L'ère de la surveillance globale
La conclusion de la Chronique internet 407 s'appuie sur le billet de D Cardon
("Pourquoi sommes-nous si impudiques ?")
et sur les idées développées par Eric Sadin (La surveillance globale)
Vigiles, caméras, radars, biométrie, écoutes téléphoniques… la surveillance institutionnelle occupe une place croissante, au profit d'un secteur industriel très entreprenant. Les citadins britanniques font chaque jour l’expérience d’une vidéosurveillance systématique. Dans cette logique du soupçon, l’œil électronique sert à repérer tous ceux qui enfreignent la loi. Seul le droit peut contenir les débordements liés à l’impératif sécuritaire.
A la généralisation de cette surveillance électronique, Eric Sadin ajoute le développement inquiétant de nouvelles formes de contrôle, celles qui reposent sur la collecte et le traitement automatisé de toutes les traces que nous semons dans le monde numérique. Ce « moissonnage globalisé » « se nourrit de la mobilité des personnes et de la volatilité de leurs comportements ». Il n’a plus pour but de sanctionner après coup, mais d’anticiper les conduites, à des fins policières ou commerciales. La technique, qui devrait servir à accroître la liberté de chacun d’entre nous, peut alors être utilisée pour dresser des fers invisibles, dans un système où « nous sommes à la fois victimes et complices ».
Face à ces intrusions, la lucidité et la vigilance sont les armes majeures
http://tinyurl.com/chronicart-sadin
(Eric Sadin, Surveillance globale : enquête sur les nouvelles formes de contrôle, Flammarion 2009).
Big Brother dépassé ? L'ère de la surveillance globale - Place de la Toile, 20 février 2009
Eric Sadin : Self Control (entretien) http://www.chronicart.com/webmag/article.php?id=1527
" Pourquoi sommes-nous si impudiques ? "
Sur le blog Actualités de la Recherche en histoire visuelle, dans un billet d'octobre 2008, Dominique Cardon y ajoute une contradiction : " d'un côté les internautes se montrent de plus en plus soucieux des risques de contrôle, de détournement et d'exploitation commerciale des données personnelles qu'ils laissent sur Internet. Mais par ailleurs, ils - et ce sont pourtant souvent les mêmes - se révèlent de plus en plus impudiques dans leurs pratiques d'exposition de soi, notamment sur les sites de réseaux sociaux (Facebook) et les blogs ".
Les risques de cet « exhibitionnisme généralisé », notamment en cas de recherche d’emploi, sont à rappeler sans cesse. Le sociologue se veut cependant rassurant. Selon lui, les internautes ne sont pas totalement démunis face à cette surveillance interpersonnelle. L’exposition volontaire de soi serait un moyen de démontrer « une capacité à jouer avec les codes ». La « dynamique de l’impudeur » serait une compétence, au service de la maîtrise de son image sociale.
http://tinyurl.com/cardon-impudiques
" Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0 ", un article du même auteur comporte plusieurs diagrammes sur les identités. http://tinyurl.com/actu-visibilite
Pour les téméraires et les imprudents : " Comment effacer son profil sur les sites de réseaux sociaux ". http://www.figoblog.org/node/1956