11 avril 2017

La rafle du Vel' d'Hiv', 1 crime français

 

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La rafle du Vel' h'Hiv' article wikiepedia + biblio
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rafle_du_Vélodrome_d'Hiver



- La rafle du Vel' d'Hiv', un crime français
Sébastien Ledoux, blog Mediapart 10.04.2017
http://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux/blog/100417/la-rafle-du-vel-dhiv-un-crime-francais

Marine Le Pen vient de remettre en cause la responsabilité de la France dans la rafle du Vel' d'Hiv' (juillet 1942). Cette action d'envergure a pourtant été organisée par le régime nazi et le gouvernement de Vichy, avant d'être exécutée par les services de l'Etat français. Retour sur les faits qui nous obligent à regarder de face "l'incommode image exacte" (Péguy) d'une histoire française


- La mémoire du Vel' d'Hiv'. Quelques jalons chronologiques
Sébastien Ledoux, blog Mediapart 10.04.2017
http://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux/blog/100417/la-memoire-du-vel-dhiv-quelques-jalons-chronologiques
http://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux

Enjeu politique depuis les années 1980, la rafle du Vel' d'Hiv' est un événement historique qui a connu différentes formes d'évocations publiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Voici quelques jalons chronologiques de cette mémoire du Vel' d'Hiv'.


Sébastien Ledoux a publié notamment
Le devoir de mémoire. Une formule et son histoire , préface de Pascal Ory, Paris, CNRS Éditions, 2016
(à partir d'une thèse soutenue en 2014)
et
"La mémoire, mauvais objet de l’historien ?", Vingtième siècle n°133 2017
"Enseigner l’histoire de la mémoire du génocide des Juifs", Historiens et Géographes , n°437 2016
http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/spip.php?article707

 

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La République française
en hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites
et des crimes contre l'humanité
commis
sous l'autorité de fait dite "Gouvernement de l'Etat Français" 1940-1944
N'oublions jamais

Monument réalisé par le sculpteur Walter Spitzer et l'architecte Mario Azagury
inauguré le 17 juillet 1994
http://paris1900.lartnouveau.com/paris15/places/monument_rafle_velhiv.htm

 

- Quelle responsabilité de la France et des Français sous l'Occupation
Peut-on imputer cette politique à "la France"? Celle-ci était-elle à Vichy ou à Londres?
Henry Rousso, Le Huffinton Post 11.04.2017
http://www.huffingtonpost.fr/henry-rousso/le-pen-vel-dhiv-vichy_a_22034882/

« En réalité, la question la plus importante est ailleurs. Faut-il réparer les fautes, toutes les fautes, du passé et, si oui, jusqu'à quand et comment? Là encore, le débat est ouvert. Une chose est sûre en ce domaine: ce sont rarement les dictatures, les régimes criminels ou ceux qui ont commis ces actes qui payent ou s'excusent pour leurs méfaits. Ce sont souvent leurs successeurs – ou des instances internationales... Et les successeurs sont parfois aussi ceux qui ont souffert les premiers desdits régimes. Ils se retrouvent donc dans cette situation impossible d'avoir à payer pour leurs bourreaux ».


- Le Parisien a sollicité Laurent Joly.
http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/vel-d-hiv-que-marine-le-pen-revienne-la-dessus-c-est-idiot-tacle-un-historien-10-04-2017-6841788.php

Le quotidien lui fait dire : « c'est l'évolution du discours frontiste vers un gaullisme orthodoxe »
Evolution du discours (et de la doctrine lepeniste) ?
ou simple manœuvre tactique pour tenter d'attirer des électeurs déboussolés par les turpitudes du candidat Fillon ?


rappels :
sur ce blog, http://clioweb.canalblog.com/tag/rafle

Cercle d'étude
La Rafle du Vel' d'Hiv' organisée par la France de Vichy
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article597
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article220

2012 : discours de Raphaël Esrail et d'Yvette Lévy
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article227
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article228



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10 avril 2017

1995 - Chirac et la rafle

 

