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25 septembre 2014

Denver : l'histoire selon les cons.

 

Hundreds of Colorado students stage protest over history curriculum - The Guardian, 24.09.2014
http://www.theguardian.com/world/2014/sep/24/denver-students-walkout-protest-history-school-board

« Hundreds of students walked out of classrooms around suburban Denver on Tuesday
in protest over a conservative-led school board proposal to focus history education
on topics that promote citizenship, patriotism and respect for authority,
in a show of civil disobedience that the new standards would aim to downplay ».

The youth protest involving six high schools in the state’s second-largest school district follows a sick-out from teachers.
« I don’t think my education should be censored » says one of the students.

« The school board proposal that triggered the walkouts in Jefferson County calls for instructional materials that present positive aspects of the nation and its heritage. It would establish a committee to regularly review texts and course plans, starting with Advanced Placement history, to make sure materials “promote citizenship, patriotism, essentials and benefits of the free-market system, respect for authority and respect for individual rights” and don’t « encourage or condone civil disorder, social strife or disregard of the law ».

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18 août 2014

Fontenelle : Poste stressante

 

stressante

Sébastien Fontenelle , Poste stressante - Une entreprise en souffrance - Le Seuil 2013
http://www.seuil.com/livre-9782021099249.htm
https://www.bakchich.info/author/s%C3%A9bastien%20fontenelle.rss
https://twitter.com/vivelefeu


5/11 de l'usager au client - Sébastien Fontenelle décrit le formatage des salariés : extirper la culture de service public, imposer le culte de la privatisation, changer l'usager en client, si possible rentable (si « les clients demandent un timbre, on leur propose un prêt-à-poster ») - Backchich.info, 31.07.2014
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-5-11-de-l-usager-au-client-63563

1/11 : une nouvelle gouvernance - Backchich.info, 31.07.2014
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-1-11-une-nouvelle-gouvernance-63559
2/11 : haro sur les PTT
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-2-11-haro-sur-les-ptt-63560
3/11 : le retournement
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-3-11-le-retournement-63561
4/11 : vers la précarité
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-4-11-vers-la-precarite-63562
5/11 : de l'usager au client
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-5-11-de-l-usager-au-client-63563
6/11 : l'Europe, l'Europe, l'Europe
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-6-11-l-europe-l-europe-l-europe-63564
7/11 :
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-7-11-alertes-63565
8/11 : souffrances
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-8-11-souffrances-63566
http://actualite.portail.free.fr/societe/29-08-2014/poste-stressante-8-11-souffrances/

9/11 : suicides
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-9-11-suicides-63567
10/11 :
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-10-11-apres-le-grand-dialogue-63568
11/11 : le grand silence de l'Etat
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-11-11-le-grand-silence-de-l-etat-63569
http://actualite.portail.free.fr/societe/08-09-2014/poste-stressante-11-11-le-grand-silence-de-l-etat/

audio : Sébastien Fontenelle
http://www.canalsud.net/?Poste-stressante-fdl-du-31-03-2014

« À La Poste aussi, les agents doivent penser en termes de marché », Le Monde diplomatique, octobre 2002
Partout, dans le groupe, le culte de la rentabilité produit les mêmes effets – qui ne touchent donc pas seulement les facteurs – et les mêmes décalages, car ses dirigeants n’ont de cesse, comme le soulignera le réalisateur Gilles Balbastre dans un long et passionnant article, « que de discipliner leurs agents pour extirper leur culture de service public » : ils les « conditionnent », par exemple, « pour leur faire transformer l’usager en client »
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/BALBASTRE/9496

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19 juillet 2014

La néolibéralisation selon David Harvey

 

David Harvey, Brève histoire du néolibéralisme, Les prairies ordinaires 2014
 ( A Brief History of Neoliberalism - 2005 )

Dans Libération, Eric Loret vante l’essai virulent du géographe David Harvey contre le néo-libéralisme, « cette idéologie qui s’intéresse moins à la politique qu’à la police », pour « défendre la propriété privée et garantir, au besoin par la force, le bon fonctionnement des marchés ».
« Pour qu’on ne se suicide pas tout de suite après cette description radicale du monde où nous vivons et ses «caractéristiques chinoises», l’auteur a prévu un chapitre sur les «perspectives de liberté» autres. Et c’est pas gagné »
L’ennui, c’est que l’ouvrage a été écrit en 2005, après la réélection de GWbush, avant la crise de 2008.
La traduction aurait mérité une actualisation du chapitre sur les formes de lutte efficaces.
http://www.liberation.fr/culture/2014/07/16/le-monde-ne-suffit-pas_1064967

