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Clioweb, le blog
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6 février 2011

SES : l'Appel de Vitruve

Appel de Vitruve - Les sciences sociales au lycée, un enjeu démocratique
samedi 5 février 2011 - sur le site de l'APSES : http://www.apses.org/initiatives-actions/

Les contenus et modalités d’enseignement sont le reflet des finalités confiées à l’école par chaque société. A l’heure où les citoyens sont plus que jamais demandeurs d’éléments d’explications sur les tenants et les aboutissants de la crise économique et financière, sur les débats relatifs aux inégalités, aux réformes de la protection sociale ou de la fiscalité, aux enjeux de la mondialisation et du développement durable, aux débats concernant la procréation, le mariage, la parentalité, les sciences sociales – économie, sociologie, science politique et anthropologie notamment - apparaissent comme un instrument privilégié de formation intellectuelle des élèves, leur permettant d’acquérir des savoirs, grilles d’analyse et postures intellectuelles réflexives essentiels pour se comporter en acteurs éclairés. Notre société peut-elle se passer de citoyens mieux outillés, mieux informés et plus rationnels dans leur rapport aux débats démocratiques ?

La réforme du lycée a instauré en classe de seconde l’obligation pour les lycéens de choisir deux « enseignements d’exploration », parmi lesquels doit figurer au moins un enseignement d’ « économie » à choisir entre l’enseignement de Sciences Economiques et Sociales et un enseignement d’économie-gestion. L’enseignement de SES a été choisi par 85% des élèves cette année, ce qui confirme l’attractivité forte des sciences sociales au lycée depuis leur introduction il y a quarante ans. C’est une excellente chose qu’un plus grand nombre de lycéens ait accès à cette « troisième culture », aux côtés des humanités et des sciences de la nature. Il convient cependant de s’interroger sur les conditions déplorables de cette progression. Les SES héritent du statut « d’enseignement d’exploration » mais, contrairement à d’autres enseignements qui partagent ce statut, l’ « exploration » ne peut pas s’appuyer sur les acquis d’un enseignement obligatoire au collège ou en seconde. Cette spécificité n’est pourtant pas prise en compte. Avec un volume horaire réduit à 90 minutes par semaine en classe entière dans la plupart des établissements et un programme encore plus ambitieux que par le passé, la qualité de l’enseignement des SES en seconde connaît une dégradation sans précédent. En si peu de temps et dans ces conditions, l’acte pédagogique se réduit bien souvent à un survol, sans que les élèves ne puissent véritablement s’approprier les concepts, méthodes et raisonnements des différentes sciences sociales qu’ils découvrent.

Exclues du tronc commun de seconde, alors qu’elles sont absentes du collège et constituent la discipline centrale de la série ES (deuxième série du baccalauréat général en effectifs), les SES ont pourtant toute légitimité à être enseignées de façon obligatoire en seconde avec un horaire adapté à l’ambition des programmes, à la hauteur de la contribution de cet enseignement à la formation citoyenne des élèves. C’est pourquoi nous demandons au Ministre de l’Education Nationale que les SES, plébiscitées par les lycéens, ne soient plus traitées comme un « enseignement d’exploration » parmi d’autres mais soient intégrées dans le tronc commun de la classe de seconde avec un horaire revalorisé, comprenant des dédoublements obligatoires, sans lesquels l’initiation aux démarches spécifiques des sciences sociales ne peut être sérieusement envisagée.

Les premiers signataires de l’appel

- Christian Baudelot, Professeur émérite de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure
- Stéphane Beaud, Professeur de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure
- Julien Fretel, Professeur des universités en Science politique
- Marjorie Galy, Présidente de l’APSES
- Maurice Godelier, Anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS
- Bernard Lahire, Professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure
- Nonna Mayer, Directrice de recherche au CNRS en science politique
- André Orléan, Professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris, Directeur de recherche au CNRS
- Thomas Piketty, Professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris, Directeur d’études à l’EHESS
- Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France,
- Marie-Claire Villeval, DR au CNRS, présidente de l’Association Française de Sciences Economiques

