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Clioweb, le blog
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hamsterisation
29 février 2012

Education : le maigre bilan

 

lce-petillon-promesses

Le Canard - Pétillon - Il ne tient pas le rythme de mes promesses...

3 sources principales pour cette revue de presse Education et politique :
. le discours du président-candidat aux familles de France. A décoder ...
. l'article de Véronique Soulé (Libération)
. l'article de Maryline Baumard (Le Monde) en février 2011


- NS propose aux professeurs de travailler plus pour gagner … Le Monde, 29.02.2012
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/28/professeurs-de-travailler-plus

- Le texte du discours de Montpellier, [écrit par Guaino comme celui de 2007 sur l'homme africain ?]
« Toutes les familles de France veulent … »
« cette folie égalisatrice, cette folie du nivellement qui nourrit cette folie fiscale qui s’en prend au travail, au talent, à la réussite et à l’esprit d’entreprise »
« l’échec scolaire recule »
 « En dévalorisant le baccalauréat, on n’a rendu service à personne »
« l’Ecole doit désormais être notre priorité » (sic),
« Nos enseignants sont mal payés parce qu’ils sont trop nombreux » (paupérisation !),
« On ne peut plus laisser des jeunes enseignants livrés à eux‐mêmes devant des classes de plus en plus difficiles » (resic),
« Et si tout d’un coup, la République faisait confiance à ses enseignants »
Version word : http://clioweb.free.fr/debats/ns-edu-montpellier.doc
Sur le forum Neoprofs, lire les commentaires sur les incohérences et les contradictions du discours.
http://www.neoprofs.org/t44444-l-integralite-du-discours-de-sarkozy-sur-l-education
 
A Montpellier, le butin scolaire de Sarkozy - Libération 
des propositions destinées à séduire les électeurs de droite et d’extrême droite :
8 heures de travail de plus par semaine pour les profs  (le travailler plus pour gagner moins) ,
une orientation des élèves dès la 4eme,
des profs polyvalents en 6e,
un chef à la tête du collège avec pouvoir de recruter ses profs, les familles contre les profs... 
http://www.liberation.fr/politiques/01012392908-a-montpellier-le-butin-scolaire-de-sarkozy
.
http://www.midilibre.fr/2012/02/28/la-lecon-de-maitre-sarkozy,464026.php

- Les réactions critiques affluent.
Ainsi, le SGEN parle d'un marché de dupesLibération
http://www.liberation.fr/societe/01012392936-enseigner-plus-pour-gagner-plus-un-marche-de-dupes

- « NS ne connaît vraiment rien au boulot de prof»
déjà beaucoup d'heures sup, des réunions multipliées,
plus les préparations, les corrections ...
des bureaux ? visitez un établissement...
Les tablettes ? L'équipement informatique ?
500 euros, donc environ 300 euros net pour 8 heures par semaine de plus ...
http://www.liberation.fr/societe/01012393007-sarkozy-ne-connait-vraiment-rien-au-boulot-de-prof

.
- Cinq ans de promesses et de volte-face
- Véronique Soulé, Libération
Le quinquennat est marqué par les 66 000 suppressions de postes dans l’Education.
à lire sur le blog de V Soulé ou jeudi en ligne sur le site du quotidien
http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2012/02/ns-ecole-parole-parole-et-toujours-des-paroles.html
http://www.liberation.fr/societe/01012392910-cinq-ans-de-promesses-et-de-volte-face

« Si on avait écouté Sarkozy, les élèves de CM2 parraineraient aujourd’hui un enfant juif exterminé durant la Shoah, les lycéens liraient chaque année la lettre du jeune communiste Guy Môquet écrite peu avant son exécution par les Allemands en 1941, les parents choisiraient l’école de leur enfant, l’échec scolaire serait divisé par trois en fin de primaire, les collèges en difficulté auraient moins d’élèves et plein de moyens en plus, les jeunes quitteraient bilingues le lycée…
NS est- sans doute un des présidents qui a le plus parlé de l'Ecole ... A peine élu, il a publié une Lettre aux éducateurs, un fascicule de 32 pages publié à un million d'exemplaires et envoyé à tous les profs de France... Puis il a enchaîné les discours, a annoncé des réformes, grandes et petites, a fait des promesses, chiffrées ou non...  il en a aussi beaucoup oubliées en route et il s'est aussi pas mal renié ... »

Beaucoup de promesses, mais un bilan désastreux : mépris du métier d'enseignant et du travail intellectuel (cf la Princesse de Clèves), démolition de la formation professionnelle initiale, 66 000 postes supprimés, et 14 000 autres à détruire en année électorale, dégradation des conditions de travail dans les établissements ghettos, disparition des moyens qui permettaient le travail en groupe, aggravation de l'échec scolaire. Rien qui puisse être mis en avant, sauf peut-être dans un article du Figaro. « Le candidat s'adressera aux familles et se refusera à dresser l'opinion contre le corps enseignant » écrivait hier la nouvelle pravda.


