13 mai 2011

RSA : Chacun pour soi

- Chacun pour soi, Paul Quinio, Libération 12/05/2011
http://www.liberation.fr/economie/01012336914-chacun-pour-soi

Cher Laurent Wauquiez,

A l’heure où le gouvernement auquel vous appartenez s’apprête à alléger l’impôt sur la fortune des plus riches parmi les plus riches ; au moment où votre gouvernement refuse de donner un coup de pouce au salaire minimum; alors que votre majorité peine à convaincre les entreprises du CAC 40 qui distribuent des dividendes d’accorder une prime à leurs salariés; alors que les grandes banques piétinent, sans que cela vous choque, la volonté présidentielle de mieux encadrer les bonus que s’accordent leurs patrons ; alors que les classes moyennes expriment études après études leur crainte du déclassement ; que la précarité dans l’emploi est pour beaucoup, notamment les jeunes et les femmes, devenue sinon la norme du moins un passage obligé, vos propos sur les bénéficiaires du RSA, «cancer de notre société», sont révulsants.

Ce qui ronge la société, c’est votre manière, monsieur Wauquiez, de stigmatiser de la sorte les citoyens les plus fragiles, de les désigner comme des fraudeurs potentiels, des profiteurs d’un système dans lequel ils n’ont, justement, pas trouvé leur place. Ce qui mine la République, c’est votre manière de préférer le chacun pour soi au vivre ensemble, la compétition maximale à la solidarité minimale.

Le dispositif du RSA mérite sans doute d’être amélioré. Mais comment imaginer en parler avec vous quand votre vocabulaire, encore une fois le «cancer», d’emblée vous disqualifie.

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RSA : Le cancer ou la gangrène ?

 

wz_libe

Libération 12 mai 2011

- Laurent Wauquiez a jeté son cocktail molotov sur BFM-TV : il a présenté le RSA comme un « cancer », celui de l’assistanat, et il a prétendu préparer trois propositions de loi pour imposer des travaux d’intérêt général à ceux qui vivent avec le seul RSA.
« Les libéraux sont ravis. Leur chef de file, Hervé Novelli, se félicite que la majorité s’engage enfin dans le combat contre les effets de « l’égalitarisme forcené engagé par les socialistes »». 

8 mai 2011 ? Curieux choix de date par un ministre des Affaires européennes qui aurait dû faire parler de lui plutôt un 9 mai. Il est vrai que le 8 mai a mauvaise presse dans une droite patronale qui a pris pour cible le programme du CNR.

- Ces «assistés» qui se sentent insultés - Libération 12/05/2011
Ils seraient le « cancer de la société ». Quatre allocataires du RSA répliquent, du fond de leur précarité, à la violente attaque de Laurent Wauquiez.
http://www.liberation.fr/societe/01012336915-ces-assistes-qui-se-sentent-insultes

- Le RSA ou le fantasme de l’« assistanat ». Ce que dénonce le ministre relève plus des préjugés que des faits. http://www.liberation.fr/societe/01012336910-le-rsa-ou-le-fantasme-de-l-assistanat

- Chacun pour soi, Paul Quinio, Libération 12/05/2011.
 http://www.liberation.fr/economie/01012336914-chacun-pour-soi

Egalement dans Libération :
- L’UMP se déchire comme elle respire
- Wauquiez s’obstine, les chiffres aussi
- RSA: Wauquiez promet de se taire

- Faut-il punir les pauvres ou les aider ?
Edito Le Mondehttp://www.lemonde.fr/idees/

- Cinq idées reçues sur l'assistanat - Le Monde - 10/05/2011
Davantage d'aides sociales en France ? des minima sociaux plus importants ? Gagner davantage en ne travaillant pas ? Des petits avantages ? Les étrangers ? 
http://www.lemonde.fr/politique/

L'argumentaire (assistanat, responsabilité) est un clônage des discours tenus outre-Manche par les zélateurs de Thatcher. Pour ces intégristes de la privatisation totale, toute mesure sociale est à bannir. Ils se déguisent en « libéraux », comme si la liberté se limitait à la latitude pour les patrons de décider du sort de leurs salariés. Ces idéologues crient d'autant plus fort qu'ils sont peu nombreux et peu écoutés ; en cas de contestation de leur credo, ils ne reculent pas devant les solutions autoritaires, peu compatibles avec l’exercice des vraies libertés.