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5 février 2011

Proust et l'obscénité

Alain Rémond, « le type qui n’a jamais lu Proust. Enfin jamais complètement » réagit aux excès habituels de la promotion des téléfilms en costumes achetés et payés par France 2 :

« Les grands journaux me pressent de regarder, de toute urgence, la mirifique autant qu’époustouflante adaptation de la Recherche du temps perdu par Nina Companez… »
[ exemple dans Le Monde radio-TV :
NINA COMPANEEZ OFFRE À FRANCE 2 LA PREMIÈRE ADAPTATION RÉUSSIE DE « À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU ». UNE FICTION MAGISTRALE EN DEUX PARTIES, PLEINE DE GRÂCE ET D'HUMOUR.
ou Télérama - Nina Companeez : "Proust est un auteur comique" ...]

« Autant vous dire que, mardi dernier, à 20 h 35, j’étais posté devant mon poste, allumé sur France 2, qui diffusait « le chef-d’œuvre ». J’ai d’abord cru que je m’étais trompé de programme, tellement le type qui joue Proust (enfin, le Narrateur qui s’est fait la tête de Proust, moustache comprise) est idiot…. »

« … là, devant mon poste, j’ai vraiment eu la rage ... »

« Je vous en supplie, je vous en conjure, vous tous, les amoureux de Proust, qui me pressez de lire enfin A la recherche du temps perdu, jurez-moi que c’est à des années-lumière de ce carnaval insane, jurez-moi qu’il y a chez Proust une richesse, une profondeur, une réflexion, qui pulvérisent cette tranquille obscénité.
Jurez-le ! »

copie temporaire : http://clioweb.free.fr/presse/1temp/

4 février 2011

Facebook, un cas d'école

Nos amis sont ses amis - D'après Le Monde, « Les patrons de Facebook répètent sans arrêt que tout est parfaitement sécurisé. John Jean est le patron d'une petite société de sécurité informatique baptisée Wargan, qu'il a fondée quand il avait 20 ans, à Amiens (Somme), sa ville natale. Il a voulu vérifier les affirmations de Facebook. Avec 500 lignes de code, il a montré les limites de cette sécurisation ».

«  Malgré les pressions constantes des utilisateurs, Facebook a du mal à améliorer les systèmes de protection de la vie privée de ses utilisateurs, peut-être parce que son business model et toute sa culture d'entreprise sont orientés dans l'autre sens : l'exploitation des données personnelles à des fins commerciales, et le partage (la vente ?) de ce trésor de guerre avec des partenaires extérieurs » écrit Yves Eudes dans Le Monde 03/02/2011

.

- Facebook, la carte de Paul Butler.

Analyse en 3 articles par Thierry Joliveau sur le blog Monde Géonumérique

1 - déconstruction de la carte -

2 - Analyse globale et reconstruction en corrigeant certains biais

3 - Analyse de l'évolution de l'emprise spatiale de Facebook

facebook

source : Blog Monde Géonumérique

Paul Butler est stagiaire chez Facebook, le site de commerce des données privées. Il a publié le 14 décembre 2010 sur Facebook Engineering une très belle carte des connexions entre les membres  du site. … Thierry Joliveau décortique les biais que comporte cette carte : « cela relativise un peu la folie Facebook tout en mesurant la formidable puissance du site ».

« C’est un bel objet, tant technique qu’esthétique », le fond bleu est « apaisant et rassurant, symbole d’un horizon dégagé et d’une ambiance tranquille de vacances en bord de mer »... « Les liaisons longue distance ont été détournées sur les bords du planisphère... Cela les met en évidence alors qu’elles sont statistiquement peu signifiantes. Elles ont aussi le mérite de remplir les zones où la présence de Facebook est faible, en Asie continentale par exemple… »

A la fin de la décennie, « Facebook occupe déjà la majeure partie des zones hyperconnectées du monde, Japon et Europe orientale exceptés », mais il n’est pas le seul réseau social (Orkut au Brésil, Qzone en Chine, Vkontakte en Russie… Et il n’arrive pas à s’implanter au Japon.

