Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Clioweb, le blog
Publicité
deportation
17 février 2014

Déportation : la carte et la mémoire

 

Déportation : la carte et la mémoire - Le Monde 15.04.2014
Où habitaient les 11 458 enfants juifs envoyés de France vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 ? A partir des données accumulées par Serge Klarsfeld, Jean-Luc Pinol un historien et informaticien a dressé une carte interactive

Territoires et Trajectoires de la Déportation des Juifs de France
http://tetrade.huma-num.fr/
« Il s’agit de géolocaliser l’ensemble des données rassemblées par Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF), qui a établi les états civils complets et les adresses, au moment de leur arrestation, de la quasi totalité des 76 000 déportés juifs de France. Chaque point sur la carte fournit l’identité d’une ou plusieurs victime(s) et le lieu de résidence lors de l’arrestation. Les données sont accessibles à différentes échelles: de la rue au quartier, du quartier à la ville, de la commune au département… Il est possible d’accéder à la carte en interrogeant un moteur de recherche à partir d’un nom ou d’une adresse précise (Ancien département de la Seine, Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et Grenoble) ou d'un nom de commune ».


dep-enfants

La déportation des enfants juifs (1942-1944)
JL Pinol, http://tetrade.huma-num.fr/Exposition/2014_CNAM/p1.php


rappel : Paris 1942-44 : Enfants juifs déportés
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/09/29/25212252.html

.
.

Publicité
25 mai 2013

Le gendarme de Beaune-la-Rolande ?

 

 

 kepi12

Quarante et un ans pour dévoiler le képi caché - LDH Toulon
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1533
Alain Resnais, Nuit et Brouillard.
Entre 1956 et 1997, le képi du gendarme a été censuré et masqué à la gouache

gendarme-nb

Alain Resnais, Nuit et Brouillard
Le cliché présenté depuis 1997

gendarme-pl

Cadrage plus large dans la version Illusions perdues (1941-1942) de JM Plouchard

 

gendarme-pl2

Un autre gendarme en arrière-plan de cette photo du documentaire de JM Plouchard


- La censure de 1955-1956 :
Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard un film dans l'histoire (chapitre 9, Bas de fer avec la censure), O Jacob, 2007
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm

Jacques Mandelbaum - Nuit et Brouillard, le scandale - Le Monde : 22.08.2006
En décembre 1955, à la suite d'une demande du ministère de la Défense, la censure exige la suppression de la silhouette du gendarme. Resnais qui n’avait pas repéré initialement ce gendarme accepte de masquer le képi par un bandeau noir. Pendant 41 ans, cette censure devient une icône illustrant la collaboration de l’Etat français à la destruction des juifs.
En avril 1956, Maurice Lemaire refuse la présence du film à Cannes (pression de la RFA ?). Le film sera néanmoins projeté hors compétition le 29 avril, lors de la Journée du souvenir de la déportation.
http://resistancememoires.over-blog.com/article-3594795.html


- Pithiviers ou Beaune-la-Rolande ?
d'après Sylvie Lindeperg, le cliché fourni par le CDJC à Alain Resnais indique au dos que le camp est celui de Pithiviers [Agence Fulgur 46 rue Laffitte autorisé par censure 7 mai 1941]. Il a pu être publié dans la presse de la collaboration. En 2007, dans une note, page 144, SL écrivait « aucune investigation poussée n’a été entreprise sur cette photographie ».

En 2010, pour le Cercil, Catherine Thion a mené ce travail d'expertise. La mention de Pithiviers a été mise en doute. « Le travail de comparaison et l'identification des bâtiments présents à l'arrière-plan permettent de conclure que la photo dite du gendarme représentait en fait la partie sud-ouest du camp de Beaune-la-Rolande, et non le camp de Pithiviers ».
Rapport d'activités 2010 du CERCIL (source NM) : http://www.cercil.fr/cercil/adherents/files/page19_1.pdf

Cette expertise risque de rester longtemps lettre morte :
toutes les pages web consultées mentionnent le gendarme de Pithiviers et continueront longtemps de le faire ...

