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22 octobre 2012

Cartable de Clio - 12/2012

 

cartable-coll

 

Le sommaire du Cartable de Clio 12/2012 est en ligne au format pdf
http://www.didactique-histoire.net/article.php3?id_article=209


Dossier : L’usage social et politique des peurs.
La stigmatisation de l’altérité

dont en ligne
Pierre-Philippe Bugnard, Université de Fribourg (Suisse)
Enseigner les peurs eschatologiques. Pour une histoire enseignée des mentalités
(le copier coller peut aussi donner :
!"#$%&"$'()$#(*$+'#($#,-./0)0&%1+$#( )


Egalement au sommaire :
La leçon de Braudel, récit et problème en histoire
Les recherches récentes sur les manuels d’histoire : questions méthodologiques et théoriques . . . . .
Le Bulletin de liaison de la SPHQ et les transformations de la didactique durant les années 1960

- Blois 2012 - Comment enseigner la mémoire ?

cartable-memoire

Pierre-Philippe Bugnard, Charles Heimberg, Laurence de Cock, Dominique Chevalier
(annoncé à l'amphi 3 samedi matin, repoussé à 15h45 à l'IUFM)

 

blois-monuments

Guerre 1939-1945 : militaires, civils
La ville de Blois à ses morts, Résistants, déportés
Les déportés et internés à leurs martyrs


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11 novembre 2011

Les pauvres à l'épreuve de la rigueur ?

 

- Les pauvres à l'épreuve de la rigueur ?
Du Grain à moudre, 10/11/2011, avec le Secours catho
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-10.11.2011-ITEMA_20321322-0.mp3

Au pays des pauvres, la précarité est une «valeur sûre», poursuit Olivier Berthe, Pt des Restos du coeur
http://www.liberation.fr/societe/01012370614-au-pays-des-pauvres-la-precarite-est-une-valeur-sure

Le grain à moudre évoque aussi la question du Programme européen d’aide aux plus démunis, et sa liaison improbable avec la PAC. Tout le problème vient d'une absurdité de l'Europe des origines, encore aggravée par les thatchériens : L'Europe prétend ne pas s'occuper d'économie, comme si le dogme de la privatisation intégrale, de la compétition généralisée n'avait pas d'impact sur les sociétés européennes. A l'échelle de l'Europe, ce sont les Etats nationaux qui doivent payer les pots cassés, tout comme les collectivités territoriales quand l'Etat français veut devenir un Etat-entreprise. 

- Avez-vous lu Polanyi ?
Karl Polanyi (1886-1964) a écrit La Grande Transformation
Les Chemins de la connaissance - 11.11.2011 avec Jérome Maucourant et Bernard Chavance
http://cemi.ehess.fr/document.php?id=381
Ecouter les divergences entre Polanyi et Braudel à propos du marché et du capitalisme. 

Là où le libéralisme combattait le mercantilisme, le néo-libéralisme veut subjuguer l'ensemble de la société.Il s'est développé avec l'ambition de démolir le partage des richesses permis par le fordisme et les politiques keynésiennes. L'intervention de l'Etat est vigoureuse, et a pour prétexte l'établissement d'une concurrence supposée. On assite à un double réductionnisme : ramener tout fait social à sa seule dimension économique ; réduire l'économie aux seuls intérêts du patronat.

" Après la rupture avec l'étalon-or, il faudrait rompre avec l'indépendance proclamée de la banque centrale, et avec une politique qui fait du niveau des salaires et de la vie des gens la variable d'ajustement de la finance ".

(4 émissions précédentes ont porté sur Balzac - Goriot, le Lys, Illusions perdues ...)
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10467.xml 
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance 
http://www.institutpolanyi.fr/



karl_polanyi

source :  http://caplibre.over-blog.com

4 août 2011

Le deuxième exil des Communards

 

- « La Commune est un sphinx qui met l’entendement bourgeois à une rude épreuve » - Marx.
Sur le site Aggiornamento, Quentin Deluermoz et Eric Fournier s'inquiètent du sort fait au XIXe et à La Commune dans les futurs programmes de première générale.
http://aggiornamento.hypotheses.org/463

Avec le redécoupage des programmes à la suite de la suppression de l'HG obligatoire en Terminale S (la chatelisation de l’histoire), le XIXe siècle est écartelé entre la fin de la classe de seconde et le début d'un programme de première qui malmène la chronologie :
. En seconde, la coupure finale hésite entre la fin du XIXe (cf le chapitre sur les migrations) et 1850. 
. Le premier XIXe court le risque d’être escamoté en seconde en fin d’année scolaire ;
. En première, la période entre 1848 et 1880 a disparu des radars des programmes.

