01 février 2017

America First : les USA de Harding

 

harding-1919

WG Harding (1825-1923)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_G._Harding

 

Après la guerre et crise de 1920-1921, les USA connaissent une décennie de prospérité economique (fordisme, consommation élargie).
Les électeurs rejettent la politique menée par W. Wilson et les démocrates.
3 présidents républicains se succèdent : Harding, Coolidge, Hoover

WG Harding (1825-1923) est un politicien sans qualités, élu avec le soutien de magnats du pétrole. Mellon, son secrétaire au Trésor est un milliardaire. Plusieurs de ses proches sont poursuivis pour corruption (le gang de l'Ohio). « Miné par le sentiment de son incapacité, il meurt subitement en 1923 ». Coolidge, le vice-président lui succède.


Les électeurs mettent fin à la période progressiste.
Harding incarne le virage vers une Amérique nationaliste (America First) et intolérante :
peur du communisme, racisme anti-noirs, rejet de la science...

. Les USA refusent l'adhésion à la SDN et n'assument pas leurs responsabilités de grande puissance.
Ils ferment le pays aux immigrés (loi de 1921 sur les quotas).

. La peur du communisme (Red Scare) sert de prétexte à une politique anti-sociale. Des expéditions punitives traquent tous ceux qu'on soupçonne de communisme. Deux anarchistes italiens, sont condamnés à mort en 1921 et exécutés en 1927 malgré une mobilisation internationale

. Le Ku Klux Klan s'est reconstitué à Atlanta en 1915 et regroupe vers 1925 cinq millions d'adhérents. Il utilise la violence jusqu'ay lynchage contre les Noirs, les juifs et les catholiques.

. La prohibition, votée en 1919, enrichit les gangsters (Al Capone prospère à Chicago avant son arrestation en 1931).
En 1933, FD Roosevelt met fin à la prohibition en abrogeant le Volstead Act

. Certains puritains défendent une lecture littérale de la Bible. En 1925, William Bryan, ancien candidat démocrate intente un procès à John Scopes, et le fait condamner à une amende pour avoir enseigné la théorie de l'évolution (Darwin).


« Calvin Coolidge, le président suivant, a pour règle de ne rien dire et de ne rien faire ».
Herbert Hoover est un ingénieur brillant,
mais face à la crise de 1929 sa politique libérale plonge durablement les USA dans la Grande Dépression.

(d'après Istra, histoire, manuel de première 1988).
version scannée :
http://clioweb.free.fr/dossiers/19-39/usa-republicains-1919-1932.pdf

 

- rappel :

« Le parti républicain est, par essence, celui de la richesse organisée, de la grande production capitaliste :
c'est instinctivement que celle-ci s'appuie sur lui, et lui sur elle...
Par là, le parti représente à la fois; la prospérité et la conservation sociale »...

... « (La) raison d'être (du parti républicain), c'est d'appuyer la production organisée, de la défendre contre l'étranger par la protection douanière massive dont il s'est fait la spécialité, de considérer sans fausse honte « les affaires » comme servant l'intérêt général de la nation. Il y a là une conception politique qui se tient, et, tant que la prospérité des plus heureux rejaillit sur tous, on comprend que la majorité s'en accommode. »

André Siegfried, "Les États-Unis d'aujourd'hui", Éditions A. Colin.1927
Manuel Istra, 1ere, ed 1982, p 154
http://clioweb.canalblog.com/tag/siegfried


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16 novembre 2016

USA 1923 : « une saturation d'étranger »

 

- USA - 1923 - xénophobie et racisme

« L'attitude de l'Américain moyen est en train de changer. Il souffre d'une " saturation " d'étranger mal digéré. Il commence à trouver que l'étranger crée de nombreux et difficiles problèmes, et aggrave un certain nombre de maux anciens. En plus, avec l'accroissement massif de population étrangère, il commence à voir le pouvoir politique lui échapper ici ou là et passer aux mains d'étrangers qu'il n'a pas su entièrement convertir aux idées et aux idéaux de la démocratie américaine... Nous avions compté sur le fait que l'Amérique changerait l'étranger et c'est l'étranger qui change l'Amérique...