« On constate que Facebook ne concerne qu’une faible partie des zones densément peuplées de la planète et délaisse les zones où se concentrent les plus pauvres en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ce n’est pas un scoop, mais il était important de le rappeler. Dans de nombreux cas, ces populations n’ont même pas accès aux bases du confort ni à un logement décent.  Elles n’ont pas forcément l’électricité. Alors, Facebook… »

 
suite : 02/11/2011 :  Des pays sans Facebook - Mouna El Mokhtari - blog Webdorado

La Chine, la Russie, la Corée du Sud ou encore le Japon, des pays dans lequel le réseau social américain n’a pu pénétrer le marché : des acteurs nationaux sont déjà bien établis.
http://www.webdorado.fr/2011/11/02/reseaux-sociaux-ou-facebook-nest-pas-utilisé
 

 .

4 février 2011

HG en 1ere S : épreuves de bac

L'HG obligatoire a été supprimée en Terminale S.
Les lycées plancheront en fin de Terminale, sans jamais s'intéresser à l'histoire de la France après 1962, ni à la géographie d'un monde globalisé. Le BO définissant ces épreuves est paru au BO n°5 du 3 février 2011
Série S : épreuve anticipée obligatoire d'histoire-géographie
http://www.education.gouv.fr/cid54851/mene1033347n.html

Épreuve écrite : durée 4 heures, coefficient 3
L'épreuve écrite d'histoire et géographie au baccalauréat général, série S, porte sur le programme de la classe de première défini par l' arrêté du 21 juillet 2010 fixant le programme d'enseignement commun d'histoire-géographie en classe de première des séries générales (B.O. spécial n° 9 du 30 septembre 2010).

Objectifs de l'épreuve
L'épreuve d'histoire-géographie du baccalauréat de la série S a pour objectif d'évaluer :
- l'aptitude du candidat à mobiliser, au service d'une réflexion historique et géographique, les connaissances fondamentales pour la compréhension du monde et la formation civique et culturelle du citoyen ;
- la maîtrise des capacités acquises tout au long de la scolarité secondaire:
. à exploiter, hiérarchiser et mettre en relation des informations,
. à analyser et interpréter de manière critique des documents de sources et de nature diverses,
. à comprendre, interpréter et pratiquer différents langages graphiques.

Structure de l'épreuve
La durée totale de l'épreuve est de quatre heures.
L'épreuve comprend deux parties.
- Dans la première partie, le candidat rédige une composition en réponse à un sujet d'histoire ou de géographie.
- La deuxième partie se compose de deux exercices, l'un en histoire, l'autre en géographie :
. en histoire : analyse d'un ou de deux document(s)
. en géographie : il s'agit soit de l'analyse d'un ou de deux document(s), soit d'une production graphique (réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire).

Nature des exercices
1. La composition

Le candidat traite un sujet parmi deux qui sont proposés à son choix dans la même discipline.
En histoire comme en géographie, il doit montrer qu'il maîtrise les connaissances du programme. Pour traiter le sujet choisi, il produit une réponse organisée et pertinente, comportant une introduction, plusieurs paragraphes et une conclusion.
La formulation du sujet peut prendre des formes diverses : reprise (partielle ou totale) d'un intitulé du programme, question ou affirmation, problématique explicite ou non ; elle peut être brève ou plus détaillée.

2. Exercice d'analyse de documents ou de production graphique (réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire)
L'exercice d'analyse de document(s), en histoire comme en géographie, comporte un titre, un ou deux documents qui peuvent être de nature diverse et des notes explicatives si nécessaire. Il est accompagné d'une consigne visant à orienter l'analyse du ou des documents.
En géographie, un exercice d'un autre type peut être proposé : réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire.

. En histoire, l'analyse d'un ou de deux document(s)
Cette analyse doit permettre au candidat de faire la preuve de sa capacité à comprendre le contenu, l'apport et la portée du ou des document(s) proposé(s). L'exercice demande au candidat de mettre en œuvre les démarches propres à l'analyse de document en histoire.

