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25 juillet 2017

Taddei : Vers une société apprenante



- Vers une société apprenante
Rapport sur la recherche et développement de l'éducation tout au long de la vie
 François Taddei, Catherine Becchetti-Bizot et Guillaume Houzel

    Intensifier la recherche pour faire progresser l'éducation
    Le développement professionnel au coeur d'un changement de culture
    Un écosystème numérique pour apprendre, progresser et partager
    Coopérer à toutes les échelles pour mieux apprendre
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2017/40/3/Rapport_recherche_et_developpement_education_V2_756403.pdf

synthèse :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/03_-_mars/19/0/2017_rapport_taddei_740190.pdf


- François Taddéi sur le site web du SGEN
http://www.sgen-cfdt.fr/actu/linvite-du-mois-francois-taddei/

 

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24 juillet 2017

Le Vel d’Hiv, la France et l’historien

 

- Le Vel d’Hiv, la France et l’historien
tribune de Sébastien Ledoux Paris 1, Libération 20.07.2017
http://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux/blog/240717/le-vel-dhiv-la-france-et-lhistorien

Les débats politiques actuels autour de la question de la responsabilité de la France dans la rafle du Vél d’Hiv viennent contrarier un certain consensus qui semblait établi depuis le discours de Jacques Chirac en juillet 1995.

Sébastien Ledoux a publié « Le Devoir de mémoire : une formule et son histoire »


- La rafle du Vel' d'Hiv' un crime français
En avril, il avait publié une autre tribune sur un blog de Médiapart 10.04.2017
au lendemain d'une sortie de MLP

tout comme Henry Rousso dans le Huffington Post 11.04.2017

http://clioweb.canalblog.com/tag/rafle


 

 

23 juillet 2017

Paul Nicolle (1884-1952)

 

Paul Nicolle (1884-1952)

René Jouanne. Paul Nicolle. In: Annales de Normandie, 2ᵉ année, n°1, 1952. pp. 84-85;
http://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1952_num_2_1_5606

Les Annales de Normandie, ne sauraient passer soins silence la disparition de l'historien normand Paul Nicolle, décédé à Paris le 6 Mars 1951. Né à Mézidon, le 10 août 1884, il fit de solides études au collège de Vire, fut nommé, le 14 octobre 1906, répétiteur au collège de Bernay, où il prépara la licence d'histoire. Reçu licencié à la Faculté de Caen, Le 13 novembre 1908, il obtenait son diplôme d'étudiés supérieures en juin 1909. Répétiteur au collège de Saint-Lô, au mois d'octobre 1909, il occupa ensuite les chaires de professeur d'histoire aux collèges de Sées (1910) et de Vire (1913).

Il prit part à la première guerre mondiale comme volontaire, s'y conduisit vaillamment, fut blessé et cité (trente ans plus tard son comportement patriotique devait attirer sur lui l'attention de la Gestapo et l'obliger à quitter temporairement Paris pour se réfugier dans l'Orne, à Bellou-en-Houlme) . Rentré dans ses foyers, il consacra désormais les loisirs que lui laissait l'enseignement, à une thèse sur L'Histoire de Vire pendant la Révolution (1789-1800), qui lui valut le titre de docteur es lettres, avec la mention « très honorable », le 25 juin 1923. Il avait dédié cet important ouvrage au professeur Aulard et à ses maîtres de la Faculté des Lettres de l'Université de Caen.

[Le jury était composé de
MM. Prentout, professeur d'histoire de Normandie à la Faculté des Lettres ;
Bridrey, professeur à la Faculté de Droit, auteur de l'édition si estimée des Cahiers de doléances du bailliage du Cotentin ;
Weill, professeur d'histoire moderne et contemporaine ;
Barbeau, Rainaud et Besnier, professeurs à la Faculté des Lettres]

Sa thèse complémentaire, sur La vente des Biens nationaux à Vire et dans les communes voisines, fut publiée par le Comité du Calvados des documents relatifs à la Vie économique de la Révolution française qui, en 1927, édita la suite de cette remarquable étude (anciens cantons de Vire et de Pontfarcy).
La table des matières des 2 volumes
http://clioweb.free.fr/dossiers/revo/pnvbn.pdf


