27 février 2016

F-C : Internet nous rend-il cons ?

 

rate-fc

si vous avez raté, vous êtes un...
Les communicants continuent de frapper...

 

>> APPRENDRE : Hannah aime Martin. (sic)
Pourquoi pas aussi Schopenhauer et son caniche ?
Les communicants de F-Culture ont fait le choix d'ajouter au bombardement et à la profusion de messages ?


>> Fromanger à Beaubourg,
Un dossier de presse est à télécharger. Pour le visuel, il faut solliciter un droit d'accès.
NB : Pour familiariser un public large avec la peinture et la création,
une TV moins commerciale ne serait-elle pas mieux placée que la radio (par définition sans images) ?

« Internet nous rend-ils (encore plus ?) cons ? »
http://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/et-dieu-dans-tout-ca

Que de mépris et d'hypocrisie !

[ Un billet lu en 3 minutes à l'antenne, dans un "journal des idées" (re-sic).
Une enquête pour un mook (?), les propos de 2 psychanalystes pour répéter les inévitables poncifs sur l'addiction, sur la perte de concentration...
Passons sur l'obsession présente du religieux sur l'antenne.
Qu'est-ce qu'un con pour un salarié ancien de F-C ?]


« Is Google Making Us Stupid ? »
Nicholas Carr a lancé le discours à la mode, Books magazine a ajouté au titre américain un "encore plus" stupide.
http://tinyurl.com/8t3o3g6
A leur suite, tous les magazines (surtout de droite et d'extrême-droite)
se sont empressés de noircir du papier et de se lamenter sur la mort supposée du livre.
Un détail : n'est-ce pas ces magazines que l'on est amené à feuilleter en patientant dans une salle d'attente ?
Dans ces magazines, une avalanche d'articles courts, de pages avec plein de brèves, de pages entières de pub,
est-ce le meilleur support pour inciter à une lecture supposée lente et profonde ?
N'y aurait-il qu'un seul type de lecture, celui des romans-fleuves ?


Les 3 minutes de Munier finissent par Riss et Charlie.
Grâce à Internet, vous pouvez voir, écouter ou réécouter
Riss dire son désaccord de fond avec Plantu lors du colloque Cartooning for Peace
Le dessin de presse dans tous ses Etats - 21.09.15
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/09/25/32682156.html

Un dernier mot sur la perte de l'attention
Internet tuerait l'attention ?
Pour écrire ces quelques lignes, n'a-t-il pas fallu un temps assez long d'attention et de concentration ? Bien plus que les 25 secondes d'un spot de pub à la TV ? Pourquoi ceux qui ont accès à un micro ne prennent-ils pas le temps d'interroger l'impact des méthodes de cette publicité commerciale ?


Pourquoi les animateurs vendeurs de livres posent-ils si peu de question sur le système économique ?
Pourquoi si peu d'analyses sur ce qu'autorise la puissance financière colossale des FMN du GAFAM ?
Sur la capacité de ces géants financiers d'échapper à l'impôt et au financement des infrastructures publiques ?
Pourquoi la promo de certains bouquins, répétée d'émission en émission, ressemble-t-elle de plus en plus au défilé des acteurs dans les talk-shows pour vendre au public un film tourné souvent au moins un an auparavant ?


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08 septembre 2012

Internet, arme de distraction massive ?

 

Le magazine Philosophie publie un dossier titré
Pourquoi nous n'apprendrons plus comme avant

Avec Nicholas Carr, Salman Khan, Michel Serres, Raffaele Simone,
Bernard Stiegler, Jean-Philippe Toussaint, Maryanne Wolf

http://www.philomag.com/fiche-dossiers.php?id=127
http://www.philomag.com/fiche-ancien-numero.php?id=63
(Le magazine s'intéresse aussi à Karl Marx).


Internet est présenté comme une Arme de distraction massive
avec des titres explicites
Pourquoi nous ne lisons plus comme avant ?
Pourquoi nous n'écrivons plus comme avant ?
Pourquoi nous n'étudions plus comme avant ?
Pourquoi nous ne mémorisons plus comme avant ?
Pourquoi nous n'apprendrons plus comme avant ?