- MLP choque en déclarant que « la France n’est pas responsable » de la rafle du Vél’ d’Hiv, Le Monde 10.04.2017

A 15 jours du premier tour, MLP a rouvert une ancienne polémique,
22 ans après un discours historique de Jacques Chirac
reconnaissant la responsabilité de la France


-
La rafle du Vel' d'Hiv', un crime français
Sébastien Ledoux, blog Médiapart  10.04.2017
http://blogs.mediapart.fr/sebastien-ledoux/blog/100417/la-rafle-du-vel-dhiv-un-crime-francais

- La rafle du Vel d'hiv'  Cercleshoah
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article597

Le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français arrêter plus de 13 000 de leurs compatriotes,
hommes, femmes et enfants juifs, pour le compte de l’occupant nazi.
La plupart furent déportés dans des camps, en France puis en Allemagne, et ne revinrent jamais.


- Le discours de Jacques Chirac (écrit par Christine Albanel ?)
prononcé lors des commémorations de la Rafle du Vel’d’Hiv’ - 16 juillet 1995
http://bit.ly/2oVVPKl

extraits
« Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 [4500 ? 7000 ? 9000 ?] policiers et gendarmes français,
sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis ».

« La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile,
la France accomplissait l'irréparable.
Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux ».

« L’horreur, pourtant, ne faisait que commencer.
Suivront d’autres rafles, d’autres arrestations. À Paris et en province.
Soixante-quatorze trains partiront vers Auschwitz.
Soixante-seize mille déportés juifs de France n’en reviendront pas ».

« Transmettre la mémoire du peuple juif, des souffrances et des camps.
Témoigner encore et encore. Reconnaître les fautes du passé, et les fautes commises par l’Etat.
Ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire,
c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité.
C’est lutter contre les forces obscures, sans cesse à l’œuvre ».

« Je veux me souvenir de toutes les familles juives traquées, soustraites aux recherches impitoyables de l’occupant et de la milice, par l’action héroïque et fraternelle de nombreuses familles françaises ».


« Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective.
Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse,
fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy.
Elle n’est plus, et depuis longtemps, à Paris.
Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres.
Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle.
Elle est présente, une et indivisible, dans le cœur de ces Français,
ces « Justes parmi les nations » qui, au plus noir de la tourmente,
en sauvant au péril de leur vie, comme l’écrit Serge Klarsfeld,
les trois-quarts de la communauté juive résidant en France, ont donné vie à ce qu’elle a de meilleur.
Les valeurs humanistes, les valeurs de liberté, de justice, de tolérance
qui fondent l’identité française et nous obligent pour l’avenir »


11.04.2017 Commentaire Henry Rousso :
http://www.huffingtonpost.fr/henry-rousso/le-pen-vel-dhiv-vichy_a_22034882/

- « Il n'est pas inutile de rappeler les dilemmes, pour ne pas dire les contradictions internes du propos présidentiel de l'époque.
Dans ce discours qui a fait date, Jacques Chirac déclare, d'un côté, que "la France" doit être tenue pour responsable des persécutions antijuives – et donc pas seulement Vichy – et qu'il y a même là une "faute collective", propos très fort, contestable et contesté à l'époque.

Mais il dit, d'un autre côté, qu'il y avait aussi une autre France, et donc que cette "faute" n'est pas partagée par l'ensemble de la Nation: "Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n'a jamais été à Vichy".

Si l'on omet de rappeler cette partie essentielle du discours, on ne comprend pas que sa portée tient moins à la dimension "repentante" qu'à l'expression de cette contradiction terrible et insoluble des deux Frances, d'un pays déchiré entre sa part d'ombre et sa part de lumière, contradiction qui s'est perpétuée dans la mémoire et qui ne résoudra probablement jamais. C'est la grande, l'énorme différence, avec une vision manichéenne qui réduirait la situation de l'Occupation aux agissements d'une "poignée de traîtres" ne représentant qu'eux-mêmes. Si De Gaulle pouvait écrire cela dans les années 1950, dans la foulée de la Libération et du haut de sa stature et de son héritage, le dire aujourd'hui n'a plus aucun sens.

