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camps
10 avril 2012

Aller à Auschwitz-Birkenau ?

 

birkmem

Birkenau - 18 mars 2001 - source : Clioweb


- Enseigner la Shoah, des professeurs en quête de réponses à Auschwitz - Le Monde 09.04.2012

Mattea Battaglia a accompagné 40 profs de l'académie de Toulouse.
Une visite encadrée par le Mémorial de la Shoah.

En fond, lire le mépris à la mode à l'égard des manuels
(« Je ne sais pas qui a le temps de se tenir à jour, de lire un livre, un vrai, pas un manuel » (sic))
http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/2012/04/09/


- « Un aspect du génocide s'est révélé à moi :
tuer prend, somme toute, très peu de place
» - Le Monde 09.04.2012
Claire Zalc a accompagné un voyage depuis Reims.
http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/2012/04/09/

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- Annette Wieviorka : « Il n'est pas indispensable d'aller visiter Auschwitz pour savoir ce qu'a été la Shoah, pas plus qu'il n'est nécessaire de visiter les champs de bataille de la Grande Guerre pour connaître son histoire » - Le Monde 09.04.2012.

Elle évoque la place d'Auschwitz dans la mémoire collective, à la fois usine nazie de mise à mort, camp de concentration sans oublier la quarantaine de kommados (cf Bobrek pour Simone Veil)

« Si un enseignant en éprouve le besoin, une visite peut beaucoup lui apprendre, sur les traces de l'histoire qui s'est déroulée sur ce site, mais aussi sur la façon dont il a été muséifié et sur les problèmes que pose sa conservation ».

« Ces voyages visent à inculquer aux adolescents le "plus jamais ça". A y réfléchir, cette conception de l'éducation est curieuse. Elle postule que nos élèves sont des petits nazis en puissance qu'il faut éduquer non par l'inculcation de valeurs positives mais "contre Auschwitz". Une éducation préventive... Il arrive d'ailleurs que les jeunes soient déçus. Certains attendaient beaucoup de ce voyage, une sorte de révélation ou de conversion. Il ne s'est rien passé de tel. Comme si le fait d'aller quelques heures sur le lieu pouvait être source de transformation »
http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/2012/04/09/annette-wieviorka

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Birkenau - 18 mars 2001 - source : Clioweb


- La déportation dans les camps nazis - http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

- Le Cercle d'étude de la déportation et de la shoah - http://www.cercleshoah.org/

- Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire - http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

 

camps

Les camps nazis - manuel Belin Terminale 1983


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21 novembre 2011

Résister dans les camps nazis

 

cnrd2012_MRN


CNRD 2012 - Résister dans les camps nazis
On présentera les différentes formes qu’a pu prendre cette résistance et les valeurs qu’en transmettent les déportés par leurs témoignages.

Le Musée national de la Résistance a mis en ligne un dossier pédagogique organisé en 4 parties :
1 - Résister dans les premiers camps nazis (1933-1940)
2 - Résister dans le système concentrationnaire (1940-1945)
3 - Résister dans les centres de mise à mort (1942-1944)
4 - La résistance dans la mémoire des camps nazis : l’exemple de la France

Pour  télécharger le dossier de 32 pages en pdf :
http://www.musee-resistance.com/IMG/pdf/cndr2012__resistance_web.pdf

 

 

25 septembre 2011

Activités du Cercle d'étude

 


Activités et annonces sur le site web du Cercle d'étude :

- Maurice Audin la disparition
Le documentaire de François Demerliac a été projeté à Paris le 14/09/2011
L’association Maurice Audin :
http://www.ann.jussieu.fr/AUDIN/index.htm
Pierre Vidal-Naquet : http://clioweb.free.fr/dossiers/pvn.htm

- Octobre à Paris - 17 octobre 1961, film de Jacques Panijel, 1962,
Avec la participation de Mehdi Lallaoui fondateur de l’association « Au nom de la mémoire », et J.L. Einaudi (sous réserve).