Le dossier est un moyen de faire à nouveau de la pub pour Nicholas Carr,
dont l’article Is Google Making Us Stupid ? What the Internet is doing to our brains
avait beaucoup circulé à l'été 2008.
http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/306868/

Un an plus tard, en 2009, Books magazine en a tiré la traduction titrée
Internet rend-il ENCORE PLUS bête ?
http://www.books.fr/magazines/numero-7/


La question de Philosophie magazine est utile, 
à condition de partir d’observations concrètes et rigoureuses, pas à partir de préjugés anti-modernistes.

L’immédiateté ? Elle serait amorale et produirait des individus peu motivés.
L’opposition entre une lecture profonde et une lecture numérique est largement artificielle. A moins qu’in ne faille pour certains lire un quotidien et un magazine comme un roman, de la première ligne à la dernière.
Le multitâche dénoncé par Carr ? N’est-ce pas une forte incitation de l’économie capitaliste actuelle ?
Distinguer écriture et connexion ? Pourquoi se priver des dictionnaires disponibles en ligne ? 

Pour Marie Sarazin, « la télévision est bien plus nocive qu’Internet ». Michel Serres semble d'accord et fait la distinction entre le conducteur (l’internaute) et le passager (le téléspectateur). 
« Ce n’est pas la technique qui est toxique en soi, c’est notre incapacité à la socialiser correctement » ajoute Bernard Stiegler. 


 

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11 janvier 2011

Bavardages et réflexion approfondie

dans le dernier Place de la Toile, la lecture de Xavier de la Porte, vers 30 mn 50 s :
l'émission en version mp3

How Tweets and Texts Nurture In-Depth Analysis
« Comment les tweets et les textos nourrissent l’analyse approfondie ».
Clive Thompson - Wired  27/12/2010
http://www.wired.com/magazine/2010/12/st_thompson_short_long/

adaptation française :
Du bavardage à la réflexion profonde
http://www.internetactu.net/2011/01/10/du-bavardage-a-la-reflexion-profonde/

version avec qq modifications :

On dit souvent que l’Internet aurait détruit la patience nécessaire aux gens pour les échanges longs et approfondis (Cf. le fameux « Google nous rend-il encore plus stupides ? »). La forme de discussion contemporaine ne consisterait qu’en textos, tweets et autres messages instantanés. Et la popularité de ces déversoirs d’énoncés adolescents signifierait que nous avons perdu notre appétence à la réflexion lente et raisonnée.

Mais tout ceci est-il vrai ? se demande Clive Thompson.

Je n’en suis pas certain, poursuit-il. Je pense que ce qui a lieu est beaucoup plus complexe, et beaucoup plus intéressant. Ce torrent de pensées à court terme est en fait un catalyseur pour une méditation à plus long terme.

Quand il se passe aujourd’hui quelque chose d’important dans le monde, on est assailli par une tempête de mises à jour de statut. Ce ne sont que des instantanés, ils sont souvent imprécis, fruits de la rumeur, et pas forcément vrais. Mais ça n’est pas grave ; l’expression prudente n’est pas leur vocation première. Les internautes ne font que remâcher l’événement, dessinant une première impression des interprétations possibles.

Le temps long, c’est l’exact opposé : l'analyse approfondie peut prendre des semaines, des mois, voire des années. Auparavant, seuls les médias traditionnels, comme les magazines, les documentaires ou les livres, proposaient cette vision à long terme. Mais aujourd’hui, la plupart des analyses en profondeur lit Clive Thompson proviennent des chercheurs ou d’entrepreneurs qui tiennent des blogs : les fans de Dexter qui rédigent des exégèses de plus de 5000 mots sur la série ou des associations à but non lucratif comme le Pew Charitable Trusts qui produit des rapports très fouillés sur la vie des Américains.

Le temps long prospère aussi avec la Longue Traîne. Alors qu’un tweet devient obsolète en quelques minutes, une vision à long terme peut garder de la valeur pendant des années. Dans les années 90, les articles que je publiais dans les magazines, dit Thompson, s’évaporaient quand le numéro disparaissait des kiosques. Mais maintenant que ces articles sont en ligne, les lecteurs m’envoient chaque semaine des mails me disant qu’ils sont tombés sur l’un d’entre eux datant de plusieurs années.

Le perdant, c’est le moyen terme. C’était, historiquement, la valeur ajoutée d’hebdomadaires comme Time ou Newsweek : ces magazines publiaient des reportages ou des articles produits quelques jours après un événement majeur, avec un peu d’analyse saupoudrée sur le dessus. Ils ne sont pas assez rapides pour être conversationnels, et pas assez lents pour à être vraiment profonds. L’internet a essentiellement démontré à quel point ce type de pensée était peu satisfaisant.

