09 juin 2013

Peter Gingold, Jamais résignés

 

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Peter Gingold, Jamais résignés. Parcours d’un résistant du XXe siècle,
L’Harmattan, Coll. Graveurs de Mémoire, mai 2013


Peter Gingold (1916-2006). Fils de juifs polonais, il s'engage en 1931 dans la Ligue des jeunes communistes. A la suite d'une rafle des SA, il est emprisonné, puis contraint à l'exil en 1933. Il rejoint ses parents à Paris.
En 1940, il s'engage activement dans la Résistance. Il rejoint la Main-d'œuvre immigrée (MOI). Il participe à la libération de Paris. C'est un communiste engagé en RFA pendant la Guerre Froide... Cet un internationaliste antifasciste a combattu toute sa vie l’injustice et la barbarie.
Un hommage lui a été rendu à l’Hôtel de Ville de Paris le 7 juin 2013
à l’occasion de la publication de ses mémoires en France.

La page rédigée par Nicole Mullier
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article269
Photo et article dans Wikipedia en français et en allemand
.

 

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09 août 2012

Jacques Vico, 1923-2012

 

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Caen. 07.08.2012 - Décès de Jacques Vico, grand résistant, ancien de la 2e DB
http://www.ouest-france.fr/normandie/deces-de-Jacques-Vico


Jacques Vico
http://sgmcaen.free.fr/resistance/vico-jacques.htm

La fiche de Memoresit
http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=226

Jacques Vico, L’engagement et la tolérance tout au long d’une vie
https://sites.google.com/site/parolesderesistantsnormands/9-jacques-vico


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11 avril 2012

Raymond Aubrac

 

lucie-raymond-aubrac

Lucie et Raymond Aubrac - coll MRN Champigny, automne 1942
source Collège Lucie Aubrac - 27  Bueil

 

dans la presse : 

- Raymond Aubrac, l'un des derniers cadres de la Résistance,
est mort mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital militaire du Val de Grâce - L'Humanité 11.04.2012
http://www.humanite.fr/politique/disparition-du-resistant-raymond-aubrac-494325

La biographie sur le Centre de la Résistance et de la Déportation à Lyon (extrait d'un texte de Laurent Douzou)

- Toujours dans L'Humanité, le regard de Pascal Convert qui a écrit un ouvrage et réalisé le documentaire « Raymond Aubrac, les années de guerre »
http://www.humanite.fr/14_03_2011-pascal-convert

Raymond Aubrac, la disparition d'un héros de la Résistance - Libération 11.04.2012
http://www.liberation.fr/societe/2012/04/11/raymond-aubrac-est-mort_810888

Lucie et Raymond Aubrac, cause commune - Libération 06.08.1996
http://www.liberation.fr/portrait/0101189505-la-vie-a-deux-lucie-et-raymond-aubrac

Raymond Aubrac : l'esprit de Résistance - Le Monde - 05.03.11
http://www.lemonde.fr/raymond-aubrac/

La flamme de Raymond Aubrac ne s'éteindra pas - D. Augias, Non-Fiction

Et un tweet d'une responsable ump qui présente ses condoléances à Lucie :-):-) :

salima

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un engagement politique : 

14 juillet 2011 : Raymond Aubrac : "Nous refusons cette République défigurée" - Rue 89 - 11.04.2012

" Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics ".

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des documentaires :

. « Raymond Aubrac, les années de guerre » - 90 mn
réalisé par Pascal Convert et Fabien Béziat.
[ Ce documentaire rappelle l'assassinat par les nazis ou la milice
de nombreux dirigeants de la Résistance
(Jacques Renard le 15 août à Nice,
Robert Rossi le 16 juillet,
Max Barrel le 11 juillet,
Robert Ducas le 1er août à Bordeaux)

Plusieurs avaient été proches des Aubrac ]
A voir ou revoir : http://www.pluzz.fr/raymond-aubrac-les-annees-de-guerre-2012-04-12-23h05.html

.
Lucie de tous les temps le documentaire de Julie Peron (2003)

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des livres :

- Lucie Aubrac, Nous partirons dans l'ivresse, Seuil, 1984

  Raymond Aubrac, Où la mémoire s’attarde, Odile Jacob, 1996

  Raymond Aubrac, Renaud Helfer-Aubrac, "Passage de témoin".
  Lucie Aubrac,
l'ouvrage de Laurent Douzou, paru en 2009 chez Perrin

dans Wikipedia, la biographie de Raymond et celle de Lucie

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de nombreuses rediffusions à archiver,

l'occasion d'entendre parler de la 2 GM, mais aussi du Vietnam, des USA,
du rapport du passé au présent, du manque d'optimisme et de confiance de la jeunesse ...


