Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Clioweb, le blog
Publicité
concours
16 février 2012

Agrégation de maths : démissions

 

- Agrégation externe de mathématiques : Démission d’un quart du jury

Trente mathématiciens, soit plus d’un quart du jury 2011, ont décidé qu’il n’était plus possible d’assister passivement à la destruction du système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le texte (copie ci-dessous) et la liste des démissionnaires :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

http://sciences.blogs.liberation.fr/


- CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

« Au total, pour le concours externe 2012 des CAPES disciplinaires, il y a 6314 admissibles pour 4847 postes ( soit une proportion admissibles/postes de 1,30 ) contre 7492 admissibles pour 4881 postes au concours externe 2011 des mêmes CAPES disciplinaires ( soit une proportion admissibles/postes de 1,53 ) ».

Simple conséquence de l'extension à bac +5 des études, ou volonté délibérée de torpiller les concours de recrutement et la fonction publique ?
http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2012/02/14/capes-la-crise-de-recrutement-saggrave/

.

« Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire.

Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité.

Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité. Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond. Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste. Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves. Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nosmédailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe. Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons ».

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

Publicité
9 février 2012

Hamsterisation : Zéro pointé


- Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération
Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier, la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la réforme contestée de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques déjà émises, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie à très court terme (et de calendrier électoral), au mépris de tous les jeunes professeurs qui ont choisi d'entrer dans un métier de plus en plus difficile.
A lire vendredi dans Libération -
http://www.liberation.fr/societe/01012388800-cour-des-comptes-zero-pointe-a-la-masterisation

- Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants - Le Monde - 08.02.12
Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation.
Economies envisagées, amélioration du niveau des enseignants, réussite des élèves, vivier de candidats, pour les sages de la rue Cambon, cette (contre) réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles. La gestion à court terme et l'obsession de supprimer le maximum de postes sont passés avant l'ambition d'améliorer la formation des enseignants.
http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/2012/02/08/le-requisitoire

- Le Figaro ne semble pas avoir lu ce passage du rapport


- Dans son rapport, la Cour des Comptes formule quatre recommandations :
Au-delà des indispensables progrès à accomplir dans l’organisation de la première année de fonction des enseignants stagiaires, la Cour  formule quatre recommandations principales pour accompagner la réforme :

1. élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel ;

2. organiser les concours de recrutement avant ou au début des masters, de façon que les étudiants n’aient pas été formés, en cas d’échec, à un métier qu’ils ne pourront pas exercer ;

3. accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires, à coût budgétaire constant, en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation ;

4. mettre en place un système d’information et de recueil des données permettant d’évaluer l’adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants.

Le texte du rapport :
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/Formation_initiale_et_recrutement_enseignants.pdf


-----------------------------------------

Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants
Copie de l'article de M Baumard, Le Monde, 08.02.12

Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes, qui publie son rapport annuel mercredi, propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation. Pour les sages de la rue Cambon, cette réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles.
Les économies envisagées
La Cour a refait le calcul. La suppression de 9 567 équivalents temps plein aurait pu rapporter 707 millions d'euros en 2011. Mais, une fois enlevé le coût de mesures d'accompagnement, comme la revalorisation des débuts de carrière (38 millions d'euros), les bourses au mérite versées aux étudiants (25 millions) ou les indemnités de tutorat (27 millions), il ne reste plus que 370 millions d'économies. Les magistrats se sont arrêtés là dans leur calcul, suggérant qu'il faudrait aussi ôter le coût supplémentaire pour la nation des deux années d'études qui mènent de la licence au master – à 10 000 euros l'année par élève.

Un master d'enseignement souvent préparé pour… rien. "Le taux d'échec important aux concours de recrutement traduit du point de vue de la bonne gestion des finances publiques, une inefficience marquée, les étudiants recalés auront été coûteusement et spécifiquement formés à un métier qu'en définitive ils n'exerceront pas", note la Cour. La rue Cambon propose donc "d'organiser les concours avant ou au début des masters". Un peu comme avant la réforme…

L'amélioration du niveau des enseignants
"Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n'avaient aucune expérience de l'enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n'ont pas fait l'objet d'une attention suffisante", relève la Cour, qui estime que "ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait".
Ainsi les magistrats regrettent-ils que des enseignants stagiaires aient été affectés dans deux ou trois établissements différents : dans une académie du Sud-Est, cela a été le cas de tous les enseignants d'arts, mais aussi de 25% des professeurs de sciences physiques, 24% d'histoire-géographie, 22% d'anglais… Ce qui complique l'intégration dans une salle des professeurs.

