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14 septembre 2010

L'histoire scolaire en débats - 2

Plusieurs nuances par rapport à l’article du Monde

L’approche est y globale (école primaire et collège - lycée) comme si la société (et les élèves) n’avait pas évolué depuis 1880.  Le programme de 1923, est-ce seulement des débats sur le surmenage ? N’est-ce pas aussi une approche active et stimulante de la réalité ?

Pour le secondaire, un débat entre 2 lignes a été récurrent : Faut-il plutôt concevoir 2 programmes distincts pour 2 publics très différents (collège-« petit lycée » et lycée classique ), ou bien tenir compte de l’allongement de la scolarité et imaginer un programme en continuité chronologique de la 6e à la Terminale (de la 6e à la 1ère dans le projet JC Martin en 1992).  Il faut y ajouter l’affrontement entre une approche chronologique et une étude donnant davantage de place à une histoire thématique.
La solution actuelle ressemble à un gag : l’histoire est traitée en doublon, avec des questions totalement clonées d’un cycle à l’autre. (jadis, c’était le cas de l’étude de la Révolution en 3e et en 2de, la répétition permettant parfois de varier les approches pédagogiques). Dans le futur programme de 1ere, la 1GM est une guerre totale, la 2 GM une guerre d’anéantissement (tout comme dans le libellé du futur programme de 3eme).  Par contre, la guerre d’Algérie ne semble pas être une guerre... :-):-)
Pour les défauts des IO comme pour les manuels, on pourra s’abriter derrière la course folle imposée par un spécialiste libéral du marketing ... :-)

A propos de la protestation contre la réforme Haby, Le Monde évoque « la perspective d’une dissolution de l’histoire dans un ensemble disciplinaire plus vaste intitulé « sciences sociales ».  C’est passer un peu vite sur la création des SES et sur le sort de l’histoire sociale. Ne faudrait-il pas aussi rappeler l’affrontement pour le primaire entre les tenants des activités d’éveil et les chantres d’une version du  récit national à faire apprendre ?

Sauf erreur, depuis 1980, les libellés des programmes sont devenus de plus en plus directifs, aussi bien pour les indications horaires que pour les contenus (en 2de, cela a failli être Hildegarde et rien d’autre ; la romanisation, ce sera la Table claudienne…  Point à la ligne.
La hiérarchie aurait-elle si peu confiance dans la formation des profs de collège et de lycée ?

Au moins à 2 reprises, les profs ont marqué leur préférence pour l’événementiel : lors du programme Braudel, l’étude de la période 1914-1945 a occupé tout l’espace et réduit les civilisations à la portion congrue. A nouveau en 1980, l’Afrique, l’Asie, le monde musulman pouvaient être étudiés en fin de seconde. Dans les faits, le mois de mai n’avait déjà que 31 jours...

Chatel a supprimé l’HG en Term S. Il a envoyé 16 000 jeunes profs au boulot sans formation professionnelle préalable. Au risque de nier la réalité d’un métier et de rayer d’un seul coup tout l’acquis de plusieurs générations de recherches sur la pédagogie.
Pourtant, à ce jour, personne ne songe à supprimer l’histoire scolaire.  Juste à la faire passer sous des fourches caudines (pour satisfaire tous les groupes de pression, il faudrait des manuels de 2000 pages disait LW dans C dans l’air), - pitié pour les élèves...

Il faut donc beaucoup d’énergie à nos collègues du secondaire pour continuer à travailler dans un tel climat.  Au fait, la chimie enseignée soulève-t-elle autant de polémiques ?

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14 septembre 2010

Claude Chabrol, réalisateur

 

Claude Chabrol, réalisateur - Le Monde 13/09/2010
http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/09/13/claude-chabrol-realisateur_1410481_3382.html

dans Libération,

Filmographie sélective

Claude Chabrol, le féroce tranquille

Critique insatisfait, cinéphile insatiable
« En réfléchissant, je pourrais aussi dire le contraire »


L'oeil de Vichy, l'excellent documentaire est très efficace pour étudier le régime de Vichy finissant
et sa propagande (bombardements alliés).