. Le Grand Entretien
François Busnel a rediffusé trois entretiens réalisés du 13 au 17 juin 2011

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11482-11.04.2012-ITEMA_20359611-0.mp3
.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11482-12.04.2012-ITEMA_20359914-0.mp3
.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11482-13.04.2012-ITEMA_20360209-0.mp3


. La Fabrique (vendredi 13 avril) a rediffusé un entretien du 18/03/2011
[ La malice d'un homme à la formation scientifique marié à une agrégée d'histoire ]
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-13.04.2012-ITEMA_20360115-0.mp3


Serge Ravanel, Jean-Pierre Vernant :

- Serge Ravanel - http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/ravanel.htm


- Sur le site Fabrique de Sens (Taos Aït Si Slimane),
plusieurs transcriptions concernent Jean-Pierre Vernant, avec des références à Serge Ravanel.
http://www.fabriquedesens.net/spip.php?page=recherche&recherche=Vernant

.
Résister à Hitler - Résistants et Résistance

"Résister est un verbe qui se conjugue au présent" disait Lucie Aubrac.
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/resistants.htm

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Lucie et Raymond Aubrac - source : La Croix 15.03.2007

 

lucie-raymond


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collège Jules Simon, Vannes - 2000

 Deux grandes figures de la Résistance,
une énergie exceptionnelle au service des valeurs et de l'histoire de la Résistance
source : Google Images


 

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30 novembre 2011

Henry Bulawko (1918-2011)

 

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Le Cercle d'étude : de gauche à droite, Henry Bulawko, Pierre Truche, Hubert Tison

Henry Bulawko, Résistant, déporté, témoin engagé (1918-2011)
président d’honneur de l’Amicale des déportés d’Auschwitz (devenue depuis l’UDA - Union des déportés d'Auschwitz)

« Né en 1918 en Lituanie, il arrive en France en 1925 et ne parle alors que le yiddish. Il s'éloigne de la tradition rabbinique, que son père, lui-même rabbin, voulait lui faire suivre et fréquente l'école laïque, rue des Hospitalières-Saint-Gervais, dans le 4ème arrondissement de Paris. 

Dans les années Trente, il travaille pour le Comité central d'aide aux émigrants, sa connaissance de la langue yiddish lui permettant d'entrer en contact avec les immigrants juifs d'Europe centrale et orientale. Il participe aussi aux activités du mouvement de jeunesse sioniste Hashomer Hatzaïr3, d'orientation socialiste et laïque.

Avec des jeunes de cette association, il travaille dans le Comité de la rue Amelot (11ème arrondissement), créé le 15 juin 1940, et s'engage dans le sauvetage d'enfants juifs convoyés en région parisienne et en zone non occupée. Il développe la fabrication de faux papiers (avec Berthe Zysman), la rédaction de tracts et la diffusion de journaux, en relation avec le mouvement Solidarité, d'obédience communiste, jusqu'à la fin de 1941.

Prévenu par un policier de la rafle de l'été 1941, il échappe aux arrestations, mais il est appréhendé, le 19 novembre 1942, au métro Père-Lachaise, alors qu'il est en possession de fausses cartes d'identité. Arrêté sous l'accusation d'avoir caché son étoile jaune, il est amené au commissariat de police du 20ème, mais parvient à détruire des papiers compromettants. Identifié comme Juif, il est transféré dans le camp de Beaune-la-Rolande, puis de Drancy. Il est déporté à Auschwitz-Birkenau, le 18 juillet 1943, par le convoi 57, puis interné à Jaworzno.

Après son retour par Odessa et Marseille, il devient journaliste et écrivain ; il témoigne à l'oral et par écrit. Il est élu président de l'Amicale des anciens déportés juifs de France, puis président de l'Amicale d'Auschwitz et des camps de Haute-Silésie, et enfin président d'honneur de l'Union des déportés d'Auschwitz ».

source : La répression de la Résistance en France : des résistants déportés juifs témoignent (cnrd 2010-2011)
http://www.cercleshoah.org/IMG/pdf/livret_repression.pdf

Hommage à Henry Bulawko à la Fondation Rothschild
80, rue de Picpus 75012 Paris
Vendredi 2 Décembre 2011, de 9H45 à 10H45
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article113



L'hommage rendu par Raphaël Esrail, président de l'UDA
extrait :
« ... Avec toi Henry disparaît aujourd’hui un éminent représentant de l’histoire juive de la France. Disparaît aussi un de ces enfants arrivés en France dans les années 1920, qui venaient de cette aire culturelle aujourd’hui anéantie, le « yiddish land  », ces émigrés juifs souvent très humbles qui ne connaissaient pas la langue française, qui fuyaient la misère, l’antisémitisme quand ce n’était pas les pogroms.
Marqué dans ta chair par la haine antisémite, tu t’es battu au nom de valeurs universelles pour que survivent la mémoire de la Shoah et ta culture d’origine, t’engageant ainsi pour ces hommes, ces femmes et ces enfants, bafoués, humiliés, massacrés par le nazisme.
Merci à toi Henry ... ».
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article207



Henry Bulawko, "porteur de mémoire" jusqu'à son dernier jour
Thomas Wieder - Le Monde - Carnet 03/12/2011

Peu d'anciens déportés ont, avec une telle constance et pendant de si longues décennies, œuvré pour perpétuer le souvenir de la Shoah. Mort dimanche 27 novembre au lendemain de son 93e anniversaire, Henry Bulawko faisait partie des rares rescapés à avoir endossé, dès leur retour des camps nazis, le rôle de " porteur de mémoire ". Et à en avoir fait l'engagement de toute une vie.

Cette vie bascule, le 19 novembre 1942, quand un policier français l'arrête au métro Père-Lachaise sous prétexte qu'il dissimule son étoile jaune sous sa gabardine. Henry Bulawko est alors un jeune homme de 23 ans déjà très engagé dans la vie de la communauté juive. Fils et petit-fils de rabbin, né en Lituanie en 1918 et arrivé à Paris à l'âge de sept ans, il est l'une des chevilles ouvrières du " Comité de la rue Amelot ", une organisation clandestine créée en 1940 pour fournir aux juifs persécutés des fausses pièces d'identité, les aider à franchir la ligne de démarcation et organiser le sauvetage des enfants.