Cette tendance a d’ores et déjà changé la manière dont on blogue. Il y a dix ans, mes blogueurs préférés, explique Thompson, écrivaient dans ce moyen terme – un lien avec quelques phrases de commentaire – et ils faisaient quelques mises à jour chaque 24 heures. Depuis que Twitter est arrivé, ils bloguent moins souvent, mais avec des posts beaucoup plus longs, beaucoup plus fouillés.
Pourquoi ?

« Je diffuse l’anecdotique sur Twitter et je ne blogue que quand j’ai quelque chose de vraiment important à dire » explique le blogueur Anil Dash. Il s’avère que les lecteurs préfèrent cela : une étude montre que les posts de blogs les plus populaires aujourd’hui sont les plus longs, 1 600 mots en moyenne (entre 8 et 9 000 signes).

Même nos outils de lecture se modifient pour s’accommoder à cette montée du long terme. Et Thompson de citer trois exemples : Readability, une application qui donne aux textes des sites internet la forme d’une colonne propre, sans publicité, au centre de l’écran – une forme parfaite pour une lecture sans distraction -, une application qui a eu tant de succès que Apple l’a implémentée dans la dernière version de Safari. Deuxième exemple donné par Thompson, l’Ipad : il a été critiqué comme un outil dédié à la seule consommation. Mais c’est là selon Thompson tout son intérêt : c’est un outil magnifique pour la lecture de ces formes longues. Dernier exemple, Instapaper, une application qui sert à mettre de côté du matériel en ligne pour une lecture ultérieure, une application qui a séduit un million d’utilisateurs sans aucune promotion publicitaire.

Conclusion de Clive Thompson : « Nous surfons et nous bavardons beaucoup, certes. Mais nous savons aussi explorer les profondeurs ».

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05 octobre 2010

La faute d'Internet ?


L'intelligence à l'épreuve de Google. Laure Belot, Le Monde Aujourd'hui, 02/10/2010
Dans plusieurs pays, le QI des adolescents stagne. La faute d'Internet ?
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/ 

L'article du Monde cite notamment :

-  Nicholas Carr - http://en.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Carr
2008 : « Is Google Making Us Stupid ? »
(« The deep reading that used to come naturally has become a struggle »)
2010 - The Shallows. What the Internet Is Doing to Our Brains
http://www.theshallowsbook.com/nicholascarr/excerpt.html

- The Edge : How is the internet changing the way you think ?
http://www.edge.org/q2010/q10_index.html

- Pew Research Center - Does Google Make Us Stupid ?
« A final thought : Maybe Google won't make us more stupid, but it should make us more modest ».

- Clifford Nass, Eyal Ophir et Anthony Wagner (Stanford) ont tenté d'évaluer, en 2009, l'impact de l'hyperstimulation d'Internet sur la concentration
« Contre toute attente, les fans du multitâche sont moins bons dans tous ces tests de gestion d'informations multiples. Ceux qui ont l'habitude d'être concentrés sur leur journal ou leur traitement de texte s'en sortent beaucoup mieux ».
2009 - Media multitaskers pay mental price, Stanford study shows
http://news.stanford.edu/pr/2009/multitask-research-release-082409.html

- Patricia M Greenfield, UCLA
« L'utilisation d'Internet apporte un développement sophistiqué de nos capacités visuelles et spatiales, mais ces nouvelles forces vont de pair avec un affaiblissement de notre pensée critique, imagination et réflexion » (sic).
Greenfield, P. M. Technology and informal education: What is taught, what is learned. Science, janvier 2009

« On a prouvé grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) que la pratique intensive d'un mouvement modifie le cerveau... C'est le cas d'un violoniste et de ses mouvements de doigts. En revanche, lors d'une pratique intensive et multitâche d'Internet, l'homme utilise tant de capacités à la fois (mémoire, lecture, langage) que cela paraît extrêmement compliqué à mesurer par une technique d'imagerie… »

parmi les sujets traités par la journaliste et indexés par… Google :
2001 - Internet, pourquoi tant d'échecs
2003 - Quand la mondialisation nuit aux intérêts de l'Amérique
2005 - Crashs aériens, erreurs humaines
2006 - Devenons tous des adamites
2010 - Le lait, pas forcément un ami pour la vie

