30 juin 2011

Prof sans formation - un épilogue

« Ne pas revivre la même rentrée que cette année » . http://www.liberation.fr/vous/

David S., 25 ans, enseignant stagiaire, achève dans « Libération » la chronique de sa première année, sans formation, au collège.

Extrait :

«  C’est vrai que je me sens plus sûr de moi, mais tout ça s’est fait au prix d’efforts extrêmes et de périodes de stress presque inhumaines. Il y a de nombreux acquis mais aussi beaucoup de choses à consolider et une formation à poursuivre ».

« Cette réforme n’est pas la bonne formule pour entrer dans le métier ». 

«  Etre placé en situation d’urgence permanente ne peut rien apporter de bon aux élèves. J’ai rarement eu le temps de penser correctement mes cours et les moments de frustration ont été nombreux. Certes, nous avons appris à nager après avoir été jetés dans le grand bain, mais dans cette situation, certains se noient ou coulent profondément avant de remonter à la surface. Les dégâts psychologiques et sociaux ont été importants par moments ».

«  Une formation plus poussée et un accompagnement plus fort auraient pu éviter les moments de doute et de solitude. La solidarité entre collègues, et surtout entre stagiaires, a certainement pu éviter de craquer complètement, pour moi y compris. L’existence de syndicats et d’une organisation de stagiaires comme Stagiaire impossible a été salvatrice. C’était rassurant de savoir que ce comité s’est démené pour obtenir des audiences au rectorat, au ministère, voire à l’Assemblée, et qu’il était possible de se battre pour changer les choses ». 

« Le bilan de l’année comporte aussi quelque chose d’irrémédiablement négatif : nous n’avons rien pu obtenir pour modifier la formation des enseignants, malgré nos efforts. Il est quasiment assuré que nos successeurs, les futurs lauréats au concours, vont se retrouver dans la situation que nous avons vécue.

Leur formation conduite en même temps que le concours est plus qu’embryonnaire.

Leur donner des classes à plein temps, c’est poursuivre dans la folie ».

http://www.liberation.fr/vous/

stagiaireimpossible

http://stagiaireimpossible.org/

 


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28 avril 2011

Une année sans filet


Profs ou instits, déprimés et mal formés, ils ont démissionné - Rue 89 27/04/2011
Trois jeunes ex-enseignants racontent pourquoi ils ont déserté une Education nationale où « tout le monde s'en fout ».

« Les jeunes se détournent de l'Education nationale : à la session 2011, ils ont boudé le concours avec 35 000 candidats de moins. Depuis septembre, près d'un quart des profs stagiaires ont démissionné de l'académie de Créteil. La réforme de la mastérisation, qui modifie les conditions d'accès aux concours et zappe l'année de stage, a été la goutte d'eau. Les syndicats sentent un  mal-être général dû au manque de formation .
Alors que le taux de chômage des jeunes actifs est très haut en France, ces trois profs ont renoncé à un CDI à vie » . 


- dans un rapport de novembre, le MEN tentait de minimiser les démissions liées à la casse de la formation professionnelle : 12 en primaire (contre 44 en 2009), 65 en secondaire (contre 44 en 2009)

Etude relative au dispositif d’accueil, d’accompagement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés - MEN, Sous-direction des études de gestion prévisionnelle et statutaires, novembre 2010
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4343
http://www.sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/men-stagiaires.pdf


- «Monsieur, vous êtes là l’année prochaine ?» Libération 26/04/2011

David S., 25 ans, prof d’histoire-géo débutant, enseignant stagiaire, reprend dans « Libération » la chronique de sa première année, sans filet, au collège.
Comme 8 000 autres nouveaux enseignants du secondaire, David S. a été jeté dans l’arène, sans véritable formation professionnelle, dans le cadre de la chatelisation de l'école.
Récit d’un deuxième trimestre exténuant.