DES " MARCHES DE LA MORT " AU TRAVAIL ASSOCIATIF
Interné à Beaune-la-Rolande puis à Drancy, où il reste huit mois au total, Henry Bulawko est déporté en Pologne le 18 juillet 1943. Là, il est affecté au camp de Jaworzno, l'un des nombreux commandos satellites dépendant de l'immense complexe concentrationnaire d'Auschwitz, où les détenus sont affectés à deux tâches principales : l'extraction du charbon et la construction d'une usine d'électricité.

Survivant des terribles " marches de la mort " qui suivent l'évacuation des camps dans les semaines précédant l'effondrement du Troisième Reich, il retrouve finalement Paris en mai 1945. Quelques jours plus tard, il participe à la fondation de l'Association des anciens déportés juifs de France.

Engagé dès l'immédiat après-guerre dans un travail associatif qui ne cessera pas, Henry Bulawko ne fait pas partie, en revanche, des tout premiers à témoigner. Préférant se taire quand d'autres brisent le silence, tels Louise Alcan, Suzanne Birnbaum, Pélagia Lewinska, André Rogerie ou Georges Wellers, dont les souvenirs sur Auschwitz paraissent au lendemain de la Libération, il ne prend la plume que quelques années plus tard. C'est en 1954 que paraît son témoignage, Les jeux de la mort et de l'espoir. Il sera réédité en 1980, avec une préface du philosophe Vladimir Jankélévitch.

TENIR TÊTE AUX NÉGATIONNISTES
Président d'honneur de l'Union des déportés d'Auschwitz, Henry Bulawko était présent sur tous les fronts de la mémoire. Très impliqué dans l'organisation des commémorations, comme celle qui a lieu chaque 16 juillet en hommage aux victimes de la Rafle du Vel' d'Hiv', il avait fait partie des rescapés venus témoigner au procès de Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo lyonnaise, en mai 1987. Il n'hésitait pas, quand il l'estimait nécessaire, à tenir tête aux négationnistes.

Longtemps président de la commission du souvenir au sein du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ce défenseur de la culture yiddish ne dissociait pas son combat pour la mémoire des enjeux du présent. Engagé à la fin des années 1930 au sein de la branche française de l'Hashomer Hatzaïr (" la jeune garde ", en hébreu), cofondateur, en 1954, du cercle Bernard-Lazare, du nom de cet intellectuel français connu pour son engagement sioniste et dreyfusard, il était resté fidèle toute sa vie à ses idéaux de jeunesse, défendant avec autant de force l'existence de l'Etat d'Israël et la nécessité de faire la paix avec les Palestiniens.

Commandeur de la Légion d'honneur depuis 1999, cet homme hanté par les malheurs du siècle mais habité par une grande joie de vivre – il est notamment l'auteur d'une précieuse Anthologie de l'humour juif et israélien (Bibliophane, 1988) – était retourné une dernière fois à Auschwitz le 27 janvier 2005. Soixante ans jour pour jour après l'entrée des soldats soviétiques dans le camp, Jacques Chirac, alors président de la République, avait alors prononcé ces mots : " Merci à vous en particulier, chère Simone Veil, merci à vous, cher Henry Bulawko : à travers vous, c'est à tous les témoins de l'inimaginable que je veux dire notre admiration et la reconnaissance de la France. "

25 novembre 1918 Naissance à Lyda (à l'époque en Lituanie, aujourd'hui en Biélorussie)
1943-1945 Déporté à Auschwitz
1954 " Les Jeux de la mort et de l'espoir " (éd. AADJF)
27 novembre 2011 Mort à Paris
 

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08 juin 2011

Jorge Semprun (1923-2011)

- Jorge Semprún est mort - Libération

« ... Quand la guerre civile éclate en Espagne en 1936, la famille Semprun s’exile en France, en Suisse, aux Pays-Bas, puis à nouveau en France en 1939. Jorge Semprun y entreprend des études de philosophie et d’histoire à la Sorbonne, mais rejoint vite la Résistance française et adhère en 1942 au Parti communiste d’Espagne (PCE). En septembre 1943 à 19 ans, il est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald où il restera 15 mois.

A partir de 1953, Jorge Semprun dirige la coordination de l’action clandestine du PCE, mais des divergences l’opposent au chef du parti, Santiago Carrillo. En 1964, il est exclu du Comité exécutif du PCE. Une deuxième vie commence alors, dédiée à l’écriture ... »
http://www.liberation.fr/culture/01012342093-jorge-semprun-est-mort


- L'écrivain espagnol Jorge Semprún est mort -
Le Monde Culture

« Résistant, déporté, dirigeant clandestin du Parti communiste espagnol (PCE), écrivain, ministre, Jorge Semprun a été le témoin des grandes déchirures politiques du XXe siècle, dont il a tiré une œuvre marquante en littérature et au cinéma ».
- Jorge Semprún, un écrivain au paysage intime bouleversé
http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/06/08/

Une tombe au coeur des nuages. Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui 
Rediffusion du Grand entretien du 20/12/2010 avec Jorge Semprun (format mp3)
Le résistant parle de la torture nazie, le déporté évoque l'odeur de crématoires, et dit sa réticence devant le mot "Shoah".
 