Dans son discours, Jacques Chirac ne prononce d'ailleurs, ni le mot "pardon", ni le mot "excuse". Il évoque une "dette imprescriptible". De fait, dans les années qui ont suivi, cette dette s'est traduite par un changement dans la perception politique et juridique du régime de Vichy. En 1997, le gouvernement créé une commission dirigée par Jean Mattéoli pour établir le montant des dommages résultant de la spoliation des biens juifs par des lois françaises.. »


- « En réalité, la question la plus importante est ailleurs. Faut-il réparer les fautes, toutes les fautes, du passé et, si oui, jusqu'à quand et comment? Là encore, le débat est ouvert. Une chose est sûre en ce domaine: ce sont rarement les dictatures, les régimes criminels ou ceux qui ont commis ces actes qui payent ou s'excusent pour leurs méfaits. Ce sont souvent leurs successeurs – ou des instances internationales... Et les successeurs sont parfois aussi ceux qui ont souffert les premiers desdits régimes. Ils se retrouvent donc dans cette situation impossible d'avoir à payer pour leurs bourreaux ».


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26 octobre 2012

Rachel Jedinak, enfant cachée

 

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Rachel Jedinak et Robert Frank - Mémorial de Caen - 24.10.2012


La vie tient parfois à 3 mots : « Fichez le camp ».
Rachel Jedinak a témoigné le 24 octobre au Mémorial de Caen. La co-présidente de l’Association Mémoire juive de Paris témoigne depuis 16 ans dans les établissements scolaires.

Rachel Psankiewicz est née à Paris en 1934. Ses parents ont fui la Pologne. Elle garde des « souvenirs heureux de petite fille aimée » ; elle pense que cela l'a aidée à surmonter la suite.

En 1939, son père s’engage dans l’armée (volontaires étrangers) ; en mai 1941, il est arrêté ; il est détenu 13 mois à Beaune-la-Rolande, puis déporté à Auschwitz le 27 juin 1942, par le convoi n° 5, sans retour.

Lors de la rafle du Vel d'Hiv, elle est arrêtée avec sa mère et sa soeur et conduite à la Bellevilloise. Sa mère leur ordonne de fuir par une issue de secours. Une gifle l'incite à obéir. « Sur le moment, je n’ai pas compris que c’était un acte d’amour et de déchirement pour elle…»

En février 1943, elle est arrêtée à nouveau avec sa soeur et sa grand-mère ; elles sont conduites au commissariat de la rue Gambetta. « Fichez le camp » ordonne la grand-mère aux deux filles.
Elle séjourne un temps dans un foyer de l'UGIF, puis elle est placée dans une famille près de Tours. Elle y est maltraitée.

A la Libération, elle cherche ses parents à l'Hôtel Lutétia.
En vain.
Elle les imagine libérés et emmenés par les Soviétiques.

Elle épouse un fils de déportés. Sa petite fille lui reproche l'absence de ses grands parents. Son fils l'incite à témoigner.

En 1997, au sein du Comité Tlemcen du 20ème, elle milite pour la pose des plaques en mémoire des enfants assassinés par les nazis.
http://www.comitetlemcen.com/Rachel.html


- La rafle du Vel d'Hiv : En me giflant, ma mère m’a sauvé la vie. France-Soir 09.03.2010

« Chana-Gitla Psankiewicz, la mère de Rachel, avait pourtant pris ses précautions. Depuis que son mari, Abram, avait été piégé en mai 1941 par le « billet vert », elle était sur ses gardes. Or, le 15 juillet 1942, la rumeur avait couru qu’une grande rafle se préparait. Dans la soirée, elle avait envoyé ses deux filles, Rachel, 8 ans, et Louise, 13 ans, dormir chez leurs grands-parents, 15, rue de Tlemcen, dans le XXe arrondissement. Elle était restée chez elle, 26 rue Duris. C’est là qu’au petit matin, le 16, des policiers vont l’arrêter, tandis que la concierge « va signaler aux flics » que les deux gamines se trouvent chez leurs grands-parents, rue de Tlemcen ».

