21 mai 2016

Mbembe, Politiques de l'inimitié

 

Achille Mbembe, Politiques de l'inimitié, La Découverte 2016
http://tinyurl.com/dec-mbembe

présentation :
« Cet essai explore cette relation particulière qui s’étend sans cesse et se reconfigure à l’échelle planétaire : la relation d’inimitié. S’appuyant en partie sur l’œuvre psychiatrique et politique de Frantz Fanon, l’auteur montre comment, dans le sillage des conflits de la décolonisation du XXe siècle, la guerre – sous la figure de la conquête et de l’occupation, de la terreur et de la contre-insurrection – est devenue le sacrement de notre époque.

Cette transformation a, en retour, libéré des mouvements passionnels qui, petit à petit, poussent les démocraties libérales à endosser les habits de l’exception, à entreprendre au loin des actions inconditionnées, et à vouloir exercer la dictature contre elles-mêmes et contre leurs ennemis.

Dans cet essai brillant et brûlant d’actualité, Achille Mbembe s’interroge, entre autres, sur les conséquences de cette inversion, et sur les termes nouveaux dans lesquels se pose désormais la question des rapports entre la violence et la loi, la norme et l’exception, l’état de guerre, l’état de sécurité et l’état de liberté.

Dans le contexte de rétrécissement du monde et de son repeuplement à la faveur des nouveaux mouvements migratoires, l’essai n’ouvre pas seulement des pistes neuves pour une critique des nationalismes ataviques.
Il pose également, par-delà l’humanisme, les fondements d’une politique de l’humanité ».


Achille Mbembe était l’invité de Sylvain Bourmeau, La Suite dans les idées 21.05.2016
http://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees

Achille Mbembé, l'article de Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Achille_Mbembe

Publications 1982-2003
http://previous.lib.uci.edu/about/publications/wellek/docs/Wellek2004AchilleMbembe.pdf
Publications 1992-2014
http://wiser.wits.ac.za/user/56/biblio

 

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01 février 2016

Justice : l'exception et le droit commun

 

Quand l’exception devient la règle ou le coup de l’Etat d’urgence permanent, La suite dans les idées, 30.01.2016

« Une enquête socio-historique de Vanessa Codaccioni montre
comment les procédures judiciaires d’exception s’institutionnalisent,
en marge du droit commun, et s'installent dans la durée ».
http://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees
Vanessa Codaccioni, Justice d'exception : L'État face aux crimes politiques et terroristes, CNRS Editions,‎ 2015

La Cour de sureté de l'Etat créée par de Gaulle en 1963 est surtout composée
de magistrats anciens résistants et gaullistes.
Elle s'occupe de l'OAS (2200 cas) mais après l'amnistie de 1968, elle change de cible :
elle poursuit les militants de l'extrême gauche avant de s'occuper d'Action directe puis des indépendantistes.
Mitterrand la supprime en 1981.
La droite créé en 1986 une cour d'assises spéciale.
Après 2001, droite et gauche ont des attitudes voisines sur le passage du droit commun aux juridictions d'exception.
http://tinyurl.com/wp-cour-surete

Les juridictions d'exception, c'est une forte demande des politiques (souvent pour masquer leur impuissance),
et la tentation de faire de la justice un instrument au service de l'administration et de la police,
au détriment des droits des citoyens et des procédures normales.



Vanessa Codaccioni, Paris 8
http://www.science-politique.univ-paris8.fr/vanessa-codaccioni/

parmi les publications :
Lecture critique de « Sylvie Thénault, Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale.
Camps, internements, assignations à résidence, Paris, Odile Jacob, 2002 » Histoire@Politique, 20.11.2012
http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=01et&rub=comptes-rendus&item=387

Lecture critique d’« Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962),
Paris, Nouveau Monde éditions, 2011 » Histoire@Politique, 6.03.2012
http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=1&rub=comptes-rendus&item=344



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08 janvier 2016

André Gunthert, L'image partagée 1

 

partagee



André Gunthert vient de publier L’image partagée (Textuel)
à partir de 12 articles publiés auparavant sur la plate-forme Culture visuelle, dans des revues ou des ouvrages collectifs.
http://imagesociale.fr/limage-partagee