Le film sur la répression de la manifestation des Algériens a été interdit en 1962. Il sera projeté dans le cadre de l'association Ciné-histoire, au cinéma Les 3 Luxembourg, le mercredi 19 octobre 2011.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article198


- Résister dans les camps nazis

. CNRD 2012 - Bibliographie et choix de sites web sur le site du Cercle d'étude
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article194

Ciné Histoire, séance C.N.R.D. le vendredi 16 décembre 14h 30 en partenariat avec le M.R.N. Mme M.J. Chombart de Lauwe, Présidente de la FMD. http://www.cercleshoah.org/spip.php?article198

- Les Hommes libres, un film d’Ismaël Ferroukhi, 2011
Les Hommes libres est construit autour de deux personnages principaux : l’un est un personnage historique, Si Kaddour Ben Ghabrit, fondateur de la Mosquée de Paris en 1926 et recteur de celle-ci pendant les années d’Occupation, dont plusieurs témoignages attestent qu’il a protégé et sauvé des juifs ; l’autre est un personnage de fiction, Younes, qui avec ses compagnons d’armes (Ali, Leïla), incarne les différentes facettes de l’engagement des maghrébins dans la résistance.
dans le dossier, trois entrées :
Le nationalisme algérien durant la 2GM
l'expérience résistante des Maghrébins
La mémoire musulmane de la shoah
http://www.zerodeconduite.net/dp/zdc_leshommeslibres.pdf


- Les Tsiganes dans l’Europe occupée : entre persécutions et génocide
Cercle d'étude, Mercredi 19 octobre 2011 à 14h au Lycée Buffon, Paris 15 ème

. Conférence de Marie Christine Hubert, Historienne et archiviste.
Auteur d’une thèse d’histoire sur les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Co-auteur avec Emmanuel Filhol du livre Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946), Editons Perrin.
- Présentation de documents sur la persécution et la déportation des Tsiganes du Nord-Pas de Calais et de Belgique par Monique Heddebaut, membre de la Commission historique du Nord, conseillère scientifique auprès du Musée de la Résistance de Bondues (Nord) et de Malines (Belgique).
- Témoignage de Raymond Gurême , ancien interné tsigane du camp de Linas-Montlhéry et co-auteur avec Isabelle Ligner du livre Interdit aux nomades, Editions Calmann-Lévy
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article197

http://www.cercleshoah.org/IMG/pdf/AfficheTsig.pdf

 

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6 juillet 2011

Sam Braun

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Sam Braun vient de décéder en juillet 2011.
Il avait été arrêté et déporté fin 1943.
source : http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p6_217922/sam-braun-un-grand-temoin


sam-braun2

Sam Braun, Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu,
entretien avec Stéphane Guinoiseau, Paris, Albin Michel, 2007.


- « Sam Braun est né à Paris le 25 août 1927 mais a vécu son enfance et le début de son adolescence à Clermont-Ferrand. Ses parents, immigrés, se sont mariés en France, furent naturalisés en 1924 (sa mère venait de Kichinev, actuelle capitale de la Moldavie et son père de Pologne). Son père était commerçant - plus ou moins efficace et prospère d’ailleurs ! Sa famille n’est pas pratiquante mais Sam a été éclaireur israélite. ...

Le 12 novembre 1943 Sam, ses parents et sa petite sœur sont arrêtés chez eux à 6 heures 30 par des miliciens... »

Lire la suite de ce texte sur la page du Cercle d'étude (un monument numérique ?).
Sur cette page, Nicole mentionne également
l'adaptation théâtrale de l'ouvrage,
le 
témoignage sur TV5
le Testament philosophique des anciens déportés d'Auschwitz (sur le blog 
http://www.sambraun.com/ ).