- Education : le maigre bilan du quinquennat
- Le Monde - 05.09.11
http://www.lemonde.fr/societe/2011/09/05/education

Un maigre bilan, si la référence ce sont les promesses de 2007 non tenues.
Par contre, si les paroles servent à masquer une casse programmée de l'Ecole publique, alors la première partie d'un quiquennat de dix ans a déjà beaucoup démoli.
Un exemple révélateur : la suppression de l'HG obligatoire en Term S. Le gain horaire pour le MEN est modeste (1 h par classe), mais cette mesure a permis de déstructurer l'ensemble de la discipline au lycée, aussi bien pour les contenus que pour l'examen final et de dégrader les conditions de travail (effectifs en 1ere). Les profs de SES, confrontés aux exigences de la droite dure du Medef, auraient aussi beaucoup à dire sur une politique de casse méthodique.
Sur tous ces éléments, relire Maryline Baumard :
L'école française est-elle en train de changer de modèle ? Le Monde Education - 11.02.2011

- Les internats d'excellence, une deuxième chance au coût prohibitif - Le Monde, 28.02.2012
une illustration de l'écart entre les discours et la réalité.
http://www.lemonde.fr/societe/2012/02/28/education-les-internats

 

- Ecole, les faux-semblants de François Hollande - Libération rebonds
« On connaît désormais un peu mieux les projets de François Hollande pour l’enseignement et la recherche. Force est de constater qu’ils ne sont pas à la mesure ». Tribune de Gérard Aschieri, Choukri Ben Ayed, Bertrand Geay et Christine Passerieux, tous membres du conseil de campagne du Front de gauche.
http://www.liberation.fr/societe/01012392832-ecole-les-faux-semblants-de-francois-hollande


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25 février 2012

Appel du 23 février 2012

 

Appel de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
aux candidats à l’élection présidentielle
et aux citoyens
http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr/

Le pouvoir actuel se vante d'avoir réussi la réforme de l'Université et parle
d'« Excellence » ?
de « Meilleure formation des enseignants » ?
Tout cela est faux.
« Le monde de la recherche est au bord de l'asphyxie ».

« C’est pourquoi nous, enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé, étudiants, lançons un appel solennel pour que soit mis un terme à toutes ces réformes, dont les effets sont dévastateurs ».

« Nous entendons défendre des valeurs républicaines  :
- droit à la connaissance pour tous
- droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale
- droit de s’engager dans des études ou de mener des recherches qui ne sont pas immédiatement rentables ».

« Nous demandons une nouvelle politique ... reposant sur dix principes et objectifs ... »


Mise en contexte de cet appel sur le blog Sciences 2 (Sylvestre Huet)
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/02/

 

17 février 2012

Injonctions contradictoires

 

Deux cartes blanches récentes dans l'émission Rue des Ecoles

A écouter en fin d'émission (53e mn)
http://www.franceculture.fr/emission-rue-des-ecoles
ou lire la transcription sur le site Educpros.
http://blog.educpros.fr/les-debats-d-educpros/2012/02/



Le 8/02, Nathalie Mons pointe le choc des injonctions politiques contradictoires.

un ex, celui de l'évaluation
« D’un côté, au primaire, on nous explique qu’il faut développer des tests nationaux, administrés par le ministère, de façon à prendre du recul par rapport aux évaluations que pratiquent les enseignants dans leur classe, car un acteur externe à l’établissement s’avère avoir un regard plus objectif sur les acquis réels des élèves.
Mais si l’on s’intéresse à l’évaluation des enseignants, c’est le contraire qui est préconisé : la nouvelle réforme (veut) affaiblir le poids d’un jugement porté par un acteur externe à l’établissement - à savoir l’inspecteur - et reconnait l’intérêt d’un jugement interne, celui du chef d’établissement car il serait plus proche de l’enseignant.