« David Harvey ne fait pas de l’histoire des idées : il ne prétend pas faire l’archéologie de la « nouvelle raison du monde » ;
il n’aligne pas les notes de lecture et les typologies semi-savantes. Ce qui intéresse ce matérialiste, c’est le néolibéralisme
« réellement existant », celui qui, porté par des institutions et de solides coalitions d’intérêts, façonne le monde
dans lequel nous vivons » écrit François Denord dans une préface à lire en ligne.
http://www.lesprairiesordinaires.com/uploads/2/1/0/6/21065838/neoliberalisme.pdf

Selon lui, Harvey veut tordre le cou à plusieurs lieux communs :
- Le rejet de l’Etat ? « L’État néolibéral intervient continuellement pour créer un environnement institutionnel et un climat favorables au profit. Parallèlement, il étend le mécanisme concurrentiel à de nouveaux objets et à de nouveaux territoires ». Il réprime ceux qui contestent sa politique..
- Un néolibéralisme anglo-saxon ? Thatcher et Reagan n’ont pas emprunté le même chemin. En Chine, l’« économie socialiste de marché » apparaît au temps de Reagan et de Thatcher


- L'État néolibéral en théorie - L'État néolibéral en pratique - extraits en ligne
http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-br%C3%A8ve-histoire-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme-david-harvey

Harvey souligne les contradictions et les zones d’ombre de cette idéologie, les divergences d’interprétation entre intégristes de la religion de la propriété privée.

Comment se construit le consentement à la brutalisation ?
« Le néolibéralisme n’est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c’est de cette conception de l’action publique que nous sommes aujourd’hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s’est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d’intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d’agir et de penser ».

« Moins qu’une philosophie politique (la pensée peut-être utopique de Hayek et ses disciplines), la néolibéralisation peut s’analyser comme la réalisation pragmatique d’un projet politique visant à restaurer le pouvoir des élites économiques ». « Les inégalités et leur accroissement continu ne constituent en rien un effet pervers. »

« Harvey ne minimise pas l’investissement intellectuel des théoriciens néo-libéraux. Mais leurs idées n’ont pris l’ascendant que parce que les forces sociales dominantes les ont faites leurs... »


La démocratie en suspicion.  « Les théoriciens néo-libéraux nourrissent une certaine défiance vis-à-vis de la démocratie. Libéralisme politique et démocratie ne se confondent pas, loin s’en faut ».
L’État néo-libéral a besoin pour survivre (et séduire les électeurs) d'un certain type de nationalisme (cf Thatcher et les Malouines, cf aussi le nationalisme exalté lors de compétitions sportives).

Harvey note « l'apparente convergence entre la néolibéralisation d'États autoritaires comme la Chine ou Singapour et l'autoritarisme croissant qui se manifeste dans des États néolibéraux comme les États-Unis et la Grande-Bretagne. Que l'on songe à la manière dont ont évolué, au États-Unis, les réponses apportées à l'instabilité intrinsèque de l'État néolibéral ».

Selon lui, « pour éviter les catastrophes, il faut donc rejeter les solutions proposées par les néos-cons aux contradictions du néolibéralisme ».

Paris, Capital of Modernity (2003) a été traduit en 2011.
Harvey vient de publier Seventeen Contradictions and the End of Capitalism (2014).
La vidéo d'une conférence faite en avril 2014 à la London School of Economics est à voir et écouter en ligne
http://tinyurl.com/lse-harvey2014

Les publications de David Harvey :
http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Harvey  -  http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


DavidHarvey

source : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


rappels : quelques articles de référence en liens sur le web :

- Comment vendre à la découpe le service public
De l’Etat-providence à l’Etat manager
par Laurent Bonelli et Willy Pelletier, Le Monde diplomatique, décembre 2009
http://clioweb.free.fr/debats/decoupe-public.htm

- « Géohistoire du « néolibéralisme », Arnaud Brennetot,Université de Rouen, Cybergeo  novembre 2013,
http://cybergeo.revues.org/26071
AB veut distinguer les valeurs du premier néolibéralisme (libre-échange) reçues comme une évidence
par les dirigeants actuels des positions des libéraux les plus ultras,
pour mieux combattre ces derniers.