Selon les sages de la rue Cambon, la réforme de la mastérisation a manqué toutes ses cibles.Cour des comptes, Education nationale
Ce service à assurer dans des conditions difficiles a encore été alourdi par des heures supplémentaires puisque la Cour relève que, dans une académie de l'Est, "35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires". Plus globalement, "les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d'un tiers par rapport au temps de travail d'un professeur titulaire" puisqu'ils ont dû effectuer une formation express sur leur temps libre… Le tutorat promis "Sur le plan national, 23% des stagiaires n'étaient pas situés dans le même établissement que leur tuteur", relève la Cour. De plus, la mission du tuteur n'a pas été pensée: "Le ministère ne s'est pas doté d'instruments précis permettant de s'assurer de l'efficacité du tutorat." Et la Cour de regretter que, sur le sujet, le ministère "dispose de très peu d'éléments d'information, alors que son importance pour la formation des enseignants justifierait une capacité nettement accrue de suivi et d'évaluation de cette activité". Pourtant, 27 millions d'euros ont bien été versés aux tuteurs.

La réussite des élèves
Les magistrats de la rue Cambon soulignent que "les objectifs fixés par le code de l'éducation devraient normalement se traduire par une formation particulièrement renforcée en matière de gestion de l'hétérogénéité des niveaux des élèves au sein des classes. Or, selon les circulaires, cette formation ne représentait en 2010-2011 que neuf heures pour les enseignants du second degré et entre six et dix-huit heures pour les professeurs des écoles ". Les sages remarquent aussi qu'eu égard à l'objectif d'un socle commun de connaissances et de compétences, qui figure dans la loi, la mastérisation aurait dû permettre de rapprocher les concours de professeurs des écoles et de professeurs du secondaire, et peut-être aussi de l'introduction d'une bivalence dans les concours. Occasion ratée.

Le vivier de candidats réduit
La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme. "Le vivier de candidats s'est réduit de plus de 50 000 inscrits, soit une baisse des inscriptions d'un tiers sur une seule année" entre2010 et 2011. Le vivier des mastérisés compte 300 000 étudiants de moins que celui des licenciés. De plus, le pourcentage des inscrits qui se présentent réellement au concours a encore décru entre2010 et 2011.

--------------------

Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération 09.02.2012

Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier (lire pages 14 et 15), la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la contestée réforme de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie.

Grâce à la suppression de l’année de formation en alternance des profs débutants, désormais affectés directement à temps complet dans des classes, la réforme a permis de supprimer 9 567 emplois, soit une économie de 370 millions d’euros. Mais selon la cour, l’économie est bien moindre : les profs doivent désormais avoir un master - au lieu d’une licence - et, selon la cour, il faut compter «le coût pour le système universitaire de l’allongement des études». Il y a aussi «le coût de la réorientation» des étudiants des nouveaux masters «métiers de l’enseignement», dont trois quarts échouent aux concours auxquels ils préparent et qui doivent rebondir ailleurs.

Sur la qualité de la formation, le constat n’est pas plus encourageant. En dépit des promesses de stages, à la rentrée 2010, plus de 70% des profs débutants ont débarqué dans les classes «sans aucune expérience de l’enseignement». Avec la réforme, ils doivent se former essentiellement sur le terrain sous la houlette de tuteurs, des collègues chevronnés. Or, près du quart des débutants ont eu des tuteurs dans un autre établissement… Contrairement aux recommandations officielles, des jeunes profs se sont aussi retrouvés dans des écoles en ZEP, à cheval sur plusieurs établissements dans le secondaire, avec des classes de plus de trois niveaux différents, ou encore contraints de faire des heures supplémentaires.