 

- « Le boulot du DRH ? Motiver les gens, les mettre en confiance »

Une vidéo avec un ex de L’Oréal (repérée par Sébastien Rome),
et des liens vers l’Education façon Medef (soumise à la logique du capitalisme financier à Lisbonne) : économie de la connaissance, besoins du marché, capital humainproductivité,  entreprises, partenariat …
http://blogs.mediapart.fr/blog/sebastien-rome/270411/un-drh-vous-parle

 

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20 mars 2011

19 mars : L'Ecole autrement

 

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La manifestation parisienne, 230 photos d'Agnès Verdurand

- Le second degré a manifesté à Paris
 http://www.snes.edu/Manifestation-le-19-mars-Le-Second.html

- La rectrice a perdu le Nord - Véronique Soulé (C'est Classe !) 19/03/2011

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source : Véronique Soulé


Les profs stagiaires témoignent de l'aberration de leur situation
Libération Lyon, 170/03/2011

« Ce sont à la fois les professeurs stagiaires et les élèves qui sont sacrifiés cette année pour de simples économies budgétaires, mais on [le ministère] continue à prétendre que  tout va bien »

« ... je me sens tout de même quelque peu trahie quand je me rends compte  que rien n'a été fait pour éviter que les difficultés du métier nous submergent dès le premier jour de travail ».

argument de Chatel dans Le Nouvel Obs :  
« tout le monde hurlait ... contre les IUFM, à commencer par les syndicats. Je trouve injustes ces critiques » (celles contre les IUFM ou contre la suppression de la formation initiale en alternance par l'actuel ministre ?)


- Le Nouvel Obs publie un dossier sur L'Ecole autrement

« Les ministres se succèdent sans que les méthodes ne changent : des annonces, des effets de manche et des réformes s'empilent sans que les premiers intéressés, les professeurs, n'aient été sondés sur leur opportunité ».

Après les dégâts opérés par un Allègre minstre de Jospin vilipendé à gauche et très populaire à droite* , c'est un agrégé de lettres classiques qui décrète la semaine de 4 jours et qui remplacent la récré par des heures de soutien et l'homme du marketing chez L’Oréal poursuit en grappillant quelques heures d’histoire en Term S, et surtout en démolissant la formation professionnelle en alternance. Il s’abrite derrière un faux prétexte, commode pour dissimuler un parti pris idéologique  :  tout le monde aurait dénigré la formation dispensée par les IUFM... La casse était-elle la seule solution à envisager ?

Le Nouvel Obs met en avant 7 expériences qui marchent déjà
Les journalistes énumèrent des pistes : En finir avec les notes ; enseigner l'autonomie ; travailler par projets ; apprendre à son rythme ; redonner le goût des sciences (en ne mettant en avant à l'écran que des caricatures - Allègre ou les frères B - ?) ; impliquer les parents ; donner du sens au diplôme.

-  -  -



* voici ce qu'on peut lire sur Semaine critique (France 2 fait la promotion de ses deux derniers livres ) :
« C’est la science [ ? ? ?] du conflit. Chez le professeur Allègre, géochimiste médaillé, pas de journée radieuse sans nouvel ennemi. En cinquante ans de carrière, le chercheur s’est mis à dos "M. Volcan", Haroun Tazieff ; le ministre des profs de Jospin a fait bouillir l’Education nationale, taxée de "mammouth" à dégraisser ; le négationniste climatique a vitrifié Nicolas Hulot, l’"imbécile", l’"inculte" et atomisé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, un "système mafieux". Sans compter ses anciens amis de trente-cinq ans au PS, qu’il désintègre volontiers, lui qui a frôlé le CDI chez Sarkozy. Avis de forte tempête sur forte tête maintenu... »
No Comment !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 février 2011

Je patauge ...