Le professeur Henri Prentout, qui faisait partie du jury de la Faculté de Caen, loua particulièrement le « travail en profondeur » d'un érudit qui, dans le détail, était parvenu à une véritable (perfection, « grâce à un certain goût de la minutie, doublé d'une forte dose d'abnégation » (P. Nicolle n'avait-il pas dépouillé 150 années de registres d'état civil ?) ; et il lui décernait cet éloge : « Je crois qu'il sait de la Révolution, à Vire, tout ce que l'on en peut savoir. » Quant à son étude sur la vente des biens nationaux, il la considérait comme un « travail minutieux, précis, sûr, - qualité exceptionnellement rare en cette matière, - extrêmement neuf en sa méthode et en ses résultats ».

Ce brillant succès universitaire devait conduire son auteur au lycée d'Alençon, où il enseigna de 1926 à 1937. Appelé au bureau du Comité départemental de l'Orne pour la recherche et la publication des documents économiques de la Révolution, que nous avions réorganisé en 1926, il donnait à notre bulletin de janvier-juin 1929 un article sur L’utilisation des Archives communales pour l'Histoire de la propriété foncière à la fin du XVIII° siècle, suivi d'une étude sur La répartition de la Propriété foncière à Condé-sur-Sarthe en 1791-1792 (n° de juillet-décembre).

Une circulaire du 13 octobre 1930 ayant invité les membres du Comité à dresser le bilan des ressources relatives à l'étude des cahiers de doléances pour les Etats généraux de 1789, il y répondit par un long article, - auquel il nous demanda de collaborer, - sur les Cahiers de Doléances en 1789 dans la Région ornaise (juillet-décembre 1930, janvier-juin 1931 et 1935). Enfin il entreprenait la publication de la curieuse Correspondance reçue par le Représentant du Peuple Fourmy, député de l’Orne à la Convention (bulletins de 1931 à 1938).

Entre temps il s'était intéressé à un autre conventionnel ornais, le Girondin Valazé. Publié en 1933 chez Félix Alcan, le livre qu'il lui consacra, et dont l’élaboration avait été suivie par Albert Mathiez, fut préfacé par M. Georges Lefebvre. L'année suivante, il donnait aux Annules historiques de la Révolution française un. article sur Les meurtres politiques d'Août et Septembre dans le Département de l'Orne (n° de mars-juin 1934). Appelé à Paris en 1937, au lycée Claude-Bernard où il termina sa carrière en 1948, et devenu le secrétaire adjoint du Comité directeur des Etudes Robespierristes, il continua sa collaboration aux Annales : Le Mouvement fédéraliste dans l'Orne en 1793 (no de janvier-octobre 1938) ; La Fille d'Hébert (octobre-décembre 1947) ; Note sur J. C. Marquât, le dernier imprimeur du Père Duchesne (janvier-mars 1948).

Ajoutons enfin que Paul Nicolle avait obtenu le prix Alphonse Peyrat pour l'ensemble de sa contribution à l'histoire de la Révolution et qu'à La Barre-de-Semilly (Manche), où il s'était retiré, il mettait la dernière main à une biographie de l'Alençonnais Hébert, quand la mort interrompit ses travaux historiques. Souhaitons que ce précieux manuscrit, auquel il attachait une importance particulière, trouve prochainement un éditeur.