Dans ce contexte, La Commune risque de redevenir un fantôme et un enjeu réservé aux BD de Jacques Tardi.

 

- La place de la Commune dans l’histoire scolaire a été abordée en 2003 dans un dossier de la revue Le cartable de Clio, numéro 3 - Qu’est-ce que je n’enseigne pas ? Qu’est-ce que je n’enseigne plus ?
dont l'article La Commune de 1871, une Érinye de l’enseignement, par Didier Nourrisson
http://clioweb.free.fr/revues/cartabledeclio/cartableclio.htm


- Un premier exil scolaire des Communards a eu lieu en 1981.

Dans un programme conçu sous Giscard, et appliqué par la gauche, le XIXe devait cohabiter avec deux autres parties une première sur les fondements de la civilisation européenne et une autre sur les civilisations non-européennes. L’étude de la Révolution a été marginalisée pendant quelques années et n’a repris une place conséquente qu’à la veille du bicentenaire. 
La coupure finale glissait de 1848 à 1880, un choix peu favorable à une prise en compte de la Commune.

La rupture de 1981 était significative à deux titres :

- Au lycée, l’histoire contemporaine (et l'événementiel) perdait son monopole. Par un effet mécanique (le début absorbe davantage d'heures), la partie sur les Héritages a parfois tout submergé, surtout si elle était conçue comme un nouveau survol chronologique de toute l’histoire, et non comme une réflexion sur les fondements de la société actuelle. Sans satisfaire les spécialistes d'Histoire Ancienne ou de Médiévale.

- dans l'histoire scolaire, l'événementiel prend souvent le dessus sur toutes les autres approches. Les civilisations extra-européennes, placées en fin de programme, n'ont pas eu davantage de succès que lors du programme Braudel appliqué et déshabillé après 1962.

 

- Entre 1981 et 2011, 8 ou 9 programmes d'histoire ont été expérimentés. La liberté pédagogique est sans cesse affirmée dans les textes, mais elle ressemble de plus en plus à une pure incantation. Les directives officielles se font de plus en plus pressantes (découpage horaire, documents d'accompagnement, textes patrimoniaux, sujets conseillés, questions ou approches stigmatisées - cf le schéma de la seigneurie).

Ne pourrait-on concevoir un jour des programmes qui permettraient de questionner l'histoire, d'exploiter le travail des historiens et donneraient de vrais choix de sujets aux enseignants et aux lycéens ? Aurait-on si peu confiance dans le métier des profs d'histoire ?


La Commune de Jacques Rougerie : http://www.commune-rougerie.fr/

Les photos mises en ligne par la Northwestern Library, le film de Peter Watkins...
http://clioweb.free.fr/dossiers/commune.htm

 

new-wash

source : http://digital.library.northwestern.edu/siege/docs/PAR00760.html

http://digital.library.northwestern.edu/siege/
 

16 mai 2011

Marc Ferro : Mes histoires parallèles

- Marc Ferro : « C'est vous qui dites que je suis un historien engagé ! »

L'historien Marc Ferro a publié il y a quelques jours un ouvrage intitulé « Mes histoires parallèles » aux éditions Carnets nord. Issu d'entretiens menés par l'universitaire Isabelle Veyrat-Masson, ce livre revient sur le parcours d'un homme souvent cité en parangon de ce que peut être l'engagement en Histoire.
Pour Rue89, cet héritier de Braudel et de l'Ecole des Annales explicite cette étiquette souvent mal comprise et revendique justement une démarche à l'opposée du militantisme. Amitiés à l'extrême-droite et refus des lois mémorielles inclus. Entretien avec Chloé Leprince pour Rue 89

« Jusqu'à Braudel, l'Histoire était au service d'une cause, à la défense du roi, du prince, du parti…Ernest Lavisse écrit L'Histoire de France en donnant toujours raison à la France ; les communistes, à Lénine. Il y avait toujours un militant derrière l'historien. C'était une prise de position plus ou moins subtile, plus ou moins profonde, plus ou moins juste. Jamais scientifique.
L'Ecole des Annales, avec Marc Bloch et Lucien Febvre, a tout changé en ne voulant plus d'une Histoire patriotique, au service de l'Eglise, ou autre… Le stade ultime de cette « dé-idéologisation » de l'Histoire, c'est à Braudel qu'on le doit : il a fait une Histoire qui n'était plus une Histoire de personnages historiques (la France, Louis XIV, Staline…) mais une Histoire naturelle des conflits dans les sociétés. Pure de toute idéologie partisane ».