Poursuivons par une ligne forte de la politique actuelle : l’individualisation des parcours des élèves et le traitement de la difficulté scolaire sont valorisés à travers des mesures comme l’aide individualisée au primaire et l’accompagnement personnalisé au lycée. Mais à l’inverse, contrainte budgétaire oblige, on supprime les RASED, ces brigades d’enseignants spécialisés dans le suivi personnalisé des élèves en échec scolaire au primaire ».
La transcription de la carte blanche

.
Le 15/02, « J’ai retrouvé les écoles normales » ajoute Benoît Falaize

C’était donc il y a quelques jours. L’IUFM était très vide, peu de personnel, peu d’administratifs. Aucun étudiant non plus … d’un côté, un IUFM vidé, laminé, obsolète ; de l’autre une cour de récréation où jouaient des enfants de l’ancienne école d’application. Deux visions de la  formation des maîtres : une France de la IIIe République où existait un lien fort entre une vision politique et une volonté scolaire ; une masterisation sans élan, sans âme et sans perspective, avec une quasi-disparition de la dimension pédagogique.

« Derrière toutes les réformes des cinq dernières années, c’est le sens même de l’école et de la formation de ses enseignants qui est atteint, qui a été liquidé…
La seule question qui vaille aujourd’hui : est-ce seulement rattrapable ?
»
La transcription


Le 8/02, dans la seconde partie, écouter Luc Cédelle et Louise Tourret sur Philippe Meirieu, ciblé comme adversaire principal (et bouc-émissaire) par les tenants d'un retour à l'école des 400 coups (le film de Truffaut), celle qui menait à la maison de correction et à la prison. L'émission du 08/02 au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11192-08.02.2012-ITEMA_20343171-0.mp3

 

meirieu-cite

http://www.meirieu.com/

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16 février 2012

Agrégation de maths : démissions

 

- Agrégation externe de mathématiques : Démission d’un quart du jury

Trente mathématiciens, soit plus d’un quart du jury 2011, ont décidé qu’il n’était plus possible d’assister passivement à la destruction du système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le texte (copie ci-dessous) et la liste des démissionnaires :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

http://sciences.blogs.liberation.fr/


- CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

« Au total, pour le concours externe 2012 des CAPES disciplinaires, il y a 6314 admissibles pour 4847 postes ( soit une proportion admissibles/postes de 1,30 ) contre 7492 admissibles pour 4881 postes au concours externe 2011 des mêmes CAPES disciplinaires ( soit une proportion admissibles/postes de 1,53 ) ».

Simple conséquence de l'extension à bac +5 des études, ou volonté délibérée de torpiller les concours de recrutement et la fonction publique ?
http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2012/02/14/capes-la-crise-de-recrutement-saggrave/

.

« Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire.

Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité.

Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité. Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond. Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste. Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves. Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nosmédailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe. Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons ».

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

10 février 2012

Refonder l'Ecole

 

jeanzay

Jean Zay (1904-1944), Mémoire d'un homme, modernité d'une oeuvre -
http://www.cndp.fr/crdp-orleans-tours/jean-zay/
Oublier l'adresse http://aegir.cndp.fr/crdporleans/crdp/jean-zay/ qui ne répond plus
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay



- Débarrasser l'école du sarkozysme
Hollande était en campagne à Orléans où il a rendu hommage à Jean Zay, l'ex-ministre de l'éducation nationale assassiné en 1944 par la Milice.

- mettre la priorité sur l'école primaire
- allonger l'année scolaire
- atténuer les moments de rupture
- refonder la formation des enseignants.
http://www.lemonde.fr/education/2012/02/09/debarrasser-l-ecole-du-sarkozysme


- Hollande passe l'Ecole en tête, V Soulé Libération.
Le candidat a confirmé le vote d'une loi de programmation sur l'Ecole à l'automne.
Il a promis de rétablir l'histoire en Terminale scientifique.
http://www.liberation.fr/societe/01012389073-hollande-passe-l-ecole-en-tete

http://www.liberation.fr/education,99763


- Le sort de l'histoire scolaire.
Ce matin, dans la seconde partie de la Fabrique, écouter Johann Chapoutot (vers la 43e mn) :

« … j'ai vécu une scolarité dans des zones très défavorisées, où j'avais des profs incandescents qui nous montraient toujours pourquoi on allait faire ça, quel sens politique, existentiel et humain cela avait... A cette époque-là, voilà 15-20 ans, ces professeurs avaient les moyens de travailler.
depuis quelques années (la situation a fortement changé) ...
nous sommes responsables parce nous ne sommes pas assez éclairants sur l'intérêt de ce que nous faisons,
mais en face, il y a aussi les autres.
Des autres qui ont une conception très différente de ce que c'est que la citoyenneté et la République,
des autres qui ont fait le choix de ne plus donner à l'Ecole les moyens de fonctionner (normalement) ».

l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-10.02.2012-ITEMA_20343706-0.mp3

 

Vers la 8eme mn, allusion à une photo :
L'homme qui refusa de faire le salut nazi
Marie Simon, L'Express, 09/02/2012
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-homme-qui-refusa-de-faire-le-salut-nazi_1080771.html