- Hommage de France-Culture : l'écriture et une vie, L'homme européen
La Grande Table 02/02/2011 (2e partie) -
La Grande Table version mp3 :  08/06/2011 (1e partie)


Jorge Semprún et l'écriture de l'HistoireMarc Riglet, Lire, publié le 14/05/2010 
http://www.lexpress.fr/culture/livre/semprun-ecriture-de-l-histoire
http://culture.lexpress.fr/personnalite/jorge-semprun_189357
http://www.lexpress.fr/culture/livre/jorge-semprun-en-cinq-livres_1000460.html


- La mort d'un titan ( Rue 89, avec extraits vidéo)
http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2011/06/08/
- Jorge  Semprún, Perspectives méthodologiques pour l’étude d’une œuvre polymorphe,
Université de Pau, 19 mai 2011
http://www.univ-pau.fr/live/digitalAssets/104/104180_programme_journees_semprun.pdf

 

Le siècle de Jorge Sempun, 1914-1945 / 1945-1991, documentaire de Francis Girod, 1999


- Les articles de Wikipedia  en français - en espagnol proposent une liste de ses ouvrages.

Parmi les liens externes,
. Paul Alliès, Jorge Semprún, une « autobiographie politique », Pole Sud 1994
TV Suisse romande, 1998 (17 mn) : Jorge Semprun s'exprime sur sa vie en déportation et sur l'écriture
http://archives.tsr.ch/search?q_doc-id=shoah-semprun
. « L’imagination peut-elle être un rempart contre la barbarie ? » 
conférence 2010 (Philosophies tv, accès réservé)

.
En janvier dernier, au Mémorial de Caen, malgré un dos qui le faisait terriblement souffrir, 
il avait accepté de présider le concours des plaidoiries. L'écouter à partir de la 15e mn - http://tinyurl.com/memorial-plaidoiries-semprun

 

semprun2009

Jorge Semprún à Montpellier en 2009
source : Wikipedia - http://es.wikipedia.org/wiki/Jorge_Semprún

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18 mai 2011

2011 : Les nouveaux jours heureux

- Glières : Appel aux jeunes générations - Le Monde Opinions 15 mai

Partout, la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil national de la Résistance, ouvrent l'espoir qu'un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd'hui concevable de définir un nouveau programme de la Résistance pour notre siècle.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/14/

http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article182

.
Aux Glières, le " rêve de justice et d'honneur " des nouveaux maquisards - Le Monde 16/05/2011
Réunis les 14 et 15 mai, résistants d'hier et réfractaires d'aujourd'hui s'unissent pour peser dans la présidentielle.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/05/16/

.
-  La résistance incantatoire - point de vue de Sophie Wahnich - Le Monde Opinions 14/05/2011
Comment retrouver l'esprit des réformes politiques de 1944 ? 
Si le peuple de France doit se libérer de ses « chaînes », qui est son ennemi ?

« L'appel est ambitieux, généreux même, puisqu'il propose " l'élaboration d'un projet de société du XXIe siècle en repartant du programme du CNR, permettant l'épanouissement du plus grand nombre ". Seulement, aujourd'hui, le terrain est miné et on ne peut se contenter de réactiver l'expérience des anciens résistants pour être à même de vraiment résister à ce qui nous assaille. »
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/14/

.

- Les nouveaux jours heureux, Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 18/05/2011
« bien sûr, l'incantation ne suffit pas ... mais ce que révèlent cet appel et la présence de 5000 personnes... c'est que quelque chose est en train de se chercher ... »
« ici aussi, vous avez besoin d'un régime vraiment démocratique » aurait dit avec humour Radhia Nasraoui, une avocate tunisienne.
http://clioweb.free.fr/presse/1temp/canard/lce-jlp-glieres.jpg

.
- Indignez-vous, Les éditeurs indignés, Libération 12/04/2011
Le couple Barou-Crossman a navigué dans le maoïsme et le new age avant de fonder Indigène éditions en 1996. Après avoir vivoté pendant des années, ils savourent le phénoménal succès du livre de Stéphane Hessel.
http://www.liberation.fr/culture/01012331067-les-editeurs-indignes

 

 

 

 

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24 avril 2011

Montchamp 2011

 

Journée du Souvenir de la déportation

Montchamp 2011

 

«  En cette journée du souvenir de la déportation et des combats de la liberté,
les hommes, les femmes et les enfants qui ont vécu ces événements dans leur chair et avec leurs yeux,
appellent avec force leurs concitoyens à rester fermes
dans la défense des valeurs de liberté, de démocratie, de tolérance
et à ne jamais oublier que le monde se construit par la force de l'espoir et par la générosité des hommes,
non par la force des dictatures »
http://www.fndirp.asso.fr/message-commun.pdf

.
L'histoire de la déportation dans les camps nazis
:
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

.Montchamp, une commune du bocage, au nord de Vire, commémorait ce 24 avril 2011 le souvenir des résistants et déportés, notamment celui de plusieurs résistants fusillés par les nazis le 6 juin 44 au matin, dans la prison de Caen.
.

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 mtc_monu

 mtc_amis

 
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La commune a reçu la croix de guerre en juin 1963 :
« Commune d'un ardent patriotisme, a fourni une élite de résistants dont un grand nombre furent fusillés ou sont disparus.
A supporté ses deuils avec courage ; s'est remise au travail avec ardeur ».