Réécouter notamment le discours de Pétain à Nancy
( vers 5mn30 : « Aucun Français ne doit se mêler à ce conflit, autrement ce serait lamentable pour vous et pour la France »).
http://www.dailymotion.com/video/x4ecaz_l-oeil-de-vichy-partie-5_news

L'ensemble du documentaire
http://video.google.com/videoplay?docid=-5998673767422515251#


L'œil de Vichy de Claude Chabrol.
Christian Delage, Vincent Guigueno.
Vingtième Siècle, revue d'histoire, n°39, juillet-septembre 1993
http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1993_num_39_1_2728

 

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13 septembre 2010

L'histoire scolaire en débats

Quelle histoire ! Le Monde - 11.09.10  -   copie temporaire au format word

Louis XIV ou l'empire Songhai ?
A propos d'une polémique récente, Le Monde a demandé à Patrick Garcia de balayer un siècle d'histoire scolaire.

Pour lui, l'histoire scolaire, depuis la fin du XIXe siècle, doit répondre à une triple finalité : morale, intégratrice et civique.
- La finalité morale, c'est l'idée selon laquelle l'étude du passé, pour citer les programmes de 1995, doit apprendre "l'absolu des valeurs et le sens du relatif conduisant à la tolérance".
- La finalité intégratrice, cela veut dire que l'histoire a une fonction identitaire ... elle a pour rôle de "fabriquer" des petits Français.
- Quant à la finalité civique, elle repose sur l'idée que l'histoire est censée aiguiser l'esprit critique et que, dès lors, elle est une excellente propédeutique à l'exercice de la citoyenneté. A ce titre, ce n'est pas un hasard si ce sont les profs d'histoire-géo qui, dès l'entrée de l'instruction civique dans les programmes du secondaire, à la Libération, ont assuré cet enseignement."

3 périodes :
- De 1880 à 1960, domination d'une histoire essentiellement nationale faisant la part belle à l'événementiel politique et diplomatique.
- Le programme de terminale de 1957 (manuels de 1962 ?) donne une place importante aux "civilisations" et à la longue durée ; une approche économique et sociale complète l'événementiel politique (Le monde entre 1914 et 1945). Le projet Haby prévoit de remplacer l'histoire par les sciences sociales. Il soulève un tollé. Parmi les adversaires d'Haby, l'APHG, Alain Decaux (Français, on n'apprend plus l'histoire à vos enfants), Louis Mexandeau, Michel Debré.
- Un double retour de balancier a lieu après 1985 : regain de l'histoire nationale sous Chevènement, valorisation du récit et réhabilitation du cours magistral.
"On en a terminé avec l'illusion, en vogue dans les années 1970-1980, selon laquelle le bon prof est celui qui parle le moins possible et laisse ses élèves devenir "historiens" en les faisant travailler sur documents".
Les programmes d'histoire doivent intégrer le "fait religieux", le patrimonial, la citoyenneté européenne. Une originalité en 1995 : un événement n'est plus seulement étudié en tant que tel, mais son historiographie et sa mémoire au sein de la société sont aussi étudiées.
« Autant d'évolutions qui démentent l'idée d'une discipline condamnée à une mort lente. Mais qui rendent à coup sûr son enseignement beaucoup plus complexe qu'au temps du Petit Lavisse et du Malet et Isaac ».

à suivre ....

12 septembre 2010

Numérique et démocratie

La suite dans les idées - au format mp3

Entretien de Sylvain Bourmeau avec Dominique Cardon, sociologue
à propos de deux ouvrages
Dominique Cardon et Fabien Granjon, Les médiactivistes 2010
Dominique Cardon, La démocratie Internet 2010

Lire également
    * La vie des idées.fr - Vertus démocratiques de l'Internet
    * Internet Actu.net - Réinventer la démocratie : Internet, nouvel espace démocratique ?

7e mn : DC rappelle le rôle de la contre-culture dans la genèse de l'informatique, la sécession d'une partie de la jeunesse américaine vers 1965. Il distingue deux courants dans la gauche d'alors, d'un côté la dénonciation du système et des pouvoirs,
de l'autre la volonté de se changer soi-même faute de pouvoir changer la société. Le rapport à la technologie a plutôt été inspiré par le second courant (cf Apple) ...
En 1996, déclaration d'indépendance du cyberespace du musicien rock John Perry Barlow

13e : Internet change le rapport à l'espace public.
Internet une articulation de plusieurs médias, basée sur la communication interpersonnelle.
Dans la communication de masse classique, des gate-keepers (médiateurs, portiers) décident quels sujets seront mis en avant et qui aura accès aux micros et aux caméras ( ceux qui ont accès aux médias savent la double difficulté, celle de l'invitation, celle de la disproportion entre le temps disponible et le sujet à traiter).

