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critique
12 juillet 2016

Obs : L'histoire selon P. Boucheron



Patrick Boucheron : “Non, l'histoire ne sert pas à fabriquer le 'vivre-ensemble'” L’Obs, 07.07.2016
http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160707.OBS4181/patrick-boucheron-non-l-histoire-ne-sert-pas-a-fabriquer-le-vivre-ensemble.html
http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/


extraits :
« J'ai la conviction que l'histoire est une ressource pour vivre et agir dans notre temps,
pour y réinventer des formes de liberté, y compris dans l'épreuve ».

« L'histoire est une discipline scientifique qui, comme toutes les sciences humaines, repose sur la méthode critique. L'histoire n'acclame pas, elle ne conforte ni les célébrités, ni les identités, ni les continuités, mais au contraire les désacralise. Sa démarche finit toujours par déjouer les croyances. C'est ainsi et c'est sa grandeur ».

« des livres comme «Métronome» [best-seller sur l'histoire de Paris écrit par l'acteur Lorànt Deutsch, NDLR] rencontrent un très large public qu'il ne s'agit surtout pas de mépriser. Mais ce qui s'y dit ne relève pas de l'histoire en tant que savoir. Juste d'une sorte de littérature de bien-être qui rassure, apaise, soulage »

« L'une des impasses sociales de l'histoire a été de considérer que l'approche critique était forcément destructive et décevante. Contre les récits mensongers, il faut armer des contre-récits également entraînants. Car rien n'oblige à considérer que l'histoire populaire doit être inévitablement réactionnaire ».

« Le complotisme des adolescents est un hommage maladroit à la formation qu'ils reçoivent. Il faut partir de ce désir énergique des élèves de ne pas se laisser enfumer pour leur apprendre à pratiquer le doute comme l'on s'exerce à une gymnastique »

« en France, entre la IIIe République et aujourd'hui, [certains] postulent une continuité qui empêche justement une approche critique citoyenne, la seule susceptible de créer d'authentiques valeurs ».


Un été avec Machiavel, P. Boucheron sur France-Inter (épisodes de 4 mn 20)
http://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-machiavel

 

rappels :
Ce que peut l'histoire, site Openedition
http://books.openedition.org/cdf/4507
notes perso :
http://clioweb.free.fr/debats/notes-boucheron.pdf

Patrick Boucheron :
http://clioweb.canalblog.com/tag/boucheron

 

 

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26 mars 2016

Analyse critique des medias

 

Des sites mentionnés dans le dernier Manière de Voir
Faire sauter le verrou médiatique
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/146/

 

Acrimed - http://www.acrimed.org

FAIR critique des médias US http://www.fair.org + revue Extra! et radio CounterSpin

Nada, Balbastre, info alternative et progressiste : http://www.nada-info.fr

Columbia Journalism rreview : http://cjr.org/resources

INA Stat veille statistique, http://www.inatheque.fr

New Media et Society : http://www.newmediaandsociety.com

Alter Net portail de L’IMI http://www.alternet.org

MedienObservationen http://www.medienobservationen.uni-muenchen.de

Primitivi collectif de vidéastes contre l’uniformité http://www.primitivi.org

Media Channel http://www.mediachannel.org

Rezo.net http://www.rezo.net

 

Faire sauter le verrou médiatique,  MAV 146, avril-mai 2016

I. Désintégration numérique

Produire une information de masse à un prix dérisoire mais capable de générer des revenus publicitaires colossaux

II. Un obstacle politique

En Amérique latine comme en Europe, gouvernements progressistes et mouvements sociaux doivent affronter un obstacle supplémentaire : l'hostilité des médias. Contrôlée par des grandes fortunes, dirigée par des partisans de l'ordre, l'industrie de l'information cadre les débats publics et escamote une partie de la réalité. Son pouvoir est d'autant plus difficile à combattre qu'elle se proclame contre-pouvoir.