« ... Un historien ne peut être que contre les lois mémorielles : elles entachent sa liberté de recherche... Et la tache s'étend, à la manière d'une peau de panthère...  L'Assemblée nationale a un droit sur l'histoire du pays puisqu'elle représente la nation ; mais elle n'a pas à faire des lois sur le passé. Elle peut décider d'une fête des harkis mais je ne suis pas obligé d'y aller ! »
http://www.rue89.com/entretien/2011/05/01/ferro-cest-vous-qui-dites-que-je-suis-un-historien-engage-201982

.
- Gérard Jorland, «Marc Ferro - Autobiographie intellectuelle» (éd. Perrin).
Ecouter l'auteur dans La Fabrique 13/05/2011
l'émission au format mp3 (E Laurentin accueille en même temps François Dosse pour son ouvrage sur Pierre Nora) :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-13.05.2011-ITEMA_20285195-0.mp3

- 4ème de couverture -
Parmi les historiens français, la place de Marc Ferro est singulière, à la croisée d'une histoire à la portée de tous et d'une histoire savante. Créatif et généreux, il incarne la volonté de comprendre notre époque.

D'emblée, son contact avec l'Histoire fut violent : en perdant sa mère dans le plus grand cataclysme de notre histoire contemporaine, il en découvre l'impact personnel et immédiat. Entré dans la Résistance, Marc Ferro figure parmi les survivants du maquis du Vercors. Professeur en Algérie, témoin engagé des «événements», il mesure le ressentiment des Arabes contre les colons. Ses travaux renouvellent les idées reçues et l'encouragent à procéder à une contre-histoire, par les images, les faits divers, les tabous, tous sujets que l'histoire traditionnelle avait ignorés. Bientôt, il anime Histoire parallèle, la première grande émission d'histoire critique à la télévision.

Travailleur infatigable, Marc Ferro a publié de nombreux ouvrages sur la révolution russe, les deux guerres mondiales, la
colonisation, le cinéma, qui construisent une approche sensible de notre époque, offrant à ses élèves, à ses lecteurs très nombreux, un décryptage sans cesse renouvelé de notre temps. Son itinéraire de chercheur nous est relaté ici à travers les articles majeurs qui ont jalonné son oeuvre et qui sont présentés, chacun dans son contexte, par Gérard Jorland, philosophe ami de l'historien.

ferro

source de la photo : http://lettre.ehess.fr/2182

13 septembre 2010

L'histoire scolaire en débats

Quelle histoire ! Le Monde - 11.09.10  -   copie temporaire au format word

Louis XIV ou l'empire Songhai ?
A propos d'une polémique récente, Le Monde a demandé à Patrick Garcia de balayer un siècle d'histoire scolaire.

Pour lui, l'histoire scolaire, depuis la fin du XIXe siècle, doit répondre à une triple finalité : morale, intégratrice et civique.
- La finalité morale, c'est l'idée selon laquelle l'étude du passé, pour citer les programmes de 1995, doit apprendre "l'absolu des valeurs et le sens du relatif conduisant à la tolérance".
- La finalité intégratrice, cela veut dire que l'histoire a une fonction identitaire ... elle a pour rôle de "fabriquer" des petits Français.
- Quant à la finalité civique, elle repose sur l'idée que l'histoire est censée aiguiser l'esprit critique et que, dès lors, elle est une excellente propédeutique à l'exercice de la citoyenneté. A ce titre, ce n'est pas un hasard si ce sont les profs d'histoire-géo qui, dès l'entrée de l'instruction civique dans les programmes du secondaire, à la Libération, ont assuré cet enseignement."