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article103&lang=fr


sam-braun-theatre

source : http://www.cercleshoah.org/


- L'hommage rendu à Sam Braun au cimetière du Père Lachaise
. Gabriel Kenedi pour Rue 89. 06/07/2011
http://www.rue89.com/2011/07/06/rdv-au-pere-lachaise-avec-sam-braun-deporte-a-16-ans-212471

 

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17 septembre 2010

Sarah Montard

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Sarah Montard, lors du 67e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.
Elle a été déportée à Auschwitz en mai 1944 - source Blog Laurent Montard

Témoignage en 3 parties, pour le Mémorial de la Shoah ( après la pub de dailymotion :-)....
partie 1
http://www.dailymotion.com
partie 2
http://www.dailymotion.com/
partie 3
http://www.dailymotion.com/

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- Mme Sarah Lichsztejn-Montard
Témoignage pour le Cercle d'étude lors de la conférence de Gérard Noiriel sur L’immigration juive en France de la fin du XIXe à la  fin de la seconde guerre mondiale (25 juin 2008).
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article55

« Sarah est née en 1928 à Danzig de parents polonais ; elle est arrivée en France à l’âge de 2 ans et demi. Son père, né en Lituanie dans une famille de rabbins, est devenu libre penseur, sioniste de gauche, puis anarchiste en lisant Bakounine et Kropotkine. C’est un intellectuel, poète et journaliste yiddish, enseignant dans une école juive. Il fréquente le cercle des écrivains juifs de Varsovie. Sa mère, née à Malorita, un shtetel près de Brest-Litovsk, vient d’une famille traditionnaliste. Elle a étudié à l’école russe. Elle est couturière à façon. Après la révolution russe et la guerre russo-polonaise, le village est devenu polonais.
La situation économique est très dure, l’antisémitisme virulent. Ils émigrent en France, le pays des droits de l’homme, de la liberté et de la douceur de vivre. Ils habitent d’abord dans le 15ème où ils côtoient des Russes blancs. Ils déménagent dans le 20ème, arrondissement à forte population juive, à Ménilmontant, puis à Belleville. Les logements sont moins chers et ressemblent à des taudis, sans électricité, sans eau, avec des punaises.

Les parents, de gauche, sont surveillés par la police. La mère, ouvrière à domicile, est payée à la pièce, et connaît la morte saison en hiver. Le père, l’intello, travaille épisodiquement dans les journaux juifs ou dans des petits boulots non déclarés. Sans carte de travail, il est reconduit à la frontière espagnole, italienne ou belge, tous les 6 mois et revient clandestinement. Les connaissances de ses parents s’intéressaient tous à la politique et avaient amené le yiddish dans leurs bagages. Ils étaient très pauvres, mais elle était heureuse. Le samedi, quoiqu’il arrive, ils s’évadaient au cinéma. L’essentiel, c’était l’école. Quand, à quatre ans, elle va à l’école maternelle, elle ne parle pas du tout français. Ses parents suivaient des cours de français à l’Alliance française. C’était primordial pour s’intégrer. Ses parents sont pleins de respect pour l’école de la République. Elle se souvient de quelques réflexions antisémites ...  ».

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- Les rescapés, témoigner pour transmettre, n° 6 - 2008 -
extrait :
« Sarah Montard, petite Parisienne, est âgée de 11 ans et demi au début de la guerre. Pour échapper aux bombardements, sa famille l’envoie dans une maison de l’Oeuvre de secours aux enfants (OSE) jusqu’en juillet 1940, sur la Côte d’Azur, où sa mère vient la chercher. Elles reviennent à Paris en passant la ligne de démarcation.

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Sarah et les enfants de l'OSE à Boularis (Côte d'Azur) en 1940
source : Serge Klarsfeld, Mémorial, repris sur le site holocaust-memory.org

En mai 1941, son père est arrêté lors des premières rafles de Juifs étrangers et interné au camp de Pithiviers, dans le Loiret, d’où il réussit à s’évader en août 1941 et entre alors dans la clandestinité.