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9 février 2012

Hamsterisation : Zéro pointé


- Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération
Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier, la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la réforme contestée de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques déjà émises, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie à très court terme (et de calendrier électoral), au mépris de tous les jeunes professeurs qui ont choisi d'entrer dans un métier de plus en plus difficile.
A lire vendredi dans Libération -
http://www.liberation.fr/societe/01012388800-cour-des-comptes-zero-pointe-a-la-masterisation

- Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants - Le Monde - 08.02.12
Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation.
Economies envisagées, amélioration du niveau des enseignants, réussite des élèves, vivier de candidats, pour les sages de la rue Cambon, cette (contre) réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles. La gestion à court terme et l'obsession de supprimer le maximum de postes sont passés avant l'ambition d'améliorer la formation des enseignants.
http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/2012/02/08/le-requisitoire

- Le Figaro ne semble pas avoir lu ce passage du rapport


- Dans son rapport, la Cour des Comptes formule quatre recommandations :
Au-delà des indispensables progrès à accomplir dans l’organisation de la première année de fonction des enseignants stagiaires, la Cour  formule quatre recommandations principales pour accompagner la réforme :

1. élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel ;

2. organiser les concours de recrutement avant ou au début des masters, de façon que les étudiants n’aient pas été formés, en cas d’échec, à un métier qu’ils ne pourront pas exercer ;

3. accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires, à coût budgétaire constant, en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation ;

4. mettre en place un système d’information et de recueil des données permettant d’évaluer l’adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants.

Le texte du rapport :
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/Formation_initiale_et_recrutement_enseignants.pdf


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Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants
Copie de l'article de M Baumard, Le Monde, 08.02.12

Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes, qui publie son rapport annuel mercredi, propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation. Pour les sages de la rue Cambon, cette réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles.
Les économies envisagées
La Cour a refait le calcul. La suppression de 9 567 équivalents temps plein aurait pu rapporter 707 millions d'euros en 2011. Mais, une fois enlevé le coût de mesures d'accompagnement, comme la revalorisation des débuts de carrière (38 millions d'euros), les bourses au mérite versées aux étudiants (25 millions) ou les indemnités de tutorat (27 millions), il ne reste plus que 370 millions d'économies. Les magistrats se sont arrêtés là dans leur calcul, suggérant qu'il faudrait aussi ôter le coût supplémentaire pour la nation des deux années d'études qui mènent de la licence au master – à 10 000 euros l'année par élève.

Un master d'enseignement souvent préparé pour… rien. "Le taux d'échec important aux concours de recrutement traduit du point de vue de la bonne gestion des finances publiques, une inefficience marquée, les étudiants recalés auront été coûteusement et spécifiquement formés à un métier qu'en définitive ils n'exerceront pas", note la Cour. La rue Cambon propose donc "d'organiser les concours avant ou au début des masters". Un peu comme avant la réforme…

L'amélioration du niveau des enseignants
"Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n'avaient aucune expérience de l'enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n'ont pas fait l'objet d'une attention suffisante", relève la Cour, qui estime que "ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait".
Ainsi les magistrats regrettent-ils que des enseignants stagiaires aient été affectés dans deux ou trois établissements différents : dans une académie du Sud-Est, cela a été le cas de tous les enseignants d'arts, mais aussi de 25% des professeurs de sciences physiques, 24% d'histoire-géographie, 22% d'anglais… Ce qui complique l'intégration dans une salle des professeurs.

Selon les sages de la rue Cambon, la réforme de la mastérisation a manqué toutes ses cibles.Cour des comptes, Education nationale
Ce service à assurer dans des conditions difficiles a encore été alourdi par des heures supplémentaires puisque la Cour relève que, dans une académie de l'Est, "35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires". Plus globalement, "les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d'un tiers par rapport au temps de travail d'un professeur titulaire" puisqu'ils ont dû effectuer une formation express sur leur temps libre… Le tutorat promis "Sur le plan national, 23% des stagiaires n'étaient pas situés dans le même établissement que leur tuteur", relève la Cour. De plus, la mission du tuteur n'a pas été pensée: "Le ministère ne s'est pas doté d'instruments précis permettant de s'assurer de l'efficacité du tutorat." Et la Cour de regretter que, sur le sujet, le ministère "dispose de très peu d'éléments d'information, alors que son importance pour la formation des enseignants justifierait une capacité nettement accrue de suivi et d'évaluation de cette activité". Pourtant, 27 millions d'euros ont bien été versés aux tuteurs.