- «  Je patauge, mais personne ne trouve cela anormal » - Le Monde 21/02/2011
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/21/

A la rentrée 2010, le ministère a démoli la formation en alternance des jeunes enseignants. En octobre, une jeune prof stagiaire avait témoigné pour Le Monde. Elle officie dans un collège ordinaire de l'académie d'Aix-Marseille. En mars, elle aura enfin accès à 4 semaines de formation. Ses élèves seront alors confiés à une étudiante de master 2 qui n’a jamais enseigné : « Elle débarquera ici juste après son écrit du Capes, alors qu'elle a encore l'oral à préparer et un mémoire à écrire, raconte la jeune prof. L’étudiante panique déjà ».

- Des propositions pour remettre en chantier la formation des enseignants - Le Monde 21/02/2011
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/21/
copie sur le site http://www.profencampagne.com/

En prenant appui sur une annonce du recteur de Versailles, sur la conférence des directeurs d'IUFM et sur les propositions d’un syndicat (un seul est cité dans l’article), Luc Cédelle évoque quelques aménagements envisageables : retour à l'alternance en master 2, avancer le calendrier des concours...
Il cite les obstacles qui seront peut-être invoqués : les règlements à changer, les enjeux financiers, et le cœur du débat : que mettre dans une formation au métier de prof, un métier qui s’apprend.

« Si des changements doivent intervenir à la rentrée prochaine, les délais techniques et juridiques imposent que des décisions soient prises très rapidement ».

.
- 18 février 2011. Hérouville St-Clair: la pédagogie a-t-elle le droit de réussir ?
http://education.blog.lemonde.fr/2011/02/18/

Le CLE (collège lycée expérimental) doit perdre 2 postes sur 35.
« Une contribution logique à l’effort commun » affirme le Rectorat.
« La diminution envisagée mettrait en péril une des plus fortes caractéristiques pédagogiques de l’établissement : l’existence, en plus des classes, de « groupes de tutorat » réunissant sous la responsabilité d’un adulte, des élèves d’âges différents » répondent ceux qui ont manifesté le 16 février et veulent défendre le rôle du CLE..

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07 janvier 2011

Globalement positif...

C'est le bilan avancé dans la conclusion d'une étude officielle menée en novembre 2010 sur l'accueil des nouveaux professeurs. Des enseignants concernés préfèrent parler de « stagiaire impossible ».
A lire sur le site Sauvons l’Université, une « Etude relative au dispositif d'accueil, d'accompagnement et de formation des enseignants stagiaires pour le second degré » ( réponses de 28 académies, à partir de la page 10 ) - DGRH B1-2  (source : LdC). Avec carte en pourcentages et aplats de couleur.

« Au 1er octobre 2010, on dénombre 8 604 enseignants stagiaires et conseillers principaux d’éducation stagiaires dans le second degré »

« En moyenne, on compte entre 1,5 à 2 stagiaires par établissement, mais parfois jusqu’à 5 stagiaires par établissement (lycées importants) ; Une petite minorité de stagiaires (394 stagiaires soit 4,5 % des stagiaires) sont affectés sur plusieurs établissements (2 à 3 maximum) ».

« La désignation des tuteurs ne s’est pas réalisée sans difficulté. En effet, les inspecteurs, très impliqués dans ce travail, se sont souvent trouvés confrontés à une forte opposition syndicale et à celle de certains chefs d’établissements et/ou de l’équipe pédagogique. Ainsi, l’académie de Nantes indique qu’une lettre de désignation a été adressée à 35 tuteurs réfractaires sur les 395 sollicités, 4 d’entre eux, à la date de l’enquête avaient maintenu leur refus ».

« A la date de l’enquête, 139 stagiaires n’avaient pas encore de tuteurs dans 12 académies ».

« Il ressort que ceux-ci commencent à connaître, en octobre, un état de fatigue. Il leur semble difficile de concilier, dans l’urgence, l’organisation de leurs classes (préparation des cours, gestion de la classe) et leur formation. Les stagiaires estiment manquer de méthodes et du recul nécessaire pour effectuer leur travail et l’apprentissage de leur futur métier ».