Paul Nicolle était un maître dans toute l'acception du terme. Ses anciens élèves, devenus et demeurés ses amis, n'ont perdu ni le souvenir ni le profit de son enseignement direct, objectif, précis et vivant, puisé aux sources mêmes d'une érudition qui ne fut jamais rebutante. Ils n'ont pas compris que cet universitaire, qui figura pendant tant d'années sur la liste d'aptitude à l'enseignement supérieur, n'ait pas été appelé à une chaire de Faculté. Ils se sont également étonnés de ce qu'à côté de la croix de guerre et de la rosette de l'Instruction publique, une autre distinction méritée, mais que sa modestie lui interdisait de solliciter, n'ait pas souligné, en fin de carrière, la valeur exceptionnelle du professeur et de l'historien. On nous permettra de partager leur étonnement et leurs regrets.


voir aussi Au Pays Virois
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54911463/texteBrut

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23 juillet 2017

Shlomo Sand répond à E. Macron

 

Shlomo Sand : l’antisionisme n’est pas une forme réinventée d’antisémitisme
LDH-Toulon 22.07.2017
http://www.ldh-toulon.net/Shlomo-Sand-l-antisionisme-n-est-pas-une-forme-reinventee-d-antisemitisme.html

« Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son auto-définition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ? »


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23 juillet 2017

Rencontres déconomiques 2017

 

 

Les Rencontres Déconnomiques 2017 ont eu lieu.
Le programme :
http://lesrencontreseconomiques.fr/2017/programme/


Les premières vidéos des conférences sont en ligne

Danièle Linhart : http://www.youtube.com/watch?v=4WNWkv17GK4

José Rose : http://www.youtube.com/watch?v=cxYD9AZyWn8

Eric Stemmelen : http://www.youtube.com/watch?v=9DO7qxIyB-0

Gérard Mordillat : http://www.youtube.com/watch?v=g6GfPcfyMiA

 

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22 juillet 2017

Le gvt des Parisiens

 

gvt-parisiens-dp1

Le gvt des Parisiens - Paris, ses habitants & l’Etat : 1 histoire partagée

 


- Expo jusqu'au 22.07.2017

- Conférence B Bove, N Lyon-Caen, Q Deluermoz
http://www.youtube.com/watch?v=JH9FLNu4u7c

- dossier de presse à télécharger
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/324/files/2017/04/DOSSIER-DE-PRESSE-EXPO-HDV-PARIS.pdf
ou
http://presse.paris.fr/wp-content/uploads/2017/04/DOSSIER-DE-PRESSE-@.pdf


- compte rendu d'un catalogue en 3 parties :
. une traversée chronologique du XIIe à 1977
. un choix de thèmes
. les interactions entre la ville et l'Etat.
http://sfhu.hypotheses.org/3034

 

 

lamartine-drapeau

Félix Philippoteaux (1815-1884). « Lamartine repoussant le drapeau rouge devant l’Hôtel de Ville, le 25 février 1848 ».
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.
© Petit Palais / Roger-Viollet

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22 juillet 2017

Capes Histoire-Géo 2017 : rapport

 

Capes Histoire-Géo 2017 :
le rapport du concours externe présidé par Vincent Duclert est en ligne (189 pages)

http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/ext/57/1/RJ_2017_CAPES_externe_histoire_geographie_796571.pdf



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21 juillet 2017

Pétrarque 2017 : Où est passée la révolution ?

 

Où est passée la révolution ?
Les Rencontres de Pétrarque 11.07.2017
par Jean Birnbaum et Hervé Gardette
avec Pascal Ory, Sophie Wahnich et Frédéric Rouvillois
http://www.franceculture.fr/emissions/les-rencontres-de-petrarque/ou-est-passee-la-revolution


notes perso :

P. Ory : le grand siècle de la révolution, c'est le XIXe, de la révo américaine à la double révo russe.
Au XVII, l'Angleterre a vécu 2 révolutions, une radicale avec Cromwell, une libérale (la Glorieuse Revolution) en 1688
Le XXe affaiblit le concept de révolution :
cf Mantoux parle de révolution industrielle pour une mutation technique et sociale de longue durée


S. Wahnich constate une grande confusion (révolution dite nationale).
Pour elle la révolution, ce sont des transformations radicales ET une marche vers davantage d'émancipation
Elle regrette l'arrêt de transmission scolaire et la perte de transmission
Mais elle constate l'intérêt d'un regard neuf, des étudiants actuels posant de bonnes questions