L'image fluide, l'introduction est disponible en ligne
http://imagesociale.fr/2044

Ecouter l'entretien d'André Gunthert avec Sylvain Bourmeau, La suite dans les idées, 24.10.2015
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-la-mise-en-flux-des-images-ce-que-le-numerique-fait-a-la-photograph


Dans la transition de l'argentique à la photo numérique, la part de la technique est évidemment considérable. Ceux qui ont développé des photos en noir et blanc au temps de l’argentique le savent, tout comme ceux qui ont intégré la photo numérique dans leur travail au quotidien. Mais la dimension sociale et culturelle est également très importante.

Pour AG, le numérique n’a pas fait avancer l’esthétique et le rapport à l’art. La continuité des formes est évidente.
Le numérique a surtout accéléré l’indexation (possible) et la circulation des images (grâce à la compression au format jpg). Il a fait de la photo un langage, ou au moins un support de conversations (cf. instagram) y compris quand la durée de vie des images est volontairement limitée (snapchat).


Pour l'historien de la culture visuelle, les pros et les industriels n’ont pas vraiment pris la mesure de cette mutation.
Quand Bill Gates créé Corbis, c'est pour commercialiser des images sous copyright venant des fonds institutionnels. Pas pour gérer l'abondance des images prises par les visiteurs et envoyées à leurs proches (la photo était alors interdite dans de nombreux musées).

Pour Kodak, la photo, c’était une industrie avec des films à vendre et à développer, des tirages à rentabiliser. L’industriel a payé au prix fort son aveuglement devant les pratiques et les attentes des utilisateurs (et sa volonté d’imposer le format APS).

En 2009, les industriels produisaient 45 M d’appareils numériques et 12 M d'appareils traditionnels (dont 5 M de jetables). Ils ont refusé d’ajouter une fonction communication aux appareils numériques. Pour le coup, ce sont leurs concurrents de la téléphonie qui ont empoché l’argent généré par la circulation des images (cf le smartphone).

Pour la défense de leur citadelle, les industriels ont lancé des légendes colportées complaisamment par une presse qui redoutait aussi le numérique.
Les partisans du monde d'avant ont cultivé la nostalgie d’un âge d’or où le sens esthétique étaient l’apanage des élites.
Dans le photojournalisme, ils ont laissé croire que la concurrence des amateurs aurait provoqué une dégradation de la profession.
Ils semblent associer la vérité à l'argentique, comme si la retouche (et le mensonge) n'étaient apparus qu'avec Photoshop.

Ils font du numérique un bouc-émissaire. Très longtemps, les mutations techniques ont été sources décisives de progrès social. Ce n’est plus le cas. La technique peut être utilisée pour détruire des équilibres conquis depuis plus d’un siècle. Le nouvel ordre néo-libéral est particulièrement brutal à l’égard des plus fragiles.


AG développe un regard original sur le selfie : les élites et la grande presse veulent y voir un narcissisme excessif et un total manque de considération (cf. la réaction du prince Harry : c’est moi que l’on photographie, pas vous qui êtes ordinaire... cf. aussi les protestations contre des selfies pris à Auschwitz).
AG y voit une forme de subversion sociale, des gens modestes pouvant grâce à une technique, imposer leurs choix aux industriels (cf. écran mobile) et participer à la fixation de normes « culturelles »

Ne rien idéaliser : les échanges sur le web reflètent parfois la montée de la brutalité dans nos sociétés (cf les insultes fréquentes dans les commentaires sur les sites de presse)


2 remarques :
- Le numérique (le blog, les plate-formes) est un excellent outil pour chroniquer une mutation complexe en cours en ce moment, et archives les observations et les traces.
- Le livre reste central dans le monde intellectuel : c'est lui qui donne l'accès au micro, la radio servant de porte-voix au monde de l'éditon.
 