Lorsqu'un document est proposé, il s'agit de :
- dégager le sens général du document en relation avec la question historique à laquelle il se rapporte ;
- de montrer l'intérêt et les limites éventuelles du document pour la compréhension de cette question historique.

Lorsque deux documents sont proposés, on attend du candidat qu'il dégage le sens général de chacun des documents en relation avec la question historique à laquelle il se rapporte puis qu'il les mette en relation en montrant l'intérêt de cette confrontation.

. En géographie deux types d'exercices peuvent être proposés

- soit l'analyse d'un ou de deux document(s).
Cette analyse doit permettre au candidat de faire la preuve de sa capacité à comprendre le contenu, l'apport du (ou des) document(s) et les enjeux spatiaux qu'il(s) aborde(nt).

- soit la réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire, en réponse à un sujet. Pour la réalisation d'un croquis de géographie, un fond de carte est fourni au candidat.

Évaluation et notation
L'évaluation de la copie du candidat est globale.
À titre indicatif, la première partie compte pour 10 points ; dans la deuxième partie, chaque exercice compte pour 5 points.

Cas des candidats handicapés
Les candidats reconnus handicapés moteurs ou sensoriels peuvent demander à bénéficier, pour les exercices de géographie de la deuxième partie de l'épreuve, de l'adaptation suivante :
- En géographie, à partir du même sujet, le candidat remplace l'exercice de réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire par une rédaction d'une page environ.

Épreuve orale de contrôle
Durée : 20 minutes (10 minutes d'exposé ; 10 minutes de questionnement)
Temps de préparation : 20 minutes

L'épreuve porte à la fois sur le programme d'histoire et de géographie de la classe de première. Le candidat tire au sort un sujet. Chaque sujet comporte une question d'histoire et une question de géographie.

Les questions du sujet portent sur des thèmes majeurs ou ensembles géographiques du programme. L'une des questions (histoire ou géographie) est accompagnée d'un document.

L'évaluation des réponses de chaque candidat est globale et doit utiliser tout l'éventail des notes de 0 à 20. L'examinateur évalue la maîtrise des connaissances, la clarté de l'exposition et la capacité à tirer partie d'un document. Le questionnement qui suit l'exposé peut déborder le cadre strict des sujets proposés et porter sur la compréhension d'ensemble des questions étudiées.

3 février 2011

L'Ecole, la musique et les médias

- La cacophonie - La musique à l'Ecole.
- A quoi sert l'enseignement de la musique à l’Ecole ?
un article de Télérama (X Lacavalerie), une émission de France-Inter (I Giordano) pour tenter de décoder et comprendre la démarche actuelle de certains médias.

- On part d’une condamnation à priori :
« Votre métier est mal fait, tous vos professionnels sont des nuls »
C'est forcément vrai, puisque JE vous le dis (j’ai compétence sur tout, sauf sur...).
De plus, mes confrères disent la même chose que moi.
Et si cela ne vous suffit pas, lisez la dernière enquête Pisa ou mon choix de mails ou écoutez mon micro-trottoir …
Un détail : Ne dites surtout pas de mal des médias. Nous y faisons notre métier avec sérieux et objectivité, notre maîtrise de la langue est parfaite :-), nos dossiers sont irréprochables (même préparés en urgence par des précaires, pigistes ou stagiaires)


Illustration récente sur France-Inter.
Après
Les préservatifs sont ils de bonne qualité
et avant
Pourquoi est il si difficile de se loger ?

2 émissions à écouter et à déconstruire :
- A quoi sert l'enseignement de la musique à l’école ?
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10207-02.02.2011-ITEMA_20266747-0.mp3

- L'éducation nationale vrai ou faux mammouth ?
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10207-01.02.2011-ITEMA_20266557-0.mp3

- - La condamnation sans appel et sans nuance :
. « L'enseignement de la musique à l'école ? C'est Nul de chez Nul ». Tant pis pour ceux qui l'enseignent.
. L'école ?  L'émission passe 20 minutes à lister tout ce qui déplait à Sophie Coignard, la journaliste du Point.
. « Enseigner la musique ? Un véritable cauchemar ! » selon Télérama.
« Un système qui prend l'eau de toute part à cause des incohérences de la politique, pas seulement musicale, à la française... » (Télérama évite de se demander qui gouverne depuis 2002...)