- Les mots ont un sens, août 2009
La novlangue néolibérale présentée sous la forme inhabituelle d'un plan de métro
http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/08/20/14680326.html

- un texte ancien (1996) qui a bcp circulé :
Perry Anderson, Histoire et leçons du néo-libéralisme. La construction d'une voie unique, 1996
http://page2.ch/EdPage2/p2_neolib_anderson.html

Serge Audier, Néo-libéralisme(s) : une archéologie intellectuelle, Grasset, 2012
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/04/14/24003774.html

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26 septembre 2012

Les SES, une cible politique

 

- « Le système éducatif français pousse à la méfiance à l’égard des entreprises » - L'Express, 18.09.2012
dans sa chronique, Christine Kerdellant commente les résultats d'une enquête de l'Iref (Institut de recherche économique et fiscale), « think tank d'inspiration libérale » sur « la façon dont sont présentés les acteurs économiques dans les manuels de lycée ». Le rôle de l'entrepreneur dans la création de richesse « est presque toujours occulté », l'État étant toujours présenté comme « l'acteur économique principal ».
http://www.irefeurope.org/sites/default/files/Manuels-d-économie-IREF_0.pdf

Nicolas Thibault et Isabelle Waquet, auteurs de manuels répondent à cette attaque récurrente
extrait :
« les manuels de Terminale cités sont des éditions 2007, liées à l'ancien programme. Pourtant, les éditions 2012, liées à un programme très largement renouvelé, sont disponibles depuis plusieurs mois.
... les auteurs de l'étude n'ont manifestement pas passé beaucoup de temps à étudier les manuels cités. Ils présentent des extraits complètement décontextualisés et choisis parmi les nombreux documents de manière partiale pour étayer des idées préconçues. Avec la même stratégie de choix sélectif, on pourrait aussi bien montrer que les manuels de SES promeuvent l'ultra libéralisme.
Dans ces conditions d'absence de sérieux, nous sommes surpris que l'Express prenne pour argent comptant cette soi-disant étude, de 15 pages écrites en gros caractères, même dans le cadre d'une chronique, forcément subjective ».

- Pascal Binet (Hatier) répond aussi à une chronique de L'Express et à l'IREF
http://www.apses.org/debats-enjeux/ses-et-serie-es-dans-les-media/article/le-marche-l-entreprise-et-l


- Manifeste pour toutes les sciences sociales au lycée -
L'auteur a croisé un texte de Sergio Alvarez publié par Atlantico
http://www.atlantico.fr/decryptage/suicidaire-combien-aura-t-encore-en-france-rentrees-sans-veritable-enseignement-economie
Il répond longuement à l'argumentaire d'un ultra-libéral dit de gauche (!) sur le blog Réflexions d'actualité
http://reflexionsdactualite.unblog.fr/2012/09/15/manifeste-pour-toutes-les-sciences-sociales-au-lycee/


 
- Les SES existent pour des raisons politiques et sont attaquées pour des raisons politiques
Un autre membre du forum rappelle l'intervention de Pascal Combemale, professeur en Khâgne B/L au lycée Henri IV, lors de la journée de mobilisation et de grève des enseignants de SES le 3 décembre 2008.
http://www.alternatives-economiques.fr/les-ses-existent-pour-des-raisons-politiques

source : forum apses - 09.2012

8 août 2012

La droite et ses valeurs

 

Quand la presse écrite semble vouloir voler au secours des droites orphelines ...


- La droite au défi de l'après-Sarkozy - La Croix, 30.07.2012
Quelles valeurs ? quels dirigeants ? quelle organisation ?
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/La-droite-au-defi-de-l-apres-Sarkozy-_EG_-2012-07-30-837106

également dans La Croix : Une droite plurielle
Une droitisation de la France sur certains thèmes
Le sarkozysme est une pratique politique plus qu'une idéologie
L'UMP s'interroge plus sur son leader que sur ses valeurs


- La droite répète : ""Nos valeurs, nos valeurs""... Oui, mais lesquelles ? - Le Monde 26.07.2012
L'historien Michel Winock analyse comment l'influence du FN pèse sur l'unité de l'UMP ;
il interprète l'urgence mise à la désignation d'un chef et souligne l'importance de sa refondation doctrinale.
http://www.lemonde.fr/culture/2012/07/26/la-droite-repete-nos-valeurs

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L'entretien évoque la responsabilité de NS dans les échecs successifs de la droite  (« son caractère impulsif, son défaut de civilité, ses multiples dérapages ...»). Ilsouligne les divisions à droite entre les tenants du christianisme social et les partisans d'un national-libéralisme.