Révolution nationale ?
Pour P Ory, le populisme est à droite, c'est la captation d'une partie de l'héritage de gauche au profit de valeurs de droite
cf les blanquistes dans le boulangisme
Quand ces valeurs sont extrémisées, cela devient du fascisme

FR - Il cite Goebbels, la prise complète de pouvoir en 1933, sans effusion de sang (sic et resic)
Pour lui, toute révolution est porteuse de risques éminents.
Il estime L'utopie intrinsèquement perverse (Pie XI sur le communisme), du fait de la sublimité de son objectif, réaliser 1 soc parfaite.
Ceux qui ne suivent pas le mouvement sont vus comme des monstres qu'il faut éliminer.  
Il considère l'utopie comme totalitaire et mortifère.
Mais en ce moment, l'idée de progrès a bcp du plomb dans l'aile, les utopies complètes sont passées de mode.


SW - L'utopie n'est pas le stalinisme.
Citer Goebbels, c'est enterrer l'utopie.
Ne pas laisser ces concepts au nazime et au stalinisme,
il faut les récupérer au service d'une démocratie délibérative et utopique

More, Camapanella... ?
Ces théoriciens ne sont pas au pouvoir.
Leur société est face à un pouvoir monarchique qui veut tout régenter,
ils écrivent des textes qui permettent à des cénacles d'inventer des imaginaires pour tenir en situation d'étiage de la liberté.
Où est l'oppression ? Chez ceux qui écrivent ou chez ceux qui exercent le pouvoir ?


FR L'utopie l'envie d'une bifurcation ?
On peut appeler n'importe quoi n'importe comment. :-)
La perfection est le ver dans le fruit, qui mène vers des lendemains qui ne chantent pas


P Ory évoque Simon Leys, Batavia
La société issue d'un naufrage au large de l'Australie aboutit d'emblée à l'horreur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Naufragés_du_Batavia

Après 1870, la France a plutôt fait le choix du centre et du compromis.
La radicalité peuple plutôt les musées : elle produit la modernité culturelle
La radicalité est increvable : il y a toujours de bonnes raisons de rejeter la société extistante, et de rêver d'une autre.

 

SW - quelque chose chose se joue aujourd'hui dans le refoulement de l'idée d'utopie.
Les déclarations des droits de l'homme (1789, 1793) ont mis en avant la liberté et la résistance à l'oppression.

Aujourd'hui, le vrai danger, ce n'est pas l'utopie, mais le droit pénal de l'ennemi,
le droit de tuer l'ennemi [avec des drones] (1980, Günther Jakobs juriste allemand, d'après Carl Schmidt) ?
Torturer pour éviter des événement monstrueux,
n'est-ce pas un dilemme lui même monstrueux qui crée la condition de la politique du pire ?

Jean-François Dreuille.  Le droit pénal de l’ennemi : éléments pour une discussion.  Jurisprudence page 149, Université de Savoie, 2012
http://hal.univ-smb.fr/hal-01479079/document


Dans ce débat, il faudrait savoir un peu mieux ce qu'est la révolution
La foi en l'impossible (Quinet ?), c'est l'autre nom de l'utopie,
l'impossible, c'est le rapport à une justice qui serait stabilisée


P Ory : les contre-révolutionnaires sont à la traîne.
En 1789, dans le drapeau, le tricolore n'est pas la fusion des couleurs de Paris et de celle de la monarchie.
Le tricolore est le symbole choisi d'emblée par les révolutionnaires, partisans de la liberté.
Par réaction, les monarchistes sont amenés à revendiquer le blanc.
Le danger actuel, c'est le populisme et les prises de guerre sur ses adversaires (FN au pouvoir en Finlande).


SW cite P Clastres, la société contre l'Etat
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Clastres
le danger ce n'est pas l'idéologie mais la mnière dont des gouvernants produisent une capture des liberté individuelles, une capture qui peut se faire dans une société qui a abandonné toute utopie émancipatrice et où le pouvoir refuse d'annoncer son projet.


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20 juillet 2017

Quelle évolution du CNRD ?