Pour éviter ces dérives, le rapport recommande d’instaurer «des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel», de créer des concours avant ou au tout début du master (afin que les recalés puissent tout de suite changer de filière) et de réduire les heures d’enseignement des profs débutants. On comprend mieux pourquoi la quasi-totalité des candidats à la présidentielle promettent de revenir sur cette réforme et de revoir de fond en comble la formation des enseignants.


27 décembre 2011

Concours 2013

 

Agrégation externe 2013
Les programmes de la session 2013 sont en ligne dans plusieurs disciplines. Les autres attendent...
http://www.education.gouv.fr/cid58356/programmes-des-concours-de-la-session-2013.html

Géographie
Géographie thématique :
Géographie des conflits
Représenter l’espace (nouvelle question)

Géographie des territoires :
La France en villes
Canada, États-Unis, Mexique (nouvelle question)

Histoire moderne :
Les circulations internationales en Europe, (années 1680 - années 1780).
Histoire médiévale :
Guerre et société (Royaume de France, royaume d’Écosse, royaume d’Angleterre, marges occidentales de l’Empire) vers 1270 - vers 1480. (nouvelle question)

Anglais
II - Civilisation
1- La décolonisation britannique (1919-1984)
2- Révoltes et utopies : la contre-culture américaine des années soixante

Allemand
5 - L’Empire austro-hongrois : les enjeux de la présence allemande en Europe centrale (1867-1918)
Option B , civilisation : L’écologie politique en Allemagne fédérale (1949-1990)

Espagnol
2 - La transition en Espagne : les enjeux d'une démocratisation complexe (1975-1986)
3 - Les jésuites en Espagne et en Amérique espagnole (1565-1615). Pouvoir et religion
4 - Pouvoir de la violence et violence du pouvoir

Japonais
La « démocratie de Taishô » - [l'ère Taishô s'étend de 1912 à 1926]

SES
Économie
1) La répartition des revenus 
2) Économie de l’environnement 
3) L’économie géographique (nouveau thème)

Sociologie
1) Santé, maladie, société
2) Les stratifications sociales
3) L’exclusion sociale (nouveau thème)

Histoire et géographie du monde contemporain
1) Transport, économie mondiale et échanges internationaux de 1880 à nos jours
2) Patrons et patronat dans le monde occidental : Allemagne (à l’exclusion
de la RDA), France, Royaume-Uni, Etats-Unis, début XIXe-fin XXe siècle (nouveau thème)

.
Capes 
http://www.education.gouv.fr/cid54777/menh1031996n.html

- HG
Histoire
. Le Prince et les Arts en France et en Italie, du XIVème au XVIIIème siècle.
. Les diasporas grecques du VIIIème siècle à la fin du IIIème siècle avant J.-C. (bassin méditerranéen, Proche-Orient) (nouvelle
question)
. Les sociétés coloniales à l'âge des empires : Afrique, Antilles, Asie (années 1850 - années 1950) (nouvelle question)

Géographie
. La France : La France en villes.
. Géographie des conflits
. Canada, États-Unis, Mexique (nouvelle question)

- SES
Le programme de la session 2011 est reconduit ainsi qu’il suit :
Le programme du concours correspond aux programmes des classes en vigueur au lycée auxquels s'ajoutent, pour la première partie de l'épreuve sur dossier, les connaissances en mathématiques et statistiques des classes de première et terminale E S en cours

- Espagnol
A - Reflets d'une société en mutation : le Mexique au milieu du XXème siècle

 

13 décembre 2011

IEP Paris - nouveau concours

 

- Sciences Po Paris : un nouveau concours d’entrée bac+0 en 2013

Le concours aura lieu en mars.
Il comptera 3 épreuves écrites seulement : l'histoire (4 h coef 2),
la langue (1 h - coef 1) et l'option (Litt et philo, SES ou Math - 3 h coef 2).
L'appréciation du dossier du candidat comptera pour moitié dans l'admissibilité.
http://www.letudiant.fr/actualite/sciences-po-paris-un-nouveau-concours-d-entree-bac-0.html