« A Montchamp le 13 août 1941, 9 heures du matin, une escouade de soldats allemands prend place autour de la mairie et arrêtent l'instituteur et
secrétaire de mairie Marcel Oblin puis Camille Lamoureux, Marcel Lamoureux, Roger Bouillon, et à Saint-Charles-de-Percy, Gérard Hallot et Georges
Lepeltier à la suite d'une dispute avec la fille du collaborateur **FM** maire adjoint de St Charles de Percy" [la commune voisine] ».


Voir aussi le récit d'arrestation de plusieurs résistants en mai 1944, sur dénonciation de **RC**, un collaborateur de la commune voisine,
à la suite de parachutages sur la Buryère en avril. L'un des résistants, Henri Schuh, n'ayant pas parlé sous les tortures,
reviendra des camps pour mourir en 1946 des mauvais traitements.
http://www.roynel.com/wiki/index.php?page=occupation-et-resistance


« Quant au sinistre **RC**, sa fin fut aussi mouvementée que l'avait été sa vie.
Arrêté en août 1944, il fut interné au camp de Sully. Il s'en évada, fut repris. Jouant les malades, il obtint son admission à l'hôpital de Bayeux
d'où il disparut discrètement dans la nuit du 15 septembre. Traqué par les gendarmes et les résistants du secteur, il eut le tort de
vouloir revenir chez lui, et vint ainsi donner du nez dans la souricière qui avait été établie. Refusant de se rendre aux sommations, il fut abattu alors
qu'il tentait de s'enfuir. Il y eut un temps où, au cimetière de Montchamp, on pouvait voir une tombe surmontée d'une croix gammée ; épilogue d'une histoire de trahison ».
http://beaucoudray.free.fr/gestapo.htm
(source message de 2007 sur la liste H-Français)

 

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20 février 2011

La résistance civile

- Jacques Sémelin, Face au totalitarisme. La résistance civile

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Jacques Sémelin était l'invité de la 2e partie de La Fabrique ce vendredi à propos des pistes ouvertes dans son HDR (publiée par André Versaille). Il la replace dans l’ensemble des stratégies et des attitudes possibles ; il en souligne 3 éléments : la cohésion sociale, la légitimité, et le soutien de l'opinion. La menace de la répression est toujours présente, mais la peur peut s'estomper (et les circonstances la rendre inopérante - cf l’Europe de l’Est en 1989).
L’émission au format mp3, vers la 30e mn
.
Face au totalitarisme, la résistance civile. Un choix de 18 pages et le sommaire en pdf
http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=787

.
- La mémoire et ses trous

Eric Conan propose dans Marianne une lecture de l'ouvrage de Pierre Laborie Le Chagrin et le Venin.
« Demain, la Résistance devra se justifier pour avoir résisté ». L’affirmation de W Jankelevitch est encore plus vraie aujourd’hui, « dans un temps qui vénère l'adaptation nécessaire à tout ce qui vient et qui ne supporte pas ceux qui s'y opposent ».
http://clioweb.free.fr/presse/1temp/marianne/conan-laborie.jpg

- Pour reconsidérer les années noires - source CV
Pierre Laborie : « s'il paraît abusif d'avancer l'idée d'une société en résistance, il est en revanche possible, avec des décalages dans la chronologie selon les lieux, de parler d'une société de non-consentement ».
La lecture de l’ouvrage par La Croix :
http://www.la-croix.com/livres/article.jsp?docId=2453953&rubId=43500

- « On se sert de la  Résistance, tout en la dénigrant ». Pierre Laborie, Entretien publié par Libération (29/01/2011).

Pierre Laborie intervient à propos de Vichy et des anciens combattants dans Le siècle de Verdun, le documentaire de Patrick Barbéris rediffusé par Public Sénat le samedi 19 février.

- La Fabrique avec Pierre Laborie (28/01/2011) est encore disponible en mp3
http://clioweb.canalblog.com/tag/laborie

venin

 

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14 février 2011

Le programme du CNR

. Le programme du CNR (15 mars 1944) attaqué de façon polémique par Kessler.

au coeur de l'émission Concordances des temps du 05/02/2011,

invitée : Claire Andrieu

en mp3 : http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16278-05.02.2011-ITEMA_20267344-0.mp3

- Moteurs de recherche : Google ou le moteur interne ?
Jean Moulin et le CNR
La recherche interne au site de l’IHTP ( http://www.ihtp.cnrs.fr/ ) répond : Forbidden
Google sait trouver la bonne référence, dans une page bilingue…

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28 janvier 2011

P Laborie, INRP 2006

 

INRP - ESCHE-ECEHG - Mémoires, Histoire et Identités
Journées de formation INRP Lyon  25, 26 et 27 octobre 2006


Histoire et mémoires de Vichy et de la Résistance, Pierre Laborie, EHESS
copyright Pierre Laborie & INRP

http://web.archive.org/web/20080908105424/http://ecehg.inrp.fr:80/ECEHG/former/memoires-histoire-identites/les-conferences-debats-des-journees-memoires-histoire-identites/journee-du-27-octobre-guerres-shoah-et-resistance


L’historien, spécialiste de L’opinion publique sous Vichy, fait de nombreux parallèles avec le propos de Nicolas Offenstadt : il y a selon lui une vision dominante de l’histoire de la période, sans débat ouvert et public, comme c’est le cas avec 1914-1918 autour de l’Historial de Péronne.