« Début novembre, on dénombre 65 démissions contre 48 l’année dernière durant la même période ». « …une enquête réalisée début octobre sur ce point spécifique avait montré que pour leur grande majorité, les démissions sont intervenues avant la rentrée scolaire et pour des raisons qui ne sont pas liées avec la difficulté du métier ».
.
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« Il ressort des remontées de l’enquête menée auprès des 30 académies et des 100 inspections académiques que la mise en œuvre du nouveau dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des stagiaires, tel qu’il a été préconisé par la circulaire du 25 février 2010, a demandé un très gros investissement de la part des services déconcentrés du ministère de l’éducation nationale ».

«  Le bilan du dispositif de prise en charge des professeurs des écoles stagiaires de la session 2010 est globalement positif (sic). Cela résulte d’une part, de la situation particulière de l’enseignement scolaire du premier degré qui bénéficie cette année d’enseignants en surnuméraire et, d’autre part, d’un réseau de proximité important et qualifié : IEN de circonscription, conseillers pédagogiques de circonscription, professeurs des écoles - maîtres formateurs (PEMF) exerçant en école et déchargés une journée par semaine, maîtres d’accueil temporaires impliqués dans le suivi et la formation ».

«  L’accueil, l’accompagnement et la formation des enseignants stagiaires du second degré s’est mis en place plus difficilement que dans le 1er degré du fait de résistances très fortes, alors même que les académies ont beaucoup travaillé pour bâtir des procédures en phase avec leurs spécificités propres. L’appropriation du nouveau dispositif par l’ensemble des acteurs est en cours, sur le terrain ; il conviendra de réaliser un bilan au terme d’une année scolaire complète afin de mesurer de façon plus exhaustive tous les effets de la réforme du recrutement des enseignants, notamment en termes de gestion des ressources humaines ».

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23 décembre 2010

Moins de vocations ?

Perçu comme plus éprouvant, l’enseignement suscite moins de vocations -
Luc Cédelle, Le Monde, 22 décembre 2010 -
Lire également les très nombreux commentaires.

Luc Cedelle souligne un double constat :
- La baisse drastique du nombre de postes offerts  :
En 2011, seulement 3 000 postes ouverts dans l'enseignement primaire contre 6 500 à la session précédente,
8500 postes dans le secondaire contre un peu plus de 10 000 l'an passé.
- La chute du nombre des candidats :
En nov, dans le second degré, 21 000 étudiants contre 38 249 lors de la précédente session ont passé ces épreuves
.
Pour le MEN, c'est un problème conjoncturel : il faut être inscrit en master 2 pour se présenter.
Les syndicats y voient une conséquence de la politique menée par le MEN : du fait de la suppression de la formation professionnelle en alternance, les lauréats sont directement affectés dans des classes (à effectifs surchargés et avec un service intégral), alors même que la profession est perçue comme de plus en plus éprouvante à exercer. D'où une désaffection qui pourrait être plus profonde.

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- Tableau de bord d’un prof (déjà) à bout - Libération 15/12/2010
Bulletin. David S. enseignant stagiaire de 25 ans avait raconté dans «Libération» sa rentrée sans filet dans un collège. Un trimestre plus tard, la fatigue, le doute et l’amertume gagnent.
http://www.liberation.fr/vous/01012308115-tableau-de-bord-d-un-prof-deja-a-bout

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- Une prime au mérite pour les recteurs d'académie (de 15 à 22 000 euros) - Libération 20/12/2010
http://www.liberation.fr/societe/01012309173-une-prime-au-merite-pour-les-recteurs-d-academie


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16 décembre 2010

Bdx : Les jeunes profs et l'armée

La formation professionnelle des jeunes profs ?
« Il faut savoir qu'il est du devoir de tout enseignant de s'autoformer et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… » a répondu une inspectrice lors d'une journée dite de « formation » à Bordeaux… ***

Pour le chef local des ressources humaines : un fonctionnaire est là pour « obéir à sa hiérarchie, et être à sa disposition 35 heures par semaine ».

