Le deuxième exil des Communards
- « La Commune est un sphinx qui met l’entendement bourgeois à une rude épreuve » - Marx.
Sur le site Aggiornamento, Quentin Deluermoz et Eric Fournier s'inquiètent du sort fait au XIXe et à La Commune dans les futurs programmes de première générale.
http://aggiornamento.hypotheses.org/463
Avec le redécoupage des programmes à la suite de la suppression de l'HG obligatoire en Terminale S (la chatelisation de l’histoire), le XIXe siècle est écartelé entre la fin de la classe de seconde et le début d'un programme de première qui malmène la chronologie :
. En seconde, la coupure finale hésite entre la fin du XIXe (cf le chapitre sur les migrations) et 1850.
. Le premier XIXe court le risque d’être escamoté en seconde en fin d’année scolaire ;
. En première, la période entre 1848 et 1880 a disparu des radars des programmes.
Dans ce contexte, La Commune risque de redevenir un fantôme et un enjeu réservé aux BD de Jacques Tardi.
- La place de la Commune dans l’histoire scolaire a été abordée en 2003 dans un dossier de la revue Le cartable de Clio, numéro 3 - Qu’est-ce que je n’enseigne pas ? Qu’est-ce que je n’enseigne plus ?
dont l'article La Commune de 1871, une Érinye de l’enseignement, par Didier Nourrisson
http://clioweb.free.fr/revues/cartabledeclio/cartableclio.htm
- Un premier exil scolaire des Communards a eu lieu en 1981.
Dans un programme conçu sous Giscard, et appliqué par la gauche, le XIXe devait cohabiter avec deux autres parties une première sur les fondements de la civilisation européenne et une autre sur les civilisations non-européennes. L’étude de la Révolution a été marginalisée pendant quelques années et n’a repris une place conséquente qu’à la veille du bicentenaire.
La coupure finale glissait de 1848 à 1880, un choix peu favorable à une prise en compte de la Commune.
La rupture de 1981 était significative à deux titres :
- Au lycée, l’histoire contemporaine (et l'événementiel) perdait son monopole. Par un effet mécanique (le début absorbe davantage d'heures), la partie sur les Héritages a parfois tout submergé, surtout si elle était conçue comme un nouveau survol chronologique de toute l’histoire, et non comme une réflexion sur les fondements de la société actuelle. Sans satisfaire les spécialistes d'Histoire Ancienne ou de Médiévale.
- dans l'histoire scolaire, l'événementiel prend souvent le dessus sur toutes les autres approches. Les civilisations extra-européennes, placées en fin de programme, n'ont pas eu davantage de succès que lors du programme Braudel appliqué et déshabillé après 1962.
- Entre 1981 et 2011, 8 ou 9 programmes d'histoire ont été expérimentés. La liberté pédagogique est sans cesse affirmée dans les textes, mais elle ressemble de plus en plus à une pure incantation. Les directives officielles se font de plus en plus pressantes (découpage horaire, documents d'accompagnement, textes patrimoniaux, sujets conseillés, questions ou approches stigmatisées - cf le schéma de la seigneurie).
Ne pourrait-on concevoir un jour des programmes qui permettraient de questionner l'histoire, d'exploiter le travail des historiens et donneraient de vrais choix de sujets aux enseignants et aux lycéens ? Aurait-on si peu confiance dans le métier des profs d'histoire ?
La Commune de Jacques Rougerie : http://www.commune-rougerie.fr/
Les photos mises en ligne par la Northwestern Library, le film de Peter Watkins...
http://clioweb.free.fr/dossiers/commune.htm

source : http://digital.library.northwestern.edu/siege/docs/PAR00760.html