Sur le web, tout le monde peut diffuser une info mais la visibilité n'est jamais acquise. Tout est potentiellement accessible, mais la visibilité est gagnée par le travail collectif. Les internautes peuvent ainsi créer un public par le bas, faire émerger des thématiques originales.

20e mn - une parole alternative, c'est une exigence ancienne des mouvements sociaux (cf radios libres), avec deux tendances
- Critiquer les médias en tant que système et la vision du réel imposée (Le Monde diplomatique, Acrimed)
- Ne détestez pas les médias, devenez vous-même un média (Indymedia)

23e mn : Les blogueurs ne produisent pas vraiment d'information factuelle et originale, mais diffusent beaucoup de commentaires. Pour DC, il ne faut pas mépriser ces commentaires : ils participent de la circulation de l'information et de son appropriation par tous.

24e mn : Le retour des barbelés sur la prairie ?
La tension est permanente entre le réseau et ceux qui veulent le contrôler et le border (entreprises et pouvoirs politiques). Cette tension fait partie de la dynamique du web.

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- L'utopie Internet
Lieu d'expérimentation voire d'émancipation, la Toile est aussi un laboratoire politique
Compte-rendu des 2 ouvrages dans Le Monde des Livres 17/09/2010
« Dominique Cardon s'attache ici à établir les principes fondamentaux de la " démocratie Internet " : présupposition d'égalité, à l'image de l'encyclopédie Wikipedia abondée également par tous ; force des liens faibles qui coalisent les intérêts et font émerger des causes par le simple partage de l'information ; coopération, auto-organisation, préférence pour le consensus dans les processus de prise de décision, etc. »

 

 

11 septembre 2010

Education : un constat alarmant

Education nationale : le constat alarmant de l'inspection générale qui craint des tensions... Trois inspecteurs regrettent des choix budgétaires qui « préparent assez peu l'avenir ». Le Monde Société

Le rapport estime la rentrée bien préparée, et constate que les décisions de Darcos pour le primaire sont entrées dans les mœurs (semaine de 4 jours, accompagnement personnalisé, évaluations).

Mais il suggère que la politique ministérielle suscite des préoccupations jusqu'au sein de la haute hiérarchie : jeunes enseignants stagiaires envoyés dans les classes sans formation pédagogique préalable, disparités dans la prise en charge des jeunes profs , incohérences dans la gestion du personnel ( suppression de postes depuis 2007 alors que le nombre des élèves augmente, arrivée simultanée de deux promotions d'enseignants : les lauréats des concours de 2009, qui viennent d'accomplir une année de formation en alternance, et ceux des concours 2010, directement affectés sur le terrain...)

Les restrictions en cours «  vont créer des tensions » dans un proche avenir (2011 ? 2012 ?). « Façon polie d'observer que le service d'éducation va peiner à assurer toutes ses missions ».

- Un rapport de l'Inspection générale pointe des problèmes de remplacement et des tensions dans le secondaire. Véronique Soulé dans Libération, avec l'adresse d'une version pdf du rapport

Les médias semblent très silencieux sur les incohérences et les couacs de la rentrée  2010. S'informer de la réalité concrète dans les établissements, c'est sans doute leur trop demander ; servir de porte-voix aux communicants du ministère, c'est tellement plus simple pour une profession où la précarité a fleuri bien avant l'éducation.




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10 septembre 2010

Construire l'école transparente

Construire l'école transparente
Les conséquences de « l’Espace Numérique de Travail » sur le métier des enseignants, les conditions d’apprentissage et les rapports pédagogiques
Point de vue de Philippe Danino (philo) et Christian Laval (SES), Lycée Buffon

extrait de la conclusion :

Aussi l’ensemble des innovations diverses regroupées sous le terme de TICE réclame-t-il un temps d’expérimentation réelle des professionnels de l’enseignement ainsi qu’une grande liberté d’initiative, de réflexion et de discussion. Ces outils supposent également une vigilance critique quant aux difficultés réelles de leur intégration dans la pratique spécifique de l’enseignement (on n’apprend pas comme on lit un blog) et quant aux risques graves de dérive en matière de stockage d’informations et de surveillance des personnes.