Les valeurs ? Tous les dirigeants de la droite en parlent. « Pour l'instant, personne n'a vraiment fait la démarche d'expliciter ces valeurs. C'est d'autant plus étonnant que l'Histoire permet de discerner de solides points d'appui : l'autorité de l'Etat, la priorité de la production sur la redistribution,un certain conservatisme des  moeurs ».

« ... Dans l'Histoire, la droite n'a pas été sans doctrine ni sans idées, mais ce sont des idées aujourd'hui vaincues. La droite a fait siennes les victoires de la gauche, le suffrage universel, les droits de l'homme, les libertés publiques, le divorce, le rejet du racisme et de l'antisémitisme, la justice sociale, l'émancipation des femmes, même si cela n'a pas toujours été sans résistances, comme en témoigne le vote sur l'interruption volontaire de grossesse en 1975 ».

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- L'entretien passe trop vite sur l'héritage : la droite a longtemps cultivé le rejet de 1789, le culte de la propriété privée, la haine de la fonction publique. NS a repris les discours des catholiques traditionnalistes et a réactivé le cléricalisme si bien caractérisé et dénoncé en 1850 par Victor Hugo.
Cf le programmme électoral de 1928
ou en 1940 la devise "Travail Famille Patrie" (la patrie ? dans un pays occupé et pillé par les nazis ...)

- L'entretien néglige plus encore la rupture de 2007 : la droite hexagonale a tenté de mettre en oeuvre un thatchérisme, un mélange de vision patronale du monde (travailler plus pour gagner moins) et de nationalisme autoritaire ( la chasse aux immigrés, l'exploitation de la xénophobie, la prison comme réponse à toute question sociale, avec une fuite impossible dans le Tout Répressif). Sans oublier la chatelisation et la déstructuration de l'Ecole au nom d'une idéologie radicale et brutale qui a parfois pu tromper ...


L'UMP et ses micros-partis satellites en 2008 : infographie du Monde (29.07.2010 ?) reprise sur le blog CAP 2012


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4 juin 2012

Le Québec dans Les Matins

 

- Le mouvement étudiant au Québec dans Les Matins,
http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins

dont vers 7h40, entretien avec
Martine Desjardins, présidente de la FEUQ
Fédération étudiante universitaire du Québec
http://www.feuq.qc.ca/spip.php?rubrique2

Christian Rioux, Le Devoir
Robi Morder, GERME sur les mouvements étudiants


Egalement :

- Facebook travaille sur des outils destinés aux moins de 13 ans
Le Monde Technologies - 04.06.2012


- Deux regards sur la Fac :
. La résolution d'un pb de maths - Le Monde Sciences 20.05

. Femmes de ménage à la Fac, une précarité construite, Rue 89 03.06


- Politique : Les outrances de la poissonnière d'Aix,
ou la vulgarité clanique en compétition - Rue 89 - 10.05

 
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25 mai 2012

Lordon : Euro, terminus ?

 
phynance


Euro, terminus ?

Frédéric Lordon, Blog Pompe à Phynance, jeudi 24 mai 2012
http://blog.mondediplo.net/2012-05-24-Euro-terminus

Dans son combat contre les monétaristes et les penseurs dits orthodoxes, Frédéric Lordon analyse la situation de la Grèce et de l'Espagne. Il met en cause le mépris des peuples au nom d'une idéologie qui est en train de mettre à feu et à sang l'ensemble d'un continent. « La concurrence non faussée et le pacte de stabilité » devaient garantir la paix. « L’Europe de la paix » est en fait une machine à destructions sociales qui engendre de la guerre. Le fléau néolibéral conduit à la résurgence de l’extrême droite un peu partout (cf l’Aube dorée en Grèce).
Selon Frédéric Lordon, « il est maintenant temps de prendre conscience qu’il n’y aura aucune solution de survie de la monnaie européenne, et en fait de l’Union tout entière, sans une modification radicale de la politique allemande ».

extraits :

« ... l’Allemagne-la-rigueur est bien la même qui n’hésite pas à mettre 100 milliards d’euros sur la table pour sauver la banque Hypo Real Estate de ses petits débords. Mais y a-t-il là rien qui ne soit à l’image du colossal scandale des sauvetages respectifs des banques et des Etats ? Les unes seront sauvées à presque 0 %, les autres aux 5 % du FESF et du FMI. Aux premières l’argent gratuit donc, et l’inconditionnalité en prime : a-t-on entendu exiger quoi que ce soit des banques en contrepartie de leur sauvetage… et de l’immense désastre qu’elles ont laissé derrière elle ? Aux seconds l’argent prohibitif avec, en plus, la conditionnalité de l’ajustement structurel ! »

« Les dirigeants européens n'ont rien appris de l’histoire, rien compris des erreurs d’il y a quatre-vingts ans, celles de Hoover, de Laval… et surtout de Brünning... Fière de ses règles disciplinaires, de ses traités et de ses pactes, consciencieusement occupée à donner satisfaction aux marchés qu’elle a elle-même installés en position de tutelle, l’Europe, contre toute logique économique, a décidé qu’il n’était pas d’autre voie pour stabiliser les dettes publiques que la restriction généralisée ».

