16 septembre 2020

Algérie, mémoires et histoire - 2

 

paroles150

Familles à l’épreuve de la guerre d’Algérie,
Paroles d’histoire 150 ,

entretien d'André Loez avec Raphaëlle Branche,
auteur de « Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? »
Enquête sur un silence familial

http://parolesdhistoire.fr/index.php/2020/09/14/150-familles-a-lepreuve-de-la-guerre-dalgerie-avec-raphaelle-branche/

dont :
La fausse évidence du « silence »
Le traumatisme de guerre, loin d’être la seule catégorie pertinente
Les modalités de l’enquête, témoignages et archives

« Le livre veut valoriser la place de la famille comme chaînon entre l’individu et la société.
La famille me semble un cadre social sous étudié par les historiens, un cadre d’expériences, d’imaginaires et de représentations du monde. Lors du retour, cette famille étroite (parents et enfants) connaît des mutations considérables (égalité des époux, contraception, rapports parents enfants...) »


- Algérie : retrouver la parole
« Papa, qu’as-tu fait en Algérie ? » : confidences de guerre
André Loez, Le Monde des livres, 06.09.2020
https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/09/06/papa-qu-as-tu-fait-en-algerie-confidences-de-guerre_6051166_3260.html

Près de 300 questionnaires,
La guerre vue par les soldats et leurs proches
dans des familles dont les structures sont en cours de bouleversement.
Le silence ne fut jamais absolu,
le traumatisme ne concerne pas la majorité des soldats

3 périodes : le temps de la guerre, le temps du retour, le temps de la remémoration


Ajouter :

- Appelés en Algérie : enquête sur un silence français

Entretien avec Rapahëlle Branche, Médiapart 02.10.2020

https://www.mediapart.fr/journal/international/021020/appeles-en-algerie-enquete-sur-un-silence-francais


- Guerre d’Algérie, le silence dans les familles

Rapahëlle Branche,
La Grande Table idées, 10.11.2020
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/raphaelle-branche

 



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25 mars 2016

F. Morel : Le chroniqueur est démuni

 

François Morel, Le chroniqueur est démuni - France-Inter, 25.03.2016
http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-francois-morel-le-chroniqueur-est-demuni

« Le chroniqueur est démuni. Il cherche une idée, et il ne peut pas se résoudre à ne pas être fidèle au poste, à son rendez-vous du vendredi matin. mais il est perplexe. Une nouvelle chronique post-attentat, pour dire quoi, pour répéter quoi ? La compassion, l'amitié pour tous ces Belges, qui nous sont si précieux, l'effroi, la colère, la nécessité de ne pas céder à la peur, bien sûr. Le chroniqueur est un peu perdu, tellement embarrassé qu'il parle de lui à la troisième personne, il semblerait qu'il soit fatigué...

Le chroniqueur préférerait le silence, parce qu'il se dit que parfois le mieux serait de se taire, mais c'est impossible de se taire à la radio, impossible de se taire dans un media. Mercredi tandis qu'à Bruxelles une minute de silence était organisée en hommage aux victimes, tous les correspondants de toutes les radios, de toutes les télés du monde perturbaient le silence pour dire l'émotion, la tristesse, le recueillement. Comment être ému, triste, recueilli quand on est occupé à traduire le silence, la tristesse, le recueillement de toutes ces personnes silencieuses, tristes, recueillies. Une minute pourtant, c'est pas si long...

« On reporte toujours les instants de vie, on les décale, on les corrompt [...] on procrastine sa vie.. »

« Le chroniqueur est soucieux. Il rêverait d'une page blanche radiophonique. Il voudrait appuyer sur la touche pause. [Sapin, incroyable arrogance française, ne renonce jamais à donner des leçons à la terre entière ]
Le chroniqueur se dit qu'il faudrait mieux se réfugier dans le silence. Ou dans la poésie qui peut être sa traduction orale. Celle de Raymond Devos, un Français né en Belgique, auteur d'un texte qui dit avec modestie nos limites et notre désir sans limite de consolation ».