La tactique est connue des déclinistes depuis plusieurs années. Ils l'ont rôdé en dénigrant les services publics pour mieux installer leurs amis intéressés par la privatisation (cf l'argument de la soi-disant concurrence qui allait faire baisser les prix, et son application à l'énergie ou aux péages des autoroutes. Qui sera la prochaine cible ? le transport ferroviaire ?)

Simple précaution oratoire préalable : on vante brièvement une exception supposée (au cas où...)

. Il existerait des profs dévoués et consciencieux :-):-) (SP sur l'école)
. La vraie musique, elle est dans une école qui forme des DJ (SP sur la musique -
  (DJ, ce serait un vrai métier, pas comme celui de prof si l'on écoute les chefs actuels du MEN)
. Le travail de Claire Dagnicourt à l'école de la rue Hermel (Paris XVIIIe) (Télérama)
Cela permet ensuite d'asséner une condamnation sans appel et sans nuances

- Le choix des invités est aussi révélateur.
Un mélange de propagande du pouvoir en place (aujourd'hui, on appelle cela de la com'), et de marketing d'entreprises (amies à la mode facebook) ou d'associations.

Blanquer balaie d'un revers toute critique de son école et passe son temps à vanter l'accompagnement éducatif (à ne surtout pas confondre avec l'accompagnement individualisé).
Aucune question sur son parcours politique personnel (cd Créteil, payer les élèves assidus...)
Aucun effort pour équilibrer de débat et inviter des professionnels qui pourraient porter la contradiction au représentant de la « nomenklatura » (SC) du jour. Juste un éloge final des internats d’excellence …

. Une question égarée sur la casse en cours (à propos des dégâts de la semaine de 4 jours arrive à la 33e minute.
. Aucune question sur la démolition de la formation par alternance.
(la parole de deux stagiaires est renvoyé au vendredi suivant, dans le choc des « opinions »…)
. Aucune allusion aux suppressions massives de postes de professeurs, alors que le n° 2 du MEN est présent en studio.
. Rien sur le contenu de programmes contestés (cf en SES pour la première)
. Rien ou presque sur les conditions réelles de travail dans les classes.

Sur la musique enseignée à l’école, hors de L'Orchestre à l'école ou des Enfants de la zique, point de salut.
Le travail de 8000 profs de musique ne vaut-il pas mieux qu’une condamnation aussi rapide et si peu nuancée ? Hors de l'école, le travail des musiciens est-il toujours irréprochable ?

- Le cheminement des sous-entendus de Giordano est aussi intéressant.
La musique, c'est tour à tour,
savoir jouer d'un instrument (surtout pas la flute à bec),
savoir qui est Stravinsky (lire une encyclo ? l’écouter attentivement ?)
connaître Georges Brassens,
savoir chanter en sortant de 3e. ...
Question posée à une invitée : que disent les autres profs (maths, HG) de votre présence ?
réponse : j’interviens en primaire, il y a un prof des écoles, il n’y a pas de profs de maths ou d’HG…


- Pas besoin de débattre au fond des vrais problèmes.
Il existe deux boucs-émissaires bien commodes pour dédouaner ceux qui décident au sommet : les profs seraient tous des conservateurs, et les syndicats refuseraient des réformes profondes et salutaires ...  Venant de la com' du parti au pouvoir, ou d’une plume du Figaro, cela se comprendrait...


- Sur le site web de l'émission, plusieurs réactions d'auditeurs soulignent le rejet de ces partis-pris
"Je suis révoltée par ce que je viens d'entendre"
" réformes mises en place ne donnent pas satisfaction. Renseignez vous".
"Sur l'AP, la meilleure solution se sont des travaux en petits groupes..
et la réforme du lycée sert de prétexte pour les supprimer !!!"