« Comme un troupeau, les policiers nous ont guidés jusqu’à La Bellevilloise, une salle de spectacles, 23-25, rue Boyer. Aux fenêtres, sur les trottoirs, les gens regardaient notre misérable troupe. Certains faisaient un signe de croix, les larmes aux yeux. D’autres nous montraient du doigt en rigolant. C’était humiliant de se sentir traité comme du bétail. »

« Résignées, les fillettes vont sortir. Dehors, deux policiers en faction détournent la tête en les voyant s’éclipser. Chana-Gitla sera déportée par le convoi 12 du 29 juillet 1942 ».
http://www.francesoir.fr/actualite/societe/rafle-du-vel-dhiv-ils-temoignent-50135.html



- L'écouter dans une vidéo de 110 secondes chez Curiosphère.
http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/25-histoire-geoetcivilisations/111257-reportage-rafle-du-vel-dhiv-deux-rescapes-temoignent

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Rachel Jedinak, curiosphere


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La mère de Rachel - source : curiosphere
Jacques Duquesne, La rafle du Vel' d'Hiv, docu 2002


- Une vidéo sur le site de L'Express  (8 mn, après 30 secondes de pub)
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/rafle-du-vel-d-hiv-ma-mere-m-a-gifle-pour-me-forcer-a-m-enfuir_1147247.html

 

- C’étaient des enfants, expo à la mairie de Paris jusqu’au 27 octobre 2012
Présentation de l'expo
Le catalogue
Témoignages d'enfants cachés
dont François Szulman, petit prince de Belleville
et Robert Frank, de Metz à Paris
Rencontre avec Sarah Gensburger
http://www.paris.fr/cetaientdesenfants


- Enfants et adolescents juifs dans le système concentrationnaire nazi
Témoignages d'adolescents déportés à Auschwitz
CNRD 2008-2009 - Cercle d'étude de la déportation et de la shoah
http://www.cercleshoah.org/IMG/pdf/Livret_enfants_adolescents_systeme_nazi.pdf

- Les enfants juifs de Paris arrêtés et déportés de juillet 1942 à août 1944
une carte interactive de Jean-Luc Pinol
http://clioweb.canalblog.com/tag/pinol


- Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés
http://www.memorializieu.eu/spip.php?article18&lang=fr


- Traqués, cachés, vivants, Des Enfants juifs en France (1940-1945)
ouvrage collectif coordonné par Danielle Bailly - L'Harmattan

C'était entre 1939 et 1945. Ils étaient des enfants, âgés de un à dix ans lorsqu'ils furent marqués comme juifs et traqués du seul fait de leur naissance. Cachés, souvent séparés de leurs parents dont certains disparurent à jamais, ils survécurent.
Un groupe d'anciens "enfants cachés" s'est constitué autour de ce projet de transmission : Danielle BAILLY (coordinatrice), Francis BAILLY, Nicole EIZNER, Philippe FOUQUEY, Rachel JEDINAK, Odette KOZUCH, Daniel KRAKOWSKI, Noël KUPERMAN, Simon MARJENBERG, Danièle MENÈS, Édith MOSKOVIC, Gaby NETCHINE-GRYNBERG, Serge NETCHINE, Arnold ROCHFELD, Nelly SCHARAPAN, Eliane SÉRAVALLE, Willy SWICZKA, Charles ZELWER.
http://www.humanite.fr/politique/rachel-leon-henri-lena-jacob-lola-addy-jean-maurice-des-enfances-volees-500823



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02 août 2012

Une subjectivité négatrice de l’histoire

 

Henri Guaino : une subjectivité négatrice de l’histoire
Suzanne Citron, Historienne, Libération 31.07.2012
http://www.liberation.fr/politiques/2012/07/31/