notes personnelles à partir du fichier audio en mp3
http://dl.free.fr/prJ1VDzcB
version pdf :
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/laborie-inrp-2006.pdf


3 thèmes abordés :
- La question des comportements collectifs des Français durant la 2 GM
Quelles ont été les attitudes des Français face à Vichy et l'Occupation ?
- La mémoire de la Résistance, un enjeu d’affrontements
pas d'école de Péronne, mai débat étouffé, masqué
- Poser des thèmes de réflexion sur les enjeux de mémoire


1 - La question des comportements collectifs des Français durant la 2 GM

L’historien constate le décalage formidable entre l’étude du régime de Vichy et de son fonctionnement et le vide sur ce que ce que les Français ont pu penser et vivre. Ceux qui ont étudié cette période savent d’expérience que l’on ne peut aboutir à des avis tranchés. Pourtant, les médias attendent des réponses toutes faites. Les journalistes adorent la mémoire : elle leur fournit des jugements catégoriques et définitifs sur de mauvaises questions (Tous résistants ? tous collaborateurs ?). Sur un sujet trop complexe pour être traité en noir et blanc, ils en oublient le poids des représentations et des constructions. Ils diffusent ces jugements comme des « vérités », sans lecture critique et sans prise en compte de la chronologie.

La vision de la période 1940-1945 a beaucoup évolué.
Dans un premier temps, c’est la vision d’une France héroïque qui l’a emporté : les Français auraient été en grande majorité dressés contre l’occupant, la France aurait été « résistante »

Après 1971-73 (Le Chagrin et la Pitié, Robert Paxton), le balancier est allé dans l'autre sens : le peuple français aurait été veule, lâche, il aurait eu le ventre à la place du cerveau et du cœur. J’exagère à peine, quand on relit ce qui a été écrit sur la prétendue société française sous Vichy dans les années 70-80. On est effaré.

Depuis, le balancier s’est remis très légèrement non pas vers le milieu, mais quelque chose qui s’en rapproche, avec néanmoins énormément de problèmes.

Un exemple. « Ete 44 », le documentaire de Patrick Rotman a beaucoup de succès et passe en boucle à la TV. Il est parfois présenté comme une réflexion aboutie sur ce qu’a été la société française pendant cette période. Beaucoup d’historiens prestigieux, de cette école qui n’existe pas mais qui est un lien de pouvoir très important (Sciences-po, le magazine L’Histoire, la revue Vingtième siècle) placent comme une évidence une certaine idée des choses.  Dans ce contexte, P. Rotman pose comme évidence et répète une affirmation : la France de l'Occupation, c'est 100 000 collaborateurs face à 100 000 résistants, avec entre les deux, une masse résignée, inerte, amorphe, inerte.

Cette vulgate mémorio-médiatique entretient beaucoup de confusion.
Entre autres défauts, PL relève l’écrasement de la chronologie, la non prise en compte de la diversité des situations dans le temps et l’espace, des variables culturelles et régionales, des mutations dans les sensibilités, la pratique de l’anachronisme mental, la négation de la dimension sociale des phénomènes étudiés.

Ainsi, en admettant même que l’importance numérique des deux minorités engagées et opposées soit du même ordre - ce qui reste d’ailleurs à prouver - leur place et leur statut dans le tissu social n’est pas comparable. À l’exception des militants des partis collaborationnistes (phénomène minoritaire et essentiellement limité aux grands centres urbains) les collaborateurs n’ont pas bénéficié de véritable soutien dans l’ensemble du corps social. Pour sa part, la Milice a été très vite rejetée et le plus souvent haïe).
A l’opposé, la Résistance prend appui sur des millions de gestes anonymes ; il n’y a pas marginalité, la Résistance n’est pas isolée du reste de la nation, une population nombreuse participe à un processus de refus qui s’exprime sous des formes multiples en dehors de la lutte armée
Il ne suffit donc pas de comparer des chiffres et des pourcentages et en tirer des conclusions non fondées.
PL est scandalisé par le discours médiatique dominant, et par l’absence de contradictions chez les historiens.

La réussite de cette vulgate tient à de très nombreux facteurs :
il n’y a pas quelqu’un qui tient les ficelles, mais la situation ressemble au refus du débat sur 14-18

Le succès du film Le Chagrin et la Pitié tient au contexte, après 1968, et à une génération qui avait besoin d'une vision iconoclaste pour fonder son identité. On en avait assez d’entendre des balivernes. Or le propos du film est parfois à la limite de l'imposture. Un seul exemple, la vision oublieuse et réductrice de la Résistance dans une ville qui a contribué à son histoire (Jean Cavaillès, le mouvement Libération, l’université de Strasbourg réfugiée, etc)

Robert Paxton a dit des choses fondamentales.. Il est instrumentalisé quand on lui fait dire que les Français ont été tous des collaborateurs fonctionnels. Mais son sujet, c'est le fonctionnement de l'Etat et le choix idéologico-politique de la collaboration d’Etat. Pas le comportement des Français face à l’Occupation.

La redécouverte du témoignage a joué un rôle important. Après 1968, la fascination est réelle devant ceux qui parlent, devant les silencieux et les oubliés de l’histoire qui ont enfin la parole, qui sont écoutés, et qui ne peuvent dire que la vérité. Le manque d'esprit critique (des historiens qui les écoutaient) a été parfois effarant.
 