Un détail : Service [dit] « Public » est présenté comme une émission « « citoyenne » » ...
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/archives.php

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3 février 2011

L’Ecole entre twitter et l’ipad

 

L’Ecole entre twitter et l’ipad
Canal Plus, L’édition spéciale, 2 février 2011, 3e partie, de la 12e à la 17e minutes, entre MAM et PPDA.
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3355-c-edition-speciale.html?progid=415419

Nos enfants sont fans de techno dès le plus jeune âge.
ce qui est nouveau, c’est que l’école s’adapte à ces nouveaux outils,
utiliser un ipad ou envoyer des messages pour twitter,
ça fait partie des nouvelles façons d’enseigner.

Reportage de Christian Desplaces,
En France, il y a 20 M d’utilisateurs FB (source ?)
qq centaines de milliers se branchent eux sur twitter, ce site qui permet d’envoyer des messages de 140 caractères maxi.

il y en a même qui apprennent twitter à l’école primaire (visages floutés) comme ici à Dunkerque (école catho La Providence) et cela devient un peu un jeu de chercher les lettres sur le clavier.
Le but est de familiariser ces enfants avec un nouvel outil internet, mais aussi de revenir aux fondamentaux de l’éducation en s’amusant avec les messages.
« on doit les lire, et on doit répondre…ont doit réfléchir. Réfléchir, c’est mon truc ».
« se débarbouiller »…
Le prof des écoles : « Le CP a besoin d’écrire. Plutôt que de faire copier des lignes où l’enfant va recopier des mots sans se les imprégner, là, je leur fais écrire, ils construisent leur pensée, ils la mettent en mots en utilisant les graphies qu’ils connaissent ».
13’40
« quand je vais sur twitter, je suis avec mes parents ou le maître pour écrire ou lire »
Le numérique, cela ne s'apprend pas qu'à l’école primaire,
En Corrèze, le Conseil général fournit une tablette numérique aux 2500 élèves de 6e du département et aux enseignants de collège ; cette opération a coûté 1,5 M euros.
Les tablettes doivent servir à l'apprentissage
LS, prof de techno, collège V Hugo, Tulle : il y a 40 000 applications, dans le tas, on va obligatoirement tombé et trouver des applications adaptées à ce que l’on veut. Donc le choix se fera par chaque enseignant de trouver l’application qui l’intéresse.
14 07
que pensent les parents de cette avalanche de technologies ?
retour à dunkerque
sur le tableau numérique, dossiers oiseau
Twitter au CP, les réactions sont un peu partagées
qui peut aller ? quel type de message ? est-ce que cela peut aller, je ne sais pas, aller jusqu'a des insultes ?
Twitter, cela fait partie comme Internet de l'avenir, c'est TB qu'ils y soient formés dès maintenant pour pas qu'ils soient dépassés, quoi.
Des enfants, des ados devenus des pros du net, c'est peut être bien pour l'apprentissage.
mais cela leur apprend aussi à consommer. Une étude publiée ce matin apprend que 1/3 de l’argent de poche des 13-17 ans est consacré à des achats sur le web. 34 euros en moyenne par mois.

 

14’51 - retour sur le plateau.

Alors, est-ce que vous êtes fans de cette idée ?
N : ce qui me fait sourire, c’est que s’il n’y avait que l’argent de proche des ados, il y a aussi celui des parents, ils piquent la CB ; cela développe l’inventivité, il y en même qui arrivent à télécharger des films coquins.
ils apprennent très vite, ils repèrent surtout vos mots de passe

Q - Revenons à l’école. Est-ce qu’on intéresse plus ? est-ce qu’on apprend mieux ?
R - Ben oui.
R - On les intéresse plus, mais est-ce qu’ils apprennent mieux ? On n’a pas de preuve de cela
Est-ce que lire des sites et des blogs, cela les cultive vraiment ?

C’est des outils qu’ils vont voir à la maison, les maîtriser au collège
si l'école peut servir a cela c'est bien !