C’est tout le contraire qu’on observe. L’injonction à utiliser les outils numériques, leur caractère bientôt obligatoire témoignent d’une logique purement bureaucratique. Et ce genre de logique « du haut vers le bas », reposant sur la méconnaissance des pratiques actuelles des enseignants, constitue rarement un facteur de réussite.

L’ENT, dans une logique gestionnaire, redéfinit justement le métier enseignant « par le haut » en prescrivant gestes et tâches de façon quasi-taylorienne. Or, les enseignants ne font pas de l’informatique et de l’Internet les usages prescrits et imposés par les responsables politiques. Certains créent des blogs et des sites, conçoivent des supports pédagogiques, initient des mutualisations et sont membres actifs de communautés virtuelles, toutes choses qui échappent largement à la rationalisation technique et administrative envisagée aujourd’hui. Ces pratiques en développement tiennent toute leur efficacité de l’autonomie individuelle et collective du travail des enseignants, c’est-à-dire d’une coopération non dirigée et non cadrée techniquement. Elles ne sont pas encore reconnues et échappent à la sphère commerciale. Il y a peut-être un rapport entre les deux.

9 septembre 2010

Manuels numériques

- Le manuel numérique va-t-il supplanter le manuel papier ? Le Monde 08/09/2010
«  Comment est-il expérimenté ? Change-t-il la manière d'enseigner ? »

Les manuels numériques sont à la mode : ils doivent pallier le retard imposé par un calendrier politicien speedé.
Pour l'instant, le manuel numérique occupe une place marginale en France. Avec une exception : les 15 % de Sésamath au collège. « ... Ces contraintes ont empêché Sésamath de faire école : des associations mutualistes aux mêmes buts, comme Weblettres pour le français, ou Les Clionautes pour l'histoire et géographie, ne sont pas allées jusqu'à créer leurs propres manuels. L'irruption de l'entreprise Lelivrescolaire.fr (peut) change(r) la donne ...mais les éditeurs scolaires entendent bien transposer leur position dominante sur le terrain numérique ».

Le sous-titre est ambitieux, la double page du Monde a surtout l'intérêt d'attirer l'attention sur un constat :
- Les équipements informatiques restent sous-utilisés - Le Monde
La France figure au 8e rang en Europe pour les équipements (payés par les collectivités territoriales), mais au 24e pour l'usage de l'ordinateur en classe. Quant à la formation, le ministère l'a jugée superflue pour les nouveaux profs... 

- A Conty (Somme), les mathématiques se font sur tableau blanc interactif - Le Monde
« Quelques clics, et la page 157 du manuel Sésamath s'affiche sur le tableau blanc interactif (TBI)... Un outil disponible gratuitement en ligne. Christophe Rindel l'utilise régulièrement avec ses 17 élèves. Et pour cause : il a contribué à le créer ».

- L'increvable Bescherelle se conjugue sur iPad

9 septembre 2010

Cluny 2010

- Visiter l'abbaye de Cluny, telle qu'elle était au XVe siècle - Le Monde Portfolio (12 vues)

- L'abbaye de Cluny sur Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Cluny
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cluny_III
http://en.wikipedia.org/wiki/Cluny_Abbey

- Cluny numérique : le site officiel du Projet Gunzo
http://cluny-numerique.fr/
A venir, le Colloque Arch-I-Tech, 17, 18 et 19 novembre 2010

Cluny 2010 : http://www.cluny2010.eu/
dont le colloque  910 : Cluny, le monachisme et la société au premier âge féodal (880-1050), du 9 au 12 septembre 2010
Les moines, la seigneurie, l'encadrement des hommes au premier âge féodal
Construire au Xe siècle : nouvelles techniques et modes de construction des édifices ecclésiastiques et castraux

cluny3
source : Wikipedia

 

8 septembre 2010

Education : la gauche au défi

Réforme de l'éducation : la gauche au défi
Point de vue de Suzanne Citron - Le Monde, 27.08.10

« Interrogé sur les surenchères sécuritaires de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement et sur l'échec des politiques d'intégration (Le Monde du 17 août), Daniel Cohn-Bendit remarquait que "c'est la désintégration de la société qui crée les problèmes d'intégration". Mais, ajoutait-il, "la gauche s'est laissée enfermer dans un débat sur l'immigration sans parvenir à imposer le sujet de l'école. Or, l'intégration c'est l'école. A la gauche de réfléchir aux réformes de l'éducation pour l'adapter à la nouvelle structure de nos populations".
Que l'école soit l'une des clefs de l'intégration, c'est pour la gauche une évidence. Mais, à l'exception d'une rencontre, animée notamment par Vincent Peillon, à l'automne 2009, on chercherait en vain dans la sphère politique une analyse critique argumentée de l'inadaptation de notre système scolaire et de ses prérequis institutionnels et culturels hérités du XIXe siècle.