 

- Concours national de la Résistance et de la Déportation
arrêté du 23-6-2016 - J.O. du 28-6-2016
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=103870


- La Refondation du CNRD (concours national de la Résistance et de la Déportation), Tristan Lecocq, IGEN

http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/la-refondation-du-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation/

Avant 2010, la 2 GM occupait trois chapitres dans un manuel de première :
la guerre mondiale, la France dans la 2 GM, la destruction des juifs par l'Allemagne nazie

Depuis Chatel, 1 seul chapitre met l'accent sur une guerre d'anéantissement.

1. Un concours adapté aux programmes, des procédures simplifiées, de nouveaux participants
« les thèmes annuels proposés seront adossés aux programmes d’enseignement, dans leur triple dimension académique, didactique et pédagogique »

2.Un concours mieux préparé, mieux harmonisé, mieux valorisé
« L’enseignement de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, en collège et dans les lycées, la réflexion sur les mémoires de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, le recul critique par rapport à un savoir en permanente évolution sont ainsi au cœur de la rénovation du CNRD »


- La revue Historiens & Géographes publie la tribune de Franck Schwab (APHG Lorraine)
http://www.aphg.fr/CNRD-vers-la-lobotomie

Dans un article mis en ligne le 30 mars 2017 sur le site du Souvenir français et intitulé « La refondation du CNRD », l’Inspecteur général Tristan Lecoq présente aux membres de cette honorable association ce que devrait être le nouveau Concours national de la Résistance et de la Déportation mis au point par les services de l’Education nationale. L’époque est aux refondations. Après avoir « refondé » l’école et peut-être avant de refonder la République - voire l’Europe - il fallait sans doute chercher à « refonder » le CNRD, même si, rappelons-le, celui-ci continue de se porter comme un charme puisqu’il est toujours, et de très loin, le premier concours scolaire du pays. Or, qui dit refondation du CNRD dit forcément redéfinition de ses objectifs. Les voici crûment formulés : « Le concours porte sur la résistance à l’occupant et à ses vassaux, sous toutes ses formes, extérieure et intérieure, militaire et politique, du 18 juin 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il porte sur la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, ses étapes et ses espaces, ses processus et ses appareils, ainsi que la déportation d’autres minorités telles que les Tziganes. » Et c’est tout, fin des objectifs !

Le nouveau concours reste donc strictement centré sur la résistance des Français à l’occupant en faisant totalement l’impasse sur la dimension européenne du phénomène (pour la refondation de l’Europe, ce sera une autre fois...) alors qu’il aurait sûrement pu être judicieux de faire travailler les élèves sur la résistance allemande. Surtout, il limite désormais l’étude de la déportation au seul cas des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles étaient et qui appartenaient donc à ce que les historiens appellent aujourd’hui la « déportation de la persécution » : les Juifs et les Tsiganes, en premier lieu, mais aussi les membres de ces « autres minorités » que sont par exemple les homosexuels ou les Témoins de Jéhovah. A l’inverse, le futur concours va maintenant faire entièrement l’impasse sur l’« autre déportation », celle des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles faisaient et qui ont appartenu à ce que les historiens appellent la « déportation de répression ». Exit donc du concours le déporté résistant qui s’est battu pour la liberté et pour une certaine idée de l’Homme et de la société jusqu’à l’intérieur des camps de concentration. Plus rien désormais sur ces refondateurs de la République et sur leur expérience terrible du système concentrationnaire nazi. A l’heure où les programmes d’éducation morale et civique mettent l’accent sur la notion d’engagement, c’est tout à fait surprenant et c’est même, disons-le, quasiment scandaleux.