.
Sciences-Po Paris révolutionne (sic) son concours d'entrée
titre Le Monde qui n'a pas peur des mots... 
Tous les candidats passeront un oral d'admission.
« L'épreuve de culture générale est supprimée. Officiellement pour des raisons pratiques. En réalité, on s'est aperçu que les questions étaient parfois trop compliquées et qu'on avait fixé la barre un peu trop haut, souligne-t-on à Sciences Po ».
(en 2011, 995 admis sur 5360 candidats.
70 % viennent de familles des catégories CSP+
12 % sont fils d'ouvriers ou d'employés)
http://www.lemonde.fr/societe/2011/12/13/sciences-po


 

29 juillet 2011

HG : Rapport Agrégation interne 2011

 

HG-Agregation-Interne-2011


Histoire-Géo, Agrégation interne 2011, rapport officiel

http://media.education.gouv.fr/file/agregation_interne/23/1/histoire_186231.pdf

 

- L’évêque dans les royaumes de France, de Bourgogne et de Germanie (888-début XIIe s.)

- Pratiques et territoires du tourisme en France

- Epreuve de commentaire, analyse scientifique, utilisation pédagogique de documents 

- Option histoire : Les Britanniques et leur empire 1867-1931 
Document n° 1 : John TENNIEL, dessin satirique, 15 avril 1876. 
Document n° 2 : Carte des chemins de fer en Inde en 1890. 
Document n° 3 : Extrait d’un discours de Joseph CHAMBERLAIN, Londres, 31 mars 1897. 
Document n° 4 : Timbre canadien, décembre 1898. 
Document n° 5 : Rudyard KIPLING, Le fardeau de l’homme blanc, 1899. 
Document n° 6 : Camp de concentration pendant la guerre des Boers. 
Document n° 7 : Lord ASQUITH, discours à la première réunion de la Conférence impériale de Londres, 1911


- Frontières et espaces frontaliers en Russie
http://media.education.gouv.fr/file/agreg_interne/17/2/agreg_int_hist_geo_3_168172.pdf

I- Les frontières de la Russie : conceptions géostratégiques et mobilités (Documents 1, 3, 5, 7, 8).
II- Les espaces frontaliers pacifiés : des problématiques frontalières diversifiées (Documents 1, 2, 4, 5, 6).
III- Le Caucase : une géo-frontière en conflit permanent ? (Documents 1 et 8)
IV- Une marge devenue une frontière : l’Arctique russe. (Documents 1 et 9)


- Les sujets et rapports sont disponibles depuis 2003 sur le site SIAC2 du ministère. http://www.education.gouv.fr/cid4927/sujets-des-epreuves-d-admissibilite-et-rapports-des-jurys.html


- Programmes des concours du second degré
Session 2012 
http://www.education.gouv.fr/cid51686/programmes-des-concours.html

http://www.education.gouv.fr/cid54015/menh1026893x.html

.
- Pour le Capes 2013
, questions officieuses (attendues au BO en septembre 2011)
Histoire :
Les diasporas grecques du VIIIe siècle à la fin du IIIe siècle av. J.-C. (Bassin méditerranéen, Proche-Orient) (Nouvelle question)- remplace Rome et l’Occident
Le Prince et les Arts en France et en Italie, du XIVe au XVIIIe siècle
Les sociétés coloniales a l'âge des Empires : Afrique, Antilles, Asie (années 1850-années 1950). (Nouvelle question)
remplace Le monde britannique de 1815 à 1931

En géo :
La France : la France en villes
Géographie des conflits
Canada, Etats-Unis, Mexique (nouvelle question) remplace l'Europe

 

Publicité
25 juillet 2011

Concours : Publi-information ?

.
Plus de candidats aux concours enseignants : victoire de Chatel
selon le blog LeMonde-Education
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/07/22/

Les lecteurs sont moins enthousiastes.
- L'un d'eux questionne le rôle 
d'un journaliste Education : recopier et paraphraser un communiqué du ministère, en changeant une augmentation « substantielle » par  une augmentation « fulgurante » ? Ou faire une lecture critique des informations mises en avant par ce même ministère ?

