09 février 2012

Hamsterisation : Zéro pointé


- Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération
Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier, la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la réforme contestée de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques déjà émises, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie à très court terme (et de calendrier électoral), au mépris de tous les jeunes professeurs qui ont choisi d'entrer dans un métier de plus en plus difficile.
A lire vendredi dans Libération -
http://www.liberation.fr/societe/01012388800-cour-des-comptes-zero-pointe-a-la-masterisation

- Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants - Le Monde - 08.02.12
Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation.
Economies envisagées, amélioration du niveau des enseignants, réussite des élèves, vivier de candidats, pour les sages de la rue Cambon, cette (contre) réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles. La gestion à court terme et l'obsession de supprimer le maximum de postes sont passés avant l'ambition d'améliorer la formation des enseignants.
http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/2012/02/08/le-requisitoire

- Le Figaro ne semble pas avoir lu ce passage du rapport


- Dans son rapport, la Cour des Comptes formule quatre recommandations :
Au-delà des indispensables progrès à accomplir dans l’organisation de la première année de fonction des enseignants stagiaires, la Cour  formule quatre recommandations principales pour accompagner la réforme :

1. élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel ;

2. organiser les concours de recrutement avant ou au début des masters, de façon que les étudiants n’aient pas été formés, en cas d’échec, à un métier qu’ils ne pourront pas exercer ;

3. accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires, à coût budgétaire constant, en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation ;

4. mettre en place un système d’information et de recueil des données permettant d’évaluer l’adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants.

Le texte du rapport :
http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/Formation_initiale_et_recrutement_enseignants.pdf


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Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants
Copie de l'article de M Baumard, Le Monde, 08.02.12

Carton rouge. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes, qui publie son rapport annuel mercredi, propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation. Pour les sages de la rue Cambon, cette réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles.
Les économies envisagées
La Cour a refait le calcul. La suppression de 9 567 équivalents temps plein aurait pu rapporter 707 millions d'euros en 2011. Mais, une fois enlevé le coût de mesures d'accompagnement, comme la revalorisation des débuts de carrière (38 millions d'euros), les bourses au mérite versées aux étudiants (25 millions) ou les indemnités de tutorat (27 millions), il ne reste plus que 370 millions d'économies. Les magistrats se sont arrêtés là dans leur calcul, suggérant qu'il faudrait aussi ôter le coût supplémentaire pour la nation des deux années d'études qui mènent de la licence au master – à 10 000 euros l'année par élève.

Un master d'enseignement souvent préparé pour… rien. "Le taux d'échec important aux concours de recrutement traduit du point de vue de la bonne gestion des finances publiques, une inefficience marquée, les étudiants recalés auront été coûteusement et spécifiquement formés à un métier qu'en définitive ils n'exerceront pas", note la Cour. La rue Cambon propose donc "d'organiser les concours avant ou au début des masters". Un peu comme avant la réforme…

L'amélioration du niveau des enseignants
"Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n'avaient aucune expérience de l'enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n'ont pas fait l'objet d'une attention suffisante", relève la Cour, qui estime que "ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait".
Ainsi les magistrats regrettent-ils que des enseignants stagiaires aient été affectés dans deux ou trois établissements différents : dans une académie du Sud-Est, cela a été le cas de tous les enseignants d'arts, mais aussi de 25% des professeurs de sciences physiques, 24% d'histoire-géographie, 22% d'anglais… Ce qui complique l'intégration dans une salle des professeurs.

Selon les sages de la rue Cambon, la réforme de la mastérisation a manqué toutes ses cibles.Cour des comptes, Education nationale
Ce service à assurer dans des conditions difficiles a encore été alourdi par des heures supplémentaires puisque la Cour relève que, dans une académie de l'Est, "35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires". Plus globalement, "les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d'un tiers par rapport au temps de travail d'un professeur titulaire" puisqu'ils ont dû effectuer une formation express sur leur temps libre… Le tutorat promis "Sur le plan national, 23% des stagiaires n'étaient pas situés dans le même établissement que leur tuteur", relève la Cour. De plus, la mission du tuteur n'a pas été pensée: "Le ministère ne s'est pas doté d'instruments précis permettant de s'assurer de l'efficacité du tutorat." Et la Cour de regretter que, sur le sujet, le ministère "dispose de très peu d'éléments d'information, alors que son importance pour la formation des enseignants justifierait une capacité nettement accrue de suivi et d'évaluation de cette activité". Pourtant, 27 millions d'euros ont bien été versés aux tuteurs.