Par contre l'armée a toujours ses entrées à l'école : « la défense aujourd’hui » ne ressort pas de l’autoformation, mais peut mobiliser, le temps d’un long cours magistral, des militaires (de métier ?), un IPR d'histoire-géographie et un professeur agrégé d'histoire ... « Nous avons été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires ! »

Lire le témoignage d'une participante publié par Rue 89 le 15/12/2010 - [repéré par NM]
Ce témoignage et les commentaires illustrent l'ambiance détestable suscitée par une gestion libérale-autoritaire de l'éducation [sur le modèle thatchérien initié par Lombard à France-Telecom ?]

*** « Jusqu'à l'an dernier, les professeurs stagiaires travaillaient à mi-temps, ce qui leur permettait d'entrer dans le métier en suivant une formation en alternance à l'IUFM ». Aujourd'hui, ils se retrouvent devant leur classe sans aucune formation professionnelle initiale, chaque académie bricolant ce qu'elle peut avec les moyens dont elle peut encore disposer ...

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03 décembre 2010

Libé des philosophes

« Car pour faire apparaître un énoncé comme mensonger, on peut certes lui opposer des arguments, expliquer en quoi il ne correspond pas à la réalité, mais on peut aussi faire autre chose : transformer si manifestement le réel que les mots s’évaporent. Ce jour-là, fugacement, le réel avait changé. Et leur parole de propagande avait explosé comme une bulle de savon. Il est des moments où le mensonge politique tombe pour révéler ce qu’il est : sous des dehors de manipulation parfaite, une inauthenticité ridicule ».
C’est la conclusion de Grégoire Chamayou dans « La vérité politique, si je mens », un des nombreux articles du Libé des philosophes (après le Libé des historiens, au moment de Blois).
http://www.liberation.fr/politiques/

- Les enseignants stagiaires en «difficulté»
http://www.liberation.fr/societe/
Pour des raisons étroitement financières, le pouvoir actuel a supprimé la formation professionnelle en alternance, tout comme l’HG pour tous en Term S. « Les professeurs du premier degré, eux, ont obtenu cette année un dispositif transitoire d’accompagnement de sept semaines ». Pour le secondaire, le collectif « Stagiaire impossible » tient une coordination nationale le 11 décembre. La FSU annonce une journée le 16.
Si vous ambitionnez de diriger l’éducation, faites des études de marketing… c’est une porte d’entrée qui marche, au moins depuis quelques mois …

- Les Facs d’Europe en rogne
http://www.liberation.fr/societe/

- L’erreur d’orientation des campus américains
http://www.liberation.fr/monde/

- Bienvenue au cyberc.
Suzanne Guerlac Modern French Studies, UC Berkeley, auteur de «Derrida and the time of Political» (co-éd.), DUP 2009.
http://www.liberation.fr/livres/
Un article à lire et à archiver, même s’il risque de faire grincer quelques dents ...

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22 novembre 2010

Stagiaire impossible

Sur le site web Stagiaire impossible, une lettre à reproduire et à diffuser :
(version au format pdf)

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes de nombreux enseignants stagiaires à avoir pris notre poste en cette rentrée 2010. Les conditions d’enseignement et de bonne tenue des cours nous paraissent gravement compromises par la réforme concernant notre formation. Nous œuvrons ensemble pour le présent et le futur de vos enfants, il nous semble donc essentiel de vous informer le plus honnêtement possible sur la détérioration de nos conditions de travail.
Nous commençons désormais notre année de stage à temps plein: 18 heures de cours pour la majorité d’entre nous, contre 6 à 8 heures les années précédentes.