- Un autre détaille la lecture des chiffres :
Selon vos chiffres,
2010 : 85 000 candidats
2011 : 64 125 
2012 : 69 351.

La baisse d’inscription entre 2010 et 2011 a été de 25%.
69 351 candidats se seraient inscrits à la session 2012.
En quoi une augmentation de 7% est réjouissante ?

Concernant les mathématiques, il y a eu cette année de l’ordre de 1200 candidats pour 900 postes et seuls 550 environ ont été déclaré reçus. Il est écrit que la matière est en perdre d’attractivité certes, mais en 2010 il y avait tout de même 4000 inscrits au concours.
On passe donc de
2010 : 4000
2011 : 1200
2012 : 1440 (+20%)

- Un candidat rappelle qu'en maths, les inscriptions se terminaient le 12 juillet, alors que les résultats de l'agrégation 2011 étaient prévus le 15 juillet. Par précaution, certains candidats admis ont pu se réinscrire. Cela devrait tempérer un peu le satisfecit du ministère… 

- Un autre lecteur rappelle qu'avant la hamsterisation, les candidats devaient avoir obtenu la licence l’année précédente, donc le concours se passait au plus tôt à Bac+4.


Une conclusion : « Il serait très facile de résoudre le problème de la baisse des candidatures : il suffit d’arrêter le massacre, et de remettre un minimum de moyens. On en a toujours pour son argent, c’est ce qu’on constate aujourd’hui  ».

.
Le redoublement, une inefficace coutume française - Le Monde 24/07

Le redoublement est inefficace ; il coûte cher et accroît les inégalités sociales. A l'heure où les conseils de classe ont rendu leur verdict [parfois fin mai en lycée... ] et où le sort de chaque élève est scellé pour la rentrée de septembre 2011, l'OCDE le confirme à nouveau, dans une étude datée de juillet.
http://www.lemonde.fr/education/article/2011/07/25/


22 juillet 2011

Enseignant, un métier et une vocation

Dans Le Parisien du 21 juillet, Chatel se félicite de la hausse du nombre d'inscriptions aux concours 2012.

(le journal écrit : Pas moins de 69 000 candidats ont passé les concours pour devenir professeur.
/ont passé ou /vont passer les écrits en novembre ?

«  Il est difficile d’imaginer ce qu’aurait été le nombre de candidats sans la campagne de pub » [ celle des rêves de Laura et des ambitions de Sébastien concède le ministre.
Il évoque « les
choses négatives, de la désaffection des jeunes pour les métiers de l’éducation en passant par les problèmes de recrutement, qui circulent à propos de l'Education » .
En évitant soigneusement de s'interroger sur les conséquences et l'impact de 
la politique menée depuis 2007.

Un détail : d'après cet entretien, Enseignant, c'est bien un métier... et même une vocation ...

http://www.leparisien.fr/societe/la-ruee-surprise-vers-le-metier-de-prof-21-07-2011-1540068.php


Lire également :
Des centaines de postes d’enseignant non pourvus, faute de candidats admis - Le Monde 12/07/2011
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?breve1318

Au travail, les profs, Le Canard enchaîné, 30 juin 2011
http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-au-travail-les-profs-78233154.html


15 juillet 2011

Capes : 20 % de postes vacants

 

20 % des postes aux Capes 2011 restent vacants - Le Monde Education, 14/07/2011
Faute de candidats au niveau attendu, les postes de titulaires n'ont pas tous été pourvus.

Qui sera devant les classes demain ? Il y avait peu de postes aux concours 2011 et pourtant 20 % des 4 880 places offertes aux capes externes n'ont pas été pourvues, faute de candidats estimés au niveau.
En mathématiques, 40 % des postes ont été laissés vacants
http://www.lemonde.fr/education/


L'article précise que la baisse tendancielle du nombre de candidats s'amorce en 1997. La hamsterisation (passage de bac+3 à bac+5), la dé-formation (suppression de la formation professionnelle initiale en alternance, horaires alourdis pour les débutants), les discours stigmatisant les enseignants et le secteur public ont pu dissuader de nombreux étudiants tentés par un métier devenu chaque jour plus difficile.

