03 avril 2014

Rosanvallon : Raconter la vie

 

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Pierre Rosanvallon était l'invité de l'association Démosthène, à Caen, le 2 avril 2014.

« PR plaide pour une description du monde social dans sa diversité et la constitution d’une démocratie narrative dont le Parlement des invisibles serait la tribune. Raconter la vie entend pallier un défaut de représentation individuelle, dont la modernité démocratique est à la fois responsable et victime.
La richesse des contributions sera-t-elle à la hauteur des ambitions ?»
http://www.philomag.com/lepoque/breves/raconterlaviefr-le-parlement-des-invisibles-8753

Raconterlavie.fr veut dresser un « roman vrai de la société d'aujourd'hui »
et sortir de la mal-représentation et du sentiment d'impuissance.
C'est une réponse à la montée actuelle de la défiance et aux discours de haine.
C'est à la fois un site internet participatif
http://raconterlavie.fr/
et une collection de livres
http://raconterlavie.fr/collection/

2 titres : Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui
dans le secteur de la logistique, la reprolétarisation, avec incertitude, précarité et absence d'action collective.
Regarde les lumières mon amour,
l'hypermarché vu par Annie Ernaux

PR revendique des précédents célèbres, dont les écrivains et les photographes embauchés aux USA au temps de Roosevelt (cf Migrant Mother). Avec une nuance, le New Deal, ce n'est pas du storytelling, mais une politique économique et sociale volontariste, à l'opposition de la casse actuelle organisée par les patrons ultra-libéraux.


Parmi les critiques faites à ce projet :
- un risque de psychologisation du social et un mépris de l'action syndicale ?
- une soumission manifeste à l'air du temps ?
C'est au fond la résurgence du vieux projet néolibéral qui souhaite mobiliser contre les fractions syndicalisées du salariat ou ses minorités trop "visibles" et  trop bruyantes une mythique majorité « silencieuse »...
http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon/050114/le-parlement-des-invisibles-un-projet-de-storytelling-integre



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16 septembre 2011

L'égalité, une coquille vide ?

 

Télérama 3218 comporte un entretien avec Pierre Rosanvallon, qui vient de publier La Société des Egaux (Le Seuil).
Entretien sans doute à venir en ligne dans Télérama - http://www.telerama.fr/idees/

Extraits, avec l'aide de Google Docs : Micro-Hebdo hors série 64 explique page 25 comment récupérer le texte à partir d'une photo (en noir et blac, de bonne définition) ou d'un scan. Deux lignes ont été laissées en l'état : le fl, le l'é et le Unis passent mal (cf les copies d'écran en fin d'article).
 

Selon PR, « l’idée démocratique a trois dimensions :
. Elle se matérialise d’abord dans des institutions représentatives censées exprimer la volonté générale.
. Elle s’incarne aussi dans une culture publique (le débat et l’interpellation des pouvoirs).
. C’est aussi une forme de société, le projet de créer un monde de semblable …
Or le peuple fait aujourd’hui moins corps, le citoyenneté sociale régresse. L’insupportable croissance des inégalités est à la fois l’indice et le moteur de ce déchirement ».

PR évoque ensuite la société des égaux pensée par les révolutionnaires américains et français.

Q - Comment l’idée d’égalité se transforme-t-elle au XIXe ?
R - « Face à la remise en cause radicale de la conception de l'égalité version 1789 , on voit d’abord apparaître une vaste entreprise de justification. C’est la construction de l'idéologie bourgeoise : elle rationalise le retour en arrière en se référant à de fumeuses théories de l’inégalité naturelle, racistes et autres ; ou bien elle considère les inégalités comme résultant des seuls comportements individuels, simple affaire de vertu ou de talent. C’est nier que les inégalités peuvent avoir une dimension sociale.

Q - D’autres vont pourtant défendre le principe de l'égalité, mais en élargissant la dimension de « semblables » que lui avaient donnée les révolutionnaires...
R - On le constate d’abord avec 1e socialisme utopique, qui définit Pégalité comme intégration dans un collectif : dans les fameuses communautés utopiques des années 1840, qui fleurissent jusqu’aux Etats-Uiiis : il n’y a plus d’inégalités, plus de distinction entre les hommes puisqu'il n'y a plus d'individus. C'est le retour à une société de corps. Mais cette idée n’aura pas sur le long terme le succès escompté.

