07 mai 2015

Meirieu : Ecole et société

 

Sénat : Commission d'enquête sur le fonctionnement du service public de l'éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l'exercice de leur profession
http://www.senat.fr/commission/enquete/fonctionnement_du_service_public_de_leducation.html
http://videos.senat.fr/video/commissions/commEDUC-p1.html


Audition de M. Philippe Meirieu, chercheur en pédagogie, professeur des universités émérite en sciences de l'éducation, 13.04.2013
http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20150413/ce_education.html#toc4

«... vous avez publié plus d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels je citerai - sans être exhaustive
- L'École et les parents : la grande explication... (2001),
Faire l'école, faire la classe (2004),
ou encore Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui (2009) »..


Philippe Meirieu voit « dix indicateurs pour illustrer le hiatus entre ce qui est demandé à l'École et ce qui est dominant dans notre société :

- L'École se veut un lieu de pensée, de réflexion et de temps long, alors que la société promeut l'immédiateté et la satisfaction sans délai de la pulsion.
- Elle est le lieu de la construction de l'attention alors que nos enfants vivent dans une société qui pratique la surenchère de la sidération ;
- Elle enseigne la justification raisonnée quand les effets spectaculaires font autorité ;
- L'École se veut le lieu de l'appropriation et du transfert alors que nos enfants vivent dans un monde où la répétition mimétique et la création de réflexes conditionnés font la loi à travers la publicité et toutes les formes de propagande ;
- L'École promeut le respect de la compétence quand beaucoup de médias font triompher la dérision ;
- Elle valorise la parole tenue alors que les élèves font l'expérience au quotidien de la désinvolture généralisée ;
- Elle se veut le lieu de la culture désintéressée alors que, partout, règne l'utilitarisme immédiat ;
- Elle enseigne la richesse et la prééminence de la langue écrite structurée quand l'onomatopée et la « période sans scansion ni fin » alternent au quotidien, dynamitant l'unité sémantique de la phrase ;
- L'école se veut le lieu de l'égalité des droits - et, en particulier, du droit de toutes et tous à accéder aux fondamentaux de la citoyenneté - alors que la société ne propose qu'une trompeuse égalité des chances ;
- Enfin, elle est le lieu de la construction possible du collectif dans une société minée par l'individualisme forcené.

Face à cela, il n'est pas étonnant que les enseignants se sentent acculés à des tâches qu'ils jugent impossibles, et pensent même parfois qu'on leur demande de « vider l'océan avec une petite cuillère » ! Ainsi, pour sortir de cette véritable schizophrénie, je développerai devant vous trois idées fortes à partir desquelles je ferai quelques propositions simples ».

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19 avril 2011

Rennes : Le singulier et le collectif


Forum Libération, Rennes 2011 en différé


Le capitalisme contre les individus
http://www.tvrennes35bretagne.fr/fr/grille/forumlibration-6294

vers la 52e mn, pour Philippe Corcuff (IEP Lyon), à gauche, la référence au collectif l'emporte trop souvent sur l'individu et la singularité. Ce choix a été encore renforcé en réaction aux discours et aux pratiques des néo-libéraux : au prétexte de l'intérêt immédiat de l'individu, ces idéologues ont nié l'existence de la société (cf Thatcher), ils ont entrepris de démolir les solidarités syndicales.

L'hostilité à l'individualisme en a été renforcé à gauche. Or ce qu'a montré Robert Castel, c'est que l'autonomie individuelle moderne, relative, a eu besoin de supports sociaux pour s'installer. Pour que chaque personne puisse construire dans le temps une existence autonome, il a fallu la fin de la précarité, la création du contrat de travail, de la sécurité sociale et les systèmes de retraite...
Des bases que le néo-libéralisme est en train de démolir avec méthode et entêtement.

Si la gauche continue de laisser à la droite et au capitalisme l'individu et l'individualisme, elle se condamne à toujours perdre. Elle ne devrait pas oublier qu'elle incarne la mise en tension de l'aspiration à la justice sociale et la solidarité d'un côté, la volonté d'épanouissement individuel de l'autre, un épanouissement que le capitalisme promet sans jamais pouvoir le permettre.
Sur ce plan, selon Philippe Corcuff, la gauche a une révolution culturelle à faire

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