« ... Il est maintenant temps de prendre conscience qu’il n’y aura aucune solution de survie de la monnaie européenne, et en fait de l’Union tout entière, sans une modification radicale de la position allemande — et l’acceptation de tout ce qu’elle a toujours refusé : révision profonde des missions de la banque centrale, autorisations d’actions ponctuelles de création monétaire au profit des Etats, abandon du dogme de l’équilibre fiscal structurel, contrôle des capitaux, etc. ... »


sommaire :
Némésis politique
Sortie, mode d'emploi
Désastres réels, désastres fantasmés
Sauver Willy (avec Willy = BCE) ?...
… ou l'empêcher (Willy) de nager ?
Contagion
La mauvaise économie de « l'oubli du peuple »
« La paix » et « l'amitié entre les peuples » — disaient-ils…
En finir avec le boulet du « couple franco-allemand »


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14 avril 2012

Archéologie des néo-libéralismes

 

audier-neo


Les habits neufs du néo-libéralisme

Les Nouveaux Chemins avec Serge Audier
l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10467-13.04.2012-ITEMA_20360090-0.mp3


2 ouvrages à l'origine de cette émission :
Serge Audier, Néo-libéralisme(s) : une archéologie intellectuelle, Grasset, 2012
Lecture par Alter écohttp://www.alternatives-economiques.fr/neo-liberalisme

Le colloque Lippmann : aux origines du néo-libéralisme, dir Serge Audier, Le bord de l'eau 2012
Lecture dans Libération en 2008.


[ Colloque Lippmann, Société du Mont Pélerin, Hayek, Friedman, Aron, Rougier, Allais, Salaun ...  Serge Audier s'intéresse à l'archéologie et aux avatars multiples du néo-libéralisme [désigné sur ce blog comme l'idéologie libérale-autoritaire].

Dans l'émission, il rappelle la critique faite par Foucault (la mise en compétition de toute la société, y compris au sein de l'éducation) et celle de Bourdieu (l'oubli volontaire du social par les économistes). Il conteste la vision du du néo-libéralisme comme une mouvance intellectuelle unique et unifiée. Pour lui, il s'agit d'une nébuleuse hétéroclite : à toutes les périodes, de franches oppositions ont vu le jour entre ceux qui s'en réclamaient. 

Serge Audier termine l'émission en rappelant le lien entre ces théoriciens et les milieux conservateurs (et néo-cons aux USA).
(Certains penseurs n'ont pas hésité à changer de camp : Lippman fut d'abord progressiste). ]

 

Egalement :
Les mots ont un sens - Les mots du néolibéralisme sous la forme d'un plan de métro (au format pdf)
http://clioweb.canalblog.com/tag/novlangue



 

Perry Anderson, Histoire et leçons du néo-libéralisme. La construction d'une voie unique, 1996
http://page2.ch/EdPage2/p2_neolib_anderson.html


Néolibéralisme et constructivisme, 
Alain CAMBIER - Faidherbe - Lille
http://culture.univ-lille1.fr/fileadmin/lna/lna58/lna58p20.pdf


Penser le néolibéralisme, par Christian Laval -
La revue des livres
http://www.revuedeslivres.fr/penser-le-neoliberalisme-par-christian-laval/


Laurent Jeanpierre, Une sociologie foucaldienne du néo-libéralisme est-elle possible ?
In Michel Foucault : sociologue ? Sociologie et sociétés, vol. xxxviii, no 2, automne 2006
http://www.cip-idf.org/IMG/doc/SociologieFoucaldienne.doc


Le « nouveau » libéralisme, par Catherine Audard
[29-04-2009] - La vie des idées
« Par définition, le libéralisme ne peut inspirer des doctrines dogmatiques et sectaires. C’est pourquoi, par exemple, le néolibéralisme de Milton Friedman, repris par les gouvernements Thatcher et Reagan, est difficilement intégrable dans le camp libéral car il bascule très vite dans le conservatisme par la forme de son argumentation, souvent sectaire et dogmatique, tout autant que par le contenu de ses idées ».
http://www.laviedesidees.fr/Le-nouveau-liberalisme.html


11.1 - Libéralisme et néo-libéralisme
11.4.2 - La novlangue
http://abel.jerome.free.fr/outils/?id=124

 
La toile de la Revue des Livres : http://www.revuedeslivres.fr/la-toile-de-la-rdl/

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6 janvier 2012

L'école change-t-elle de modèle ?