Une autre conception de l’égalité voit le jour en Europe, c’est l’égalité conçue comme homogénéité, qui se fonde sur des idées nationalistes et xénophobes, et trouve en Barrès son héraut français (Contre les étrangers, son premier livre, est publié en 1893).

 Mais c’est une troisième philosophie de l’égalité qui va heureusement s’imposer, celle des républicains sociaux et des sociaux-démocrates de la fin du XIXe siècle. Eux ne pensent pas l’égalité comme une identité sur tous les
points, mais cherchent avant tout un moyen de refaire société.
Pour y parvenir, disent-ils, il faut réduire les inégalités économiques, protéger l’individu contre les aléas de l’existence - bref, créer l’Etat-providence. On assiste ainsi, au même moment et partout en Europe et aux Etats-Unis, à la naissance de 1’impôt progressif sur le revenu, aux lois sociales protectrices du travail et aux assurances sur les accidents : en moins de trente ans, on est passé du capitalisme triomphant à un taux d’impôt sur le revenu de 50 %, voire plus. C’est une véritable révolution des mentalités ».

Selon PR, face au retour des rentiers, il est grand temps de repenser la participation au bien-être collectif.

rappel :
- Lecture de l'ouvrage La Société des Egaux par Julie Clarini pour Le Monde des livres (02/09/2011),
- Entretien de Libération avec l'auteur :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/08/28/21880345.html

 

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Le texte dans la photo source

 

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Le texte, après la reconnaissance de caractères (OCR) par Google Docs.

 
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28 août 2011

La société des égaux


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« La gauche doit changer la société »

dossier de Libération autour de « La société des égaux », l’ouvrage de Pierre Rosanvallon - Le Seuil

- « Nous sommes aujourd’hui dans des sociétés en panne de réciprocité »
Pierre Rosanvallon analyse le recul progressif de l’idée d’égalité et propose de réactualiser cette notion ».
http://www.liberation.fr/politiques/rosanvallon

- Le nécessaire retour aux sources d’une « société des égaux »
http://www.liberation.fr/politiques/01012356481-le-retour-aux-sources-d-une-societe-des-egaux

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extraits : 

Le néolibéralisme a servi à légitimer le démantèlement de l’Etat-providence (même s’il est encore résilient) et la réduction des impôts. Il a correspondu à des formes d’attentes sociales. Il a mis en avant de la figure du consommateur, un individu diminué, a-social. Il a aggravé les inégalités, et balayé les acquis du mouvement social : ce n'est plus le travail qui fait le niveau de vie, mais l'héritage, le capital accumulé. Il en résulte la destruction du monde commun, le mode de fonctionnement indispensable en démocratie, et le retour aux deux nations hostiles de l'Angleterre victorienne.

Pour les néo-libéraux, les individus seraient gouvernés par un choix rationnel. « Je pense en fait que les individus ne sont ni simplement des calculateurs rationnels ni tout bonnement altruistes : ils sont réciproques. Parce que la réciprocité, c’est, comme l’égalité dans le suffrage universel, la règle qui peut mettre tout le monde d’accord. Or nous sommes aujourd’hui dans des sociétés en panne de réciprocité ».

Singularité, réciprocité et communalité, sont les trois dimensions de l’égalité selon Rosenvallon. « Ces trois principes sont aussi pour moi les fondements d’une société des égaux. Ils peuvent servir de base à un projet social très largement accepté. Nous sommes à un moment où il nous faut impérativement réactualiser les révolutions démocratiques d’origine, qui ont été mises à mal par le développement du capitalisme, par les épreuves des grandes guerres mondiales, les affrontements idéologiques Est-Ouest… C’est urgent, car nous sommes en train de renouer avec les pathologies les plus terribles du lien social : les formes d’inégalités croissantes, mais aussi la xénophobie, le nationalisme renaissant. Comme historien, je suis frappé de voir le discours des années 1890 revenir en force à travers les mouvements d’extrême droite et néo-populistes en Europe ».

« La gauche a pour mission de ne pas se réduire à être celle qui corrige à la marge, ou même de façon plus importante, les inégalités de revenus. Elle ne doit pas se fixer simplement pour objectif d’agir au niveau européen pour l’adoption de régulations économiques et financières plus fortes. Elle doit viser à reconstruire la culture démocratique moderne. Voilà le véritable objectif du moment 2012 ».