III. Vers une information libre

Producteurs et usagers de l'information devront trancher : accepter l'existant, et se solidariser avec les maîtres de la marchandise ; ou se battre pour des médias indépendants de qualité. Dans ce dernier cas, ils bénéficieront de l'expérience accumulée depuis un siècle par une critique patiente et méthodique. Les projets sortis de cette forge existent. Et attendent la mobilisation qui les portera au premier rang des priorités politiques.


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16 mars 2016

Libération et les complotistes

 

Le grand complot : qui est-il, quel est son réseau ?
http://www.liberation.fr/france/2016/03/11/le-grand-complot-qui-est-il-quel-est-son-reseau_1439150
« Alimenté par la défiance envers les institutions, répandu via Internet, le conspirationnisme se renforce, en particulier chez les moins diplômés ».


Aussi, dans les 5 pages consacrées aux délires complotistes par Libération du 12-13.03.2016

Rudy Reichstadt : « Une vision du monde de plus en plus paranoïaque »
Ronan Cherel : « Sortir gagnant d'une joute avec un élève, c'est en réalité perdre »

Stéphane François : « Ce complotisme se pare du voile de l’hypercriticisme »
« Le politologue travaille spécifiquement sur la question des sous-cultures, en lien avec les nouvelles radicalités ».  Il est notamment l’auteur du livre «Des mondes à la dérive : réflexions sur les liens entre l’ésotérisme et l’extrême droite» (La Hutte, 2012 ).
http://www.liberation.fr/france/2016/03/11/stephane-francois-ce-complotisme-se-pare-du-voile-de-l-hypercriticisme_1439022

Pour les jeunes, le diable se cache dans les médias
« Sectes, attentats, Illuminati… les théories du complot attirent les ados, qui font plus facilement confiance au Web qu’aux journalistes ».
http://www.liberation.fr/france/2016/03/11/pour-les-jeunes-le-diable-se-cache-dans-les-medias_1439153

Le sida comme arme anticastriste, vraiment ?
« Le journaliste Thomas Huchon a diffusé sur Internet une fausse vidéo sur la création du virus afin d’étudier les ressorts du conspirationnisme ».
http://www.liberation.fr/france/2016/03/11/le-sida-comme-arme-anticastriste-vraiment_1439126


La réalité des délires croissants ne peut manquer d'inquiéter.
Pour l'affronter, ne faudrait-il pas prendre à bras le corps le contexte actuel et les enjeux de fond ?

Le dossier aurait pu s'intéresser à la fois à ces délires et aux discours de ceux qui les combattent ? 
(Qui parle ? Pourquoi autant de délires venant de l'extrême droite lors des affrontements à propos du « mariage pour tous » ?)

Il ne s'interroge guère sur le travail des journalistes (qui sont toujours supposés vérifier toutes leurs sources) - voir le site Acrimed.
Pourquoi sous-titrer le compte rendu d'un Manuel d'autodéfense intellectuelle (Sophie Mazet) : « Certains intellectuels européens semblent moins armés que les Anglo-Saxons face à un discours scientifique de plus en plus dominant ». Le discours scientifique serait-il plus un danger pour l'humanité que les visions cléricales du monde ?

Le dossier fait le silence sur les dégâts des communicants et de certains discours de l'Etat ou des patrons
Lire Eléments de langage et plans de sauvegarde (de la langue de bois) - L'imprévu 21.08.2015
http://limprevu.fr/fil-rouge/le-village-est-sous-le-choc/plans-de-sauvegarde-de-la-langue-de-bois/

Il aurait pu être davantage explicite surle choc des idéologies et
sur le poids croissant de l'extrême-droite à la tête de nombreux pays
cf. la censure en Israël, en Pologne ou en Hongrie
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/03/16/33520620.html

Ne s'agirait-il pas d'une pub pour une campagne gouvernementale et pour les ouvrages de Bronner ?
http://www.gouvernement.fr/on-te-manipule

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27 octobre 2015

Histoire critique, 4e Rencontres

 

hist-crit

 

4èmes Rencontres d'Histoire Critique (Gennevilliers, 26 au 28.11.2015)
http://chrhc.revues.org/4475


La nation, la mondialisation : deux grandes questions historiques au coeur des débats actuels

L’Etat-nation, confronté aux nouvelles formes d'organisation supranationales, économiques et politiques, notamment en Europe appartient-il au passé ? Qu'apportent les cadres nationaux aux idéaux d'égalité et de liberté qui les ont vu naître ?