Ces dernières années, nous avons fait des efforts frénétiques vers l'américanisation. Nous avons découvert que le processus d'assimilation était beaucoup plus lent que nous l'avions espéré. Aucune nation ne peut être une grande nation sans un esprit d'unité, un certain degré d'accord et de ressemblance dans le peuple. Il est souhaitable aussi qu'il y ait un certain degré de diversité, mais ce doit être une diversité de même niveau. Une infiltration modérée de gens d'autres pays exerce une saine influence pour combattre la tendance à l'immobilisme auquel tendent naturellement les groupes sociaux. Mais si l'on va trop loin la population deviendra une simple cacophonie d'éléments hétérogènes...

Le plus grand danger permanent, cependant, réside dans le risque de recevoir des peuples de races inférieures. L'Américain commence à soupçonner que la composition raciale de notre immigration a une faible valeur...

En ce qui concerne l'admission des étrangers. nous devrions partir de l'idée que l'immigration n'est pas un droit, mais un privilège, et que nous n'avons pas la moindre obligation de l'accorder à tous les peuples - fussent-ils de race blanche ».

S.J. Holmes, " The Independant " 17 mars 1923.
cité dans J. Brun. " América ! América ! América ! ",
Collection  Archives, Julliard, 1980.


En 1921 et 1924, les républicains instaurent par loi des quotas :
Immigration Restriction Act of 1921
http://en.wikipedia.org/wiki/Emergency_Quota_Act
http://en.wikipedia.org/wiki/Immigration_Act_of_1924

En 1921, la référence, c'est le recensement de 1910 (immigrants venant d'Italie, Russie, Pologne)
en 1924,le recensement de 1890 (immigrants venant du RU, d'Irlande d'Allemagne)
il s'agit alors de limiter fortement l'immigration venant d'Europe orientale.

L'article de Wikipedia donne les chiffres de 1880 et 1900, pas ceux de 1890 et 1910
http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_immigration_to_the_United_States



- USA - Le parti républicain, vu par André Siegfried en 1927

Après la défaite du démocrate Cox, soutenu par le président sortant Wilson, aux élections de novembre 1920, les Républicains Harding, Coolidge. et Hoover se succèdent à la Maison Blanche jusqu'en mars 1933. Le gouvernement coopère avec les milieux d affaires.

« Le parti républicain est, par essence, celui de la richesse organisée, de la grande production capitaliste : c'est instinctivement que celle-ci s'appuie sur lui, et lui sur elle...

Par là, le parti représente à la fois la prospérité et la conservation sociale. Les indices de réussite matérielle mesurent le succès de sa politique ... Dans ce pays fortuné, où l'abondance apparaît chose normale, on ne saurait s'étonner que. depuis un demi-siècle, il ait été, sauf de rares intermèdes, presque constamment au pouvoir. Non moins logique est l'esprit conservateur qu'il incarne, car si les affaires vont bien, pourquoi rien changer au régime politique?

... Ceux qui sont sur le chemin de la fortune ou qui, l'ayant acquise, veulent la consolider ou l'accroître, demanderont donc au gouvernement de les laisser faire, de ne pas les entraver, de les favoriser au contraire en mettant à leur service le pouvoir de l'Etat ...

(La) raison d'être (du parti), c'est d'appuyer la production organisée, de la défendre contre l'étranger par la protection douanière massive dont il s'est fait la spécialité, de considérer sans fausse honte " les affaires " comme servant l'intérêt général de la nation. Il y a là une conception politique qui se tient, et, tant que la prospérité des plus heureux rejaillit sur tous, on comprend que la majorité s'en accommode. »

A. Siegfried. Les États-Unis d'aujourd'hui, Éditions Armand Colin.1927
Manuel Istra, 1ere, ed 1982, p 154

rappel :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/12/09/31109767.html
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12 septembre 2015