 

pithiviers-co       beaune-lr

Le camp de Pithiviers - source wikimedia commons                        Le camp de Beaune-la-Rolande - source JM Plouchard


- Le rôle de la gendarmerie, d'après l'historien Benoît Verny
(in
JM Plouchard, 1941-1942 : Illusions perdues (vers la 36e minute)

« La gendarmerie locale, tout comme la parisienne, est constamment associée au camp. La crainte des autorités (les ministères ou le préfet du Loiret), c'est que les gendarmes finissent par sympathiser avec les internés. Ils savent que les hébergés ne sont pas des délinquants, qu'on n'a rien à leur reprocher.
On demande aux gendarmes de faire des choses qui leur répugnent. Ils voudraient se dégager de ce qui se passe à l'intérieur du camp. Mais quand les choses deviennent difficiles, par exemple quand il y a des tentatives d'évasion, les gendarmes remplissent leur rôle : ils tirent sur les évadés, ils les pourchassent, ils les arrêtent, ils les livrent à la justice. Et lors de la rafle du Vel d'hiv, ce sont eux qui vont faire le pire.
Les gendarmes peuvent avoir des réticences ou des états d'âme, mais ils appliquent les consignes. La gendarmerie (et la police), ce sera une force de persécution très efficace ».


strompf


En bas à gauche, le gendarme au clairon

.

.

 

29 avril 2013

Montchamp 2013

 

Journée nationale du souvenir de la Déportation - Dimanche 28 avril 2013
La message rédigé conjointement par la FMD, la FNDIR, la FNDIRP, l'UNADIF
http://www.fndirp.asso.fr/

 

m5


auvray-3117763


Roger Auvray est né le 11 février 1922 à Beaumesnil.
Ouvrier agricole, il travaillait chez ses parents à Saint-Charles-de-Percy (14).
Membre de l'OCM (groupe de Montchamp), il est arrêté par la Gestapo à son domicile le 25 mai 1944.
Il a été fusillé à la prison de Caen le 6 juin 1944 par les Nazis.
Il avait 22 ans.
Son corps n'a pas été retrouvé.
source (informations et photo) : http://www.memorial-genweb.org/

 

m6

Sa soeur, devant le monument de Montchamp



m3



m7



m4



m11

Résistants, réfractaires, déportés, internés ...

 
Montchamp 2010, 2011, 2012 : http://clioweb.canalblog.com/tag/Montchamp


Serge Wolikow, Les combats de la mémoire. La FNDIRP de 1945 à nos jours, Paris, le Cherche-Midi, 2006,
La FNDIP (déportés et internés patriotes) ambitionne le rassemblement sans conception restrictive, au contraire de la FNDIR (déportés, internés et résistants) qui fait le choix d’un centrage sur les seuls résistants.
Prenant acte de ce repli, la FNDIR se transforme début 1946 en FNDIRP et devient la principale association de déportés. Elle se montre d’emblée proche du PCF, au contraire de la FNDIR, plus socialiste et gaulliste.
http://chrhc.revues.org/687

.

.

 

 

28 novembre 2012

Joseph Bialot (1923-2012)



Sortant le 25 juillet 1944, à Grenoble, d'une réunion d'un réseau de résistance affilié au Parti communiste, il est arrêté par la milice. Papiers contrôlés, mais authentiques. En revanche, l'épreuve du baisser de pantalon est sans ambiguïtés… Son patronyme (Jules Souverbielle)  le fait considérer comme demi-juif, mais on ne déporte pas à moitié. Départ de la gare de Bobigny par le convoi n°78, le 11 août 1944, le lendemain de son 21e anniversaire. Direction, Auschwitz. Malade, il fera partie des 7 000 survivants que les SS n'auront pas eu le temps de fusiller avant que l'Armée rouge ne libère le camp, le 27 janvier 1945.

En 1979, avec le Salon du prêt-à-saigner (Série noire, Gallimard), il décroche le grand prix de littérature policière.

Le Monde 28.11.2012, carnet - http://www.lemonde.fr/disparitions/

12 novembre 2012

Pierre Draï, La mémoire déverrouillée

 

pierredrai

Pierre Draï à Marseille 16.11.2011


En 1943, Pierre Draï a 3 ans.
Sa mère est arrêtée par les Allemands et déportée avec ses trois fils ainés (convoi n° 59 du 2 sept 1943)..
Son père qui a réussi à fuir est dénoncé, arrêté et déporté (convoi n° 67 du 3 février 1944).