«Ma France, elle n’était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin. Il n’a pas parlé au nom de la France que j’aime», a déclaré Henri Guaino, en réplique au discours de François Hollande commémorant la rafle des 16 et 17 juillet 1942. Comme historienne, mais surtout en mémoire de ce que j’ai vécu dans ma vingtième année, j’ai ressenti l’envie d’une réponse à Henri Guaino (et à Bruno Lemaire). Verra-t-on surgir un nouveau genre de négationnisme, (au nom de  la polémique politicienne), des subjectivités et des ego de quelques notables de la politique ?…  »

« ... En prétendant à tout prix gommer les quatre années d’une France de Vichy et donc de ses prémices dans la IIIe République, on élude toute réflexion critique sur les menaces dans le présent d’un toujours possible basculement dans une horreur inattendue ».

« ... la transmission d’une histoire officielle construite sur l’idée d’une nation essentialisée confondue avec l’extension d’un pouvoir monarchique légitimé par la raison d’Etat - et sublimée dans le postulat d’une République une et indivisible au-dessus de tout soupçon - ne fait qu’entériner les faux débats sémiologiques au gré des subjectivités de chacun ».




rappels :
- Le discours de Jacques Chirac, 16 juillet 1995
http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_Chirac_1995

« La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux ».

« …Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n'a jamais été à Vichy. Elle n'est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle ».



- Le discours de François Hollande, 22 juillet 2012
http://www.elysee.fr/hollande-2012

« La vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France ». …

« Mais la vérité, c'est aussi que le crime du Vel d'Hiv fut commis contre la France, contre ses valeurs, contre ses principes, contre son idéal ».

 

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27 juillet 2012

La Rafle du Vel' d'Hiv'

 

- La Rafle du Vél’ d’Hiv’

Le discours prononcé par Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz le 22 juillet 2012.
Texte mis en ligne par Nicole Mullier sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. (source Nicole) http://www.cercleshoah.org/spip.php?article227


- d'autres articles à consulter sur le site du Cercle

- La brochure d'Adam Rayski, Il y a soixante ans la rafle du Vélodrome d’hiver : le peuple de Paris solidaire des Juifs, préface, Bertrand Delanoë, éd. Mairie de Paris, 2002, 79 p.
A télécharger :
http://itinerairesdecitoyennete.org/journees/27_jan/documents/veldiv_paris.pdf

- Une vidéo sur le site du Monde :
A l'occasion de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv, dimanche 22 juillet, Le Monde.fr est allé à la rencontre de Samuel Adoner, dit Milo.
"Un survivant des camps : « Nous avons été pris, papa, maman et mes six frères et sœurs. Je suis rentré tout seul'.
En trois ans, il a survécu aux camps de Cosel (Pologne), Niederkirch, Blechhammer, Auschwitz-Birkenau et Buchenwald ». http://www.lemonde.fr/societe/video/2012/07/22/un-survivant


Une copie du texte : 
« Il y a 70 ans, l’Allemagne nazie, à la suite à la conférence de Wannsee, mettait en œuvre un programme méthodique d’élimination des Juifs d’Europe. En France, en cette seule terrible année 1942, près de 43 000 Juifs, en grande partie d’origine étrangère, furent déportés.


A Paris et dans sa région, la grande Rafle des 16 et 17 juillet, menée par la police française, concerna près de 13 000 Juifs ; parmi eux, 4 000 enfants, déportés et tous assassinés par le gaz, en août 1942, à Birkenau. On le sait, à ce programme d’assassinat, le gouvernement de Vichy apporta son aide zélée.

Déportés à Birkenau, nous avons été les témoins de ce crime de masse, perpétré par les nazis de 1942 à 1944. Aujourd’hui, notre douleur et notre colère demeurent aussi vives. Il est impossible d’imaginer que l’État Français n’ait pas eu connaissance, pendant tout le temps de cette guerre, du sort réservé aux Juifs pour qui Birkenau fut la fin du voyage. Ce lieu, s’il est resté longtemps un angle mort de notre conscience européenne, incarne aujourd’hui ce génocide en ses multiples dimensions.