La réussite des élèves
Les magistrats de la rue Cambon soulignent que "les objectifs fixés par le code de l'éducation devraient normalement se traduire par une formation particulièrement renforcée en matière de gestion de l'hétérogénéité des niveaux des élèves au sein des classes. Or, selon les circulaires, cette formation ne représentait en 2010-2011 que neuf heures pour les enseignants du second degré et entre six et dix-huit heures pour les professeurs des écoles ". Les sages remarquent aussi qu'eu égard à l'objectif d'un socle commun de connaissances et de compétences, qui figure dans la loi, la mastérisation aurait dû permettre de rapprocher les concours de professeurs des écoles et de professeurs du secondaire, et peut-être aussi de l'introduction d'une bivalence dans les concours. Occasion ratée.

Le vivier de candidats réduit
La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme. "Le vivier de candidats s'est réduit de plus de 50 000 inscrits, soit une baisse des inscriptions d'un tiers sur une seule année" entre2010 et 2011. Le vivier des mastérisés compte 300 000 étudiants de moins que celui des licenciés. De plus, le pourcentage des inscrits qui se présentent réellement au concours a encore décru entre2010 et 2011.

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Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération 09.02.2012

Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier (lire pages 14 et 15), la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la contestée réforme de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie.

Grâce à la suppression de l’année de formation en alternance des profs débutants, désormais affectés directement à temps complet dans des classes, la réforme a permis de supprimer 9 567 emplois, soit une économie de 370 millions d’euros. Mais selon la cour, l’économie est bien moindre : les profs doivent désormais avoir un master - au lieu d’une licence - et, selon la cour, il faut compter «le coût pour le système universitaire de l’allongement des études». Il y a aussi «le coût de la réorientation» des étudiants des nouveaux masters «métiers de l’enseignement», dont trois quarts échouent aux concours auxquels ils préparent et qui doivent rebondir ailleurs.

Sur la qualité de la formation, le constat n’est pas plus encourageant. En dépit des promesses de stages, à la rentrée 2010, plus de 70% des profs débutants ont débarqué dans les classes «sans aucune expérience de l’enseignement». Avec la réforme, ils doivent se former essentiellement sur le terrain sous la houlette de tuteurs, des collègues chevronnés. Or, près du quart des débutants ont eu des tuteurs dans un autre établissement… Contrairement aux recommandations officielles, des jeunes profs se sont aussi retrouvés dans des écoles en ZEP, à cheval sur plusieurs établissements dans le secondaire, avec des classes de plus de trois niveaux différents, ou encore contraints de faire des heures supplémentaires.

Pour éviter ces dérives, le rapport recommande d’instaurer «des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel», de créer des concours avant ou au tout début du master (afin que les recalés puissent tout de suite changer de filière) et de réduire les heures d’enseignement des profs débutants. On comprend mieux pourquoi la quasi-totalité des candidats à la présidentielle promettent de revenir sur cette réforme et de revoir de fond en comble la formation des enseignants.


2 février 2012

Une double formation au métier

 

 

- Rapport Grosperrin : coup de force contre le service public d’éducation !

Parmi les actions de Marie-Hélène Amiable, députée :

. Le 1er février 2012
extraits :
« Aujourd'hui, vous vous faites la plume du ministre pour contourner la décision du Conseil d'Etat du 28 novembre 2011 et directement modifier le code de l'éducation »

« Je peux néanmoins vous dire notre opposition résolue à la dissolution des missions des IUFM, à une possible privatisation de la formation des enseignant-e-s, au remplacement du cahier des charges auquel est actuellement tenue de répondre la formation des maîtres par un simple référentiel même si, preuve de votre hâte, vous nous proposez un amendement aujourd'hui. Nous nous opposerons aussi à l'abrogation des références faites aux formations théorique et pratique, aux formations initiale et continue des maîtres - car enseigner est un métier- ainsi qu'à l'obligation de formation après leur recrutement des enseignant-e-s des établissements d'enseignement technologique ».
http://mhamiable.fr/site/document/20120201_intervention_commission_amiable_pn_formation_maitres.pdf

. Le 7 décembre 2011
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5194


- Contestation !
Communiqué de presse de La Conférence des directeurs d’IUFM - 31 janvier 2012
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?page=backend
http://www.cdiufm.fr/

cdiufm22

La Conférence des directeurs d’IUFM a formulé 22 propositions pour mettre en place une véritable formation au métier d'enseignant. « Les 22 propositions font le choix initial de définir le terrain. C’est celui de la formation universitaire professionnelle des enseignants et c’est à partir de lui que se construit la démonstration ».
http://www.cdiufm.fr/billets-du-president/article/les-22-propositions-de-la-cdiufm

 

Une formation universitaire et professionnelle des enseignants
Les 22 propositions de la conférence :
http://www.cdiufm.fr/IMG/pdf/CDIUFM-22-propositions.pdf