Nuit et Brouillard ; connais plus ; Charlotte Delbo et ses compagnes entrées à Auschwitz en chantant La Marseillaise : connais pas ; Robert Antelme : connais pas ; par voie de conséquence, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Natzweiler, Mauthausen : connais plus. Et puisque parler des camps, c’est toujours parler d’Europe : Jorge Semprun, connais pas ; Boris Pahor : connais pas ; Ernst Wiechert : connais pas... Ce n’est plus de refondation dont il est question ici mais d’oblitération, voire même de lobotomisation de toute une partie de notre cerveau : celle où se trouve la mémoire de la déportation résistante que le concours a pourtant vocation à entretenir au même titre que la mémoire de la Shoah. Alors certes, en risquant volontairement leur vie pour le pays, les déportés résistants ont eu le mauvais goût d’avoir partie peut-être trop liée avec ce prétendu « roman national » tant décrié par certains « beaux esprits » de l’historiographie actuelle pour qui l’histoire de France n’est qu’une construction idéologique dépourvue de toute crédibilité (d’ailleurs, c’est bien connu, la France n’existe pas et personne n’a jamais eu envie de mourir pour elle). Mais faut-il que le concours « refondé » aille dans le même sens en reniant toute une partie de ce qui a fait jusqu’à aujourd’hui son identité ?

Peut-être pouvons nous rappeler, pour finir, ce que disait en 2009 dans la revue Le Déporté (n° 562) un autre inspecteur général de l’Education nationale récemment disparu qui fut, entre 1993 et 2001, le dernier déporté résistant ayant présidé le jury du CNRD. A la question « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? », Jean Gavard - puisque c’est de lui dont il s’agit - répondit : « Je pense que si tout continue ainsi, un jour nous irons dans le mur. J’ai peur que ce qui se passe en ce moment nous ramène vers des tendances totalitaires. Car si les difficultés augmentent encore, il y aura toujours un homme providentiel qui prétendra sauver tout le monde. En France, on a cette inclination-là ; rechercher l’homme providentiel. L’Histoire nous l’a appris : Napoléon III, le général Boulanger et même Pétain car, à ses débuts, il a été accepté. Le risque existe, c’est certain. C’est pourquoi je pense que mes amis déportés résistants et tous ceux qui acceptent de travailler à nos côtés ont un rôle important et majeur à jouer. » Mais non, mais non cher Jean, l’Education nationale ne le pense pas puisque la mémoire de votre déportation, comme celle du Père Jacques, que vous avez fréquenté à Mauthausen, ou la mémoire de la déportation de Germaine Tillion à Ravensbrück - pourtant très officiellement célébrée lors de la dernière panthéonisation - disparaissent du concours que vous avez présidé. Et ne nous répondez pas, je vous prie : « Nous n’avons sûrement pas fait tous ces sacrifices pour aboutir à cette société de consommation qui s’étale sous nos yeux. Nous rêvions d’une société infiniment plus fraternelle. » Il faut être de son temps, savoir évoluer, que diable ! Répétez après nous : « Je refonde, tu refondes, nous refondons... »

Franck Schwab,
Rédacteur au Patriote Résistant
Ancien lauréat départemental du CNRD avec ses classes.
Le Patriote Résistant
n° 919 - mai 2017. Tous droits réservés.


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19 juillet 2017

Une IIIe République antisémite ?

 

- Discours du Président de la République française à l'occasion de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv
http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique/

« L’Etat français de PETAIN et LAVAL ne fut pas une aberration imprévisible née de circonstances exceptionnelles.
C'est parce que Vichy dans sa doctrine fut le moment où purent enfin se donner libre cours
ces vices qui, déjà, entachaient la IIIème République : le racisme et l’antisémitisme.
Racisme parce que leurs parents étaient étrangers quand eux-mêmes étaient pour la plupart des Français.
Antisémitisme parce qu'ils furent raflés en tant que juifs ».


« Être raciste, c’est considérer que les différences entre individus - qu’elles soient physiques, culturelles ou morales - sont héréditaires, immuables et « naturelles ». Le racisme établit une hiérarchie entre des catégories d’êtres humains, qui peut se traduire en pratiques allant de la discrimination jusqu’à l’extermination de l’autre »

La haine et le rejet des étrangers, n'est-ce pas plutôt la xénophobie ?
http://nousetlesautres.museedelhomme.fr/fr/dossiers/10-mots-comprendre


Le discours met en cause plusieurs éléments de controverse et de polémique :
- Le travail des historiens sur L'Allemagne hitlérienne, le régime de Vichy, La IIIe République
- La paix impensable et impossible au Proche-Orientl
- Les choix politiques de la droite, de l'extrême droite israéliennes et de leurs alliés.