Avec de tels idéologues, à Paris ou à Bruxelles, faut-il s'étonner du discrédit actuel de la construction européenne ? ].

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- De fait, dans le même temps

Le système socio-fiscal français est devenu dégressif pour les plus hauts revenus - Le Monde 12/05/2011
. Les banquiers s'enrichissent, (Libération)
Même les super-riches vont profiter de de l'ISF réformé et light - Libération 10/05/2011.
Selon les chiffres du rapporteur UMP du Budget à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, toutes les tranches de l'Impôt sur la fortune vont profiter de l'allègement de l'ISF.
http://www.liberation.fr/economie/01012336552-meme-les-plus-riches-vont-profiter-de-la-reforme-de-l-isf

Pour Jack Dion (Marianne n° 734, 14/05/2011), l'ISF allégé, le bouclier fiscal, les bonus, les stock-options, les délocalisations sur fonds public, la défiscalisation avantageuse (cf les milliards de Total), pour une certaine droite, ces formes d'assistanat en faveur des riches et des très riches est parfaitement acceptable, alors que celui qui vient en aide aux victimes du capitalisme sauvage serait une catastrophe...
 http://clioweb.free.fr/presse/1temp/marianne/wq-assist.jpg

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Fillon et Bachelot sont montés au créneau, et NS aurait souligné « le bilan exceptionnel du RSA ». Ces dirigeants au pouvoir seraient-ils devenus des socialistes depuis la sortie de Wauquiez ? Que ferait alors ce dernier dans un gvt si peu « thatchérien » à son goût ?
[ LW est aux Affaires européennes. Faut-il s'étonner de la panne de l'Europe quand elle est entre les mains d'intégristes de la privatisation totale et d'obsédés de la concurrence supposée pure ? ]
http://www.liberation.fr/societe/01012336741-rsa-bachelot-veut-tordre-le-coup-a-des-contre-verites

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- Laurent Wauquiez, l’ambitieux boy-scout du gouvernement - Le Monde 11/05/2011

Qui est ce ministre qui a réussi à diviser la droite en montrant du doigt les "assistés" du RSA ? 
http://www.liberation.fr/politiques/01012336696-laurent-wauquiez-l-ambitieux-boy-scout-du-gouvernement

http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Wauquiez

. «  Normalien, énarque, major de l'agrégation d'histoire, M. Wauquiez, 36 ans, a longtemps cultivé, en héritier de Jacques Barrot, dont il a récupéré la circonscription en Haute-Loire, une image de modéré. D'abord du premier cercle de Nicolas Sarkozy, au début de son mandat, lorsqu'il était membre du G7 des ministres que consultait le président, son étoile a pâli. Son problème, c'est qu'il a peur de ne pas être sur la photo », ajoute un autre ministre.  Wauqiez : 3615 J'existe titre Laurence Dequay dans Marianne.

« Un ministre qui veut déposer une proposition de loi, c'est du jamais-vu », ironise un ministre selon Libération. Surtout lorsque cette proposition n'a aucune chance d'être inscrite à l'ordre du jour du Parlement avant la fin de l'année, accréditant l'idée qu'il n'a voulu faire qu'un coup.

- La droite redécouvre sa fibre sociale - claironnait L'Express le 20 avril 2010, autant dire trois siècles à l'échelle de la droite française (celle des catholiques intégristes ou des idéologues thatchériens) et des ambitieux de second rang.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/

- La « droite sociale » mal nommée - La Voix du Nord, 11/05/2011
http://www.lavoixdunord.fr/2011/05/11/

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- Le cancer de l'assistanat ou la gangrène du Front ? interroge un titre du Canard enchaîné qui questionne le rôle des conseillers extrémistes du Château, selon lesquels « la présidentielle est gagnable, à condition d'oser proposer des mesures que le FN hésite à mettre en avant » (un drône téléguidé depuis l'Elysée ?)

Un dessin de Pétillon fait dire à un conseiller de NS : 
« Attaquer le RSA ... et racheter l'ancien siège du FN  … pour en faire le QG de campagne..."