Adieu, monsieur le professeur !
Personne ne veut plus être prof !
Jérôme Leroy, Causeur, 14 juillet 2011
http://www.causeur.fr/adieu-monsieur-le-professeur,10601

Extrait :
Le métier aurait-il changé ? La formation ? Ah, la formation évidemment, il n’y en a plus… Trop cher. On est passé de la décérébration pédagogiste par les IUFM à l’envoi direct des troupes fraîches sur le terrain. C’est bien pour cela que le chiffre des démissionnaires dès la première année d’enseignement est désormais l’un des secrets les mieux gardés de la rue de Grenelle.

Ce n’est pas grave. Bientôt nous n’aurons tout simplement plus d’Education Nationale. Le privé, Acadomia et compagnie pourront très bien s’en occuper. Pour les riches, bien sûr. Les pauvres eux, pourront être fiers. Ils seront incultes, on ne leur aura rien transmis de ce qui peut donner le sentiment d’appartenir à une nation et à une histoire mais, au moins, ils vivront dans un pays qui aura fait de gros efforts budgétaires, ce qui provoquera des roseurs de plaisir du côté des agences de notation.

Finalement, c’est tout ce qui compte, non ?

 

13 juillet 2011

L'école dès 2 ans : 90 euros par mois

 

Dans le Nord - Pas-de-Calais, l'école dès 2 ans c'est 90 euros par mois - Le Monde 11/07/2011

Dans cette région, des écoles privées sous contrat ouvrent des classes hors contrat pour accueillir des enfants de moins de 3 anshttp://www.lemonde.fr/education/article/2011/07/11/

Extrait : 

A l'école S*, près de Saint-Omer, les places disponibles devaient chuter à la rentrée. « Je ferme une de mes deux petites sections, dit DC, le directeur de cet établissement de quinze classes. Pour ouvrir une section hors contrat, je me suis référé à une loi de 1988. Il suffit d'avoir le bac, un casier judiciaire vierge, les locaux adaptés, et d'en faire la déclaration à la préfecture et à l'inspection ».

« L'enseignante recrutée a suivi une formation d'institutrice en Belgique - un bac + 3, plutôt qu'un bac + 5. Assistée d'une Atsem (agent territorial spécialisé des maternelles), elle s'occupera de 29 élèves, tous déjà inscrits ».

En 2008, Darcos avait envisagé de privatiser l'accueil des moins de 3 ans dans des jardins d'éveil, et des entreprises avaient tenté d'exploiter financièrement la suppression de la formation initiale en alternance.


-  Deux lycéens racontent la "circulation" des sujets de bac 
(HG, anglais, physique-chimie, SVT) sur des pages Facebook.
Le Monde 12/07/2011 

 

- Professeur, un métier pour filles rêveuses ? Libération 08/07/2011
retour sur Laura et la com' du ministère.
Des clichés sexistes (rêves ou ambitions ?).
Le ministre marketeur a reconnu que ce problème ne lui avait pas sauté aux yeux !
http://www.liberation.fr/societe/01012347846-professeur-un-metier-pour-filles-reveuses


- Libération 07/07 : Le rapport Grosperrin (supprimer les concours) a été rejeté par 15 voix contre, dont des élus de la majorité, 11 pour et 2 abstentions. Pour beaucoup, il s’agissait d’un galop d’essai.
http://www.liberation.fr/societe/01012347636-l-ump-jacques-grosperrin-tourmente-les-profs

 

1 juillet 2011

Feu sur les concours !

 

Proposition 1 = Engager dès maintenant (sic) une réflexion sur un nouveau système de formation initiale et de recrutement à mettre en oeuvre à partir de ... 2013 !!! 
C'est la
première des 20 propositions d'une mission parlementaire présidée par un spécialiste ump de l'enseignement du judo. La proposition 20 suggère de remplacer, à terme, le concours d'accès à la fonction publique par le master et un entretien. 