La France et les républicains espagnols

 

Réfugiés espagnols : quand la France choisissait l’infamie
Geneviève Dreyfus-Armand, Libération 09.09.2015
http://www.liberation.fr/politiques/2015/09/09/refugies-espagnols-quand-la-france-choisissait-l-infamie_1379072


extraits
« Lors de la guerre d’Espagne, la France a d’abord accueilli des centaines de milliers de personnes avec humanité. Le premier gouvernement Blum élabore une politique d’accueil des réfugiés conforme à la tradition républicaine.... L’accueil des enfants est particulièrement exemplaire »


En novembre 1938, le gouvernement Daladier (radical) prévoit l’internement des étrangers dits indésirables dans des centres spéciaux. Une poussée xénophobe submerge un pays qui a accueilli depuis 1918 des exilés et des immigrants.

« Dans le pays qu’ils voyaient comme la patrie des droits de l’homme, ceux qui ont combattu les premiers le fascisme sont quelque 275 000 à être internés en février 1939 dans des camps sévèrement gardés : Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès, Bram, Agde, Septfonds, Gurs, Le Vernet, Rieucros, Collioure, en France métropolitaine, Boghari, Djelfa, en Algérie ». « Le régime de Vichy multipliera les camps, en faisant un rouage essentiel de sa politique d’exclusion et de collaboration avec l’occupant ».

« Fin 1939, près des deux tiers des réfugiés ont quitté la France... Pourtant, les républicains espagnols entreront en nombre dans la Résistance ».
Des républicains espagnols ont participé activement aux combats de la Libération.


- Les camps français d’internement de la zone sud, Denis Peschanski, 1999
- La France des camps, documentaire de Denis Peschanski réalisé par Jorge Amat, 85 min, 2009
d’après le livre de Denis Peschanski, La France des camps 1938-1946, éditions Gallimard, 2002.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article33



camps-sud

une carte des camps dans le sud de la France
http://1libertaire.free.fr/CampsFrance.pdf

 

carte_camps-sud

http://laretiradaatraverslaviedejesustello.e-monsite.com/album/categorie-par-defaut/
source : NM

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28 mai 2015

L'esprit de résistance

 

pantheon-dna

Pierre Brossolette, la Liberté
Germaine Tillion, l'Egalité
Geneviève de Gaulle, la Fraternité
Jean Zay, la Laïcité


 pantheon2015-pr26

source : http://unes.spqr.fr/?date=20150526

 

pantheon2015-pr27


source : http://unes.spqr.fr/?date=20150527

 

- Le texte du discours de François Hollande au Panthéon, 27 mai 2015
http://www.elysee.fr/declarations/article/ceremonie-d-hommage-solennel-de-la-nation-a-pierre-brossolette-genevieve-de-gaulle-anthonioz-germaine-tillion-et-jean-zay-pantheon-3/

« Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes.
Quatre destins, quatre chemins, quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs »
... « Deux femmes, deux hommes, quatre engagements ».
... « Une vie de principes, de vertus, de dévouement ne vaut pas à elle seule d’entrer dans ce haut lieu de la République, le Panthéon, et d’être érigé en exemple. Il faut y ajouter une trace, un legs, une œuvre ».
... « L’indifférence, voilà l’ennemi contemporain... Face à l’indifférence, chaque génération a un devoir de vigilance, de résistance. Et chaque individu a le choix d’agir ».
... « La République, c’est un mouvement, c’est une construction, c’est une passion, une passion généreuse, une passion rationnelle, une passion rassembleuse, avec toujours, toujours le refus de la fatalité ».