Tout au long de ces dernières décennies, nos voix de rescapés se sont assemblées pour porter témoignage au monde de ce que fut Auschwitz-Birkenau. La mémoire fut un long chemin. Un immense effort a été consenti par les survivants pour dire aux autres hommes ce que fut la Shoah, témoignage qui a influencé la pensée occidentale tant sur les plans philosophique que politique.

Au fil des ans, nous avons conçu le témoignage comme un devoir à la fois envers les morts et envers la communauté des vivants dans un souci d’éducation et de formation, particulièrement des enseignants et des élèves. Quelques-uns de mes camarades, je songe à Henry Bulawko, récemment disparu, furent les précurseurs de ce travail de mémoire. Dès leur retour des camps, ils s’engagèrent dans ce combat pour la mémoire de la Shoah. Ils sont à l’origine de l’instauration des principales commémorations : de Pithiviers, de Beaune la Rolande, de Drancy et de celle qui nous rassemble ici, en ce jour, instituée dès 1946.

Je tiens à mettre l’accent sur le fait que, pour les déportés juifs survivants, ce combat fut âpre et de longue haleine. Il ne faut pas oublier qu’après la guerre et ce, dans un souci de réconciliation des Français, l’épisode de la déportation et de l’extermination des Juifs de France demeura dans l’ombre.

A partir du début des années 1990, une nouvelle inflexion fut donnée au traitement de ce tragique épisode de notre histoire. En 1993, le président François Mitterrand institua une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites » commises par le « Gouvernement de l’Etat français ». C’est ensuite le président Jacques Chirac qui, en 1995, reconnut la responsabilité de la France, reconnaissance qui contribua à une manière d’apaisement de nos cœurs.

Depuis quelques années, les institutions citoyennes ont souvent été à l’avant-garde de la mise en valeur de la mémoire du génocide. C’est l’occasion pour moi de rendre ici hommage au travail considérable mené par la Mairie de Paris. Merci à vous Monsieur le Maire dont je salue l’engagement. Merci à vos équipes.

La fin de l’ère des témoins est proche. Pour nous, les survivants, mais aussi pour toutes les institutions qui ont contribué, elles aussi, à tracer ce chemin de mémoire, l’entreprise est cependant loin d’être arrivée à son terme.

La Rafle s’inscrit certes dans l’histoire nationale mais également dans le cadre européen. Anciens déportés, nous souhaiterions que la question du futur de Birkenau, ce lieu dont Vichy ne voulait surtout pas se préoccuper, fasse aujourd’hui l’objet d’une réflexion ouverte. Forts de cette conviction, nous avons alors envisagé que les milliers d’enregistrements de nos témoignages puissent continuer à relayer notre parole de survivants des camps de la mort. Nous proposons que ce patrimoine mémoriel exceptionnel soit offert en partage aux visiteurs de Birkenau. Il s’agit pour nous de rester présents à Birkenau, là où la mort attendait les Juifs d’Europe.

Certes, le lieu impose silence et recueillement à ses visiteurs, mais si l’on veut que leur méditation ne soit pas seulement peuplée de fantômes, la parole enregistrée des témoins, leurs voix, doivent être entendues et leurs visages vus, leurs textes connus, précisément là où ils subirent leur martyr.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour évoquer le sort tragique de tous ces hommes, femmes et enfants qu’a scellé la trahison, par les autorités de tous rangs, des idéaux de la civilisation qu’elles ont d’ordinaire le devoir de faire respecter.

Nous sommes aussi réunis pour qu’à l’implacable cruauté ne succède jamais, si cela se peut, l’inexorable oubli ou la fatale banalisation. Notre combat, car il s’agit bien toujours d’un combat pour la mémoire, dépasse nos frontières. Il a besoin de l’aide des pouvoirs publics, de la France tout autant que de l’Europe, pour que demain, le chœur de nos voix, si singulières, puisse se faire entendre, bien au-delà du terme de nos existences ».

Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz


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17 mars 2010

La Rafle

 
- 17 mars, conférence du Cercle : Les Juifs à Marseille (1939-1942) du refuge au piège

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- La Rafle, drame pédagogique et hymne à la France
Point de vue de l'historienne Annette Wieviorka dans Libération

Extraits :
« Le film a voulu tout dire... tout expliquer dans une position surplombante, celle du savoir d’aujourd’hui ».

« La première partie, dans sa description des mécanismes conduisant à la rafle ... atteste le meilleur de ce souci pédagogique. Mais elle se déroule dans un Montmartre d’opérette, où la boulangerie déborde de pains et pâtisseries en tout genre... »
or « Paris a faim, Paris a froid »... les interdictions professionnelles commencent en 1940, les arrestations ont déjà fait des coupes sombres en 1941..

« C’est pourtant la seconde partie qui est la plus contestable, et notamment la reconstitution du camp de Beaune-la-Rolande... Le camp est installé pour les besoins du film en pleine forêt, sans la moindre habitation aux alentours, alors qu’il faisait corps avec le village ».
« Reste l’interrogation sur la destination des déportés... dans une formule journalistique actuelle, le médecin du camp précise que la BBC vient de donner l’information (!) ».

« Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy avait suscité un beau tollé en suggérant que chaque écolier adopte en quelque sorte un enfant juif déporté, assassiné à Auschwitz. Initiative jugée morbide, accablante. La vision nouvelle de l’histoire mise en œuvre par la Rafle est réconfortante. A l’exception des nazis, des policiers, des quelques dirigeants de Vichy (Laval, Bousquet…), la bonté est la chose la mieux partagée... »

« Contrairement à ce qui se dit ici ou là, la Rafle ne confronte pas les Français à leur passé. Elle les réconcilie avec lui ... A chacun de le déplorer ou de s’en réjouir ».

Voir aussi le billet "Filmer les camps"

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12 mars 2010

Filmer les camps

Dans La Fabrique de l'histoire, ce matin (ou en version mp3)
à la question d'E Laurentin, « A quoi sert l’histoire ? », André Burgière répond par la citation de Lucien Febvre :« L’histoire qui sert est une histoire serve ». La formule lui permet de dire sa méfiance à l'égard de l’historien qui se laisse porter, pour de bonnes raisons, par les demandes de son temps. Il vante à l’opposé les démarches de Raul Hilberg ou de Jean-Louis Flandrin, qui ont inventé leur sujet et constitué leurs sources, avant de conclure…« En nous arrachant à nos certitudes, ils ont renforcé notre capacité à critiquer l’ordre du monde. C’est à cela que doit servir l’histoire ».

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Autour de La Rafle et de l’expo « Filmer les camps », écouter un échange très intéressant sur la relation du cinéma à l’histoire (et à la mémoire), sur les pratiques de la classe, sur les termes des débats récents à propos de l’histoire de la 2GM.

vers la 21e mn - Sylvie Lindeperg, en substance : « La Rafle est un film de son époque. Notre société iconogène ne supporte pas qu’un événement majeur puisse n’avoir aucune traduction visuelle dans les archives. Il lui faut absolument le mettre en images ». L'idéal serait la fiction, comme art de l'allusion ou de l'ellipse. La réponse, c'est souvent le téléfilm et la docu-fiction : dans une esthétique du trop plein, les réalisateurs veulent tout dire et tout montrer, comme s'ils estimaient que le spectateur n’est pas capable de sentir et de penser par lui-même.