La préparation d’une heure de cours est un exercice totalement nouveau, et demande un temps considérable de préparation (en moyenne 4 heures de préparation pour 1h de cours, soit, en théorie, pour ceux qui n’ont  que des classes de niveaux différents, 90 heures par semaine). A cela s’ajoute une journée de formation, nécessaire car les concours que nous avons passés sont des concours d’érudition, sans pédagogie ni sciences de l’éducation. La formation est indispensable, et nous regrettons qu’elle soit cette année aussi réduite : enseigner, comme tout métier, s’apprend !
Préparation des cours + présence devant les élèves + correction de copies + formation : plus de 60 heures de travail par semaine !

L’augmentation de la charge horaire entre dans le cadre d’économies budgétaires : les stagiaires auparavant à temps partiel occupent désormais des postes à temps plein. Elle rend l’exercice de notre métier impossible. Nous arrivons tous à un état d’épuisement physique et moral qui limite gravement notre capacité à construire et  dispenser des cours épanouissants, variés et dynamiques, ou à être suffisamment disponibles pour les élèves. L’urgence dans laquelle nous travaillons est source d’erreurs, d’improvisations, de tensions et d’énervement, autant de situations préjudiciables à l’ensemble de nos classes et à chacun de nos élèves. Nous sommes privés du temps que nous devrions leur accorder. On relève de nombreux arrêts maladie, voire des démissions, ce qui ne peut que nuire à la bonne progression des élèves, d’autant plus que certaines des classes que nous avons en charge sont des classes à examen.

Jeunes enseignants, nous sommes motivés par un métier que nous avons choisi, que nous aimons, et pour lequel nous souhaitons nous investir, ce que nous ne pouvons pas faire actuellement : nous travaillons dans l’urgence.

Voilà pourquoi nous demandons des conditions décentes d’apprentissage du métier d’enseignant (avec un allègement des heures de cours et un renforcement de notre formation), et entreprenons de nous organiser pour porter cette demande.

Pour nous contacter :
contact@stagiaireimpossible.org
http://blog.stagiaireimpossible.org/

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15 novembre 2010

Les ressources d'Ubu

Véronique Soulé (Libération) relate la mésaventure d'une jeune prof, TZR en maths pour sa 3e année d’enseignement :

extraits :
[ « A la veille des vacances de la Toussaint, le Rectorat l’avertit que du 4 au 10 novembre elle remplacera en lycée un prof ... d’EPS !!!

… Le vendredi 5, elle se présente au lycée. Problème : le prof d'EPS a deux heures de cours avec des élèves venant à la fois de L et de STG, puis deux heures avec une classe regroupant des premières S et des L. En maths, ça pose problème - les programmes ne sont pas les mêmes en L, en S et en STG. En plus, l'EPS a lieu en plein air ou dans le gymnase. Pour faire des maths, il faut une salle, des bureaux, des chaises, voire un tableau. Mais le vendredi, le lycée affiche complet, pas une salle n'est libre. Alors Mlle X est priée de rentrer chez elle…
Par la suite, elle apprend que dans le collège où elle exerçait depuis la dernière rentrée, au même moment, un prof de maths a été remplacé par un prof de ... physique…

Aux dernières nouvelles, elle a été affectée [pour quelques temps ?] dans un autre lycée. En maths !

Dans un ministère dirigé par des DRH (L'Oréal ou la RATP), l'objectif prioritaire, c'est de boucher les trous (en langage drh, on dit «« rationaliser l'exploitation des ressources humaines » » ... ]

.
NB 1 : A la rentrée dernière, au nom de l'idéologie et des économies, les néo-profs ont été privés de formation professionnelle initiale. Après la Toussaint, dans certaines académies, ils ont eu enfin accès à quelques jours de formation. Qui a-t-on choisi pour les remplacer ? Des étudiants qui envisagent de passer le concours pour devenir profs... Les classes qui servent ainsi de cobayes mériteraient une médaille, tout comme les jeunes profs dont les conditions d'entrée dans le métier sont aussi peu admissibles.

NB 2 : Titre du Monde 16/11/2010 : NS est-il un bon DRH ?

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