- François Hollande célèbre la Résistance au Panthéon -
Le Monde 27.05.2015
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/05/27

Pour construire son propos, le chef de l’Etat a sollicité nombre de contributeurs. Les historiens Jean-Pierre Azéma et Vincent Duclert ont notamment apporté des éléments biographiques. Sa directrice adjointe de cabinet, Constance Rivière, et sa plume, Pierre-Yves Bocquet, ont préparé la trame. Ont aussi été consultés l’inévitable Jack Lang, ancien ministre de la culture de François Mitterrand, qui avait dressé en décembre 1989, à l’occasion de la panthéonisation de Monge, de Condorcet et de l’abbé Grégoire, un hommage en vers. Mais fidèle à ses habitudes, c’est bien M. Hollande en personne qui a conçu et rédigé ce discours, qu’il a prévu de peaufiner encore, mercredi en début d’après-midi, dans son bureau.

Comme à l’accoutumée, en pareille circonstance mémorielle, le chef de l’Etat a souhaité conférer à son propos une portée politique. Brossolette, De Gaulle-Anthonioz, Tillion, Zay : dans cet ordre, il devait retracer les parcours, divers, des quatre panthéonisés, mais aussi souligner leur « audace », leur « bravoure » et leur « sacrifice » communs, leur combat partagé contre « l’inacceptable », pour « les nobles valeurs de l’engagement et du courage » et « l’esprit de résistance ». Métaphore d’un « rassemblement » national fondé sur des « projets communs », nonobstant des différences d’origines, de parcours ou d’opinions. Et, aussi, message « adressé à la jeunesse ». « Le président ajoute quelque chose au récit de la continuité républicaine, avec des valeurs qui nous portent et qui nous dépassent. Il dit combien les panthéonisés sont un symbole de ce qu’est la France et un exemple pour aujourd’hui. De la même manière que dans les commémorations, il essaie de donner la signification de l’événement par rapport au moment présent », dit une collaboratrice.


- Extraits du discours de Hollande - Libération

«Jean Zay, c’est la République. La république parlementaire dont il est l’un des plus talentueux représentants, mais aussi la république sociale, la république émancipatrice, la république laïque. Assassiner Jean Zay c’était pour ses meurtriers profaner la république.»

« Germaine Tillion aura vécu cent ans. Et durant cette longue existence, elle n’aura laissé aucun répit à la fatalité. Elle est la voix du savoir et de la connaissance. […] A Ravensbrück, Tillion écrit une opérette pour que le rire de ses camarades déportées réponde au rictus lâche de leurs bourreaux. Son courage il est politique, elle n'était membre d’aucun parti, sauf celui de la chair souffrance de l’humanité ».
http://www.liberation.fr/societe/2015/05/27/pantheon


- Germaine Tillion, la résistante engagée contre la torture - Le Monde
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/05/27/germain-tillion

 

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04 avril 2015

Capes HG 2015 : un choix aberrant

 

- Capes 2015 HG:

Composition d'histoire : Les engagements civiques, intellectuels et sociaux des républicains en France, de 1815 à 1899
(thème étudié : Citoyenneté, république, démocratie en France de 1789 à 1899
un choix chrono aberrant pour Pierre Serna, IHRF : http://ahmuf.hypotheses.org/3625

Commentaire de documents en géo :  Mondialisation, routes maritimes et révolution des transports
(thème étudié : Géographie des mers et des océans)
Le début du sujet :
http://clioweb.free.fr/concours/histgeo/capes-geo-2015.jpg

sur Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/CAPES_d'histoire-géographie


- En SES, au Capes 2015, un dossier sur l'Economie du développement durable (source Apses)

« il est demandé de construire, à partir du dossier comportant 8 documents et pour une classe de terminale,
une séquence pédagogique intégrant obligatoirement
des travaux à réaliser par les élèves et une évaluation des acquisitions attendues »

copie temporaire du sujet :
http://clioweb.free.fr/concours/capes2015-ses-did-dvtdurable.pdf

 

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09 décembre 2014

USA 1927 : démocrates et républicains

 

- USA - Le parti démocrate vu par André Siegfried en 1927

«  La tradition démocrate réside essentiellement dans la défense des minorités, des non-organisés. De ce fait, le parti ne trouve pas d'unité dans un principe constructif; son esprit véritable est celui de l'opposition; il ne maintient sa raison d'être que dans une perpétuelle et changeante coalition de mécontents.