Ce que l’on a vu, c’est dans des classes de CP. C'est assez bien d'installer cela. C'est une méthode d’apprentissage de la lecture extrêmement ludique. C’est moins rébarbatif, quoi, plutôt que le b.a ba

Pour la lecture, c’est bien c’est formidable

C’est bien d’apprendre les nouvelles technologies dès le plus jeune âge, cela fait partir de leur paysage quotidien.
Nicolas est très fâché…
Non, je trouve cela formidable. Simplement, il ne faut pas tromper tt le monde. La lecture, c'est aussi une imprégnation, un effort solitaire … c’est le rapport avec un objet physique…
le truc qui sert à caler une armoire ?
16’35
Où les choses sont inscrites pour toujours et dans lequel on peut se plonger...

Qui écrit ces livres ? transition vers PPDA et Hemingway

2 février 2011

La fin de l'Histoire ?

Programmes scolaires : La fin de l’Histoire, Bernard Chambaz

Dans la dernière page du Monde diplomatique, BC (LLG) pointe les choix contestables des programmes d'HG chatel. Les professionnels les avaient repérés lors de la consultation (de façade), mais en première, le texte final n'a retenu aucune des propositions.
Faut-il alors s'étonner qu'une décision ministérielle scandaleuse (la suppression de l'HG en Term S) soit combattue et médiatisée, au même titre que certains choix faits par des historiens et des géographes généralement reconnus comme des "experts" du domaine....
Nos collègues de SES contestent encore plus vigoureusement le contenu du prochain programme de 1ere ES.

(L’article sera mis en ligne, sans doute en mars 2011) - version temporaire ).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Chambaz

En janvier 2010, en marge du débat sur l’identité nationale, un document du préfet de la région Ile de France invite à penser « l’enthousiasme » comme notion à enseigner. « On ne s’y prendrait pas mieux pour torpiller l’histoire. .. la mauvaise mémoire du président est aussi notoire que sa méconnaissance de l’histoire. La décision de supprimer l’histoire-géo obligatoire en classe terminale administre une preuve supplémentaire d’ignorance…»

BC épingle le vocabulaire « spécifique » et vilipende la bien-pensance et le jargon à la mode (les excès dans les discours autour du « durable » - les Anglo-saxons disent « sustainable »). A propos des programmes, il écrit : « on a troqué la vision encyclopédique de Pantagruel contre celle de Bouvard et Pecuchet »

Extraits :
« Le BO spécial du 29 avril 2010 présente le programme de la classe de première. Le thème initial est placé sous le signe des « économies-monde (britannique, américaine, multipolaire) » ; vous ne rêvez pas, c’est bien de l’histoire. Le deuxième est fracassant: «La guerre au XXe siècle ». A l’énoncé du programme, comment avoir la moindre idée de la façon dont le monde est entré dans l’une et l’autre, dont on retiendra surtout la « violence » (la première) et l’« anéantissement » (la seconde) ? Ensuite, comment comprendre la guerre froide, puis les nouvelles « conflictualités » (que leur a donc fait le mot conflit pour qu’ils l’écartent ?)

Le troisième thème ne surprend pas : les totalitarismes.
On se permet alors deux questions : est-ce que les révolutions de février et d’octobre 1917 constituent la genèse du régime totalitaire, ou faut-il renoncer à les raconter ? Comment traiter, on parallèle, l’effondrement de l’Etat nazi et l’effondrement de l’Etat soviétique ?
Passons sur le quatrième thème, pour aller au cinquième, d’allure classique : les Français et la République. Six heures de cours pour un siècle et demi, c’est trop généreux; on ne s’étonne pas de voir la Commune de Paris évacuée, puisque déjà il ne s’était rien passé en juin 1848, mais on limoge aussi les grandes figures républicaines : Gambetta viré, Ferry viré, Hugo viré. Le régime de Vichy se résume à une simple « négation » de la République; l’histoire politique contemporaine est réduite aux prémices de la Ve : on s’arrête en 1962, descendez, il n’y a plus rien à voir, ni la crise de 1968, ni les réformes des années 1970, ni les septennats mitterrandiens. Il n’y a plus qu’à considérer que Simone Veil est à sa place dans la rubrique « Les femmes dans le vie économique et sociale ». En fait, il n’y a pas un mot sur tout ce qui serait susceptible d’éclairer la situation actuelle. »