A suivre :
Les liens vers les adresses des articles réunis dans l'ouvrage :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/01/08/33181910.html


Revue de presse de L'image partagée :
dont l'article dans Simples instants
http://imagesociale.fr/limage-partagee

L'ensemble de travaux d'André Gunthert (beaucoup sont consultables en ligne)
http://ehess.histoirevisuelle.fr/gunthert/travaux

 

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05 décembre 2015

Les indo-européens, mythe dangereux ?

 

Jean-Paul Demoule, les indo-européens, réalité éclairante ou mythe dangereux,
Concordance des temps, 05.12.2015
http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-1

Jean Paul Demoule – Mais où sont passés les Indo-Européens ? Le mythe d’origine de l’Occident. Seuil 2014
http://www.jeanpauldemoule.com/portfolio/demoule-j-p-2014-passes-les-indo-europeens-mythe-dorigine-loccident-seuil/


Le mythe indo-européen
La Suite dans les idées, 24.01.2015
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-le-mythe-indo-europeen-2015-01-24

Dans les pas des indo-européens, Le salon noir, 11.11.2014
http://www.franceculture.fr/emission-le-salon-noir-dans-les-pas-des-indo-europeens-2014-11-11

La Fabrique de l'histoire, 27.10.2014
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-gouverner-en-islam-14-2014-10-27



Une histoire un peu cavalière
Par Marc Semo - Libération 05.11.2014
Jean-Paul Demoule raconte comment s’est créé le mythe du vieux monde fondé par les Indo-Européens
http://next.liberation.fr/livres/2014/11/05/une-histoire-un-peu-cavaliere_1136951

Indo-européens, par ici la sortie, Le Monde livres 03.12.2014
http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/12/03/indo-europeens-par-ici-la-sortie_4533694_3260.html

http://blogs.mediapart.fr/andre-burguiere/blog/231114/le-mythe-des-indo-europeens-ou-l-obstination-dans-l-erreur

 

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09 janvier 2014

Sanjay Subrahmanyam

 

- Sanjay Subrahmanyam, pionnier de l'Histoire globale - La suite dans les idées, 04.01.2014
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-sanjay

- Histoire globale de la première modernité,
Leçon inaugurale au Collège de France, 28.11.2013
http://www.college-de-france.fr/site/sanjay-subrahmanyam/inaugural-lecture-2013-11-28-18h00.htm

Vers la 45e minute : La conscience de la globalité ... « faut-il traiter le sujet en fonction des débats actuels sur la globalisation et de l'histoire de ses origines, posée par les théoriciens du système monde d'un côté, par les économistes néo-libéraux du National Bureau of Economic Research de l'autre » ?
« Pour ma part, je reste agnostique sur l'utilité du concept de globalisation comme sur toute potion magique à fort contenu téléologique »
Les autres cours, la biblio : http://www.college-de-france.fr/site/sanjay-subrahmanyam/


Sanjay Subrahmanyam, pionnier de l'Histoire globale.
Né à New-Dehli, spécialiste de l'Inde du Sud aux XVIème et XVIIème siècles,  cosmopolite et polyglotte, il enseigna pendant 7 ans à l'EHESS en France (au Centre d'études sur l'Inde et l'Asie du Sud), avant  d'accéder à la chaire d'Histoire indienne à l'Institut d'études orientales à Oxford. Depuis 2004, il est engagé à l'Université de Californie à Los-Angeles (UCLA) au département d'Histoire, et a été nommé en juin 2013 Professeur au Collège de France à la Chaire d'Histoire globale de la première modernité. Il a prononcé sa leçon inaugurale en novembre dernier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanjay_Subrahmanyam
http://en.wikipedia.org/wiki/Sanjay_Subrahmanyam


Parmi ses publications :

Comment être un étranger : Goa-Ispahan-Venise - 16ème - 18ème siècles" (mars 2013)

Vasco de Gama : légende et tribulations du vice-roi des Indes
(Il évoque dans la suite dans les idées la réception difficile du livre au Portugal
et le malentendu qui lui a valu les critiques virulentes des nationalistes qui voyaient en lui un nationaliste indien :-)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanjay_Subrahmanyam#Bibliographie
http://en.wikipedia.org/wiki/Sanjay_Subrahmanyam#Selected_publications

lire également : Sanjay Subrahmanyam , voyageur perpétuel,
portrait par Daniel Bermond dans L'histoire n°368
http://www.histoire.presse.fr/actualite/portraits/sanjay-subrahmanyam-voyageur-perpetuel-01-10-2011-39363