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11 novembre 2012

2GM : L'historien et LES mémoires

 

plaw2

Pierre Laborie, Annette Wieviorka, Fraçois Rouquet


Histoire et mémoire : le noeud gordien des historiens
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Parmi les débats organisés pour la première édition des Mémoriales, un échange entre Pierre Laborie et Annette Wieviorka sur l'attitude de l'historien face aux mémoires.


Audio artisanal en 2 fichiers des 46 premières minutes :
http://dl.free.fr/e29pcwxLr
http://dl.free.fr/enh6WvdgP


Pour Pierre Laborie, il faut en finir avec l'imposture de LA mémoire.
Il insiste très fortement sur le pluriel : LES mémoires.
A côté de la mémoire dominante (qui tend à devenir hégémonique, surtout quand les simplifications scolaires s'n mêlent, d'autres mémoires continuent leur chemin, et jouent souvent un rôle de contre-mémoires.
(cf dans les années 1950, supposées celle d'une "mémoire héroïcisée" le lien des "hussards" avec Paul Morand, et leur regard peu favorable à la Résistance ).

L'écouter sur la pluralité des films produits après 1946 et sur "la fin du futur" (le Père tranquille)

L'ancien étudiant de Godechot et de R Trempé milite en faveur d'une histoire comme examen critique du passé, très attentive au sens des mots utilisés et aux connotations qu'ils portent (épuration "sauvage", "guerre civile")


AW cite de Certeau :  l'histoire vise à séparer les morts des vivants,
à éviter que les morts ne soient des fantômes qui hantent l'existence des vivants.

Selon elle, une mémoire ne peut se développer qu'à partir d'éléments déjà existants.
Le Mémorial de la Shoah fait tout pour oublier ses origines. Pourtant, il ne peut exister qu'après le CDJC et la conviction d'Isaac Schneersohn : le rite est plus fort que la chronique (d'où le tombeau du martyr juif inconnu).
http://www.fndirp.asso.fr/CDJC-memorialmartyrjuif.htm

Le chagrin et la pitié a occupé bcp de place dans la table ronde.
Pour les 2 historiens, il faut s'écarter de la cinéphilie,
et s'intéresser avant tout à la réception d'un film,
qui peut être différente des intentions affichées par le réalisateur.

Rappel du rôle du feuilleton TV Holocaust (1978 aux USA, 79 en Fr),
venant après Roots pour les Afro-américains (77 aux USA, 78 en Fr.

AW a cité Yosef Hayim Yerushalmi (Le Moïse de Freud).
Elle a contesté avec vigueur "Le mythe du grand silence", l'ouvrage récent de François Azouvi (Fayard)

Vision pessimiste des deux historiens en fin de table ronde :
Longtemps, l'université a été le lieu légitime d'écriture de l'histoire,
l'histoire enseignée à l'école et dans le secondaire lui servant de relais.
Aujourd'hui, via les documentaires et les fictions,
les médias occupent une place croissante.
Parfois au mépris du travail des historiens
(cf Colette Beaune face à Jeanne d'Arc échappant au bucher... :-) - http://clio.revues.org/9504
La caution donnée par le MEN à certaines productions mériterait aussi un vrai débat
(cf France 2 inventant ""L'Evasion"" (sic) de Louis XVI).



Laborie (Pierre), Le chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, Mémoire et idées reçues, Paris, Bayard, 2011, 355 pages, 21 € - CR par Cécile Vast.
http://aphgcaen.free.fr/chronique/415/Laborie-Vast.pdf

Annette Wieviorka, L'heure d'exactitude - La Fabrique du 09.12.2011 (vers la 39e minute)
http://clioweb.canalblog.com/tag/exactitude


François Azouvi, Le mythe du grand silence, Fayard
La France a-t-elle eu la mémoire qui flanche ? Henry Rousso, Marianne 09.11.2012
http://www.marianne.net/La-France-a-t-elle-eu-la-memoire-qui-flanche.html


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Les rapports entre l'histoire et les mémoires ont également été abordés lors de la journée du lundi :

mm-1211b

J-C. Monod, P. Nora, E. Laurentin, L. Wirth, C. Bouton

mm-1211a



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