 


L'école française est-elle en train de changer de modèle ?
Maryline Baumard - Le Monde - 11.02.2011
Se rapproche-t-elle du système anglo-saxon ? Qu'en pensent les acteurs de terrain ?

Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine.

La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier. Ce jour-là, a été annoncé le passage sous statut dérogatoire de près de 2 000 collèges et écoles. Dès septembre 2011, une part des 354 collèges et 1 725 écoles vont imaginer leur propre projet pédagogique, trouver des enseignants volontaires pour le mettre en œuvre et une organisation sur laquelle l'appuyer. Le tout contractualisé avec le recteur.

La promesse d'une contagion territoriale. Ce ne sont que 3,5 % des écoles et 4,5 % des collèges du pays ; de surcroît, ce sont les plus difficiles. Mais la symbolique est forte et le discours présidentiel prononcé le 19 janvier, lors des vœux au monde de la connaissance, augure d'une contagion territoriale à venir. Félicitant la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a amené 90 % des universités à l'autonomie, le chef de l'Etat a lancé devant 500 invités : " Si cela marche pour les universités, cela doit marcher aussi pour nos établissements, les lycées. Et si, dans notre pays, on faisait confiance aux enseignants, en leur laissant un peu d'autonomie ? "

Déjà, depuis la réforme du lycée, à la rentrée 2010, les proviseurs disposent d'un tiers de leurs heures à gérer en fonction de leur projet d'établissement. Un petit avant-goût dont ils ont encore un peu de mal à se saisir. Avec les conversions expérimentales de la rentrée prochaine, une mue plus importante se prépare. On octroie là " aux chefs des établissements lesplus difficiles une voix dans le recrutement des enseignants. C'est un début. On verra s'il passe ", lance l'académicien Antoine Compagnon dans un entretien au Point du 27 janvier.

Des cellules dormantes. La grande mue se prépare, par bribes, sans plan d'ensemble visible. "Comme en espionnage, on installe des dispositifs dormants. Un matin, on se réveillera, ils seront activés et le paysage aura changé", analyse Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants.

L'autre "cellule dormante" est la hiérarchie intermédiaire. Doucement, on la prépare à ses nouvelles fonctions. Les chefs d'établissement sont particulièrement choyés par le ministre qui voit en eux une bonne courroie de transmission. Dernièrement, Luc Chatel a voulu signer avec eux l'octroi d'une prime de 6 000 euros tous les trois ans. Au mérite. Un mois avant, les recteurs avaient vu leur prime flamber avec la mise en place d'une part de la récompense modulée selon la politique menée. Un recteur peut désormais obtenir 6 840 euros annuels de plus qu'un autre, qui traîne des pieds.

Or dans un système autonome, il faut des chefs. Le philosophe Marcel Gauchet prédisait, dès 2009, ce qui se dessine dans l'enseignement scolaire. " La seule idée de la droite, en matière d'éducation, est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité ", expliquait-il, de l'ironie plein la voix, dans un entretien au Monde le 23 avril 2009.

Dans une éducation nationale pilotée par le terrain, chaque établissement pourra développer son projet. Déjà 124 collèges ou lycées proposent des cours le matin et du sport l'après-midi. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de " permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Bientôt, d'autres établissements vont développer les sciences. Le plan présenté par Luc Chatel autorise cette orientation. Et puis, compte tenu des restrictions budgétaires, il y aura ici un lycée qui joue la carte des langues vivantes et là un autre qui se concentre sur les langues anciennes.

La rationalisation des options aboutira à ce profilage. Un peu comme dans l'enseignement privé sous contrat, où tel établissement est plutôt scientifique, tel autre élitiste ou axé sur l'épanouissement de l'enfant, quand un troisième est réputé pour son savoir-faire avec les élèves en difficulté.

Dans un système où les établissements ne se ressembleront plus, permettre aux familles de choisir a du sens. L'ouverture du choix des collèges et des lycées a été la première mesure prise dans le domaine de l'éducation par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Annoncée début juin 2007, elle paraissait symbolique. Demain, ce pourrait être la clé de voûte d'un système où les propositions différeront réellement d'un collège ou d'une école à l'autre.