Pierre, son frère Paulo et sa soeur Nelly sont recueillis par les pasteurs Charlet et Funé et leur famille.
Il souffre de la tuberculose, et est soigné à l'hôpital pour enfants de Margency (Val d'Oise).
Voir la photo des enfants du Nid Fleuri
http://www.ajpn.org/images-pers/1246519807_img016.jpg

Son enfance est très difficile (centre d’observation, république des enfants dans l'Isère).
Il a exercé les métiers de chaudronnier, dessinateur puis représentant de commerce, puis a fondé sa propre entreprise
Il s'étonne encore de s'en être sorti.
http://www.ajpn.org/auteur-Pierre-Drai-1526.html


En 2008, il part à la recherche des traces de son enfance et de la tragédie vécue par sa famille
Il ne dispose que d'indices fournis par son frère (8 ans en 1943).
En 2011, il publie La Mémoire déverrouillée. Histoire d’un enfant caché (1943-1945)
http://enfantscaches.wordpress.com/2012/05/20/la-memoire-deverouillee-histoire-dun-enfant-cache-1943-1945/

drai

source : editions Gaussen


.


Publicité
29 septembre 2012

Paris 1942-44 : Enfants juifs déportés

 

pinol-enfants-42-44

Les enfants juifs de Paris arrêtés et déportés de juillet 1942 à août 1944 (détail)
source : JL Pinol - http://sig.tge-adonis.fr/Paris1942/


A l'aide du recensement mené par Serge Klarsfeld, l'historien Jean-Luc Pinol vient de mettre en ligne une carte interactive des arrestations des enfants juifs à Paris, entre 1942 et 1944.
http://www.liberation.fr/societe/2012/09/28/les-arrestations-des-enfants-juifs-a-paris

La carte interactive de Jean-Luc Pinol
http://sig.tge-adonis.fr/Paris1942/

Le recensement de 1954 suggère que « les musulmans d’Algérie habitaient les mêmes îlots insalubres occupés par les Juifs quelques années auparavant.»

.

24 septembre 2012

Drancy, vu et vécu de l'intérieur

 

cercle-deportation



Mercredi 10 Octobre 2012 à 14 h 30


Lycée Condorcet
salle polyvalente Francis Poulenc
8 rue du Havre -  75009 PARIS
(Métro Saint-Lazare ou Madeleine)


Conférence de Michel Laffitte
Historien, docteur de l'EHESS,
 co-auteur avec Annette Wieviorka du livre À l’intérieur du camp de Drancy, éd. Perrin, 2012

.
Le camp de Drancy
.
vu et vécu de l'intérieur

.
La Cité de la Muette, devenue camp de Drancy, fut du 20 août 1941 au 17 août 1944
le principal lieu de rassemblement, d’internement
et de déportation des Juifs vers les camps de concentration et d’extermination.
.

Témoignages de  :
Yvette LÉVY déportée en 1944, à Auschwitz-Birkenau, avec des enfants des Maisons de l'UGIF.
 Victor PÉRAHIA  interné à Drancy vingt mois avec sa mère, avant leur déportation à Bergen-Belsen.

 

ENTREE LIBRE

Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz, 73 avenue Parmentier, 75011 Paris
site web : http://www.cercleshoah.org

télécharger l'affiche en format pdf

Les conférences et projections organisées par le Cercle d'étude depuis 1997


------------------------------------------------------------------------------------------------------


France 3 : Drancy 1941-1944, un camp aux portes de Paris

Un documentaire écrit et réalisé par Philippe Saada.
avec l’aide de l’historien Michel Laffitte.
diffusion Lundi 1 octobre 2012 à 23h30


.


.

31 août 2012

Les déportations tsiganes

 

deportations-tsiganes

Les déportations tsiganes
la carte au format pdf : http://mapage.noos.fr/cercle/TsiganesBilan.pdf


L'auteur de cette carte a oublié de mentionner ses coordonnées.
Si vous le connaissez, merci d'envoyer la réponse dans un commentaire.


- Les Tsiganes dans l’Europe occupée : entre persécutions et génocide
Conférence-débat organisée par le Cercle d'étude le 19 octobre 2011.

La page web propose une bibliographie et une sitographie très abondante.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article197


- Tsiganes - Nomades : un malentendu européen
colloque en 2011à Paris et à Pau.
http://tsiganes-nomades-un-malentendu-europeen.com/
http://clioweb.canalblog.com/tag/tsiganes

Une mémoire française, Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, 1939-1946 :
http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/

L’Europe invente les Tsiganes, Entre fascination et mépris
(Europa erfindet die Zigeuner / Eine Geschichte von Faszination und Verachtung)
présentation du livre de Klaus-Michael Bogdal
http://www.goethe.de/kue/lit/prj/lit/sac/002/enindex.htm


Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tsiganes

Sur le site Le Cartographe
Atlas des Tsiganes de Samuel Delépine
http://www.le-cartographe.net/index.php/es/publications/46-publications/155-atlas-des-tsiganes
L'internement des Tsiganes en France (1940-1946) - avec carte des camps
http://www.le-cartographe.net/dossiers-carto/linternement-des-tsiganes-en-france-1940-1946

Les déportations tsiganes, massacres et révoltes : 1939-1945 ».
La carte numéro 182 de l'Atlas de la Shoah de Martin Gilbert

cartes sur le site de l'USHMM (US Holocaust Museum)
http://www.ushmm.org/wlc/en/article.php?ModuleId=10005219
 

- 24.09.2012 -  La prochaine Roma Pride se déroulera dans une vingtaine pays européens (en France à Paris, à Rennes et à Bordeaux) le dimanche 7 octobre 2012.
Paris, Place du Panthéon, à 10 h
L'appel au format jpg : http://www.fnasat.asso.fr/appel-de-l'UFAT.jpg

L'an passé :
1 octobre 2011 - Roma pride - Roms, Manouches, Gitans, Yéniches, Sintis :
http://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/041011/roms-manouches-gitans-yeniches-sintis-roma-pride


.

.

27 juillet 2012

La Rafle du Vel' d'Hiv'

 

- La Rafle du Vél’ d’Hiv’

Le discours prononcé par Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz le 22 juillet 2012.
Texte mis en ligne par Nicole Mullier sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. (source Nicole) http://www.cercleshoah.org/spip.php?article227


- d'autres articles à consulter sur le site du Cercle

- La brochure d'Adam Rayski, Il y a soixante ans la rafle du Vélodrome d’hiver : le peuple de Paris solidaire des Juifs, préface, Bertrand Delanoë, éd. Mairie de Paris, 2002, 79 p.
A télécharger :
http://itinerairesdecitoyennete.org/journees/27_jan/documents/veldiv_paris.pdf

- Une vidéo sur le site du Monde :
A l'occasion de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv, dimanche 22 juillet, Le Monde.fr est allé à la rencontre de Samuel Adoner, dit Milo.
"Un survivant des camps : « Nous avons été pris, papa, maman et mes six frères et sœurs. Je suis rentré tout seul'.
En trois ans, il a survécu aux camps de Cosel (Pologne), Niederkirch, Blechhammer, Auschwitz-Birkenau et Buchenwald ». http://www.lemonde.fr/societe/video/2012/07/22/un-survivant


Une copie du texte : 
« Il y a 70 ans, l’Allemagne nazie, à la suite à la conférence de Wannsee, mettait en œuvre un programme méthodique d’élimination des Juifs d’Europe. En France, en cette seule terrible année 1942, près de 43 000 Juifs, en grande partie d’origine étrangère, furent déportés.


A Paris et dans sa région, la grande Rafle des 16 et 17 juillet, menée par la police française, concerna près de 13 000 Juifs ; parmi eux, 4 000 enfants, déportés et tous assassinés par le gaz, en août 1942, à Birkenau. On le sait, à ce programme d’assassinat, le gouvernement de Vichy apporta son aide zélée.

Déportés à Birkenau, nous avons été les témoins de ce crime de masse, perpétré par les nazis de 1942 à 1944. Aujourd’hui, notre douleur et notre colère demeurent aussi vives. Il est impossible d’imaginer que l’État Français n’ait pas eu connaissance, pendant tout le temps de cette guerre, du sort réservé aux Juifs pour qui Birkenau fut la fin du voyage. Ce lieu, s’il est resté longtemps un angle mort de notre conscience européenne, incarne aujourd’hui ce génocide en ses multiples dimensions.

Tout au long de ces dernières décennies, nos voix de rescapés se sont assemblées pour porter témoignage au monde de ce que fut Auschwitz-Birkenau. La mémoire fut un long chemin. Un immense effort a été consenti par les survivants pour dire aux autres hommes ce que fut la Shoah, témoignage qui a influencé la pensée occidentale tant sur les plans philosophique que politique.

Au fil des ans, nous avons conçu le témoignage comme un devoir à la fois envers les morts et envers la communauté des vivants dans un souci d’éducation et de formation, particulièrement des enseignants et des élèves. Quelques-uns de mes camarades, je songe à Henry Bulawko, récemment disparu, furent les précurseurs de ce travail de mémoire. Dès leur retour des camps, ils s’engagèrent dans ce combat pour la mémoire de la Shoah. Ils sont à l’origine de l’instauration des principales commémorations : de Pithiviers, de Beaune la Rolande, de Drancy et de celle qui nous rassemble ici, en ce jour, instituée dès 1946.