Par la suite, la place de la mémoire a exercé une autre fascination. L'apport des représentations est énorme, celles-ci permettent d’analyser autrement les processus historiques. Là encore les excès ont vite guetté : les journalistes ont été séduits, car le fonctionnement du discours mémoriel est très proche des mécanismes du langage médiatique (on juge, on tranche, on coupe...). Quand la question habituelle des médias, c’est : tous résistants ? tous collaborateurs, cela commence mal. De plus, l’engouement en faveur des représentations a renouvelé l’écriture de l’histoire, mais fait oublier des éléments importants étudiés par la génération précédente.

L’idée que l’on se fait de ce que fut la France pendant la 2°GM est devenue un élément de l'identité française contemporaine. Dans l’opinion commune, en France et à l’étranger, en Israël mais pas seulement, cette représentation se nourrit souvent des poncifs et des stéréotypes véhiculés par la vulgate, en accentuant ses aspects les plus gris.

Ceci explique le succès et l’audience d’un ouvrage comme celui de Philippe Burrin sur La France à l’heure allemande (1995). L'auteur y décrit « l'accommodation » de l'ensemble des Français devant l’occupation nazie. C'est aller vite en besogne dans une histoire beaucoup plus compliquée. C’est aussi faire de la collaboration la référence déterminante des comportements, ce qui peut être discuté dans un pays où la collaboration a été majoritairement rejetée, dès Montoire et l’automne 1940.



2 - Les enjeux de la mémoire de la Résistance :

dans la vulgate, la Résistance a été soumise à un traitement de recyclage multiple :
    - Elle a été réduite de plus en plus à l’importance de ses seuls effectifs, généralement moins de 1 % de l’ensemble de la population… un critère qui mérite discussion
    - On a ensuite questionné son rôle militaire (généralement pour conclure à son inefficacité, par exemple lors de la Libération) .
    -  L ‘histoire de la Résistance a souvent été réduite à un théâtre d’affrontements politiques et à une guerre des chefs (cf les polémiques autour de Jean Moulin). L’assise sociale est trop souvent négligée.
    - Elle a été identifiée aux tentatives d'instrumentalisation politique : celle du PCF et de ses  « 75 000 fusillés » celle du gaullisme, deux courants qui ont cherché à fonder sur elle leur légitimité historique.

    On lui a imputé les bavures : les manuels évoquent l’épuration « sauvage ». Ce terme vient de l’extrême droite et des nostalgiques de Vichy. Les auteurs de manuels le reprennent trop souvent comme " allant de soi ", sans faire attention à sa charge politique et idéologique, alors qu’existent les notions d’épuration « extra-judiciaire » ou d’ »exécutions sommaires », moins connotées.
    Des auteurs de manuels font aussi référence au " mythe résistancialiste ", achevant un glissement sémantique continu («  Résistance » puis « résistancialisme », puis « mythe résistancialiste », avec un risque évident de confusion et de fausses équivalences. Or le terme vient aussi des mêmes milieux nostalgiques avec l’objectif de dénigrer l’action des résistants et le rôle de la Résistance : l'abbé Desgranges a écrit en 1946 " Les crimes masqués du résistantialisme " (écrit avec un " t ")


« Le dictionnaire historique de la Résistance » représente plusieurs années de travail sérieux par une grand nombre d'historiens. Il n’est sans doute pas irréprochable, mais il comble un vide considérable. Or la sortie du dictionnaire a été accompagnée d'un silence quasi total dans la presse nationale, Le Monde ou Libération faisant juste le service minimum. Seule la presse régionale en a rendu compte convenablement, ce qui ne tient peut-être pas au seul hasard.

Au total, la vulgate mémorio-médiatique dénature le rôle et les valeurs de la Résistance. Elle en conteste la dimension, l’importance historique, la singularité et l’identifie à un « mythe », entendu au sens de la fable, voire de l’invention. On cherche à nier la singularité de la Résistance par tous les moyens.

 
3eme partie -  Quelques thèmes de réflexion sur les enjeux mémoriels :

La vulgate mémorielle enferme l’histoire de la France de la 2GM dans des cadres simplistes qui nourrissent la confusion
Or il est nécessaire de ne pas en rester au noir et blanc, d’entrer dans la complexité des situations :
« Tout ce qui n'est pas action contre l'occupant n'est pas passivité et complicité avec lui ».
« Tout ce qui est refus de la soumission n'est pas acte de résistance ».
Un réfractaire au STO n'est pas un résistant s’il cherche seulement à se cacher pour échapper à la loi, même s’il est dans une attitude d’insoumission.
Le cardinal Saliège (en fait l’archevêque)  n’est pas un résistant.

Il faut sortir du simplisme, et enseigner en utilisant d'autres concepts, comme les stratégies de contournement (cf les stratégies d'esquive des soldats de 14-18), mettre l’accent sur les pratiques sociales du quotidien, de préférence aux idées générales et aux " modèles " d’analyse globale.

