewish Community in the Netherlands
http://www.joodsmonument.nl/



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28 février 2013

Lindeperg, La voie des images

 

sl-voie



- Les Lundis de l'histoire 25.02.2013
http://www.franceculture.fr/emission-les-lundis-de-l-histoire
40 minutes sur Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, Perrin 2013

20 minutes sur Sylvie Lindeperg, La voie des images Verdier 2013
Le Vercors (Au cœur de l'orage, de Jean-Paul Le Chanois, 1948
Paris insurgé
Terezín en Tchéco (Rudolf Breslauer)
Westerbork (dont la photo d'Anna Maria Settela Steinbach, une petite fille tzigane assassinée à Auschwitz)

http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-lavoiedesimages.html
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10193-25.02.2013-ITEMA_20453418-0.mp3


- Comment le cinéma dialogue-t-il avec l'histoire ?
La grande table, 20.02.2013
avec Jean-Louis Comolli,
Gérard Mordillat,
Christophe Prochasson
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-1ere-partie
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11476-20.02.2013-ITEMA_20451894-0.mp3


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