05 septembre 2020

Historiens et romanciers

 

Historiens et romanciers
Territoires contemporains, 12 | 2020
http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC/sommaires_nouvelle_serie.html#n12_2020


Clioweb, billet du 19 juin 2020
http://clioweb.canalblog.com/archives/2020/06/19/38381291.html


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20 juin 2020

Historiens et romanciers

 

Historiens & romanciers. À propos de l'écriture de l'Histoire

Sous la direction de Dominique Le Page et Philippe Poirrier
Territoires contemporains, juin 2020, n°12.
http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC/sommaires_nouvelle_serie.html#n12_2020

 

Introduction
Dominique Le Page (uBFC, LIR3-UMR 7366)   
http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/publications/historiens-et-romanciers/Dominique-Le-Page.html

La palette enrichie de l’historien.
Réflexions sur le passage de l’histoire scientifique au roman historique
Bertrand Lançon (Université de Limoges)

De l’histoire romancée à l’histoire virtuelle
Yves-Marie Bercé (Sorbonne)

L’écriture au risque de l’histoire
Christophe Blanquie (Centre de recherches historiques-UMR 8558)

Historien-romancier qui n’écrit pas de romans
Christian Jouhaud (EHESS)

Du Front populaire à la Nuit de Cristal : Je m’appelle Herschel Grynszpan
Morgan Poggioli (uBFC, LIR3-UMR 7366)

Du roman à l’enquête
Ivan Jablonka (Université Paris 13)

Postface. Historiens et romanciers : vertus et plaisir de l’écriture romanesque
Philippe Poirrier (uBFC, LIR3-UMR 7366)

Introduction (extrait)

« de plus en plus d’historien(ne)s, spécialistes reconnus de différentes périodes publient – ou ont publié – des romans.
Pour ne citer que quelques noms dans cette dernière catégorie, on peut mentionner
Bartolomé Bennassar
Yves-Marie Bercé
Christophe Blanquie
Thomas Bouchet
Laëtitia Bourgeois
Sophie Cassagnes-Brouquet
François Cusset
Antoine de Baecque
Jean-Claude Diedler
Janine Garrisson
Ivan Jablonka
Marcel Lachiver
Bertrand Lançon
Jean-François et Lucie Muracciole
Morgan Poggioli
Philippe Papin
Jean-François Soulet
Jean-Frédéric Schaub, voire, si on se permet de l’intégrer à cet échantillon,
le spécialiste de la littérature médiévale Michel Zink ou Patrick Boucheron.

La plupart n’en ont publié qu’un seul en s’excusant presque parfois de l’avoir fait ; d’autres ont écrit un livre sous une forme romancée puis en tant qu’ouvrage d’histoire à l’instar de Benoît Garnot avec l’affaire des possédées d’Auxonne ; quelques-uns ont publié plusieurs romans, notamment Janine Garrisson ou Bartolomé Bennassar, donnant ainsi l’impression que leurs publications scientifiques n’étaient qu’un moyen parmi d’autres de s’exprimer, un mode d’écriture dans une palette plus riche et variée. Certains ont renoncé à leurs travaux historiques pour se consacrer au roman comme la médiéviste Laëtitia Bourgeois voire Fred Vargas dont le succès éditorial de ses livres policiers a fait presque oublier qu’elle était historienne de formation.

D’autres enfin, peut-être plus nombreux encore, ont eu la tentation d’écrire un roman sans mener leur projet à bien et il est impossible d’en faire un inventaire complet ; ainsi l’ouvrage de Stefan Lemny consacré à Emmanuel Le Roy Ladurie apprend-il que parmi des centaines de lettres, de milliers de notes éparpillées sur des bouts de papier figurent aussi des bouts de romans... »


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12 avril 2015

Enzensberger, L'Histoire et les histoires

 

L’Histoire et les histoires
Hans Magnus Enzensberger  

XXXVe Conférence Marc-Bloch
, 4 juin 2013
http://cmb.ehess.fr/444

L'auteur oppose deux extraits de textes sur l'Allemagne de Weimar :
celui de l'historien Hans-Ulrich Wehler,
celui du romancier Alfred Döblin (Berlin Alexanderplatz, 1929)

« Le compte rendu de l'historien est singulièrement déserté par les êtres humains. Il donne l'impression d'être aussi mort qu'un paysage de Giorgio De Chirico. Les gens, dont c'est l'histoire qui est en jeu, n'apparaissent que comme des figures accessoires, comme une masse obscure au fond du tableau : le travail , les investisseurs.
En revanche, chez Döblin, le premier plan grouille de monde... »
« L'historien dit le manque de capitaux, les conflits entre capital et travail, le romancier décrit un magasin de chaussures ».
« L’historien préfère le plan de grand ensemble, alors que Döblin consacre quatre pages à un coin de rue »
« Tandis que Döblin met donc en relief le confus et le disparate, le savant recherche l'ordre et la maîtrise... »

« ...notre faculté de représentation a quelque chose d’un gant. Sans imagination historique, le passé demeure une pure abstraction. Pour l’éveiller, l’intérêt scientifique ne suffit pas. Il y faut une capacité qui s’apparente à l’empathie »

«  Linguistic turn, , semantic turn, iconic turn ou encore spatial turn... les prolongements de la postmodernité ont tendance à se mouvoir comme le hamster dans sa roue... Que les théoriciens n’aient pas le vertige, à force de tourner ainsi en rond, voilà qui prouve leur sens de l’équilibre. Hélas, je n’ai jamais pu vraiment suivre leurs exercices sportifs ».

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