La mondialisation contemporaine – au-delà de la guerre associée au libéralisme économique – ouvre-t-elle des horizons émancipateurs  ?


JEUDI 26 NOVEMBRE


Cinéma Jean Vigo

Cité-Jardin – 1, rue Pierre-et-Marie-Curie à Gennevilliers

19h30 - Howard Zinn, une histoire populaire américaine
film d'Olivier AZAM et Daniel MERMET (2015)
Présentation et débat avec Ambre IVOL, spécialiste des gauches aux États-Unis


VENDREDI 27 NOVEMBRE
Espace Grésillons
28 rue Paul-Vaillant-Couturier à Gennevilliers

15h30-18h : La parole aux associations d'histoire
Avec l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt, les Amis du Maitron, les Amis des Combattants en Espagne Républicaine, le Musée de la Résistance nationale, le Musée de l'Histoire vivante, la Société d'Histoire de Gennevilliers

19h30: Ouverture des Rencontres par Patrice LECLERC, Maire de Gennevilliers

Présentation par Marie-Claude L'HUILLIER (UP 92)
et Anne JOLLET (Cahiers d'Histoire. Revue d'histoire critique)

20 h : Moment convivial autour d'un verre

20h30: La crise des sociétés arabes,
Conférence-débat avec Georges CORM
spécialiste du Proche-Orient, professeur à l'Université de Beyrouth,
ancien ministre, auteur de nombreux ouvrages


SAMEDI 28 NOVEMBRE

ATELIERS-DÉBATS, LIBRAIRIE, STANDS D'ÉDITEURS, D'ASSOCIATIONS

Espace Grésillons
28 rue Paul-Vaillant-Couturier à Gennevilliers

10 h: Accueil

10h15–12h15:

1. L'État-Nation : une histoire récente
 Constructions nationales du XVIIIe au XXe siècle: France, Tunisie, Asie Centrale
Marc BELISSA, Ahmed CHABCHOUB, Mathilde LARRÈRE, Julien THOREZ

2. Mondialisation(s): une idée neuve ?
Domination et circulations du Moyen-Age à nos jours
Vincent DEMONT, Louis WEBER, Emmanuelle TIXIER DU MESNIL, Samuel F. SANCHEZ

3. Du cosmopolitisme au transnational
Penser et diriger à l'échelle du monde
Antoine CASANOVA, François CHAUBET, Gilles LABARTHE, Sylvie PITTIA


14 h –16 h :

4. Les nationalismes: émancipation et/ou domination ?
Des mouvements de libération nationale aux interprétations racistes et xénophobes
Nelcya DELANOE, Daho DJERBAL, Laure LÉVÊQUE, Alain RUSCIO

5. Internationalismes et nations/ Des relations conflictuelles ?
Imaginer et construire le politique au-delà de la nation
Gilles CANDAR, Chloé MAUREL, Anne STEINER, Serge WOLIKOW

6. Migrations, enracinement et mondialisation
De l'appartenance régionale aux exils
Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Hakima LAALA, Danièle PINGUET, Philippe RYGIEL

16 h 30 . Des nations dans la mondialisation: quel avenir ?
Débat avec Stathis KOUVELAKIS (Grèce), Janette HABEL (Cuba) et Roger MARTELLI (historien, directeur de Regards)

à 11h et à 16h - Spectacle pour enfants: La brouille à la Médiathèque Robert Doisneau (inscription souhaitée)

4hist-crit



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16 octobre 2015

L'esprit critique, une Arlésienne ?