[ La situation est sans doute moins dramatique qu'en SES. Pourtant aucune critique n'a été entendue à propos du programme de première. Il ne faut donc pas s'étonner devant la virulence des réactions médiatiques quand un ministre supprime l'HG en Terminale S (la moitié des effectifs dans les terminales générales), et que des pans entiers de l'histoire de la France et du monde passent à la trappe dans les autres séries. ]

chambaz

source : Wikimedia Commons

2 février 2011

Vice et Volupté

Vice et Volupté, les 7 péchés capitaux, de Dürer à Nauman.
Du vendredi 15 octobre 2010 au dimanche 20 février 2011.
http://www.kunstmuseumbern.ch/

Les péchés capitaux au Kunstmuseum Bern :
- cycles sur les sept péchés
- la Superbia (l’orgueil/la vanité)
- l’Invidia (l’envie)
- l’Ira (la colère)
- l’Avaritia (l’avarice/la cupidité)

Les péchés capitaux au Zentrum Paul Klee :
- l’Acedia (la paresse)
- la Gula (la gourmandise)
- la Luxuria (la luxure)

La liste des oeuvres exposées
http://www.kunstmuseumbern.ch/

des reproductions destinées à la presse
http://www.kunstmuseumbern.ch/Lust_und_Laster

Un dossier est disponible en ligne au format pdf - http://www.kunstmuseumbern.ch/Ausstellung

Berne, Kunstmuseum

« L’exposition Vice et volupté. Les 7 péchés capitaux de Dürer à Nauman
au Zentrum Paul Klee ne convient pas pour des adolescents de moins de 16 ans ».

« Quelques-unes des oeuvres exposées au Zentrum Paul Klee ont un caractère pornographique qui pourrait blesser leur sensibilité. Ces oeuvres ont une valeur culturelle qui les rend dignes de protection ».

« Il existe pourtant des morales fondées non pas sur la foi mais sur la raison. La morale laïque, pour n'en citer qu'une. Il existe aussi des sociétés humaines qui fonctionnent parfaitement sans qu’il y soit besoin d’interdire au nom de Dieu » écrit Agnès Giard dans son blog.
http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2011/01/luxure-enfer-et-fornication.html

RUBENS_S

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Bosch, Seven deadly sins, vers 1480 : http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/b/bosch/2deadly/index.html

Les œuvres de Rubens dans le Web Gallery of Art : (dont Susanna and the Elders, 1607 Rome)
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/r/rubens/index.html

Abraham Bloemaert est un des artistes. Voir le WGA :
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/b/bloemaer/abraham/index.html

Catégorie Seven Deadly Sins, dans Wikimedia Commons

1 février 2011

Réseaux ou classes ?

- Réseaux sociaux ou classes sociales :
Faut-il former les professeurs de SES au nouveau programme de Première ?
http://pierremerckle.fr/2011/01/reseaux-sociaux-contre-classes-sociales/

Le prochain programme de SES en première est vivement contesté, à la fois sur le plan idéologique et pédagogique (scission entre économie et sociologie, pédagogie active remplacée par du pur bachotage...)

Dans ce contexte, un choix difficile exposé par Pierre Mercklé,
la cheville ouvrière de l'excellent site Liens Socio :
S'accommoder, et accepter de porter la bonne parole dans un stage national
ou
Refuser de jouer le jeu du pouvoir actuel, et soutenir ceux rejettent un programme sous influence et qui demandent un moratoire

Lire ce qu'il écrit
- sur la naturalisation normative de formules véhiculées par les médias, au mépris d'une approche scientifique rigoureuse.

- sur l'invasion du ""comment"" au détriment du "pourquoi", (en caricaturant à peine, dans qq manuels, la problématique, c'est souvent devenu un titre suivi d'un point d'interrogation)

Noter son utilisation de Google NGram Viewer, un outil à manier avec les précautions habituelles.

Toute ressemblance avec ce qui se passe en ce moment en HG ne serait que purement fortuite... :-)

MERCKLE

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