Protéger les immigrants contre les assimilateurs; l'individu contre l'Etat, combattre l'oppression légale et sociale de la majorité, revendiquer pour les communautés locales, contre le gouvernement central, le droit de régler elles-mêmes leurs problèmes, c'est-à-dire préserver les Etats contre l'emprise excessive de la fédération...

C'est toujours une clientèle locale brimée, ou s'estimant telle, qu'il soutient : le Sud contre le Nord, l'Ouest agricole contre l'Est capitaliste, les grandes cités cosmopolites contre l'américanisme protestant. Ses victoires sont nombreuses, mais elles restent de caractère local : gouverneurs, législatures d'Etats... »

André Siegfried. Les Etats-Unis d'aujourd'hui, ed Colin 1927.
Istra, Histoire 1ere, 1982, p 155


- USA - Le parti républicain, vu par André Siegfried en 1927

Après la défaite du démocrate Cox, soutenu par le président sortant Wilson, aux élections de novembre 1920, les Républicains Harding, Coolidge. et Hoover se succèdent à la Maison Blanche jusqu'en mars 1933. Le gouvernement coopère avec les milieux d affaires.

« Le parti républicain est, par essence, celui de la richesse organisée, de la grande production capitaliste : c'est instinctivement que celle-ci s'appuie sur lui, et lui sur elle...

Par là, le parti représente à la fois; la prospérité et la conservation sociale. Les indices de réussite matérielle mesurent le succès de sa politique ...Dans ce pays fortuné, où l'abondance apparaît chose normale, on ne saurait s'étonner que. depuis un demi-siècle, il ait été, sauf de rares intermèdes, presque constamment au pouvoir. Non moins logique est l'esprit conservateur qu'il incarne, car si les affaires vont bien, pourquoi rien changer au régime politique?

... Ceux qui sont sur le chemin de la fortune ou qui, l'ayant acquise, veulent la consolider ou l'accroître, demanderont donc au gouvernement de les laisser faire, de ne pas les entraver, de les favoriser au contraire en mettant à leur service le pouvoir de l'Etat ...

(La) raison d'être (du parti), c'est d'appuyer la production organisée, de la défendre contre l'étranger par la protection douanière massive dont il s'est fait la spécialité, de considérer sans fausse honte " les affaires " comme servant l'intérêt général de la nation. Il y a là une conception politique qui se tient, et, tant que la prospérité des plus heureux rejaillit sur tous, on comprend que la majorité s'en accommode. »

A. Siegfried. "Les États-Unis d'aujourd'hui", Éditions A. Colin.1927
Manuel Istra, 1ere, ed 1982, p 154


- USA - xénophobie et racisme

« L'attitude de l'Américain moyen est en train de changer. Il souffre d'une " saturation " d'étranger mal digéré. Il commence à trouver que l'étranger crée de nombreux et difficiles problèmes, et aggrave un certain nombre de maux anciens. En plus, avec l'accroissement massif de population étrangère, il commence à voir le pouvoir politique lui échapper ici ou là et passer aux mains d'étrangers qu'il n'a pas su entièrement convertir aux idées et aux idéaux de la démocratie américaine... Nous avions compté sur le fait que l'Amérique changerait l'étranger et c'est l'étranger qui change l'Amérique...

Ces dernières années, nous avons fait des efforts frénétiques vers l'américanisation. Nous avons découvert que le processus d'assimilation était beaucoup plus lent que nous l'avions espéré. Aucune nation ne peut être une grande nation sans un esprit d'unité, un certain degré d'accord et de ressemblance dans le peuple. Il est souhaitable aussi qu'il y ait un certain degré de diversité, mais ce doit être une diversité de même niveau. Une infiltration modérée de gens d'autres pays exerce une saine influence pour combattre la tendance à l'immobilisme auquel tendent naturellement les groupes sociaux. Mais si l'on va trop loin la population deviendra une simple cacophonie d'éléments hétérogènes...