Il faut éviter de juger en bloc. Il faut essayer de montrer les articulations de sens entre le singulier et le collectif. Des millions de gestes anonymes ne font pas de chacun de leurs auteurs des résistants. Mais l'ensemble de ces gestes, dans leur expression collective, témoigne d'une tendance au non-consentement, ou parfois même d'une volonté marquée de refus.
Tous ceux qui assistent partout aux enterrements des maquisards malgré les interdictions, ceux qui se taisent sur leurs lieux d’implantation, ceux qui dans l'Ouest fleurissent les tombes des aviateurs anglais malgré les marins morts à Mers-el-Kébir et malgré les bombardements effectués par ces mêmes Anglais sont, entre mille, des exemples de ces gestes anonymes et de ces évolutions souterraines

On peut avancer l’idée d’une culture du " penser double " chez les Français durant l’Occupation.
La revue Esprit reparaît sous Vichy, jusqu'en 1941. Les auteurs utilisent un langage codé, allusif, que les lecteurs savaient interpréter sur le moment, en situation. En 1944, les rédacteurs relisant les numéros des années précédentes avaient parfois oublié ce sens masqué : le contexte avait radicalement changé, et ne permettait plus de comprendre les allusions. La culture environnante est indissociable des façons de penser et de sentir. Si on en tient pas compte, on fait des anachronismes et des erreurs majeures. comme si les codes culturels d’auj devait s’imposer à la lecture du passé.
Pierre Laborie parle du danger d'anachronisme mental dans une place excessive donnée aux mémoires. Le danger, ce serait de croire que les codes culturels d'aujourd'hui valent pour toutes les périodes du passé, et qu'ils nous donneraient le droit de juger les acteurs de ce passé.


Il y a urgence de " reconceptualiser " l'enseignement de l'histoire :
La mémoire n’est pas la présence du passé, elle est usage du passé au présent et même souvent instrumentalisation de ce passé.

Il faut aussi faire attention aux mots.
Voir plus haut pour " l'épuration sauvage ", " le mythe résistancialiste ".
La « guerre civile » est un autre de ces excès de langage dénoncés par Pierre Laborie. Il y a bien eu des affrontements franco-français, en 1943-1944. Dans certaines régions on a pu se croire au bord de la guerre civile. Il faut mettre au crédit des responsables de la Résistance et du GPRF, pendant l’été 1944, d’avoir su justement éviter cette " guerre civile ".
Il faut aussi se méfier des fausses centralités :
Les persécutions antisémites de Vichy sont essentielles, mais laisser croire que tout le régime de Vichy s'organise autour d'elles, c'est une reconstruction de mémoire, a-historique

Il faut éviter la compétition dans la victimisation. Pourquoi vouloir comparer les déportés de Buchenwald et ceux d'Auschwitz ? Pour établir une hiérarchisation dans l’horreur et dans la souffrance ?

Cette vulgate mémorio-médiatique a conduit de grands historiens à minimiser considérablement le poids de l'Occupation. Dans l'édition de 2005 de La France de Vichy , page 12, Paxton écrit que jusqu'en 1943, il n'y a eu que 40 000 soldats allemands (des " vieux ") ; les forces nouvelles seraient arrivées plus tard, et elles auraient été placées sur les côtes.
Personne ne semble avoir lu le livre. Cette affirmation est une grossière erreur, gênante en raison du commentaire qui l’accompagne, et malheureusement répétée au cours des éditions, en dépit des démarches effectuées (au moins par PL, peut-être par d’autres) pour attirer l’attention de l’éditeur sur la bévue…
Les seules troupes de sécurité (maintien de l’ordre) représentaient 100.000 hommes fin 1941, 200.000 en 1943. A leurs côtés, les troupes d’opérations comptaient 400.000 hommes en 1942-43 et ces effectifs seront portés à environ 1,5 million d’hommes au début de 1944. On peut regretter que le respect légitime à l’égard du grand historien de Vichy conduise à rester silencieux devant un point contestable


Introduire la mémoire dans l’enseignement des classes terminales, c’est utile et intéressant, car l’objet est neuf et stimulant. Mais il serait indispensable que ce travail que vous entreprenez tous soit précédé par une réflexion théorique sur la nature et les fonctions de la mémoire, fondamentalement différentes de celles de l’histoire. On ne peut pas laisser croire que la mémoire a un statut identique à celui de l’enseignement classique de l'histoire. La mémoire, c'est du  « prêt à penser », et l’historien fait le contraire du « prêt à penser ». Il est indispensable de dire que la mémoire, quand on en parle, ne peut être dissociée d’une réflexion critique sur ses usages et ses fonctions : à quoi sert-elle ? Qui s'en sert ? Dans quel but ?
 

Pierre Laborie a publié notamment :
Résistants, Vichyssois et Autres, Paris, Ed. du CNRS, 1980
L'opinion française sous Vichy, Éditions du Seuil, Paris, 1990
Mémoire et histoire : la Résistance, avec Jean-Marie Guillon, Éditions Privat, Toulouse, 1995
Les Français des années troubles : de la guerre d'Espagne à la Libération, Édition du Seuil, Points-Histoire, Paris, 2001
L'opinion française sous Vichy : les Français et la crise d'identité nationale 1936-1944, Éditions du Seuil, Paris, Points Histoire, 2001
Penser la défaite, (en collaboration avec Patrick Cabanel), Éditions Privat, Toulouse 2002
Les Français sous Vichy et l'Occupation, Éditions Milan, Toulouse, 2003
Les mots de 39-45, Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2006
Ils ont su dire non : Paroles de résistants, avec François Icher, La Martinière, 2008
Le chagrin et le venin, Occupation, Résistance, Idées reçues, 2011 + 2014
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Laborie

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