La réussite des élèves
Les magistrats de la rue Cambon soulignent que "les objectifs fixés par le code de l'éducation devraient normalement se traduire par une formation particulièrement renforcée en matière de gestion de l'hétérogénéité des niveaux des élèves au sein des classes. Or, selon les circulaires, cette formation ne représentait en 2010-2011 que neuf heures pour les enseignants du second degré et entre six et dix-huit heures pour les professeurs des écoles ". Les sages remarquent aussi qu'eu égard à l'objectif d'un socle commun de connaissances et de compétences, qui figure dans la loi, la mastérisation aurait dû permettre de rapprocher les concours de professeurs des écoles et de professeurs du secondaire, et peut-être aussi de l'introduction d'une bivalence dans les concours. Occasion ratée.

Le vivier de candidats réduit
La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme. "Le vivier de candidats s'est réduit de plus de 50 000 inscrits, soit une baisse des inscriptions d'un tiers sur une seule année" entre2010 et 2011. Le vivier des mastérisés compte 300 000 étudiants de moins que celui des licenciés. De plus, le pourcentage des inscrits qui se présentent réellement au concours a encore décru entre2010 et 2011.

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Cour des comptes : zéro pointé à la mastérisation - V Soulé, Libération 09.02.2012

Une réforme plus coûteuse que prévu, des enseignants débutants moins bien préparés à affronter des élèves, et des difficultés de plus en plus grandes à recruter des profs… Dans son rapport annuel publié hier (lire pages 14 et 15), la Cour des comptes dresse un bilan sans appel de la mastérisation, la contestée réforme de la formation des enseignants mise en place à la rentrée 2010. Rejoignant la plupart des critiques, la cour dénonce une application précipitée de la réforme, par souci d’économie.

Grâce à la suppression de l’année de formation en alternance des profs débutants, désormais affectés directement à temps complet dans des classes, la réforme a permis de supprimer 9 567 emplois, soit une économie de 370 millions d’euros. Mais selon la cour, l’économie est bien moindre : les profs doivent désormais avoir un master - au lieu d’une licence - et, selon la cour, il faut compter «le coût pour le système universitaire de l’allongement des études». Il y a aussi «le coût de la réorientation» des étudiants des nouveaux masters «métiers de l’enseignement», dont trois quarts échouent aux concours auxquels ils préparent et qui doivent rebondir ailleurs.

Sur la qualité de la formation, le constat n’est pas plus encourageant. En dépit des promesses de stages, à la rentrée 2010, plus de 70% des profs débutants ont débarqué dans les classes «sans aucune expérience de l’enseignement». Avec la réforme, ils doivent se former essentiellement sur le terrain sous la houlette de tuteurs, des collègues chevronnés. Or, près du quart des débutants ont eu des tuteurs dans un autre établissement… Contrairement aux recommandations officielles, des jeunes profs se sont aussi retrouvés dans des écoles en ZEP, à cheval sur plusieurs établissements dans le secondaire, avec des classes de plus de trois niveaux différents, ou encore contraints de faire des heures supplémentaires.

Pour éviter ces dérives, le rapport recommande d’instaurer «des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel», de créer des concours avant ou au tout début du master (afin que les recalés puissent tout de suite changer de filière) et de réduire les heures d’enseignement des profs débutants. On comprend mieux pourquoi la quasi-totalité des candidats à la présidentielle promettent de revenir sur cette réforme et de revoir de fond en comble la formation des enseignants.


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30 juin 2011

Prof sans formation - un épilogue

« Ne pas revivre la même rentrée que cette année » . http://www.liberation.fr/vous/

David S., 25 ans, enseignant stagiaire, achève dans « Libération » la chronique de sa première année, sans formation, au collège.

Extrait :

«  C’est vrai que je me sens plus sûr de moi, mais tout ça s’est fait au prix d’efforts extrêmes et de périodes de stress presque inhumaines. Il y a de nombreux acquis mais aussi beaucoup de choses à consolider et une formation à poursuivre ».

« Cette réforme n’est pas la bonne formule pour entrer dans le métier ». 

«  Etre placé en situation d’urgence permanente ne peut rien apporter de bon aux élèves. J’ai rarement eu le temps de penser correctement mes cours et les moments de frustration ont été nombreux. Certes, nous avons appris à nager après avoir été jetés dans le grand bain, mais dans cette situation, certains se noient ou coulent profondément avant de remonter à la surface. Les dégâts psychologiques et sociaux ont été importants par moments ».