 

sanjay-cdf

Sanjay Subrahmanyam - Collège de France

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30 septembre 2012

Joan W. Scott, De l'utilité du genre


scott5

Joan Wallach Scott - http://www.jornada.unam.mx/2009/11/05/


Le "genre" comme catégorie, outil intellectuel
à travers un recueil de 6 textes, publiés de 1986 à 2010, réédités chez Fayard.

Joan W. Scott est l'invitée de Sylvain Bourmeau - La suite dans les idées - 29.09.2012.
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idées
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_16260.xml
en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-29.09.2012-ITEMA_20405450-0.mp3

parmi les questions
- Comment les sociétés expliquent-elles la différence entre les sexes ?
- Laïcité : sécularisation ou sexularité ?
- L'art de la séduction : une singularité bien française...
- Le genre comme source de renouvellement des sciences sociales

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-29.09.2012-ITEMA_20405450-0.mp3


L'émission fait allusion à La citoyenne paradoxale (1998, traduction d'un ouvrage paru en 1996)
(cf le CR en 2000 par Françoise Thébaud pour la revue Clio),
http://clio.revues.org/202
L'universel de la Révolution est l'individu-citoyen masculin.
Pour se battre contre l'exclusion créée par un universel abstrait,
le féminisme doit faire appel à la différence sexuelle qu'il tente d'éliminer.


Les publications de Joan W. Scott :
http://www.sss.ias.edu/files/pdfs/scottcv.pdf
L'histoire saisie par le genre
http://clioweb.free.fr/dossiers/genre/genre.htm

 
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26 février 2012

Enquête dans la pauvreté ouvrière

 

debine

Deux générations dans la débine: enquête dans la pauvreté ouvrière,
Jean-François Laé & Numa Murard éd.Bayard – La suite dans les idées, 25.02.2012
L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-25.02.2012-ITEMA_20347735-0.mp3

« A la fin des années 1970, Numa Murard et Jean-François Laé avaient conduit une première enquête à Elbeuf, ville ouvrière de Seine Maritime. Dans les cités provisoires édifiées à la hâte pour éponger les bidonvilles et les taudis, les dernières poches de pauvreté semblaient alors devoir s'effacer. Grossière erreur. Aujourd'hui en France, la fragilité des chômeurs de longue durée et des travailleurs pauvres est une réalité familière et presque acceptée, tant elle est massive.

Trente ans après, les deux sociologues sont revenus dans la ville pour y rencontrer les anciens de la cité, leurs enfants et petits-enfants, enregistrer les changements, les formes nouvelles de la vie familiale, l'adaptation à la précarité économique. La parole et les sentiments explosent. Nous saisissons de l'intérieur l'expérience de la pauvreté ».
http://www.bayard-editions.com


[ A confronter au président des riches et au candidat du Medef dont la propagande essaie de tromper les électeurs sur la réalité sociale actuelle. Ses amis ont amassé assez d'argent pour mettre quelques emplâtres temporaires sur les fermetures en cours d'entreprises menacées par la délocalisation.

A Condé sur Noireau, où 330 salariés d'Honeywell ont découvert la brutalité du capitalisme financier, le député ump local fait semblant de découvrir les dégats sociaux et de vilipender les patrons d'Honeywell, au moins le temps d'une campagne de réélection ].

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19 décembre 2011

L'histoire à parts égales - suite

 
RomainBertand

 

Romain Bertrand, l'auteur de L'histoire à parts égales
Récits d'une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècles) 
était l'invité de Sylvain Bourmeau - La Suite dans les idées - 17/12/2011
écouter et archiver l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-17.12.2011-ITEMA_20330207-0.mp3


Extraits :

vers la 18e : Il faut décentrer notre regard sur les premières modernités. Le lieu de l'étrangeté, ce ne sont pas les mondes asiatiques ; c'est la fin du XVIe qui est si loin de nous. Comprendre un marin ou un philosophe (cf G Bruno) de cette époque, pour nous c'est une chose extrêmement difficile. L'histoire européenne a tout fait pour résorber cette étrangeté de la fin du XVIe.