3 périodes :
- De 1880 à 1960, domination d'une histoire essentiellement nationale faisant la part belle à l'événementiel politique et diplomatique.
- Le programme de terminale de 1957 (manuels de 1962 ?) donne une place importante aux "civilisations" et à la longue durée ; une approche économique et sociale complète l'événementiel politique (Le monde entre 1914 et 1945). Le projet Haby prévoit de remplacer l'histoire par les sciences sociales. Il soulève un tollé. Parmi les adversaires d'Haby, l'APHG, Alain Decaux (Français, on n'apprend plus l'histoire à vos enfants), Louis Mexandeau, Michel Debré.
- Un double retour de balancier a lieu après 1985 : regain de l'histoire nationale sous Chevènement, valorisation du récit et réhabilitation du cours magistral.
"On en a terminé avec l'illusion, en vogue dans les années 1970-1980, selon laquelle le bon prof est celui qui parle le moins possible et laisse ses élèves devenir "historiens" en les faisant travailler sur documents".
Les programmes d'histoire doivent intégrer le "fait religieux", le patrimonial, la citoyenneté européenne. Une originalité en 1995 : un événement n'est plus seulement étudié en tant que tel, mais son historiographie et sa mémoire au sein de la société sont aussi étudiées.
« Autant d'évolutions qui démentent l'idée d'une discipline condamnée à une mort lente. Mais qui rendent à coup sûr son enseignement beaucoup plus complexe qu'au temps du Petit Lavisse et du Malet et Isaac ».

à suivre ....

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29 août 2010

Braudel et l'histoire enseignée

dans la semaine consacrée par France-Culture à Braudel, Quel enseignement pour l'histoire ?
Débat : avec André Burguière, Dominique Borne, Olivier Loubes.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11431-27.08.2010-ITEMA_20239473-0.mp3

- 2 visions opposées du sort du programme Braudel :
5e mn - AB - le programme Braudel marchait très bien
             DB : Les profs traitaient l'événementiel (1914-1945), il ne restait plus de temps pour étudier les civilisations...

- 17e - un paradoxe : le porteur d'une histoire globale et conceptuelle s'est rangé aux côtés d'Alain Decaux contre les programmes Haby. Il aurait défendu l'idée d'une histoire-récit traditionnelle jusqu'en première, l'histoire nouvelle-nouvelle ne concernant que la seule terminale.
En 1992, JC Martin avait aussi envisagé une rupture entre la 1ere et la Term.

- 28e : quelle histoire ?
    Civilisation matérielle pour les futurs travailleurs ? roman national ? roman européen ?

- Quelles finalités pour l'histoire ?
Développer la mémorisation ?
Permettre une identification aux héros du récit national ?
Faire réfléchir à la place de l'homme dans une société ?
Participer à la formation intellectuelle ?

- 15e : DB - Le récit est tout à fait essentiel ; on a trop fait une histoire à partir de petits bouts de documents saucissonnés

- Plusieurs moments du débat tournent à l'éloge marqué des programmes de 1995 (programmes Borne...)


- Les futurs programmes chatel soulèvent moins d'enthousiasme :
. La suppression de l'HG obligatoire en Term S fait de la première une classe terminale
. 36e : dans le futur programme de 1re, un thème traite de "croissance économique, mondialisation et mutation des sociétés".
Est-ce vraiment une référence braudelienne ? N'est-ce pas plutôt un simple rappel de ce qui se faisait en 1ere G/STT,   et donc un habillage d'une histoire traditionnelle avec les mots de Braudel ?
. en première, la consultation semble avoir été sans effet sur le texte final.
. 6 thèmes sont annoncés dans la Term ES et L.
Le choix mériterait d'être débattu. Pour OL, il manque une trame chronologique

Le débat évoque  l'âge d'or de la politique de recherche (6e section, l'histoire en position centrale dans les sciences de l'homme), la rupture qu'a été la création de la série ES (38e), et termine par le rapport à l'histoire nationale (L'identité de la France). A noter un flottement sur les dates d'application des programmes (Braudel et les autres)...
La relation HG est évoquée à plusieurs reprises (coupe topo et géol, chorêmes...)

27 août 2010

Braudel : le siège de Toulon en 1707

dans la semaine consacrée par France-Culture à Braudel,

- Le siège de Toulon en 1707
La leçon d'histoire de Fernand Braudel à des collégiens de 3eme de Chateauvallon en 1985.
A la fin, à 84 ans, il propose de remplacer définitivement le prof de la classe.
Simple trait d'humour sans suite ou annonce prémonitoire du sort des profs d'histoire après 2012 ??
La Fabrique a diffusé la leçon le 11 juin 2008.
La version vidéo est en vente sur le site de l'INA, le web avec carte bleue.
Sur Braudel, parmi les vidéos gratuites indexées par Google, un des chefs du FN est très présent...

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11430-27.08.2010-ITEMA_20239472-0.mp3

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- Quel enseignement pour l'histoire ? Débat : avec André Burguière, Dominique Borne, Olivier Loubes.