Le 15 juillet 1942, une amie du lycée prévient Sarah qu’une arrestation massive se prépare et qu’il faut quitter Paris. Mais Sarah et sa mère sont arrêtées le lendemain par la police française. À 14 ans, l’enfance de Sarah bascule. Conduites au Vél’ d’Hiv', elles réussissent à s’en évader le même jour et se cachent chez des amis, puis dans une chambre, à Paris.

Le 24 mai 1944, à 7 heures du matin, deux jeunes inspecteurs en civil viennent arrêter Sarah et sa mère suite à une lettre de dénonciation. Conduites au dépôt du palais de Justice, elles partent le lendemain pour Drancy. Le 30 mai 1944, Sarah et sa mère sont envoyées à la gare de Bobigny d’où elles partent pour Auschwitz, par le convoi n° 75.  Elles arrivent le 2 juin 1944 à Birkenau. Toutes deux sélectionnées sur la Bahnrampe de Birkenau, elles sont affectées dans des Kommandos extérieurs dans lesquels elles effectuent d’exténuants travaux. Séparée de sa mère, elle est envoyée au camp des hommes.

Le 18 janvier 1945, le camp est évacué. Pendant la « marche de la mort » elle retrouve sa mère, et elles arrivent ensemble au camp de Bergen-Belsen. Sarah y attrape le typhus, mais sa mère la sauve.

Libérées par l’armée anglaise le 15 avril 1945, elles reviennent à Paris le 24 mai 1945 et retrouvent le père de Sarah qui avait pu se cacher. Aujourd’hui, Sarah témoigne inlassablement et accompagne régulièrement des élèves à Auschwitz ».

16 mars 1945: c'est aujourd'hui mon anniversaire !
http://www.anti-rev.org/temoignages/Montard96a/body.html

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- Sur le blog de Laurent Montard :

67eme anniversaire de la rafle du Vel d'hiv

Voyage à Auschwitz

Discours du 19 juillet 2009

Sarah prépare un ouvrage dont le titre vient d'une chanson d'Edith Piaf : Chassez les papillons noirs (à paraître début 2011)
 

sarah

Sarah à Granville, le 16 septembre 2010

Le 20, elle est allée témoigner à Ganville au Lycée La Morandière.

 

 

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7 avril 2010

Mémoires de la Shoah : A Wieviorka

Sur le site de l'INA, Annette Wieviorka s'entretient longuement avec JB Peretié
( 7 heures d'entretien . Aussi disponible en séquences très courtes - source : Nicole
L'entretien a eu lieu le 16 juin 2006, la mise en ligne a été faite en décembre 2006)
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah&Entretien=Wieviorka
En 2014, ce lien ne répond plus.
Et une transcription est imprimable,
(sans aperçu avant impression ni indication du nombre de pages).

http://entretiens.ina.fr/imprimer/Shoah/Wieviorka
http://entretiens.ina.fr/sitemap
Plus encore, cliquer sur la vidéo d'Annette Wieviorka donne accès à la vidéo... de Jacques Altmann !
Qui se soucie, dans certaines structures, du travail des enseigants dans la durée ?

aw-ina


Le sommaire
: (version artisanale en pdf)
I -   L'après-guerre : le témoin, les souvenirs, le récit - 1 h 52
II -  Les années 1960-1970 : Eichmann, les Six Jours et le réveil de la mémoire - 1 h 14
III - Les années 1970-1980 : La collecte, l'interprétation et la transmission - 1 h 25
IV - Les années 1980-1990 : Les procès, la reconnaissance et la transmission - 1 h 46
V - Sur l'actuel et les temps à venir : l'histoire, la loi et l'essentiel - 56 mn

Parmi les sujets abordés : Le témoin et l'historien, Les déportés : témoins ou profs d'histoire, Sur le voyage (scolaire) à Auschwitz, L'argent des orphelins de la déportation, La loi et l'écriture de l'histoire, La fiction et le rire, Sortir d'Auschwitz ? Du dérisoire et de l'essentiel...