«  Une formation plus poussée et un accompagnement plus fort auraient pu éviter les moments de doute et de solitude. La solidarité entre collègues, et surtout entre stagiaires, a certainement pu éviter de craquer complètement, pour moi y compris. L’existence de syndicats et d’une organisation de stagiaires comme Stagiaire impossible a été salvatrice. C’était rassurant de savoir que ce comité s’est démené pour obtenir des audiences au rectorat, au ministère, voire à l’Assemblée, et qu’il était possible de se battre pour changer les choses ». 

« Le bilan de l’année comporte aussi quelque chose d’irrémédiablement négatif : nous n’avons rien pu obtenir pour modifier la formation des enseignants, malgré nos efforts. Il est quasiment assuré que nos successeurs, les futurs lauréats au concours, vont se retrouver dans la situation que nous avons vécue.

Leur formation conduite en même temps que le concours est plus qu’embryonnaire.

Leur donner des classes à plein temps, c’est poursuivre dans la folie ».

http://www.liberation.fr/vous/

stagiaireimpossible

http://stagiaireimpossible.org/

 


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28 avril 2011

Une année sans filet


Profs ou instits, déprimés et mal formés, ils ont démissionné - Rue 89 27/04/2011
Trois jeunes ex-enseignants racontent pourquoi ils ont déserté une Education nationale où « tout le monde s'en fout ».

« Les jeunes se détournent de l'Education nationale : à la session 2011, ils ont boudé le concours avec 35 000 candidats de moins. Depuis septembre, près d'un quart des profs stagiaires ont démissionné de l'académie de Créteil. La réforme de la mastérisation, qui modifie les conditions d'accès aux concours et zappe l'année de stage, a été la goutte d'eau. Les syndicats sentent un  mal-être général dû au manque de formation .
Alors que le taux de chômage des jeunes actifs est très haut en France, ces trois profs ont renoncé à un CDI à vie » . 


- dans un rapport de novembre, le MEN tentait de minimiser les démissions liées à la casse de la formation professionnelle : 12 en primaire (contre 44 en 2009), 65 en secondaire (contre 44 en 2009)

Etude relative au dispositif d’accueil, d’accompagement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés - MEN, Sous-direction des études de gestion prévisionnelle et statutaires, novembre 2010
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4343
http://www.sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/men-stagiaires.pdf


- «Monsieur, vous êtes là l’année prochaine ?» Libération 26/04/2011

David S., 25 ans, prof d’histoire-géo débutant, enseignant stagiaire, reprend dans « Libération » la chronique de sa première année, sans filet, au collège.
Comme 8 000 autres nouveaux enseignants du secondaire, David S. a été jeté dans l’arène, sans véritable formation professionnelle, dans le cadre de la chatelisation de l'école.
Récit d’un deuxième trimestre exténuant.

 

- « Le boulot du DRH ? Motiver les gens, les mettre en confiance »

Une vidéo avec un ex de L’Oréal (repérée par Sébastien Rome),
et des liens vers l’Education façon Medef (soumise à la logique du capitalisme financier à Lisbonne) : économie de la connaissance, besoins du marché, capital humainproductivité,  entreprises, partenariat …
http://blogs.mediapart.fr/blog/sebastien-rome/270411/un-drh-vous-parle

 

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22 février 2011

Je patauge ...

- «  Je patauge, mais personne ne trouve cela anormal » - Le Monde 21/02/2011
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/21/

A la rentrée 2010, le ministère a démoli la formation en alternance des jeunes enseignants. En octobre, une jeune prof stagiaire avait témoigné pour Le Monde. Elle officie dans un collège ordinaire de l'académie d'Aix-Marseille. En mars, elle aura enfin accès à 4 semaines de formation. Ses élèves seront alors confiés à une étudiante de master 2 qui n’a jamais enseigné : « Elle débarquera ici juste après son écrit du Capes, alors qu'elle a encore l'oral à préparer et un mémoire à écrire, raconte la jeune prof. L’étudiante panique déjà ».

- Des propositions pour remettre en chantier la formation des enseignants - Le Monde 21/02/2011
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/21/
copie sur le site http://www.profencampagne.com/

En prenant appui sur une annonce du recteur de Versailles, sur la conférence des directeurs d'IUFM et sur les propositions d’un syndicat (un seul est cité dans l’article), Luc Cédelle évoque quelques aménagements envisageables : retour à l'alternance en master 2, avancer le calendrier des concours...
Il cite les obstacles qui seront peut-être invoqués : les règlements à changer, les enjeux financiers, et le cœur du débat : que mettre dans une formation au métier de prof, un métier qui s’apprend.