Proposition 1
: Dissocier le recrutement et la formation universitaire des enseignants.
Proposition 2 : Construire un dispositif piloté par la formation et non par le concours.
Proposition 3 : Confier à l’Université la formation des enseignants des premier et second degrés et des conseillers principaux
d’éducation dans toutes ses dimensions, académiques, professionnelles et de recherche.
Proposition 4 : La formation initiale est placée sous la responsabilité de l’Université. L’année d’entrée dans le métier qui lui fait suite est placée sous la responsabilité de l’employeur.
Proposition 5 : Assurer une formation continue des enseignants qui soit certifiante ou diplômante et prise en compte par l’employeur dans la carrière des personnels.
Proposition 6 : Intégrer des stages en établissement de façon progressive tout au long du cursus, dans une véritable alternance
avec les enseignements, notamment disciplinaires, dispensés à l’Université.
Proposition 7 : Intégrer la recherche de façon progressive tout au long du cursus dans une véritable articulation avec les problématiques d’enseignement.
Proposition 8 : Intégrer la mobilité internationale sur des durées non contraintes par des épreuves de concours.
Proposition 9 : Organiser un dispositif en quatre années, de la deuxième année de licence à la fin du master.
Proposition 10 : Diversifier les conditions et modalités d’entrée en formation et favoriser les passerelles.
Proposition 11 : Mettre en place, à partir de la deuxième année de licence (L2), des parcours dédiés aux métiers de l’enseignement.
Proposition  12 : Gérer les flux par une orientation progressive dès la fin de première année de licence (L1) en fonction d’un plan pluriannuel de recrutement des enseignants et conseillers principaux d’éducation établi par l’employeur.
Proposition 13 : Mettre en place un référentiel national de formation des enseignants que les universités doivent respecter dans l’élaboration des diplômes. Ce référentiel structure le cahier des charges organisant la contractualisation des formations.1
Proposition 14 : Créer une mention « enseignement, éducation, formation » dans la nomenclature ministérielle.
Proposition 15 : Créer une commission pédagogique nationale, qui inclut nécessairement des représentants des ministres
concernés, des professions et de l’Université. Cette commission pédagogique labellise les formations et a en
charge la responsabilité du cahier des charges et son adéquation au référentiel. Elle veille à la cohérence de la
carte nationale des formations et peut alerter les autorités de tutelle.
Proposition 16 : Renforcer les conditions de fonctionnement d’équipes pluri catégorielles de façon à favoriser le caractère professionnalisant de la formation. La mission de contribution à la formation des enseignants, sous la responsabilité de l’Université, doit être réaffirmée dans le statut des enseignants du scolaire.
Proposition 17 : Consolider les IUFM comme écoles universitaires professionnelles au sein de l’Université, à vocation interuniversitaire et académique. Ces écoles relèvent d’une structuration nationale (réseau des écoles, respect du cahier des charges) ; elles relèvent par ailleurs d’une structuration locale relative à la formation, à la recherche et à l’insertion professionnelle pour les métiers de l’éducation, de l’enseignement et de la formation.
Proposition 18 : Les ressources humaines et financières affectées à l’université pour la formation des enseignants sont celles qui
permettent de répondre au cahier des charges défini sur la base du référentiel national.
Proposition 19 : Développer le continuum de formation des enseignants par des initiatives en lien avec la spécificité des territoires.
Proposition 20 : Mettre en place une offre coordonnée de formation au sein de chaque région et sur le territoire national.
Proposition 21 : Instaurer une contractualisation entre universités, Éducation nationale et collectivités territoriales dans chaque
académie, précisant de manière pluriannuelle les besoins à couvrir, les objectifs à atteindre et les moyens
complémentaires alloués.
Proposition 22 : Accompagner financièrement les étudiants inscrits dans les divers cursus d’accès au métier d’enseignant.


.

 

 

29 janvier 2012

APHG - le Manifeste 2012

 

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APHG - Etats Généraux - LLG - copyleft DL

 

MANIFESTE DES ETATS-GENERAUX DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Dimanche 29 janvier 2012

L'enseignement d'Histoire-Géographie à toutes les générations, de l'école élémentaire au baccalauréat, est la fierté de la République. Les professeurs d'Histoire et de Géographie sont les porteurs de cette mission que la nation leur a confiée. Le niveau de démocratie dans un pays se mesure à la place qu'il réserve à l'enseignement de l'Histoire et de la Géographie pour les futurs citoyens.