 

- « Qui suis-je donc pour critiquer»?
Quelques pistes de réflexion sur l’«esprit critique» à l’École en général et dans l’enseignement de l’histoire en particulier,
Laurence De Cock, A l'école de Clio, 2, oct 2015
http://ecoleclio.hypotheses.org/350#more-350

Les prescriptions montrent, ces dernières années, une inflation des finalités dites « critiques » des savoirs scolaires.

L’auteur se propose de « montrer la contradiction entre les intentions critiques et les « doxa(s) tyranniques » (Heimberg, 2012) qui continuent de la guider (finalités identitaires, mémorisation et restitution mécaniques)... l’itinéraire scolaire d’un élève du primaire au Baccalauréat ne se fonde pas spécifiquement sur – et peut même empêcher – l’acquisition d’un « regard critique ».
Comment risquer de penser par soi-même dans « un cadre scolaire fondé sur le consentement, l’adhésion voire la soumission » ?

« Nous postulerons en seconde hypothèse que cette injonction paradoxale pénalise en particulier les élèves scolarisés dans les quartiers relégués »


- Penser et repenser l'esprit critique
En 2013, Eric Bruillard a écrit 3 pages très intéressantes sur la distance critique
à la suite du colloque Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information
bulletin 21 de l'IFE, pages 5-7, http://ife.ens-lyon.fr/ife/recherche/bulletins/bulletin-nb021

Pour lui, il est essentiel d'enseigner l'esprit critique, « une Arlésienne »
qu'il définit par trois éléments :
une disposition (plus qu'une compétence),
une capacité d'action sur les machines
et une construction sociale.

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27 mai 2015

6 juin : Savoirs en action

 

Les États généraux des sciences sociales critiques ont eu lieu le 19 janvier 2015.
http://www.savoir-agir.org/Etats-generaux-des-sciences.html


Pour construire (enfin) un espace de débat et une force collective,
une Assemblée Générale constitutive se tiendra samedi 6 juin 2015, de 10h30 à 17h,
Bourse du Travail République, rue du Château d’Eau, à Paris.

Trois thèmes l’après-midi
- le savoir des grèves et des mouvement sociaux.
- les savoirs et leurs enjeux.
- quelles alternatives pour l’émancipation ?
http://savoirsenaction.unblog.fr/2015/05/25/informations-sur-lassemblee-du-6-juin/


L’Appel (extraits)
« L’ordre règne. Les inégalités se creusent de manière vertigineuse. Les rapports marchands colonisent des territoires pourtant longtemps préservés, de l’éducation à la santé, de la culture à l’environnement. De prétendus critères de rentabilité s’imposent désormais à tous les services publics. Tandis que les formatages publicitaires prolifèrent, la compétition et l’esprit d’entreprise sont des objets de culte à vénérer. Les solidarités sociales se détruisent sous l’effet d’une mise en concurrence généralisée... »
« ...la critique a pour vocation de ne pas accepter le monde tel qu’il va. »
« « Savoirs en action » se donne pour objectif de lutter contre les cloisonnements des connaissances. Cette association entend mettre en partage les savoirs, en faisant le constat que chacune, chacun, possède des savoir-faire, des formations, des connaissances nées de métiers, d’expériences et de luttes... »
http://savoirsenaction.unblog.fr/2015/05/25/appel-savoirs-en-action-2/


« Savoirs en action » proposera
- des ateliers rompant avec le dispositif classique d’une parole monopolisée devant un public passif...
- des traces matérielles laissées de ces rencontres sous forme d’articles, de discussions, d’entretiens vidéos
- un lieu fédérant et faisant connaître les différentes initiatives prises en ce sens ;
- l’écriture collective de livres, incisifs et bon marché, rassemblés au sein d’une collection ; et plus particulièrement une réflexion sur les programmes de l’enseignement, l’élaboration de contre-programmes et de manuels critiques ;
- des interventions sous forme d’ateliers itinérants, dont la mobilité permettra les rencontres et l’intervention dans les luttes, contribuant à nourrir un réseau réactif d’informations sur les mobilisations en cours ».