« Si des changements doivent intervenir à la rentrée prochaine, les délais techniques et juridiques imposent que des décisions soient prises très rapidement ».

.
- 18 février 2011. Hérouville St-Clair: la pédagogie a-t-elle le droit de réussir ?
http://education.blog.lemonde.fr/2011/02/18/

Le CLE (collège lycée expérimental) doit perdre 2 postes sur 35.
« Une contribution logique à l’effort commun » affirme le Rectorat.
« La diminution envisagée mettrait en péril une des plus fortes caractéristiques pédagogiques de l’établissement : l’existence, en plus des classes, de « groupes de tutorat » réunissant sous la responsabilité d’un adulte, des élèves d’âges différents » répondent ceux qui ont manifesté le 16 février et veulent défendre le rôle du CLE..

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07 janvier 2011

Globalement positif...

C'est le bilan avancé dans la conclusion d'une étude officielle menée en novembre 2010 sur l'accueil des nouveaux professeurs. Des enseignants concernés préfèrent parler de « stagiaire impossible ».
A lire sur le site Sauvons l’Université, une « Etude relative au dispositif d'accueil, d'accompagnement et de formation des enseignants stagiaires pour le second degré » ( réponses de 28 académies, à partir de la page 10 ) - DGRH B1-2  (source : LdC). Avec carte en pourcentages et aplats de couleur.

« Au 1er octobre 2010, on dénombre 8 604 enseignants stagiaires et conseillers principaux d’éducation stagiaires dans le second degré »

« En moyenne, on compte entre 1,5 à 2 stagiaires par établissement, mais parfois jusqu’à 5 stagiaires par établissement (lycées importants) ; Une petite minorité de stagiaires (394 stagiaires soit 4,5 % des stagiaires) sont affectés sur plusieurs établissements (2 à 3 maximum) ».

« La désignation des tuteurs ne s’est pas réalisée sans difficulté. En effet, les inspecteurs, très impliqués dans ce travail, se sont souvent trouvés confrontés à une forte opposition syndicale et à celle de certains chefs d’établissements et/ou de l’équipe pédagogique. Ainsi, l’académie de Nantes indique qu’une lettre de désignation a été adressée à 35 tuteurs réfractaires sur les 395 sollicités, 4 d’entre eux, à la date de l’enquête avaient maintenu leur refus ».

« A la date de l’enquête, 139 stagiaires n’avaient pas encore de tuteurs dans 12 académies ».

« Il ressort que ceux-ci commencent à connaître, en octobre, un état de fatigue. Il leur semble difficile de concilier, dans l’urgence, l’organisation de leurs classes (préparation des cours, gestion de la classe) et leur formation. Les stagiaires estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l’apprentissage de leur futur métier ».

« Début novembre, on dénombre 65 démissions contre 48 l’année dernière durant la même période ». « …une enquête réalisée début octobre sur ce point spécifique avait montré que pour leur grande majorité, les démissions sont intervenues avant la rentrée scolaire et pour des raisons qui ne sont pas liées avec la difficulté du métier ».
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« Il ressort des remontées de l’enquête menée auprès des 30 académies et des 100 inspections académiques que la mise en œuvre du nouveau dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des stagiaires, tel qu’il a été préconisé par la circulaire du 25 février 2010, a demandé un très gros investissement de la part des services déconcentrés du ministère de l’éducation nationale ».

«  Le bilan du dispositif de prise en charge des professeurs des écoles stagiaires de la session 2010 est globalement positif (sic). Cela résulte d’une part, de la situation particulière de l’enseignement scolaire du premier degré qui bénéficie cette année d’enseignants en surnuméraire et, d’autre part, d’un réseau de proximité important et qualifié : IEN de circonscription, conseillers pédagogiques de circonscription, professeurs des écoles - maîtres formateurs (PEMF) exerçant en école et déchargés une journée par semaine, maîtres d’accueil temporaires impliqués dans le suivi et la formation ».

«  L’accueil, l’accompagnement et la formation des enseignants stagiaires du second degré s’est mis en place plus difficilement que dans le 1er degré du fait de résistances très fortes, alors même que les académies ont beaucoup travaillé pour bâtir des procédures en phase avec leurs spécificités propres. L’appropriation du nouveau dispositif par l’ensemble des acteurs est en cours, sur le terrain ; il conviendra de réaliser un bilan au terme d’une année scolaire complète afin de mesurer de façon plus exhaustive tous les effets de la réforme du recrutement des enseignants, notamment en termes de gestion des ressources humaines ».