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05 juillet 2009

Les jeunes vont-ils se crétiniser ? - 2

Commentaire d'EB sur la liste Apses :
" En effet, "le web n'est pas coupable" en tant que média, et il ne nuit pas en soi à l'écrit.
Toutefois, on ne peut nier les difficultés croissantes de la génération de nos élèves actuels face à la lecture (concentration, endurance, vocabulaire) et à l'écriture (syntaxe, orthographe, effort de raisonnement...). Nous venons d'en faire - comme chaque année - la cuisante expérience en corrigeant les copies de bac.
Un combat anti-web ne paraît donc pas pertinent ; en revanche, en observant l'addiction des jeunes aux mobiles, iPod, msn, bientôt iPhone pour tous, et l'incapacité de la plupart d'entre eux à se consacrer totalement à une seule tâche à la fois (en cours comme à la maison) à cause de la multiplication de ces accessoires,  j'ai du mal à rejeter le terme de crétinisation... Mais c'est peut-être de l'élitisme de ma part.

Et si j'ajoute qu'en fin de compte ça m'est égal que nos supérieurs fassent tout pour détériorer les capacités à l'écrit des élèves (je ne parle pas des meilleurs, ni du niveau scolaire en général, qui comprend bien d'autres éléments), car moins les jeunes sauront travailler et écrire, au fil des ans, plus cela fera de la place pour
ma fille - et plus généralement les enfants de profs -, est-ce encore réac et élitiste ?"

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de lire ce billet.
Pour répondre à Eric, 2 citations, et des distinctions nécessaires pour débattre sereinement et efficacement.

Andrew Keen ("le culte de l'amateur") « s’en prend à tout ce qui est susceptible de faire peur dans le Mid-West (qui vote républicain), dans le Sud croyant et, d’une façon plus générale, aux bien-pensants du monde d’hier » écrit Francis Pisani dans L’alchimie des multitudes (p 129).

« la discussion ainsi amorcée nous lance un vrai défi qui vaut la peine d’être relevé. Pour tordue qu’elle soit, sa critique nous pousse à en trouver de plus fines pour éviter que le débat ne se centre sur le rejet du web au lieu de s’en prendre aux problèmes qu’il pose, aux domaines qu’il faut améliorer, aux tendances qu’il faut combattre, aux luttes qu’il faut mener ».


J’ai réagi sur un discours, celui que tient Pierre Assouline ici ou Nicholas Carr outre-Atlantique.
Un discours largement politique, pour qui Wikipedia et la démocratie participative, c’est la même chose.
Dans ce discours, l’histoire de la lecture me semble largement fantasmée.
La galaxie Gutenberg ? Avant le livre de poche (1954), avant la généralisation de la lecture (fin XIXe), le livre était réservé à une élite restreinte. Il y aurait beaucoup à dire sur la lecture (lente ou rapide)…
A ceux que le débat intéresse, je conseille de télécharger et lire le chapitre 5
http://alchimie-des-multitudes.atelier.fr/pdf/extrait5.pdf
ou http://alchimie-des-multitudes.atelier.fr/chapitre9.htm

Ce discours est relayé avec empressement par des médias pour qui le numérique est un double danger : le lecteur peut accéder gratuitement à un article ; un expert blogueur peut être davantage lu qu’un chroniqueur salarié.

Ce discours méconnaît les usages réels. Il refuse de voir la synergie entre tous les supports : le livre est une excellente carte de visite pour la radio (voir la TV) ; le web fait vendre et lire des livres et des revues. Les idées importantes circulent indépendamment du support, imprimé ou numérique.

 

Sur l’évolution de l’attention des élèves en classe et des étudiants, beaucoup a été écrit, par notre génération et par les précédentes. Le formatage télévisuel (l’info en 90 secondes, les clips), les usages sociaux du téléphone portable ont sans doute davantage d’impact que l’ordi.
Au CDI, on peut reprocher aux élèves qui travaillent sur écran d’ignorer les livres et les revues, si un prof ne les encadre pas ; ils préfèrent souvent le personnel au scolaire… mais je les ai rarement vu changer d’activité toutes les 20 secondes…

Bien sûr, en prenant le temps de penser et rédiger cette réponse, je ne suis pas dans l’univers ludique des ados, ni dans le superficiel des « chats » d’après une journée de classe… Le ludique, celui que beaucoup de journalistes présentent régulièrement comme l’alpha et l’omega de la pédagogie (l’édutainement (education + entertainment), apprendre en s’amusant…)

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