Le blog :
http://savoirsenaction.unblog.fr/


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21 mars 2013

Critiquer (vraiment) Facebook

 

Critiquer (vraiment) Facebook, Dominique Cardon, Libération 19.03.2013
http://www.liberation.fr/evenements-libe/2013/03/19/critiquer-vraiment-facebook_889718


Extraits :
« Tout se passe comme si la multiplication des discours critiques était sans effet aucun sur les comportements des utilisateurs. Comment dès lors comprendre que nous consentions aussi facilement à mener une vie sociale numérique que nous désapprouvons ? »

« Il y a quelque chose d’incohérent … dans les reproches que nous adressons continuellement aux réseaux sociaux de l’Internet : perte de temps, bavardage, addiction, faux-amis, désordre de la relation et de la personnalité, etc.
Ces critiques, le plus souvent, nous les destinons aux autres. Ce sont eux, les jeunes, les naïfs, les narcissiques, qui se dispersent, se perdent, s’exhibent et vivent des expériences déréalisées, pas nous, utilisateurs conscients et réflexifs de l’Internet ».

« A idéaliser le fait que nos choix d’individus devraient être des décisions purement internes aux personnes et qu’elles ne doivent rien à leur environnement externe, nous entretenons une illusion permanente, et constamment déçue, sur la réalité de notre vie sociale ».

18 novembre 2012

Yerushalmi, l'histoire et les mémoires

 

Les lundis de l'histoire 12.11.2012 s'intéressent au rôle de l'historien Yosef Hayim Yerushalmi
http://www.franceculture.fr/emission-les-lundis-de-l-histoire

Sylvie Anne Goldberg a publié
Transmettre l'histoire juive (entretiens)
L'histoire et la mémoire de l'histoire. Hommage à Yosef Hayim Yerushalmi

L'émission évoque 4 ouvrages de Yerushalmi :
. Zakhor (Souviens-toi), Histoire juive et mémoire juive - 1984
. De la cour d'Espagne au ghetto italien. Isaac Cardoso et le marranisme au 17e siècle - 1987
. Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs - 2011
(la quête de l'alliance royale, de la protection par des souverains dont l'action est idéalisée)
. Le Moïse de Freud, Judaïsme terminable et interminable - 1993
(cité par Annette Wieviorka lors de la table ronde avec Pierre Laborie)


Les juifs ont créé une religion complétement historique. Pourquoi faut-il attendre le début du XIXe pour voir apparaitre des historiens juifs écrivant une histoire généraliste et critique ? La ritualisation d'une mémoire de groupe (et la valorisation d'une tradition fondée sur la répétition) a sans doute empêché l'apparition d'une histoire critique.

Roger Chartier cite Paul Ricoeur : « Zakhor (Souviens-toi) a la vertu de donner accès à un problème universel à la faveur de l'exception que constitue la singularité de l'existence juive ».

http://en.wikipedia.org/wiki/Yosef_Hayim_Yerushalmi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yosef_Hayim_Yerushalmi

26 septembre 2012

Géo radicale, géo critique

 

Radical geography, géographie critique,
une approche abordée par un livre anthologie, un colloque, une revue en ligne et une émission de radio


Planète-Terre reçoit 2 acteurs du colloque sur la géo radicale
http://www.franceculture.fr/emission-planete-terre-les-mecanismes-spatiaux-de-la-domination-sociale-2012-09-19

l'émission en mp3
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10233-19.09.2012-ITEMA_20401704-0.mp3


"Espace et rapports sociaux de domination : chantiers de recherche"
Retour critique sur la géographie
colloque organisé par Anne Clerval, Antoine Fleury, Julien Rebotier et Serge Weber.
http://acp.univ-mlv.fr/rencontres/archives/cerd-2012

dans le programme :
Séance plénière : Approches radicales de l'espace
Séance plénière : Une approche matérialiste des rapports de domination