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11431-27.08.2010-ITEMA_20239473-0.mp3

.
- La Maison des Sciences de l'Homme : Histoire d'une maison.
Brigitte Mazon, archiviste, Jacques Revel, historien, Marc Ferro, historien. Entretien avec François Hartog.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11432-27.08.2010-ITEMA_20239474-0.mp3

Entendu :
L'histoire ? Le changement des hommes en société
Faire de l'histoire à l'EPHE ? Convertir le récit en problématique...
Evocation d'un âge doré où les chercheurs cherchaient, sans se soucier des effectifs, ni des classements, ni des marketeurs thatchériens...

France-Culture, la grille de l'été

26 août 2010

Braudel et l'histoire de surface

Les Grandes Traversées / Braudel

- Archives - Longue durée et histoire du monde (FC, 15 avril 1980, émission produite par Roger Pilaudin), avec Fernand Braudel et Pierre Chaunu.

. Faire l'histoire du monde, c'est l'enjeu de toutes les sciences de l'homme (par contraste avec les Social Science)
12e mn : en histoire, comme dans les sciences sociales, la première question est une question de vocabulaire. Braudel a installé "économie-monde", par référence à l'allemand, mais n'a pas été suivi pour empires-monde

. Civilisation ou culture ? (pour ne pas avoir d'ennui avec les puristes, Braudel confond civilisations et culture). Pour les anglo-saxons, la civilisation est haut-dessus de tous les autres, la culture désigne plutôt les peuples primitifs (sans écriture ?)
En réaction à la civilisation (terme français du XVIIIe), les Allemands placent la culture au dessus. En français, les définitions sont incertaines...

- La longue durée (raisonnable) de préférence à l'histoire de surface (événémentielle - Paul Lacombe)

- L'Identité de la France
Il évoque sa manière d'écrire (et de réécrire 7 ou 8 fois). Il lui a fallu 20 ans pour la Méditerranée (il a été fait prisonnier de 1940). 20 ans pour Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XV-XVIIIe. En 1980, il entamait son histoire de la France, prévue en 3 parties (6 tomes ?) : la France dans la longue durée - La naissance tardive de la France - Le destin de la France jusqu'à 1980

Braudel fait commencer la France à 1790 (la fête de la Fédération).
Chaunu lui oppose le XVe (Jeanne, la Lorraine), ou 1709, ou l'opposition morts-vivants façon Barrès.

à podcaster en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11430-26.08.2010-ITEMA_20239302-0.mp3
http://www.franceculture.com/emission-les-grandes-traversees-braudel-archives-dialogues-longue-duree-et-histoire-du-monde-2010-08

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- Débat - Identités françaises et roman national
L'identité de la France est au coeur du débat qui suit  entre Marc Ferro, Jean-Pierre Rioux, historien et Nicolas Offenstadt

A podcaster en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11431-26.08.2010-ITEMA_20239303-0.mp3
http://www.franceculture.com/podcast/2271201

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- Le documentaire se termine par un entretien avec l'anthropologue Marcel Détienne (30 dernières minutes)

A podcaster en mp3
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11432-26.08.2010-ITEMA_20239304-0.mp3

Christian Grataloup, article Braudel dans le dictionnaire de la géo

 

24 août 2010

Braudel, civilisations et cultures-monde

24.08.2010 : Les avatars de l'idée de civilisation
débat sur France-Culture, avec Patrick Boucheron, Christian Grataloup et Jean-Frédéric Schaub
fichier à podcaster en mp3
écoute sur france-culture

La grammaire des civilisations, c'est la réédition posthume en 1987 d’un manuel de 1963 ( Le monde actuel. Histoire et civilisations ) écrit avec un outillage mental des années 30.
Le BO du 19 juillet 1957 étalait le récit historique de la 6e à la 1ere. Les civilisations et la longue durée occupaient toute l'année de terminale. En juin 1959, le récit revient : le programme définitif prévoit un trimestre sur 1914-1945, deux sur les civilisations. Chez Nathan, le Monnier proposait 2 ouvrages, un de Duroselle en 250 pages sur l'événementiel (1914-1945), un de 350 pages sur les civilisations (M Bodin, JB Duroselle, JP Faivre, J Poirier, E Tersen, avec 6 chapitres sur la civilisation occidentale, 2 sur le monde communiste, 2 sur le monde musulman, 3 sur l'Afrique noire...).