 - La main de Sarkozy derrière l'offensive sur le RSA ?
Même raisonnement pour Le Post 11/05/2011, qui laisse entendre qu'il existerait au moins un double discours au Château.

- La polémique déclenchée par Laurent Wauquiez trouve, sans grande surprise, un écho dans l'opinion. Le Figaro a payé OpinionWay pour le dire via un sondage de plus. La démagogie semble rentable en 2011. Qu'en sera-t-il en 2012 ? 
http://www.lemonde.fr/politique/

wq_mariannesource : Marianne n° 734, 14/05/2011

 

 

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23 novembre 2010

Irlande : Le hold-up

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- Irlande : Le hold-up des banquiers - Dublin fait banquer l’UE -  Libération, 23/11/2010
L'UE vole au secours des banques irlandaises pour rassurer les marchés. Une utilisation très contestée de l'argent public.
http://www.liberation.fr/economie/01012303859-dublin-fait-banquer-l-ue

Pastré : sanctionner serait suicidaire
http://www.liberation.fr/economie/
Martin : Ce prêt ne va rien résoudre
http://www.liberation.fr/economie/
L'Irlande renoue avec l'exode
http://www.liberation.fr/economie/
 

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Libération 24/11 : « Les dépenses sociales seront amputées de 2,8 milliards d'euros et 24 750 emplois publics seront supprimés, pour revenir au niveau de 2005. En outre, le salaire horaire minimum sera abaissé de 8,65 à 7,65 euros. Du côté des revenus supplémentaires, le taux de TVA doit augmenter de 21% à 22% en 2013, puis à 23% en 2014.
Le gouvernement de Brian Cowen a en revanche catégoriquement refusé d'accroître son impôt sur les sociétés, dont le taux de 12,5% - l'un des plus bas du monde - est considéré comme du dumping fiscal ».
http://www.liberation.fr/economie/01012304217-la-potion-amere

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Le Monde :
De la Grèce à l'Irlande, des stratégies économiques illusoires - Le Monde - 23.11.10 - http://www.lemonde.fr/economie/

Les banques irlandaises sont-elles responsables de la crise ?
Une crise pour l'essentiel " faite maison "
Un pays longtemps considéré comme le bon élève de l'Union

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- La panade irlandaise en cinq questions - Libération économie - 18/11/2010
http://www.liberation.fr/economie/01012303078-tout-comprendre-sur-la-panade-irlandaise

extraits :
« L'Irlande paye l'explosion d'une bulle immobilière. Sous l'impulsion d'un secteur bancaire largement dérégulé, qui accorde prêts sur prêts, de gigantesques programmes de construction sont lancés au tournant des années 2000. Le prix moyen d'une maison passe de 75.000 euros en 1995 à 390.000 euros en 2006. Mais le scandale des subprimes révèle les risques inconsidérés pris par les établissements bancaires. Le pays est aujourd'hui jalonné de logements vides et de ghost estates, des quartiers fantômes jamais terminés.
Devant le risque de faillite de plusieurs établissements, le gouvernement irlandais décide d'intervenir. Fin septembre, il a encore injecté 45 milliards d'euros dans le secteur, nationalisant les principales banques du pays.  Conséquence: le déficit public explose. Initialement prévu à 11% ou 12% du PIB, il atteindra 32% cette année, bien loin des critères de Maastricht (3%). Dublin a promis de rentrer dans les clous européens d'ici 2014 ».

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- Crise européenne, deuxième service - Frédéric Lordon, Blog Pompe à phynance

Crise européenne, partie 1 (08/11/2010)
L'Irlande, nouvel épicentre,
Après les politiques de rigueur, la « coordination » des peuples européens ?
Projet de MERDES Mécanisme Européen de Restructuration des Dettes (ou des DEttes) Souveraines,
La chimère du tribunal de commerce international
L’art franco-allemand du « moment opportun »

- Crise européenne,  partie  2  (15/11/2010)
Le « pacte durci » comme substitut de l’EFSF
La haine des politiques discrétionnaires
La solution des règles : logique…
… mais désastreuse
Derrière (et par-dessus) les règles : la finance
Démarchéiser le financement des déficits publics...    