Une vingtaine d'autres entretiens sont disponibles (dont Serge Klarsfeld) :
http://www.ina.fr/entretiens/aProposSignet.php?Collection=Shoah

Attention l'installation d'un plugin peut être exigé par l'INA au préalable,
Patience : le chargement peut être long et les plantages ne sont pas exclus...
De plus le texte est transcrit est en mode image, comme au temps de Gallica 0.1
Dommage...

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Extraits :
chap 46 : Les déportés, témoins ou profs d'histoire ?
« Ce qui est important dans la visite d’un déporté... cela fait dialoguer des générations éloignées...
« Quand on fait venir Stéphane Hessel dans sa classe, on est honoré par sa présence... Mais je pense que cela ne remplace pas un cours d'histoire. Le vrai problème, c'est que si les enseignants ont une petite paresse à aborder cette question, ou une petite frayeur à l'aborder, et qu'ils se défaussent sur le témoignage du déporté, ils ne font pas face à ce qui est leur travail, qui est quand même de donner un cours d'histoire à des élèves. Et un ancien déporté ne peut pas donner un cours d'histoire ».
« Il y a toujours la possibilité de raconter sa vie en recontextualisant sans cesse. Parce qu'en fait, nous sommes très peu originaux, nous sommes le produit à la fois de notre famille, de l'époque où nous vivons, des événements qui se déroulent autour de nous. S'ils avaient cette capacité, ils pourraient effectivement faire une leçon d'histoire... Mais très peu le font. Pourtant, ils n'hésitent pas à se présenter comme possédant la science... »

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chap 79 : Sortir d'Auschwitz ?
« vous dédicacez votre dernier livre « A mon fils, cette sortie d'Auschwitz ».

« ... Mon travail n'a jamais eu pour finalité de transmettre un fardeau à mes enfants. Mais de faire que cette histoire soit écrite pour qu'on puisse en quelque sorte en desserrer l'emprise... je l'ai dédie à mon fils...parce ce que je me suis dit que je n'avais pas associé assez mes enfants à ce que je faisais... J'avais le désir de les protéger de cette histoire. Je pense qu'on n'a pas à charger le fardeau, que les enfants, les petits-enfants n'ont pas de devoir par rapport à cette histoire. Ils ont le devoir de travailler à leur vie et au monde qui est le leur dans leur génération... L'opération historique est une opération de sépulture... Ce n'est pas l'oubli, ce n'est pas l'absence de transmission. Mais c'est une façon de donner aux générations qui viennent la liberté, alors que ce qui caractérise cette histoire, c'est que les gens ont été des objets et que leur marge de sujets a été très mince ».

fardeau
Copie d'écran de l'entretien à écouter en ligne

« des Auschwitz virtuels, c'est quelque chose que vous redoutez ? »
« je tiens le mensonge pour la pire lèpre de l'âme » Marc Bloch.
« Le virtuel permet tous les mensonges. Et parfois, un de ces mensonges, c'est de reconstituer comme cela a été, on donne l'impression d'être le plus près de la vérité alors que c'est peut-être à ce moment que l'on ment le plus ».

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« De ces années d’étude de la Shoah, on sort avec davantage de lucidité pessimiste sur l’espèce humaine ... »
« On est accablé devant le jeu social : d’un côté on invoque le devoir de mémoire, de l’autre, il y a des institutions qui fonctionnent - pas comme fonctionnait le nazisme - mais comme peuvent fonctionner les administrations, avec autant d’indifférence, de lâcheté, d’absence de perception sur ce que les actes produisent… » « Parfois on a envie de ricaner quand on voit certains faire des grandes leçons sur Vichy et qu’on voit les conditions dans lesquelles ils peuvent « mettre à mort » un jeune thésard… »

 

17 mars 2010

La Rafle

 
- 17 mars, conférence du Cercle : Les Juifs à Marseille (1939-1942) du refuge au piège

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- La Rafle, drame pédagogique et hymne à la France
Point de vue de l'historienne Annette Wieviorka dans Libération

Extraits :
« Le film a voulu tout dire... tout expliquer dans une position surplombante, celle du savoir d’aujourd’hui ».