Je tiens à mettre l’accent sur le fait que, pour les déportés juifs survivants, ce combat fut âpre et de longue haleine. Il ne faut pas oublier qu’après la guerre et ce, dans un souci de réconciliation des Français, l’épisode de la déportation et de l’extermination des Juifs de France demeura dans l’ombre.

A partir du début des années 1990, une nouvelle inflexion fut donnée au traitement de ce tragique épisode de notre histoire. En 1993, le président François Mitterrand institua une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites » commises par le « Gouvernement de l’Etat français ». C’est ensuite le président Jacques Chirac qui, en 1995, reconnut la responsabilité de la France, reconnaissance qui contribua à une manière d’apaisement de nos cœurs.

Depuis quelques années, les institutions citoyennes ont souvent été à l’avant-garde de la mise en valeur de la mémoire du génocide. C’est l’occasion pour moi de rendre ici hommage au travail considérable mené par la Mairie de Paris. Merci à vous Monsieur le Maire dont je salue l’engagement. Merci à vos équipes.

La fin de l’ère des témoins est proche. Pour nous, les survivants, mais aussi pour toutes les institutions qui ont contribué, elles aussi, à tracer ce chemin de mémoire, l’entreprise est cependant loin d’être arrivée à son terme.

La Rafle s’inscrit certes dans l’histoire nationale mais également dans le cadre européen. Anciens déportés, nous souhaiterions que la question du futur de Birkenau, ce lieu dont Vichy ne voulait surtout pas se préoccuper, fasse aujourd’hui l’objet d’une réflexion ouverte. Forts de cette conviction, nous avons alors envisagé que les milliers d’enregistrements de nos témoignages puissent continuer à relayer notre parole de survivants des camps de la mort. Nous proposons que ce patrimoine mémoriel exceptionnel soit offert en partage aux visiteurs de Birkenau. Il s’agit pour nous de rester présents à Birkenau, là où la mort attendait les Juifs d’Europe.

Certes, le lieu impose silence et recueillement à ses visiteurs, mais si l’on veut que leur méditation ne soit pas seulement peuplée de fantômes, la parole enregistrée des témoins, leurs voix, doivent être entendues et leurs visages vus, leurs textes connus, précisément là où ils subirent leur martyr.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour évoquer le sort tragique de tous ces hommes, femmes et enfants qu’a scellé la trahison, par les autorités de tous rangs, des idéaux de la civilisation qu’elles ont d’ordinaire le devoir de faire respecter.

Nous sommes aussi réunis pour qu’à l’implacable cruauté ne succède jamais, si cela se peut, l’inexorable oubli ou la fatale banalisation. Notre combat, car il s’agit bien toujours d’un combat pour la mémoire, dépasse nos frontières. Il a besoin de l’aide des pouvoirs publics, de la France tout autant que de l’Europe, pour que demain, le chœur de nos voix, si singulières, puisse se faire entendre, bien au-delà du terme de nos existences ».

Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz


12 juillet 2012

Le camp des Milles

 

- Camp des Milles - Parti sans laisser d'adresse - Libération Grand Angle

En 2011, Yvon Romero et Guy Marchot, deux philatélistes achètent un lot de lettres postées ou reçues aux Milles. Commence alors une recherche sur la vie dans ce camp, antichambre d’Auschwitz pour des milliers de détenus dont des artistes…
http://www.liberation.fr/societe/2012/07/10/camp-des-milles-parti-sans-laisser-d-adresse


- dans l'article de Wikipedia, lire
Artistes et intellectuels au Camp des Milles
Combat contre l'oubli
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_des_Milles


Une Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation a été créée en 2009.

- Le site Mémorial du camp des Milles ouvre ses portes au public en août 2012
avant l’inauguration officielle prévue le 10 septembre 2012
Un lieu témoin prend le relais des témoins

sur le site web, un dossier de 64 pages à télécharger sur le camp et son histoire
voir page 38sq le dossier iconographie
http://www.campdesmilles.org/upload/campdesmilles-dossier-presentation.pdf


- sur Flickr, voir les 32 photos prises par Dominique Pipet en 2007 et 2008.

pipet-milles

source : http://www.flickr.com/photos/11765034

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 > >>
Clioweb, le blog
Publicité
Archives
Publicité
Publicité