- Pourquoi risquer d'entretenir la confusion entre les républicains et leurs adversaires  ?

Jean Zay, le ministre de l'éducation nationale dans le gouvernement Blum (Front populaire),
pourrait-il être accusé d'avoir préparé Vichy,
le régime qui l'a arrêté, condamné et fait assassiner par des miliciens ?


Il n'a absolument rien à voir avec la prose ordurière d'un Henri Beraud
dans le texte Sommes-nous le dépotoir du monde ?
Par toutes nos routes d'accès, transformées en grands collecteurs, coule sur nos terres une tourbe de plus en plus grouillante, de plus en plus fétide. C'est l'immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l'affreuse misère andalouse, de la semence d'Abraham et du bitume de Judée ; c'est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux.  Doctrinaires crépus, conspirateurs furtifs, régicides au teint verdâtre, pollacks mités, gratin de ghettos, contrebandiers d'armes, pistoleros en détresse, espions, usuriers, gangsters, marchands de femmes et de cocaïne, ils accourent précédés de leur odeur, escortés de leurs punaises.
Tandis que ceux-ci assomment nos ouvriers dont ils volent le pain, ceux-là ne cessent d’insulter à notre patriotisme, dans nos propres journaux.
Henri Béraud, Gringoire, 7 août 1936

http://clioweb.free.fr/textes/depotoir.htm

ou avec les abominations écrites au quotidien dans L'Action française
le journal du royaliste Charles Maurras, l'ennemi de la "gueuse".

afse09061936

1 exemple :
Le maître juif est impuissant, L'Action française 09.06.1936
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k766359k.item
à la suite de la sortie antisémite à l'Assemblée du catholique Xavier Vallat,
le futur patron du Commissariat aux Questions juives sous Vichy




Les critiques de la IIIe République ne manquent pas.
La débâcle de 1940 ne doit pas faire oublier d'autres désastres,
dont Waterloo en 1815
ou Sedan et l'effondrement du Second Empire en 1870.


Lire ou relire Marc Bloch sur la responsabilité des élites
L'étrange défaite,
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

Gérard  Noiriel, Les origines républicaines de Vichy, Hachette 1999
« Pour Noiriel, la politique antisémite de Vichy serait le résultat logique et inévitable
de la politique administrative menée sous la Troisième République depuis les années 1880.
Le sujet est attirant, la thèse provocatrice, les conclusions inquiétantes »
http://www.parutions.com/pages/1-4-7-1004.html

Carole Reynaud-Paligot, La République raciale. Paradigme racial et idéologie républicaine (1860-1930)
http://rh19.revues.org/1762
« Pour l'auteur, le modèle universaliste de la Troisième République est «racialiste», c’est-à-dire inégalitaire...
La culture républicaine apparaît productrice à la fois d’intégration (le citoyen, le faible)
et d’altérité (le non-occidental, le colonisé, voire l’immigré) »


voir aussi l'exposition Nous et les autres en cours au Musée de l'homme (mnhm.fr)
(et lire l'histoire de la ségrégation aux USA + l'Afrique du sud avant Mandela)
http://clioweb.canalblog.com/tag/racialisme
dossier de presse de l'expo :
http://nousetlesautres.museedelhomme.fr/sites/nousetlesautres/files/documents/dp_expo_nous_et_les_autres_mh.pdf

Pourquoi et comment devient-on raciste ? Evelyne Heyer, C’est à dire 03.04.2017
http://www.youtube.com/watch?v=vO7yGeOItuA


Les cours de morale scolaire, dispensés pendant deux 2 générations, chaque matin à l'école primaire,
n'ont pas empêché la délation et les lettres de dénonciation envoyées à la police française et à la Gestapo pendant la 2GM
(cf. le film Le Corbeau, ou la déportation de Sarah Montard et de sa mère)


En juin 1937, les frères Rosselli, deux antifascistes ont été assassinés à Bagnoles-de-l'Orne.
Pas par des républicains,
Pas par des fascistes italiens,
mais par la Cagoule et l'extrême droite ennemie de la République sur ordre de Mussolini.
http://clioweb.canalblog.com/tag/rosselli

En 1940, le régime au pouvoir a interné les tsiganes,
et n'a pas facilité la vie des Allemands qui avaient fui le nazisme.