« La première partie, dans sa description des mécanismes conduisant à la rafle ... atteste le meilleur de ce souci pédagogique. Mais elle se déroule dans un Montmartre d’opérette, où la boulangerie déborde de pains et pâtisseries en tout genre... »
or « Paris a faim, Paris a froid »... les interdictions professionnelles commencent en 1940, les arrestations ont déjà fait des coupes sombres en 1941..

« C’est pourtant la seconde partie qui est la plus contestable, et notamment la reconstitution du camp de Beaune-la-Rolande... Le camp est installé pour les besoins du film en pleine forêt, sans la moindre habitation aux alentours, alors qu’il faisait corps avec le village ».
« Reste l’interrogation sur la destination des déportés... dans une formule journalistique actuelle, le médecin du camp précise que la BBC vient de donner l’information (!) ».

« Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy avait suscité un beau tollé en suggérant que chaque écolier adopte en quelque sorte un enfant juif déporté, assassiné à Auschwitz. Initiative jugée morbide, accablante. La vision nouvelle de l’histoire mise en œuvre par la Rafle est réconfortante. A l’exception des nazis, des policiers, des quelques dirigeants de Vichy (Laval, Bousquet…), la bonté est la chose la mieux partagée... »

« Contrairement à ce qui se dit ici ou là, la Rafle ne confronte pas les Français à leur passé. Elle les réconcilie avec lui ... A chacun de le déplorer ou de s’en réjouir ».

Voir aussi le billet "Filmer les camps"

12 mars 2010

Filmer les camps

Dans La Fabrique de l'histoire, ce matin (ou en version mp3)
à la question d'E Laurentin, « A quoi sert l’histoire ? », André Burgière répond par la citation de Lucien Febvre :« L’histoire qui sert est une histoire serve ». La formule lui permet de dire sa méfiance à l'égard de l’historien qui se laisse porter, pour de bonnes raisons, par les demandes de son temps. Il vante à l’opposé les démarches de Raul Hilberg ou de Jean-Louis Flandrin, qui ont inventé leur sujet et constitué leurs sources, avant de conclure…« En nous arrachant à nos certitudes, ils ont renforcé notre capacité à critiquer l’ordre du monde. C’est à cela que doit servir l’histoire ».

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Autour de La Rafle et de l’expo « Filmer les camps », écouter un échange très intéressant sur la relation du cinéma à l’histoire (et à la mémoire), sur les pratiques de la classe, sur les termes des débats récents à propos de l’histoire de la 2GM.

vers la 21e mn - Sylvie Lindeperg, en substance : « La Rafle est un film de son époque. Notre société iconogène ne supporte pas qu’un événement majeur puisse n’avoir aucune traduction visuelle dans les archives. Il lui faut absolument le mettre en images ». L'idéal serait la fiction, comme art de l'allusion ou de l'ellipse. La réponse, c'est souvent le téléfilm et la docu-fiction : dans une esthétique du trop plein, les réalisateurs veulent tout dire et tout montrer, comme s'ils estimaient que le spectateur n’est pas capable de sentir et de penser par lui-même.