- Lumières républicaines - Le Monde des livres 02/09/2011
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/01/lumieres-republicaines_1566175_3260.html

L'égalité maintenant ! - Le Monde des livres 02/09/2011
lecture de Pierre Rosanvallon par Julie Clarini

« Mais alors, comment, aujourd'hui, refonder l'égalité ? Comment, quand triomphe l'individualisme, quand l'aspiration à la "différence" est universellement partagée, tisser à nouveau les fils de l'égalité et ceux de la liberté ? L'efficacité de la pensée politique de Rosanvallon se déploie à l'aune de cette complexité contemporaine. Pour (re)fabriquer des égaux, partons des ego, le jeu de mots du titre vaut programme, et la dernière partie dessine les grands axes d'une "politique de la singularité" et de la "réciprocité", qui implique notamment de redéfinir l'Etat-Providence. A ces conditions, la société des égaux sera, assure l'historien, "une utopie parfaitement réaliste ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/01/l-egalite-maintenant_1566176_3260.html

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- Pierre Rosanvallon, la page Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rosanvallon

Page et cours au Collège de France (2008-2011)  :
Les métamorphoses de la légitimité - Qu'est-ce qu'une société démocratique ? - Les inégalités
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/his_pol/audio_video.jsp


- La vie des idées :
http://www.laviedesidees.fr/_Rosanvallon-Pierre_.html

2007 - L’universalisme démocratique : histoire et problèmes

2010 - À l’épreuve du politique

- Penser le populisme, Rencontres de Pétrarque 2011
 

- Thierry Pech, Le temps des riches. Anatomie d'une sécession. Annoncé au Seuil le 6 octobre 2011.

« Les riches ont largué les amarres : ils ont fait sécession du reste de la société. Leurs gains sont désormais sans commune mesure avec ceux de leurs contemporains et ils échappent toujours davantage aux filets de la solidarité. 
Cette situation n'est pas seulement moralement discutable et politiquement dangereuse. Elle est aussi économiquement absurde : aucune des théories échafaudées pour la justifier ne résiste à l'examen. Mais les raisons qui nous y ont conduits ne peuvent être cantonnées à la cupidité des individus, ni même aux décisions de telle ou telle majorité politique. Elles plongent leurs racines beaucoup plus profondément dans un compromis social et idéologique auquel nos sociétés ont collectivement consenti. Ont ainsi été réunies les conditions historiques pour que des élites désamarrées ressuscitent les clivages d'une société de rentiers et d'héritiers comparable à celle de la fin du XIXe siècle. 
C'est ce paradoxe que ce livre tente de percer : comment des sociétés envahies par un individualisme vidé de toute consistance morale ont organisé et finalement justifié la sécession de ceux qu'elles regardent à la fois comme l'accomplissement ultime de leur idéal et comme un symbole d'injustice majeur  ».

Jean-Fabien Spitz, « La valeur égalité. Leçons pour la gauche européenne », La Vie des idées, 14 juin 2011. ISSN : 2105-3030. recension de G. A Cohen, On the Currency of Egalitarian. Justice and Other Essays in Political Philosophy
http://www.laviedesidees.fr/La-valeur-egalite.html

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Pierre Rosanvallonsource : Collège de France


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22 juillet 2011

Penser le populisme


- Penser le populisme. 
Extrait de la conférence prononcée par Pierre Rosanvallon aux rencontres de Pétrarque à Montpellier.
Le populisme est le symptôme d'un désarroi réel. Pour le combattre, l'urgence est de réinventer la démocratie

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/21/penser-le-populisme_1551221_3232.html

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-  Le "peuple" existe-t-il ?  Les Rencontres de Pétrarque - Le Monde - 14/07/2011
par Myriam Revault d'Allonnes, EPHE


« L'émergence des populismes - dans leurs diverses variantes - est très certainement un symptôme de la crise profonde de la démocratie représentative, de l'érosion de la capacité citoyenne, de la défiance croissante des citoyens à l'égard de leurs représentants. Cette émergence est-elle pour autant le signe de la stupidité et de la dangerosité des masses qu'on pourrait manipuler au gré de leur désespérance ? »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/14/le-peuple-existe-t-il_1548733_3232.html


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