.
Suppression des concours enseignants ? - Sauvons l'université
Le rapport provisoire d'où viennent ces propositions a été mis en ligne par le SNESUP (au format pdf).
Il doit être examiné en Commission des Affaires culturelles le 6 juillet.
- Première partie - Deuxième partie - Troisième partie - Uniquement les 20 propositions

Deux articles du Monde accompagnent cette annonce :
- Le système français de formation des enseignants est isolé en Europe - Le Monde 30/06/2011
http://www.lemonde.fr/education/article/2011/06/30/

- Un député ump propose la suppression des concours enseignants.  Le Monde 30/06/2011
Les futurs profs, avec un master 2, seraient recrutés par
les autorités académiques ou les établissements, sur la base d'un entretien professionnel, comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays anglo-saxons.
Le député (auteur d'une thèse sur la relation maître-élève dans l'enseignement du judo) suggère de supprimer l'Agrégation externe. Il voudrait professionnaliser la formation, avec la création de masters par niveau (école maternelle (les couches selon Darcos ?), collège et lycée général, enseignement professionnel…).
http://www.lemonde.fr/education/article/2011/06/30/

.
Vers la suppression des concours de recrutement des enseignants ?
Claude Lelièvre replace les concours dans leur contexte historique sur son blog Médiapart 30/06/2011

.
Les tenants d'un libéralisme autoritaire, qui réduisent trop souvent la liberté aux seuls intérêts du patronat et qui ne reculent pas toujours devant la xénophobie passeront leur chemin. Les autres liront la casse annoncée à la lumière de l'article de Laurent Bonelli et Willy Pelletier, « Comment vendre à la découpe le service public » (Le Monde diplomatique, décembre 2009). Ils verront que les chantres de la précarisation et de la privatisation (qualifiée de rupture en 2007) veulent à tout prix démolir le métier de prof (et les valeurs humanistes qui animent généralement ceux qui font ce métier).

La tactique de ces casseurs est simple et redoutable :
- Les déclinistes donnent la charge, à partir de critiques parfois fondées
(cf l'exemple des iufm et du prétendu pédagogisme ).
- En cas de besoin, on invoque l'Europe (c'est bien mieux ailleurs).
- Il y a toujours un député expert en provocation : on le laisse se répandre dans les médias, avec des propositions extrêmes.
- Ensuite, on démolit.
Pas question de chercher à réformer (au sens d'améliorer).
(cf  la formation professionnelle initiale en alternance).
- Mais pas tout de suite.
On diffère l'application de 2 ans : le temps d'éviter les rejets frontaux et massifs.
- Enfin, on constate l'étendue des dégâts.
On en profite pour dénigrer ceux qui subissent cette casse mais essaient d'en limiter l'impact.
- On bricole à coup de rustines ... après coup...
( illustration dans le rapport du député ump : proposition 1 = 
engager dès maintenant (sic) une réflexion sur un nouveau système de formation initiale et de recrutement à mettre en oeuvre à partir de ... 2013 !!! (sic)
Dans le cas des masters, ce sont même les étudiants collés qui ont alors d'excellentes raisons de réclamer la suppression des concours !!!

Lu parmi les réactions des internautes lecteurs du Monde :

« Depuis des années un profond travail de sape est mené contre le statut lié aux concours de l'enseignement public . Ces concours ne sont pas un gage de capacité pédagogique mais ils sont un obstacle aux projets néo libéraux de dynamitage de la fonction : faire fonctionner la machine avec des gens précarisés au maximum, abaissement des salaires ( déjà entrepris de longue date par toutes sortes de biais ), augmentation du temps de travail, variations extrêmes des tâches. Le Topaze new look ! »

« C'est une vieille obsession de la droite réac: pas la peine d'avoir fait beaucoup d'études pour enseigner la règle de trois à des crétins  ».

« Je ne suis pas fan, loin de là, de la manie francaise des concours. Mais dans le cas spécifique de ce qui est proposé ici, le résultat de leur suppression serait d'avoir plein de diplomés Master enseignement sans postes à la clef. Ce n'est pas parce que ca existe dans d'autres pays qu'il faut copier les aberrations des autres. Il faudrait adapter le nombre de places en Master au nombre prévisible de postes à pourvoir, et donc... organiser un concours ! »

 

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 > >>
Clioweb, le blog
Publicité
Archives
Publicité
Publicité