JF Bossy a rappelé utilement le rôle de la durée : Nuit et Brouillard, c’est 35 mn, Shoah c’est 9 heures, plus que le temps imparti à toute la guerre mondiale dans les instructions (à l’origine, Lanzmann n’envisageait qu’une vision intégrale…).
JFB suggère que l’exploitation de Nuit et Brouillard était un moment exceptionnel (un rite).
Détail 1 : pour le projeter , il fallait un projecteur 16 mm. Cet appareil servait à exploiter d’autres œuvres prêtées gratuitement par les CRDP.
Détail 2 : en 16 mm, les copies étaient en noir et blanc et de qualité médiocre ; l'arrêt sur image était difficilement pensable. Quelle différence avec la classe d'aujourd'hui, aussi bien pour la technique (vidéoprojecteur) que pour la possibilité, pour le prof d'histoire, de lire Sylvie Lindeperg et de mettre en contexte l'œuvre et les images !
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/archives.php

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- L'émission fait allusion à la privatisation de la production des documents pédagogiques qui accompagnent la sortie des films commerciaux, "adoubés" ou non par le MEN.

- Les acteurs et la mémoire. Lors de la promotion d'un film, les acteurs mettent souvent en avant leur ignorance du passé, une lacune que seul le tournage aurait fait disparaître. Pourtant, dans ce film, toute l’équipe se sent investie d’une mission morale. Les témoins disparaissant, les acteurs se voient comme des passeurs de mémoire ("en fait d’autre chose que de la mémoire").  Tom Hanks est invité aux commémorations, les médias lui demandent de se prononcer sur l’histoire du débarquement...

- Nuit et Brouillard se plaçait dans un contexte universaliste (on n'y prononce pas le mot "juif", ni "allemand"), mais le képi censuré fin 1955 à la demande de la gendarmerie confirme que Resnais avait bien la préoccupation de pointer la responsabilité de la France dans la déportation.

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L’horreur plein cadre
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L'exposition Filmer les camps est présentée dans une double page de Libération
et par Christian Delage, le commissaire de l'exposition, sur le blog Culture visuelle.
Le Monde Magazine publie "De Hollywood à Nuremberg" 13 mars 2010.

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source : George Stevens - D-Day to Berlin (1994) - Le dvd est en vente.
La libération de Dachau, un extrait de 4 mn est disponible sur Dailymotion

. Cinéma et nazisme (1939-1945), une liste de films établie par Michel Antony
http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/HGFTP/autres/Cinema/cinegeno.doc

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. La rafle, un dossier pédagogique en pdf
. Il y a soixante ans. La rafle du Vélodrome d’Hiver - La brochure conçue par Adam Rayski (15 Mo en pdf)
. Claude Lévy et Paul Tillard, La grande rafle du Vél' d'hiv', Robert Laffont 1967, réédité chez Tallandier

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La rafle du Vel d'Hiv - 17 juillet 1942
Les cars "de la section spéciale" le long du Vélodrome d'Hiver.
(Anonyme, © Bibliothèque historique de la ville de Paris / Keystone).

14/03/2010 : Cinéma : Le retour de la seconde guerre mondiale et ses paradoxes - Le Monde Opinions :

« Une reprise de flamme a pourtant lieu aujourd'hui sur les écrans, avec la sortie d'un nombre important de films consacrés plus ou moins directement à cette sombre période » :
Walkyrie, de Bryan Singer
Les Insurgés, d'Edward Zwick
Katyn, d'Andrzej Wajda
Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino
L'Armée du crime, de Robert Guédiguian
Vincere, de Marco Bellocchio
Shutter Island, de Martin Scorsese
Liberté, de Tony Gatlif
L'Arbre et la Forêt, d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau
Les Convois de la honte, de Raphaël Delpard
La Rafle, de Rose Bosch
« La question de la mémoire de la 2GM, à l'heure de la disparition des témoins, est d'autant plus sensible qu'elle devient celle d'une transmission à la fois plus instruite et plus incertaine ».

bibliographie :
Jean-Michel Frodon (dir) Le Cinéma et la Shoah : Un art à l'épreuve de la tragédie du 20e siècle  (Cahiers du cinéma 2007)
http://www.nonfiction.fr/article-585-lethique_de_la_representation.htm

Claudine Drame Des films pour le dire : Reflets de la Shoah au cinéma. 1945-1985 + 1DVD Métropolis 2007

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