Il faut donc non seulement distinguer les républicains et leurs ennemis des Ligues,
mais aussi les hauts fonctionnaires avec le souci de leur carrière (Bousquet) et les citoyens ordinaires.

Le racisme et l'antisémitisme sont très répandus en France, mais ils ne datent pas des seules années 1930.
Tous les pays d'Europe sont touchés, les Etats-Unis n'y échappent pas.
USA 1923 - S.J Holmes : « l'Américain moyen ... souffre d'une  saturation d'étranger mal digéré »
http://clioweb.free.fr/textes/9usxeno.htm
Les juifs étrangers qui ont fui les persécutions et les dictatures en Europe centrale et orientale
dans les années 1930 n'ont pas toujours été bien perçus par les Français juifs.


De plus, l'attitude de l'opinion varie énormément selon les groupes sociaux
et l'éducation a mis en place des contrefeux qu expliquent l'action des Justes pour sauver des juifs persécutés.

Ne pas oublier la création du Musée de l'homme par Paul Rivet en 1937, la volonté affirmer l'égalité entre tous les êtres humains,
et dès 1940, le combat des anthropologues résistants (dont Germaine Tillion) contre l'occupation et le régime nazi
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_du_mus%C3%A9e_de_l%27Homme
http://www.slate.fr/story/101973/musee-homme-resistance


cf. L'antisémitisme en France, L'Histoire 148, 1991
dont Serge Bernstein, Les trois âges de l'antisémitisme,
JY Mollier, la vérité sur les juifs de France au XIXe
Michel Winock, La question juive



pcdreyfus

Pour ou Contre Dreyfus
http://www.dreyfus.culture.fr/fr/pourcontre.htm
http://www.dreyfus.culture.fr/fr/bio/pourcontre-html.htm

Les 2 France, Dreyfusards et antidreyfusards,
Michel Winock, L'Histoire 173, janvier 1994



De même, au temps de l'Affaire Dreyfus, l'antisémitisme est très virulent en France.
Drumont, Maurras, Barrès + des journaux comme La Croix (des Assomptionnistes)
exploitent les formes multiples de la haine des juifs ("races" supposées, religion, anticapitalisme).

En 1895, Maurice Barrès écrit :
« Quand il s'avança vers nous, le képi enfoncé sur le front, le lorgnon sur son nez ethnique (sic), l'oeil furieux et sec, toute la face dure et qui bravait, il s'écria d'une voix insupportable : « Vous direz à la France entière que que je suis innocent »
« Judas ! Traître ! Ce fut une tempête.
Ah ! non, certes, il n'est pas au monde un groupe d'hommes qui puissent accepter cet individu. Il n'est point né pour vivre socialement. Seule, dans un bois décrié, une branche se tend vers lui.
Pour qu'il s'y pende »
Maurice Barrès Scènes et doctrines du nationalisme (cité dans Bordas manuel de 3eme, 1971, p 149)


Mais si Dreyfus a été réhabilité en 1906,
12 ans après sa condamnation scandaleuse par un tribunal militaire,
c'est grâce au combat de ses proches,
mais aussi de celui de Zola, de Clemenceau, de Jaurès
et d'un très grand nombre de Français républicains et humanistes
(cf Ludovic Trarieux et la Ligue des droits de l'homme).


dreyfus-1906

http://www.dreyfus.culture.fr/fr/

http://clioweb.free.fr/dossiers/dreyfus/dreyfus.htm



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