Taux de réussite et évaluations. Et pour bien choisir, il faudra que chacun affiche ses résultats. Pour le bac, les statistiques sont disponibles. Pour les collèges, les taux de réussite au diplôme national du brevet se trouvent le plus souvent sur les sites académiques. Mais pour les écoles, rien. A moins que les enseignants qui se refusent à faire passer les évaluations ne soient pas tout à fait paranoïaques et qu'un jour l'outil d'évaluation nationale ne devienne un outil de classement. Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, ne l'exclut pas, " une fois que l'outil existe, on ne contrôle plus rien ".
D'ailleurs la publication école par école était le souhait initial de Xavier Darcos qui annonçait, le 28 janvier 2008 : " Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance ". Un an plus tard, il revenait sur sa décision. Le mal était fait et ces évaluations ont été partiellement sabotées cette année encore par des enseignants opposés à cette mise en compétition.

Comme le rappelle régulièrement Luc Chatel, il n'y aura plus de grand soir de l'éducation. Le paysage nouveau se dessine par petites touches, par glissements successifs. Mais au final, on pourrait bien, d'ici quelques années, se réveiller avec un modèle éducatif très différent, des établissements qui auraient chacun une identité, un projet et le vendraient à des parents en mal de choix.
Une construction brique à brique. Connaissant l'attachement syndical à une certaine uniformité - parfois purement théorique -, le gouvernement joue le puzzle. Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l'architecture d'ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu. D'autant que l'attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s'échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.


Autres articles dans une double page du Monde :
- A Lille, une brèche pour gérer le public comme du privé (programme CLAIR ou Eclair)
- Grande-Bretagne : L'école libre (les free schools), c'est possible
- Entretien avec François Dubet : « Il y a évolution sur le long terme, pas révolution »

http://www.lemonde.fr/education/contre_enquete/2011/02/10/l-ecole-francaise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele_1478198_1473685.html

http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389

http://www.profencampagne.com/article-l-ecole-fran-aise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele-66866948.html

15 décembre 2011

L'Ecole change-t-elle de modèle ?

 

L'école française est-elle en train de changer de modèle ?
Maryline Baumard - Le Monde Education - 11.02.2011
http://www.lemonde.fr/education/contre_enquete/2011/02/10/l-ecole-francaise-est-elle-en-train-de-changer-de-modele_1478198_1473685.html

2 sources en ligne pour un article cité dans l'émission Rue des Ecoles du 14/12/2011
http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389
http://www.profencampagne.com/

Se rapproche-t-elle du système anglo-saxon ?
Qu'en pensent les acteurs de terrain ?

Une nouvelle école s'esquisse. Comme face à un puzzle auquel il manque trop de pièces, il est longtemps resté difficile de deviner à quoi l'école de l'après-2012 pourrait ressembler en cas de réélection de la droite. Est-ce qu'on était dans un simple régime minceur - jeudi 10 février, les enseignants sont en grève pour dénoncer une rentrée avec 16 000 postes en moins -, ou dans un changement de modèle ? La réponse s'impose doucement et une architecture nouvelle se dessine.
La pièce maîtresse s'est emboîtée le 12 janvier. Ce jour-là, a été annoncé le passage sous statut dérogatoire de près de 2 000 collèges et écoles. Dès septembre 2011, une part des 354 collèges et 1 725 écoles vont imaginer leur propre projet pédagogique, trouver des enseignants volontaires pour le mettre en œuvre et une organisation sur laquelle l'appuyer. Le tout contractualisé avec le recteur.

La promesse d'une contagion territoriale. Ce ne sont que 3,5 % des écoles et 4,5 % des collèges du pays ; de surcroît, ce sont les plus difficiles. Mais la symbolique est forte et le discours présidentiel prononcé le 19 janvier, lors des vœux au monde de la connaissance, augure d'une contagion territoriale à venir. Félicitant la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, qui a amené 90 % des universités à l'autonomie, le chef de l'Etat a lancé devant 500 invités : " Si cela marche pour les universités, cela doit marcher aussi pour nos établissements, les lycées. Et si, dans notre pays, on faisait confiance aux enseignants, en leur laissant un peu d'autonomie ? "
Déjà, depuis la réforme du lycée, à la rentrée 2010, les proviseurs disposent d'un tiers de leurs heures à gérer en fonction de leur projet d'établissement. Un petit avant-goût dont ils ont encore un peu de mal à se saisir. Avec les conversions expérimentales de la rentrée prochaine, une mue plus importante se prépare. On octroie là " aux chefs des établissements lesplus difficiles une voix dans le recrutement des enseignants. C'est un début. On verra s'il passe ", lance l'académicien Antoine Compagnon dans un entretien au Point du 27 janvier.