Atelier 1 : Gérer les pauvres au lieu de combattre la pauvreté
Atelier 2 : La fabrique capitaliste de l'espace
Atelier 3 : Peut-on parler de domination spatiale ?
Atelier 4 : L'injonction à la mobilité
Atelier 5 : Espaces contraints : de l'assignation à l'oppression
Atelier 6 : Reconquête et résistances dans la ville
Atelier 7 : Genre et imbrication des rapports de domination
Atelier 8 : Les rapports de domination pour repenser l'environnement

" Rapports de domination dans la production des sciences sociales sur l'environnement et les risques : la recherche piégée entre critique radicale et utilité sociale "


Carnets de Géographes publie
un entretien de Marianne Morange avec Anne Clerval et Serge Weber
http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_debats/debat_04_02_Clerval_Weber.php

également dans Carnets de Géographes, n° 4
http://www.carnetsdegeographes.org

Camille Vergnaud, Qu'est-ce que cela signifie être enseignant-chercheur "critique" ?

Cécile Gintrac, Géographie critique, géographie radicale : comment nommer la géographie engagée ?
« L’inscription de la géographie radicale, depuis la fin des années 1980, au sein du courant plus large de la géographie critique ne peut se comprendre qu’en regard d’un mouvement plus global de « pluralisation » des pensées critiques et de marginalisation des approches marxistes. J’ai souhaité montrer que ce glissement terminologique, s’il n’est pas limité à la géographie, n’est pas sans implications et est en grande partie débattu par les penseurs et les chercheurs. Certains, comme François Cusset, soulignent que l'épithète critique risque d'avoir un sens faible et donc une efficacité limitée sur le réel. Pour autant, cela ne signifie pas qu’une géographie radicale, telle qu’elle s’est développée aux Etats-Unis notamment, soit plus à même de porter le fer de la contestation ou même qu’elle soit vraiment différente dans ses fondements et ses pratiques d’une géographie critique plus récente.
Il semble à ce stade nécessaire de réaffirmer qu’un courant de pensée est davantage le produit de ceux qui s’en revendiquent qu’une catégorie fixe et fermée, qui préexisterait aux pratiques sociales de recherche et que l’on rejoindrait après avoir « choisi son camp ». Autrement dit, il serait moins utile de chercher à fixer des limites franches susceptibles de déboucher sur des catégories ou des « labels » de chercheurs et de penseurs que de garder le souci permanent du rapport à la pratique et à l’engagement dans un contexte universitaire … »


- Critical Geographies,
a collection of readings
edited by Harald Bauder and Salvatore Engel-Di Mauro

Part I: Critical Reflections
Part II: Space and Society
Part III: People and Environments
Part IV: Representing the Earth Surface
(dont Yves Lacoste, Bombing the Dikes on the Red River, North Vietnam, 1973)

745 pages, 17 Mo en ligne
http://www.praxis-epress.org/CGR/CG_Whole.pdf

5 septembre 2012

La morale laïque à l'Ecole ?

 

rappel :  VP veut enseigner la morale laïque à l'Ecole. Le Journal du Dimanche 02.09.2012
http://www.lejdd.fr/Education/Vincent-Peillon-veut-enseigner-la-morale-a-l-ecole-550018

voir aussi - une rentrée sous contraintes

 
- Libération (05.09.2012) consacre trois pages à la proposition médiatisée de Peillon :
faire de la morale laïque une discipline scolaire, du CP à la Terminale, avec évaluation au bac.

Véronique Soulé rappelle que L'instruction civique fête ses 130 ans,
les cours de morale ayant quitté les bancs de l'école après 1968.
Darcos et Chatel ont tenté de les réintroduire, à l'ancienne.
http://www.liberation.fr/societe/2012/09/04/l-instruction-civique-fete-ses-130-ans_843972


« C'est un projet autoritaire, totalement inadapté » titre Libération.
http://www.liberation.fr/societe/2012/09/04/c-est-un-projet-autoritaire-totalement-inadapte_843988
Le titre est volontairement brutal,
mais l'analyse du philosophe Ruwen Ogien mérite le détour :

extraits
Q - L'Ecole est-elle le bon lieu pour débattre de morale?