16e : Il faut à la fois se réjouir et se défier de la fascination esthétique que provoque une exposition sur les enluminures persanes. L'histoire globale reste une affaire d'un gentlemen's club européen qui être prête à s'ouvrir quand il s'agit d'épices, d'enluminures mais se referme quand il s'agit de choses sérieuses, de philosophie, d'histoire des sciences ou de la pensée politique.

13e : à la fin du XVIe, les continents dans leur ensemble sont reliés par des routes maritimes ; mais des bassins régionaux préexistent à l'arrivée des Européens.

[ Se méfier des catégories héritées du XIXe et dont certains politiques et les médias dominants abusent ]:

Vers la 6e : Etre Hollandais en 1590 ?  Eviter le grand récit en majuscules, où chaque individu serait le résumé fidèle d'une civilisation ou d'une culture. Il faut faire une histoire au ras des flots qui montre que ces contacts ont mis aux prises des acteurs sociaux. Ce n'st pas l'Europe qui rencontre une Asie déjà arriérée, mais des marins et des marchands , des gens du monde des docks qui partent à la rencontre de sociétés régies par un pouvoir de type monarchique avec un rôle majeur d'aristocraties particulièrement éprises de convenance.  La rencontre se fait entre un monde marchand européen et un monde aristocratique javanais et malais, ou plus précisément entre des fragments de ces deux mondes, les Hollandais venant d'un pays qui est une enigme politique dans une Europe monarchique, un pays qui est à feu et à sang depuis 3 décennies...

22e : Etre chrétien en 1590 ?
RB veut suivre les acteurs au plus près de leurs propos.
Le langage de l'affrontement entre chrétienté et islam n'a pas cours dans les témoignages de la fin du XVIe. Les Hollandais ne se définissent pas comme des chrétiens partis à la rencontre de sociétés païennes ou musulmanes. Ils auraient eu beaucoup de difficulté à le faire : ils sont les enfants d'une Europe brisée par les guerres de religion, ils partent d'un pays mis à feu et à sang par les Espagnols qui entendent écraser l'hérésie (le protestantisme) ; ils ne sont pas très sûrs de ce que c'est d'être un bon chrétien. Ils rencontrent un monde dans lequel les gens ne sont pas très sûrs non plus de ce que c'est d'être un bon musulman, d'articuler rite et mystique, loi et charia. Ces deux mondes sont dans une incroyable incertitude sur des catégories qui sont alors beaucoup plus fluides que ce qu'en diront les cultures associées aux Etat-nations du XIXe. Au nom de quoi l'historien devrait-il employer des catégories qui font à ce point injure à ce qu'était la conscience de soi des acteurs ?

25e : L'inscription disciplinaire ? La bataille des étiquettes ?

Histoire ? anthropologie ? Romain Bertrand vient des études asiatiques. L'inscription disciplinaire n'est pas prioritaire pour lui. Histoire et sciences sociales ont vécu un tel itinéraire de compagnonnage que la question n'a plus de sens. Que serait une histoire sans sociologie, ou une socio qui ne se poserait a aucun moment la question de l'historicité de ses catégories ?

La bataille des étiquettes (histoire globale, connectée, atlantique) est vaine également. Elle n'a d'intérêt que si elle se rattache a des projets historiographiques, à des questionnements susceptibles d'être partagés entre intellectuels.

Il met en garde contre le risque d'un exceptionnalisme méthodologique : changer d'objet ou de regard ne dispense pas de s'interroger sur la démarche et la méthode. Pour l'histoire globable ou les pos-colonial studies, c'est une manière de raccorder leur questionnement à celui des autres historiens ; c'est une bonne chose, il faut renoncer à l'enclavement de l'exception.

Voir également le blog Clioweb 30/09/2011

 

 

 

 

 

 

 

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