Le projet scolaire a échoué : la longue durée a succombé devant la résistance du système. Sur le terrain, l'événementiel a vite occupé plus de 2 trimestres, l'épreuve orale au bac laissant peu de chance à la seconde partie. Le bac a servi de rabot : la période 1914-1945 a vite occupé tout l'espace, l'événementiel politique semblant plus rassurant dans un sujet d'oral à l'examen. Dans les années 1980, l'histoire des relations internationales a joué un rôle équivalent, avant l'arrivée, après 1995, des sujets nationaux dits de "société".
En France, l'histoire globale n'a pas eu de succès, mais les programmes ont plutôt évité une approche trop étroitement nationale (cf en Term : Le monde, l’Europe, la France)

Lire Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963), un article de René-Éric Dagorn http://www.espacestemps.net/document639.html

L'approche par les civilisations est à mettre en contexte : vers 1963, les activités rurales (chasse, élevage, labours, rizières...) occupent encore une place importante dans un monde en fortes mutations. 1963, c’est aussi la fin des empires coloniaux. Braudel n'était pas un anti-colonialiste.La civilisation, c’est au singulier un moyen de classer les sociétés en fonction du modèle européen (évolutionnisme, progrès de l'humanité) ; au pluriel, c’est aussi le moyen d’insister sur la diversité des sociétés. Il y aurait à dire sur l'influence de l'anthropologie anglo-saxonne (cf le double sens du mot « culture », les œuvres majeures léguées par les générations précédentes, par ex l'antiquité gréco-romaine, les pratiques sociales ordinaires ).
La triple temporalité chez Braudel, c'est un contrefeu au structuralisme.

Comment penser l’altérité, proche (Le Cid, Saladin) ou lointaine ?

Braudel a ouvert des portes. Il a incité à penser à l’échelle du monde, et les géographes de la géohistoire sont peut-être ses meilleurs héritiers. Mais L’Identité de la France a précédé ce que les intervenants présentent comme une certaine frilosité des historiens français depuis 1990 : à la différence des anglo-saxons, ils fuient les grandes questions, celles qui font courir le risque du démenti ou du ridicule, et préfèrent se réfugier dans des questions limitées, avec des réponses limitées sur des objets limités dans un cadre national...

Allusions dans le débat à Tamerlan, à Huntington, à Aristote au Mont Saint Michel...

braudel          braudelgc   

23 août 2010

Braudel, l'historien monde

dans les Grandes Traversées du 23 au 29 août, le matin de 9 à 12 h
L'été 2010 sur France Culture
Plusieurs débats traitent des thèmes qui ont animé sa recherche : l’histoire globale, les civilisations, l’économie de marché, la recherche, l’enseignement de l’histoire.

.
23/08 : L'histoire globale est-elle un mythe ?
Débat : avec Maurice Aymard, Roger Chartier et Steven Kaplan 
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11431.xml
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11431-23.08.2010-ITEMA_20238929-0.mp3
.
- Dans la 3e partie (89 mn), la dernière 1/2 heure est un entretien avec le géographe Jacques Lévy.l invite à ne pas abuser du parallèle entre temps et espaces (vers 1h05) : les différences structurelles sont importantes (irréversibilité du temps, les sociétés durent longtemps mais les individus meurent). Il prend son interlocuteur en flagrant délit d'association discutable entre petit espace et courte durée…

Selon lui, la géographie classique (Vidal) avait plusieurs défauts : elle n'avait pas de vision en termes d'acteurs ; c'était une anthropologie un peu populaire, peu sophistiquée. Elle ne s'intéressait pas véritablement à l'espace, l'espace était un donné qui se réduisait à la description du cadre naturel. La nature était vue comme contraignante, mais il y avait suffisamment de forces déterminantes pour que l'homme puisse exploiter diversement ces possibilités.
Pour Vidal, « tout ce qui est stable et permanent doit rester notre guide ». Braudel n'en est pas loin.
Dans les années 80, le travail des géographes a été de remettre l'espace dans l'histoire, d’en faire une composante des sociétés.

L'écouter aussi sur le piéton et la marche à pied, sur la différence entre les échelles (premier pas dans l'approche spatiale) et la métrique... Selon lui, on peut sans doute transporter ailleurs un vignoble (St Emilion) - sans altérer son goût. Ce n'est pas possible pour une ville.
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11432.xml
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11432-23.08.2010-ITEMA_20238930-0.mp3

.
25/08 : La Méditerranée vue en 1980 par Braudel, François, Vallet, Aymard, Thuillier, Werner et Toubert -
FC archives en mp3

Revue de presse via Netvibes : http://www.netvibes.com/clioweb#Presse

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