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25 décembre 2010

Sabreurs

En première page du Canard Enchaîné du 22/12/2010 le récit d'une journée de formation à Bordeaux :

« Quand les militaires sont entrés dans la salle, les enseignants ont cru à « une caméra cachée », comme l’un d’eux l’explique sur le site Rue 89 (15/12/2010) . Nous sommes au lycée Gustave Eiffel de Bordeaux, le 3 décembre, lors d’une réunion de formation des professeurs stagiaires. Ils n’ont pas encore eu de cours sur la discipline, ils pataugent dans leurs classes, et on leur envoie la cavalerie. Voilà donc deux officiers, un inspecteur pédagogique et un professeur d’histoire, commandant de réserve, qui prennent position.

Sur fond de photos martiales, comme ces gamins casqués, le doigt sur la détente, les intervenants vantent les mérites des tanks, des sous-marins et de l’école de pilotage des hélicoptères de l’armée de terre à Dax. « Grâce à Dieu nous connaissons la paix en Europe depuis 40 ans », explique un soldat.

« La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire », ajoute un autre. Sidérés , les enseignants commencent à déserter.
« Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations! », aboie l’inspecteur. Tandis que le réserviste balance : « En salle des profs, on entend des conversations d’intellectuels qui ne servent à rien alors que nous, dans l’armée, on est dans l’Action pour la Nation. »
« Plus de glaive, moins de princesse de Clèves !  »

Sur le site Sauvons l'école, le témoignage diffusé par Rue 89 est complété par un autre regard sur cette journée bordelaise :
http://sauvons-lecole.over-blog.com/

rafales
source : Le Canard enchaîné, 22/12/2010

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22 novembre 2010

Stagiaire impossible

Sur le site web Stagiaire impossible, une lettre à reproduire et à diffuser :
(version au format pdf)

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes de nombreux enseignants stagiaires à avoir pris notre poste en cette rentrée 2010. Les conditions d’enseignement et de bonne tenue des cours nous paraissent gravement compromises par la réforme concernant notre formation. Nous œuvrons ensemble pour le présent et le futur de vos enfants, il nous semble donc essentiel de vous informer le plus honnêtement possible sur la détérioration de nos conditions de travail.
Nous commençons désormais notre année de stage à temps plein: 18 heures de cours pour la majorité d’entre nous, contre 6 à 8 heures les années précédentes.

La préparation d’une heure de cours est un exercice totalement nouveau, et demande un temps considérable de préparation (en moyenne 4 heures de préparation pour 1h de cours, soit, en théorie, pour ceux qui n’ont  que des classes de niveaux différents, 90 heures par semaine). A cela s’ajoute une journée de formation, nécessaire car les concours que nous avons passés sont des concours d’érudition, sans pédagogie ni sciences de l’éducation. La formation est indispensable, et nous regrettons qu’elle soit cette année aussi réduite : enseigner, comme tout métier, s’apprend !
Préparation des cours + présence devant les élèves + correction de copies + formation : plus de 60 heures de travail par semaine !

L’augmentation de la charge horaire entre dans le cadre d’économies budgétaires : les stagiaires auparavant à temps partiel occupent désormais des postes à temps plein. Elle rend l’exercice de notre métier impossible. Nous arrivons tous à un état d’épuisement physique et moral qui limite gravement notre capacité à construire et  dispenser des cours épanouissants, variés et dynamiques, ou à être suffisamment disponibles pour les élèves. L’urgence dans laquelle nous travaillons est source d’erreurs, d’improvisations, de tensions et d’énervement, autant de situations préjudiciables à l’ensemble de nos classes et à chacun de nos élèves. Nous sommes privés du temps que nous devrions leur accorder. On relève de nombreux arrêts maladie, voire des démissions, ce qui ne peut que nuire à la bonne progression des élèves, d’autant plus que certaines des classes que nous avons en charge sont des classes à examen.

Jeunes enseignants, nous sommes motivés par un métier que nous avons choisi, que nous aimons, et pour lequel nous souhaitons nous investir, ce que nous ne pouvons pas faire actuellement : nous travaillons dans l’urgence.

Voilà pourquoi nous demandons des conditions décentes d’apprentissage du métier d’enseignant (avec un allègement des heures de cours et un renforcement de notre formation), et entreprenons de nous organiser pour porter cette demande.

Pour nous contacter :
contact@stagiaireimpossible.org
http://blog.stagiaireimpossible.org/

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