Réunis à l'appel de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie le samedi 28 janvier 2012 à Paris,

les Etats-Généraux s'insurgent contre

1. la suppression de l'enseignement obligatoire de l'Histoire et de la Géographie en terminale S à la rentrée 2012 ;
2. la diminution continue de la place et des horaires de l'Histoire et de la Géographie ;
3. la mise-en-place de programmes qui ne permettent pas de maîtriser les repères fondamentaux
nécessaires à la poursuite des études supérieures et à l'insertion dans la vie professionnelle ;
4. la dégradation des conditions de préparation des étudiants aux concours d'enseignement ; la quasi-disparition de la formation des professeurs débutants et de la formation continue.
 

L'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographe, en conséquence, exige

1. le rétablissement immédiat de l'enseignement obligatoire d'Histoire-Géographie validé par une
épreuve au baccalauréat en terminale S ;
2. des horaires nationaux décents à tous les niveaux ;
3. des programmes intelligibles, réalisables par tous les élèves et aptes à structurer leur raisonnement ;
4. une formation réelle pour les professeurs débutants, incluant une année de stage ; le rétablissement d'une formation continue pour tous les personnels, financée par l'Etat.

La satisfaction de l'ensemble de ces propositions répond aux exigences d'une école républicaine et d'une éducation citoyenne.

Contactez nous et consultez notre site www.aphg.fr

 

6 janvier 2012

L'école change-t-elle de modèle ?

 


L'école française est-elle en train de changer de modèle ?
Maryline Baumard - Le Monde - 11.02.2011
Se rapproche-t-elle du système anglo-saxon ? Qu'en pensent les acteurs de terrain ?

Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine.

La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier. Ce jour-là, a été annoncé le passage sous statut dérogatoire de près de 2 000 collèges et écoles. Dès septembre 2011, une part des 354 collèges et 1 725 écoles vont imaginer leur propre projet pédagogique, trouver des enseignants volontaires pour le mettre en œuvre et une organisation sur laquelle l'appuyer. Le tout contractualisé avec le recteur.

La promesse d'une contagion territoriale. Ce ne sont que 3,5 % des écoles et 4,5 % des collèges du pays ; de surcroît, ce sont les plus difficiles. Mais la symbolique est forte et le discours présidentiel prononcé le 19 janvier, lors des vœux au monde de la connaissance, augure d'une contagion territoriale à venir. Félicitant la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a amené 90 % des universités à l'autonomie, le chef de l'Etat a lancé devant 500 invités : " Si cela marche pour les universités, cela doit marcher aussi pour nos établissements, les lycées. Et si, dans notre pays, on faisait confiance aux enseignants, en leur laissant un peu d'autonomie ? "

Déjà, depuis la réforme du lycée, à la rentrée 2010, les proviseurs disposent d'un tiers de leurs heures à gérer en fonction de leur projet d'établissement. Un petit avant-goût dont ils ont encore un peu de mal à se saisir. Avec les conversions expérimentales de la rentrée prochaine, une mue plus importante se prépare. On octroie là " aux chefs des établissements lesplus difficiles une voix dans le recrutement des enseignants. C'est un début. On verra s'il passe ", lance l'académicien Antoine Compagnon dans un entretien au Point du 27 janvier.

Des cellules dormantes. La grande mue se prépare, par bribes, sans plan d'ensemble visible. "Comme en espionnage, on installe des dispositifs dormants. Un matin, on se réveillera, ils seront activés et le paysage aura changé", analyse Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants.

L'autre "cellule dormante" est la hiérarchie intermédiaire. Doucement, on la prépare à ses nouvelles fonctions. Les chefs d'établissement sont particulièrement choyés par le ministre qui voit en eux une bonne courroie de transmission. Dernièrement, Luc Chatel a voulu signer avec eux l'octroi d'une prime de 6 000 euros tous les trois ans. Au mérite. Un mois avant, les recteurs avaient vu leur prime flamber avec la mise en place d'une part de la récompense modulée selon la politique menée. Un recteur peut désormais obtenir 6 840 euros annuels de plus qu'un autre, qui traîne des pieds.

Or dans un système autonome, il faut des chefs. Le philosophe Marcel Gauchet prédisait, dès 2009, ce qui se dessine dans l'enseignement scolaire. " La seule idée de la droite, en matière d'éducation, est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité ", expliquait-il, de l'ironie plein la voix, dans un entretien au Monde le 23 avril 2009.

Dans une éducation nationale pilotée par le terrain, chaque établissement pourra développer son projet. Déjà 124 collèges ou lycées proposent des cours le matin et du sport l'après-midi. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de " permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Bientôt, d'autres établissements vont développer les sciences. Le plan présenté par Luc Chatel autorise cette orientation. Et puis, compte tenu des restrictions budgétaires, il y aura ici un lycée qui joue la carte des langues vivantes et là un autre qui se concentre sur les langues anciennes.