L'empilement de mesures hâtives et incohérentes, imposées depuis 2007 par les ministres Xavier Darcos et Luc Chatel sans concertation et dans l'absence d'un projet global (hormis des objectifs purement comptables), a suscité le mouvement de protestation de 2009.

Mais, face aux improvisations gouvernementales en désordre (suppression du samedi matin, nouveaux programmes dans le primaire, réforme du lycée, démantèlement des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et de la formation professionnelle des enseignants, etc.), les objectifs des manifestants se sont entrecroisés sans qu'un véritable relais politique ne rationalise les critiques.

Il serait pourtant essentiel que les différents courants de gauche se retrouvent pour formuler de façon audible et solennelle les enjeux et les contours d'un système éducatif pour la société française du XXIe siècle, prenant en compte les mutations sociales, culturelles, institutionnelles des cinquante dernières années.

Comment expliquer l'absence d'analyses et de propositions (notamment de la part du Parti socialiste) sur les raisons profondes du décrochage et de l'échec scolaires, sur le dysfonctionnement des enseignements en alternance supposés palliatifs et finalement sur la désintégration des personnalités qui résulte de ces failles ? Pusillanimité, tactique électoraliste, face aux lobbies bureaucratiques, académiques ou corporatistes ? Manque d'audace intellectuelle pour proposer au choix des citoyens français, (dont les premiers concernés sont les enseignants et les parents) les pistes et les étapes d'un changement sur le long terme ?

Tant que la gauche n'aura pas clarifié les véritables enjeux et démystifié le manichéisme simplificateur répandu à satiété par la droite, qui oppose un soi-disant pédagogisme et la défense du vrai savoir, elle restera incapable de proposer une alternative crédible et réaliste. La gauche doit, sur cette question, procéder à son examen de conscience et mettre le doigt sur ses propres contradictions entre la défense implicite d'un modèle traditionnel plus ou moins intouchable et l'invention progressive et réaliste d'une éducation diversifiée dans ses approches, avec pour objectif l'acculturation, la socialisation et l'épanouissement de tous et de chacun.

Nombreux sont, depuis des décennies, les travaux, les constats, les publications en sociologie, en histoire de l'éducation, en sciences politiques qui pourraient inspirer un think tank "réforme de l'éducation" à créer d'urgence. Il se positionnerait dans le sillon du courant réformateur de gauche qui remonte à Jean Zay, ministre du Front populaire, et a inspiré les tentatives de la Libération (projet Langevin-Wallon, action de Gustave Monod, directeur de l'enseignement secondaire et créateur des classes nouvelles).

Rappelant les propos de Marc Bloch dans ses écrits clandestins sur la réforme de l'éducation : "l'ancien système humaniste a vécu, il n'a pas été remplacé", on évoquera aussi le grand colloque d'Amiens de mars 1968 qui, sur un éventail de propositions pour changer l'école, a rassemblé un très large public.

Prenant acte des évolutions positives et, pour les dépasser, des impasses de l'école publique dans les cinquante dernières années, la gauche amorcerait ainsi un grand débat national sur les modalités institutionnelles, épistémologiques et culturelles de l'inéluctable réforme de l'éducation ».

8 septembre 2010

Le tournant global

Le tournant global des sciences humaines,
Colloque 23 au 25 septembre 2010, Paris

dans le programme,
Christian Grataloup, Une géographie post-braudélienne
Olivier Pétré-Grenouilleau, L’histoire : tournant global ou masques globaux ?
Jacques Lévy, Un « Nous » sans « Eux » : une épistémologie de la Société-Monde à inventer

http://sophiapol.hypotheses.org/1697
http://sophiapol.hypotheses.org/files/2010/09/Programme-Tournant-global-2010.08.31.pdf


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