Le plus grand danger permanent, cependant, réside dans le risque de recevoir des peuples de races inférieures. L'Américain commence à soupçonner que la composition raciale de notre immigration a une faible valeur...

En ce qui concerne l'admission des étrangers. nous devrions partir de l'idée que l'immigration n'est pas un droit, mais un privilège, et que nous n'avons pas la moindre obligation de l'accorder à tous les peuples - fussent-ils de race blanche ».

S.J. Holmes, " The Independant " 17 mars 1923.
cité dans J. Brun. " América ! América ! América ! ", Coll, Archives, Éditions Gallimard.Julliard, 1980.

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08 août 2013

Le pétrole, le président et les voyous

 

Le pétrole, le président et les voyous - Le Monde 07.08.2013
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/07/le-petrole-le-president-et-les-voyous_3458338_3234.html

- Le président, c’est le républicain Warren Harding (il succède au démocrate W. Wilson).
Il est élu en 1920, dans le contexte de l'après-guerre (crise, rejet de la SDN, peur de la révolution) grâce à l'argent des pétroliers. http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Gamaliel_Harding

- Les voyous, ce sont Albert Fall, sénateur du Nouveau-Mexique et les pétroliers Harry F Sinclair et Edward L. Doheny.
Le gang met la main sur le Teapot Dome, dans le Wyoming et Elk Hills en Californie.
Harding meut opportunément en août 1923.
Par la suite, ceux qui ont confondu les affaires et leurs affaires sont traduits en justice. Fall est condamné pour félonie.

« Le parti républicain est, par essence, celui de la richesse organisée, celui de la grande production capitaliste : c'est instinctivement que celle-ci s'appuie sur lui, et lui sur elle... » écrit André Siegfried en 1927. « La raison d'être de ce parti, c'est d'appuyer la production organisée, de la défendre contre l'étranger par la protection douanière massive dont il s'est fait la spécialité, de considérer sans fausse honte " les affaires comme servant l'intérêt général de la nation. Il y a là une conception politique qui se tient, et, tant que la prospérité des plus heureux rejaillit sur tous, on comprend que la majorité s'en accommode ».

L’Amérique des républicains est celle de la prospérité menant à la crise de 1929 mais aussi celle de la prohition de l'alcool, du repli nationaliste (isolationnisme face à l'Europe, tarifs douaniers), de lois arrêtant l'immigration (lois sur les quotas 1921, 1924), de la politique xénophobe et de l’obsession anti-rouge : Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes d’origine italienne, sont condamnés en 1920-21 et exécutés en 1927.

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23 novembre 2011

L'Ecole et les grands hommes 1814-1914

 

Christian Amalvi . L'exemple des grands hommes de l'histoire de France à l'école et au foyer (1814-1914).
In: Romantisme, 1998, n°100. pp. 91-103.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1998_num_28_100_3292
au format pdf : http://www.persee.fr/amalvi1998-grandshommes

Les grandes figures modèles du catholicisme de 1814 à 1914 : St Vincent de Paul, Le curé d'Ars, sainte Geneviève ...
Le Panthéon laïque, ou la « voie royale » de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Hoche, Kléber, Lamartine, Gambetta ...
Le Panthéon national : Jeanne d'Arc, Henri IV, Bayard, du Guesclin, Turenne ...