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- Le problème : une fiscalité ultra-avantageuse pour les entreprises
Pascal Canfin député européen Europe-Ecologie - extrait :
« Qui a gagné dans la période précédente ?  Les Irlandais d'abord... Les entreprises internationales basées en Irlande, pour des raisons fiscales, ensuite. Elles bénéficient depuis des années d'un taux d'imposition sur les bénéfices de 12,5 %, et même moins compte tenu des différentes niches qui allègent encore un taux déjà faible. Pour l'Etat irlandais, cette situation était gagnante : de grandes entreprises comme Google ou Apple ont établi leur résidence fiscale européenne en Irlande. Ils y remontent l'ensemble des bénéfices réalisés en vendant en Europe (en effet, quand vous achetez un iMac sur le site d'Apple, vous recevez une facture irlandaise). Cela accroît considérablement la base taxable en Irlande, mais l'assèche complètement dans le reste de l'Europe et notamment dans les pays où se situent la masse des consommateurs comme la France et l'Allemagne. L'Etat irlandais peut donc ensuite financer ses dépenses en taxant faiblement une assiette importante. Pour les multinationales concernées, c'est tout bénef puisqu'elles paient peu d'impôts tout en ayant accès à l'ensemble du marché européen, et ce sans limitation puisque l'Irlande fait partie du marché unique.
Il est donc parfaitement légitime de conditionner l'aide à l'Irlande à une augmentation de son taux d'imposition sur les bénéfices des entreprises. On comprend que les Irlandais soient très réticents, car cela touche le coeur de leur stratégie de développement. Mais c'est une condition déterminante pour mobiliser la solidarité européenne. L'Irlande ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre
».
http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/11/

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Irish banks and British student protests (cité dans la revue de presse sur France-Musique 25/11/2010)
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/nov/24/students-and-markets-undermine-case-for-cuts

« Ireland, after all, plunged into the crisis as a low-spending, low-tax neoliberal poster boy. It has followed the demands of the fiscal consolidation fantasists to the letter – only to dig itself deeper into recession, deficit and uncontrollable debt. The latest EU-dictated austerity programme is now being imposed to save its banks and big businesses – as well as the European banks that lent to Ireland, including Britain's.

Yesterday's combination of a 12% cut in Ireland's minimum wage, while its rock bottom corporation tax rate was protected like a holy relic, couldn't have made the point clearer.

At stake everywhere is who will pay the costs of the crisis. So far the answer has been unequivocal: it will not be those who triggered the meltdown, but the wider populations who had nothing whatever to do with it. It's hardly surprising that student protesters are demanding to know why, if George Osborne can suddenly find upwards of £7bn to protect Irish and British banks, the coalition can find no alternative to cutting university funding by 80% ».
(Seumas Milne, Student protests : Both students and markets are upending the case for cuts)

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[ NDLR - La catastrophe irlandaise était annoncée depuis plusieurs mois. Dans le cas de l'Islande, de la Grèce et de l'Irlande, on constate le même mécanisme paradoxal : au nom du capitalisme le plus arrogant, des gouvernements font le choix du dumping fiscal (12,5 % pour les entreprises). Les intérêts d'une minorité passent avant l'intérêt général de leurs concitoyens.  Lorsque le déficit devient intolérable, au nom de la même idéologie, ce sont les citoyens qui doivent payer les pots cassés : augmentation de leurs impôts, destruction des services publics (santé, éducation). A noter que ces plans brutaux d'austérité sont parfois gérés par les opposants d'hier. ..

Un double tour de passe-passe à noter dans les médias :
- ils opposent le marché à l'Etat, pour mieux accuser ce dernier de tous les maux (y compris quand ils sont dirigés par les thatchériens !).  Marché, Etat, quartiers... il faut parler vite, sans souci de la vérité et de la nuance. Dans ce cas, ils devraient opposer capitalisme financier et économie globale (parfois non marchande), intérêts particuliers et intérêt général.
- dans ces médias, depuis Thatcher, il n'y aurait plus de classes sociales, ou alors une gigantesque classe moyenne. La réalité, au moins dans les anciens pays industriels, démontre le contraire...]

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AFP- Peter Muhly dans Libération 23/11/2010
http://www.liberation.fr/economie/01012303859-dublin-fait-banquer-l-ue

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