JF Bossy a rappelé utilement le rôle de la durée : Nuit et Brouillard, c’est 35 mn, Shoah c’est 9 heures, plus que le temps imparti à toute la guerre mondiale dans les instructions (à l’origine, Lanzmann n’envisageait qu’une vision intégrale…).
JFB suggère que l’exploitation de Nuit et Brouillard était un moment exceptionnel (un rite).
Détail 1 : pour le projeter , il fallait un projecteur 16 mm. Cet appareil servait à exploiter d’autres œuvres prêtées gratuitement par les CRDP.
Détail 2 : en 16 mm, les copies étaient en noir et blanc et de qualité médiocre ; l'arrêt sur image était difficilement pensable. Quelle différence avec la classe d'aujourd'hui, aussi bien pour la technique (vidéoprojecteur) que pour la possibilité, pour le prof d'histoire, de lire Sylvie Lindeperg et de mettre en contexte l'œuvre et les images !
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/archives.php

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- L'émission fait allusion à la privatisation de la production des documents pédagogiques qui accompagnent la sortie des films commerciaux, "adoubés" ou non par le MEN.

- Les acteurs et la mémoire. Lors de la promotion d'un film, les acteurs mettent souvent en avant leur ignorance du passé, une lacune que seul le tournage aurait fait disparaître. Pourtant, dans ce film, toute l’équipe se sent investie d’une mission morale. Les témoins disparaissant, les acteurs se voient comme des passeurs de mémoire ("en fait d’autre chose que de la mémoire").  Tom Hanks est invité aux commémorations, les médias lui demandent de se prononcer sur l’histoire du débarquement...

- Nuit et Brouillard se plaçait dans un contexte universaliste (on n'y prononce pas le mot "juif", ni "allemand"), mais le képi censuré fin 1955 à la demande de la gendarmerie confirme que Resnais avait bien la préoccupation de pointer la responsabilité de la France dans la déportation.

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L’horreur plein cadre
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L'exposition Filmer les camps est présentée dans une double page de Libération
et par Christian Delage, le commissaire de l'exposition, sur le blog Culture visuelle.
Le Monde Magazine publie "De Hollywood à Nuremberg" 13 mars 2010.

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source : George Stevens - D-Day to Berlin (1994) - Le dvd est en vente.
La libération de Dachau, un extrait de 4 mn est disponible sur Dailymotion

. Cinéma et nazisme (1939-1945), une liste de films établie par Michel Antony
http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/HGFTP/autres/Cinema/cinegeno.doc

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. La rafle, un dossier pédagogique en pdf
. Il y a soixante ans. La rafle du Vélodrome d’Hiver - La brochure conçue par Adam Rayski (15 Mo en pdf)
. Claude Lévy et Paul Tillard, La grande rafle du Vél' d'hiv', Robert Laffont 1967, réédité chez Tallandier

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La rafle du Vel d'Hiv - 17 juillet 1942
Les cars "de la section spéciale" le long du Vélodrome d'Hiver.
(Anonyme, © Bibliothèque historique de la ville de Paris / Keystone).

14/03/2010 : Cinéma : Le retour de la seconde guerre mondiale et ses paradoxes - Le Monde Opinions :

« Une reprise de flamme a pourtant lieu aujourd'hui sur les écrans, avec la sortie d'un nombre important de films consacrés plus ou moins directement à cette sombre période » :
Walkyrie, de Bryan Singer
Les Insurgés, d'Edward Zwick
Katyn, d'Andrzej Wajda
Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino
L'Armée du crime, de Robert Guédiguian
Vincere, de Marco Bellocchio
Shutter Island, de Martin Scorsese
Liberté, de Tony Gatlif
L'Arbre et la Forêt, d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau
Les Convois de la honte, de Raphaël Delpard
La Rafle, de Rose Bosch
« La question de la mémoire de la 2GM, à l'heure de la disparition des témoins, est d'autant plus sensible qu'elle devient celle d'une transmission à la fois plus instruite et plus incertaine ».

bibliographie :
Jean-Michel Frodon (dir) Le Cinéma et la Shoah : Un art à l'épreuve de la tragédie du 20e siècle  (Cahiers du cinéma 2007)
http://www.nonfiction.fr/article-585-lethique_de_la_representation.htm

Claudine Drame Des films pour le dire : Reflets de la Shoah au cinéma. 1945-1985 + 1DVD Métropolis 2007

Posté par clioweb à 11:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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