« Jeanne d'Arc, avec 191 biographies, est, après Napoléon, la personnalité la plus importante de la littérature populaire et scolaire. On peut du reste se demander si la redécouverte tardive de Jeanne n'est pas parallèle au déclin rapide du culte du Petit Caporal dans la seconde moitié du XIXe siècle ».
« Jeanne appartient aux catholiques et aux royalistes ; Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, a demandé à Rome la canonisation de Jeanne d'Arc dès 1869 ».
« Pour la gauche, Jeanne reste la fille du peuple, l'héroïne de la nation, [la] martyre de son indépendance, [la] fondatrice de son unité, et bien sûr la victime emblématique de l'Église, sa mort constituant la preuve la plus accablante de l'imposture séculaire de cette institution hypocrite et barbare : « Oui, Jeanne appartient aux catholiques »
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« Comment ne pas revenir, après Mona Ozouf, à « cette inlassable division, spécialité de l'histoire française », appliquée cette fois non à un « lieu de mémoire » monumental, mais à l'imaginaire et à la culture historiques que chaque génération s'est forgée à partir de lectures scolaires et familiales, c'est-à-dire, au fond, à ce que chacun retient du passé quand il a tout oublié ? Loin d'échapper au feu des « passions françaises », la mise en scène conflictuelle du théâtre de l'histoire de France me paraît en avoir été, bien au contraire, du moins jusqu'en 1940, un brandon de poids pour l'entretenir, voire en amplifier la vigueur. Ces âpres combats pour la mémoire ne semblent s'atténuer que dans la seconde moitié du XXe siècle sous l'effet de trois phénomènes complémentaires : la réintroduction des catholiques dans la société française à l'issue de la Résistance, qui entraîne leur adhésion sincère et définitive à la République; la réconciliation de l'Église avec le monde moderne à l'occasion du Concile de Vatican II ; enfin et surtout la recomposition de la mémoire nationale, conséquence de la synthèse gaullienne — concrètement opérée à travers la Constitution de 1958 - entre l'Ancien Régime et la Révolution. En ces circonstances, l'homme du 18 Juin n'avait-t-il pas symboliquement répondu à ce que Malraux, dernier grand homme panthéonisé, a appelé « le besoin de marier Jeanne d'Arc à Saint- Just » ? »

Pantheon_2008

Le Panthéon - Aux grands hommes la Patrie reconnaissante - Wikipedia
Manfred Heyde - mars 2008 - Wikimedia Commons

 

 

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28 octobre 2011

Fassin - La force de l'ordre

 

fassin
source : Le Seuil.


France Mais que fait la police ?
Didier Fassin - La force de l'ordre : une anthropologie de la police de quartiers - Le Seuil 2011 
L'anthropologue a observé pendant deux ans les patrouilles de la brigade anticriminalité (BAC).
Une enquête édifiante
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/27/la-force-de-l-ordre

Didier Fassin chez Sylvain Bourmeau (22/10/2011)
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-22.10.2011-ITEMA_20317030-0.mp3

Il était aussi invité dans Ce soir ou Jamais (25/10/2011)
http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1490


Dans Le Monde - Amériques

- Offensive légale des républicains pour entraver le vote des partisans d'Obama
L'exigence de documents prouvant la citoyenneté et de pièces d'identité avec photos, que certains Américains ne possèdent pas, et la diminution du nombre de jours d'ouverture des bureaux de vote constituent les pièces maîtresses de cet arsenal.
Aux Etats-Unis, 5 millions d'électeurs risquent de ne pas pouvoir participer à la présidentielle de 2012
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/10/27/

[En mai 1850, en France, la droite conservatrice et monarchiste (le parti dit de l'Ordre) impose une loi qui écarte du vote les électeurs contraints à la mobilité (3 millions d'électeurs avaient été ainsi privés de leur droit de vote).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_du_31_mai_1850

Deux mois auparavant, les cléricaux avaient voté la loi Falloux, combattue avec vigueur par Victor Hugo.
http://clioweb.free.fr/textes/hugo1850.htm

NB : Aujourd'hui, une règle équivalent est appliquée aux Tsiganes et les exclut en pratique du droit de vote : ils doivent prouver  un rattachement continu d'une durée de trois ans pour s'inscrire sur les listes électorales, alors que la loi sur les exclusions de 1998 a permis aux SDF domiciliés dans un CCAS (Centre communal d'action sociale) de voter après un délai de six mois. Aucune autre catégorie de Français n'est autant entravée dans ses libertés civiques. - Médiapart 27/07/2010, source NM


- En Argentine, prison à vie pour les tortionnaires de l'école de marine
Pres de 5 000 prisonniers ont disparu à l'ESMA, principal lieu de détention pendant la dictature
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/10/27/en-argentine


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