La rationalisation des options aboutira à ce profilage. Un peu comme dans l'enseignement privé sous contrat, où tel établissement est plutôt scientifique, tel autre élitiste ou axé sur l'épanouissement de l'enfant, quand un troisième est réputé pour son savoir-faire avec les élèves en difficulté.

Dans un système où les établissements ne se ressembleront plus, permettre aux familles de choisir a du sens. L'ouverture du choix des collèges et des lycées a été la première mesure prise dans le domaine de l'éducation par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Annoncée début juin 2007, elle paraissait symbolique. Demain, ce pourrait être la clé de voûte d'un système où les propositions différeront réellement d'un collège ou d'une école à l'autre.

Taux de réussite et évaluations. Et pour bien choisir, il faudra que chacun affiche ses résultats. Pour le bac, les statistiques sont disponibles. Pour les collèges, les taux de réussite au diplôme national du brevet se trouvent le plus souvent sur les sites académiques. Mais pour les écoles, rien. A moins que les enseignants qui se refusent à faire passer les évaluations ne soient pas tout à fait paranoïaques et qu'un jour l'outil d'évaluation nationale ne devienne un outil de classement. Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, ne l'exclut pas, " une fois que l'outil existe, on ne contrôle plus rien ".
D'ailleurs la publication école par école était le souhait initial de Xavier Darcos qui annonçait, le 28 janvier 2008 : " Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance ". Un an plus tard, il revenait sur sa décision. Le mal était fait et ces évaluations ont été partiellement sabotées cette année encore par des enseignants opposés à cette mise en compétition.

Comme le rappelle régulièrement Luc Chatel, il n'y aura plus de grand soir de l'éducation. Le paysage nouveau se dessine par petites touches, par glissements successifs. Mais au final, on pourrait bien, d'ici quelques années, se réveiller avec un modèle éducatif très différent, des établissements qui auraient chacun une identité, un projet et le vendraient à des parents en mal de choix.
Une construction brique à brique. Connaissant l'attachement syndical à une certaine uniformité - parfois purement théorique -, le gouvernement joue le puzzle. Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l'architecture d'ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu. D'autant que l'attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s'échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.


Autres articles dans une double page du Monde :
- A Lille, une brèche pour gérer le public comme du privé (programme CLAIR ou Eclair)
- Grande-Bretagne : L'école libre (les free schools), c'est possible
- Entretien avec François Dubet : « Il y a évolution sur le long terme, pas révolution »

http://www.lemonde.fr/education/contre_enquete/2011/02/10/l-ecole-francaise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele_1478198_1473685.html

http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389

http://www.profencampagne.com/article-l-ecole-fran-aise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele-66866948.html

7 décembre 2011

L'Ecole entre le marteau et l'enclume

- Le Conseil d’Etat décrie la nouvelle formation des profs
Véronique Soulé - Libération Education - http://www.liberation.fr/societe/


- Le rapport Grosperrin illustre l'éducation selon l'UMP :
Rejeté en juillet, le rapport Grosperrin repasse devant la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l'Assemblée. Il suggère la suppression des concours de recrutement et leur remplacement par des listes d'aptitude à partir de la certification des compétences par les universités.
Cette politique « fait de l'établissement autonome, piloté par une direction renforcée ayant le pouvoir de recruter et d'évaluer les enseignants, l'élément central d'un système éducatif géré par des évaluations nationales et la mise en concurrence. L'Etat ne garderait plus que la rédaction des programmes et la délivrance des diplômes. Quant aux enseignants il seraient comme dans de nombreux pays fortement dépendants pour le salaire et l'emploi des autorités locales ».
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/

.
- L'Ecole entre le marteau et l'enclume :

. au sommet, tout est fait pour démolir l'école publique (cf le rapport Grosperrin, la suppression de la formation en alternance, les suppressions de postes, la gestion comptable à court terme ...)

. A Berre, des parents exigent le départ d'un enseignant (stagiaire, dans une école ... privée catholique) (La Provence). Le ministre, interrogé par France 3 ce midi, a juste évité de rappeler le sort fait aux jeunes profs depuis septembre 2010.

. Pour aider leurs enfants, ils ont créé leur école idéale !
hier soir dans 100 % Mag , vers la 31e minute, pub pour une école privée version Tea Parties (Fdn pour l'Ecole, Google connaît). Des militants bien sous toutes les coutures mettent dans le même sac école publique (d'Etat) et école catholique sous contrat.
http://www.m6replay.fr/#/emissions/100-mag/38052
(attention, la pub est très très agressive).


.

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