R - « Dans l'école démocratique, laïque et pluraliste, il est légitime d'instaurer une instruction civique (lire page suivante), dont l'objectif est d'enseigner le fonctionnement des institutions politiques et de transmettre certaines connaissances pour favoriser la coexistence entre personnes aux conceptions du monde divergentes. Mais la légitimité d'une éducation morale obligatoire, dont l'ambition serait de nous engager envers une certaine conception du bien, de la vie bonne ou heureuse, est beaucoup moins évidente. On reconnaît aux familles et à certaines associations le droit d'éduquer les jeunes dans le sens d'une religion plutôt qu'une autre. Mais pas à l'Etat démocratique, laïque et pluraliste.
Il devrait en aller de même pour la vision du bien. En proclamant que l'école doit s'occuper du bien et du mal, des valeurs communes, de la vie bonne ou heureuse et pas seulement du juste et de l'injuste, lorsqu'il proclame que l'Etat doit donner sa vision du bien, le ministre prend le risque de porter atteinte au respect du pluralisme moral, un principe aussi important, pour nos démocraties, que le respect du pluralisme religieux ».

« Ce qui me préoccupe le plus, finalement, c'est que ce projet de "faire revenir la morale à l'école" dépasse les clivages politiques. Or, il repose sur une idée profondément conservatrice: le principal problème qui se poserait à nos sociétés ne serait pas l'existence d'un système économique et social profondément injuste, mais l'effondrement des valeurs morales. En affirmant que la France a besoin d'un "redressement moral avec des accents réactionnaires embarrassants pour tous ceux qui voudraient soutenir ce gouvernement, Vincent Peillon montre à quel point la pensée conservatrice est devenue hégémonique dans les esprits, même à gauche. Mais finissons sur une petite note optimiste : l'aspect positif de ce programme, c'est qu'il n'a aucune chance d'être réalisé ».

recueilli par Willy Le Devin (sic)  - version temporaire en jpg

ruwen

Ruwen Ogien - source : Google images


- Dans Le Monde Opinions, Fabienne Brugère, Guillaume le Blanc, deux enseignants possèdent la solution :

« Il existe un lieu approprié pour cet enseignement, c'est le cours de philosophie. Pourquoi ne pas généraliser la philosophie de la primaire à la terminale en le considérant comme un apprentissage du sens critique, éthique et politique nécessaire à l'élucidation des significations de la citoyenneté ? »

deux détails :
La première enseigne la philo à Bordeaux III.
Elle a publié L'éthique du care en juin 2011 et soutenu F. Hollande en 2012
Le second est directeur du département de philo à Bordeaux III.
Il a publié en 2007 Vies ordinaires, vies précaires
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/04/gare-a-la-morale-abstraite_1755421_3232.html

 

- « La morale laïque c’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs. Je souhaite pour l’école française un enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées d’humanité et de raison. La république porte une exigence de raison et de justice. La capacité de raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. Le redressement de la France doit être un redressement matériel mais aussi intellectuel et moral ».
Vincent Peillon, le JDD, 07.09.2012.


[ Un dirigeant de gauche peut vouloir utiliser sa fonction pour répondre aux cléricaux, ceux d'hier (cf le discours de Victor Hugo contre la loi Falloux en 1850) ou ceux d'aujourd'hui (NS à Rome **, en 2007, un discours écrit par une catholique intégriste ?).
Encore faudrait-il alors se placer sur le même terrain, celui de la politique, des principes et des symboles.
Et ne pas vouloir mettre en place une usine à gaz faisant l’impasse sur tout ce qui existe déjà : la formation du jugement, l’éducation à une lecture distanciée, un esprit critique (fortement revendiqué par les historiens), des éléments qui ressortent de toute formation intellectuelle, littéraire ou scientifique. Sans oublier l'éducation civique et l'ecjs, dont le contenu peut être actualisé sans difficulté
cf Laïcité et morale
]. 

 

** NS - EM - Rome 20 décembre 2007 : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance »  -
http://clioweb.free.fr/debats/laicite.htm


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