Des "cellules dormantes". La grande mue se prépare, par bribes, sans plan d'ensemble visible. "Comme en espionnage, on installe des dispositifs dormants. Un matin, on se réveillera, ils seront activés et le paysage aura changé", analyse Christian Chevalier, secrétaire général du Syndicat des enseignants.
L'autre "cellule dormante" est la hiérarchie intermédiaire. Doucement, on la prépare à ses nouvelles fonctions. Les chefs d'établissement sont particulièrement choyés par le ministre qui voit en eux une bonne courroie de transmission. Dernièrement, Luc Chatel a voulu signer avec eux l'octroi d'une prime de 6 000 euros tous les trois ans. Au mérite. Un mois avant, les recteurs avaient vu leur prime flamber avec la mise en place d'une part de la récompense modulée selon la politique menée. Un recteur peut désormais obtenir 6 840 euros annuels de plus qu'un autre, qui traîne des pieds.

Or dans un système autonome, il faut des chefs. Le philosophe Marcel Gauchet prédisait, dès 2009, ce qui se dessine dans l'enseignement scolaire. " La seule idée de la droite, en matière d'éducation, est de créer des patrons de PME à tous les niveaux, de la maternelle à l'université. Il paraît que c'est le secret de l'efficacité ", expliquait-il, de l'ironie plein la voix, dans un entretien au Monde le 23 avril 2009.
Dans une éducation nationale pilotée par le terrain, chaque établissement pourra développer son projet. Déjà 124 collèges ou lycées proposent des cours le matin et du sport l'après-midi. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de " permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives ". Bientôt, d'autres établissements vont développer les sciences. Le plan présenté par Luc Chatel autorise cette orientation. Et puis, compte tenu des restrictions budgétaires, il y aura ici un lycée qui joue la carte des langues vivantes et là un autre qui se concentre sur les langues anciennes.
La rationalisation des options aboutira à ce profilage. Un peu comme dans l'enseignement privé sous contrat, où tel établissement est plutôt scientifique, tel autre élitiste ou axé sur l'épanouissement de l'enfant, quand un troisième est réputé pour son savoir-faire avec les élèves en difficulté.
Dans un système où les établissements ne se ressembleront plus, permettre aux familles de choisir a du sens. L'ouverture du choix des collèges et des lycées a été la première mesure prise dans le domaine de l'éducation par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Annoncée début juin 2007, elle paraissait symbolique. Demain, ce pourrait être la clé de voûte d'un système où les propositions différeront réellement d'un collège ou d'une école à l'autre.

Taux de réussite et évaluations. Et pour bien choisir, il faudra que chacun affiche ses résultats. Pour le bac, les statistiques sont disponibles. Pour les collèges, les taux de réussite au diplôme national du brevet se trouvent le plus souvent sur les sites académiques. Mais pour les écoles, rien. A moins que les enseignants qui se refusent à faire passer les évaluations ne soient pas tout à fait paranoïaques et qu'un jour l'outil d'évaluation nationale ne devienne un outil de classement. Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, ne l'exclut pas, " une fois que l'outil existe, on ne contrôle plus rien ".
D'ailleurs la publication école par école était le souhait initial de Xavier Darcos qui annonçait, le 28 janvier 2008 : " Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance ". Un an plus tard, il revenait sur sa décision. Le mal était fait et ces évaluations ont été partiellement sabotées cette année encore par des enseignants opposés à cette mise en compétition.
Comme le rappelle régulièrement Luc Chatel, il n'y aura plus de grand soir de l'éducation. Le paysage nouveau se dessine par petites touches, par glissements successifs. Mais au final, on pourrait bien, d'ici quelques années, se réveiller avec un modèle éducatif très différent, des établissements qui auraient chacun une identité, un projet et le vendraient à des parents en mal de choix.
Une construction brique à brique. Connaissant l'attachement syndical à une certaine uniformité - parfois purement théorique -, le gouvernement joue le puzzle. Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l'architecture d'ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu. D'autant que l'attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s'échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.


Autres articles dans une double page du Monde :
- A Lille, une brèche pour gérer le public comme du privé (programme CLAIR ou Eclair)
- Grande-Bretagne : L'école libre (les free schools), c'est possible
- Entretien avec François Dubet : « Il y a évolution sur le long terme, pas révolution »

 

 

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