19 novembre 2011

Tsiganes : un malentendu européen

 

Dans une semaine sur l'histoire du racisme, La Fabrique de l'histoire a consacré le débat du jeudi à l’anti-tsiganisme, avec la participation d'Henriette Asséo, Jean-Luc Poueyto et Martin Olivera.
l'émission au format mp3 : 
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-17.11.2011-ITEMA_20322992-0.mp3

extraits : 
7 min
- Trois inscriptions nationales dans l'Europe moderne :

. Les pays des Habsbourg, frontière militaire avec les Ottomans : les Tsiganes sont des gens du seigneur, protégés par lui.
. Les  pays scandinaves, Angleterre, France : il s'agit d'une entreprise de guerre, protégée par la noblesse, sans doute détestée par les autres (double aspect du mythe, aristo et prédateur)
. Un ensemble urbain intégré en Italie et Espagne

Les migrations viennent des pays grecs de l'empire byzantin et s'étalent sur un siècle. Il faut absolument balayer le mythe indianiste, le mensonge d'une population se jouant des frontières au MA.

Les Tsiganes ont réussi à maintenir des caractères anthropologiques et culturels dans la durée ; ils l'ont fait sans aucune aide d'une élite lettrée, d'institutions ou de culture savante. Ce fait est inaccessible à la pensée contemporaine.

Le racisme anti-tsigane, ce n'est pas un regard sur un autre exotique, mais un racisme à l'égard de soi.

Au début du XXe, le regard change sur mobilité économique. Au XIX, elle était valorisée ; avec le processus de nationalisation, elle est encadrée et surveillée (d'où les mesures de 1912 en France)

30e min
La raciologie allemande des années 30, avec la participation active des biologistes, a servi à faire un tri interne dans la population des Allemands. Un tri en terme de citoyenneté, la figure du vagabond ethnique qui menacerait le sang national
servant de prétexte à la biologisation de la population entière, Allemands et Tsiganes.

Cette raciologie allemande a contaminé par la suite l'Europe centrale et orientale et mène aux passages à l'acte récents dans ces pays.

45e min
Le racisme anti-tsigane est un racisme intra-européen, très opérationnel sur le plan politique.
Le paradoxe, c'est que les institutions européennes continuent un pseudo-angélisme de façade, et ne s'intéressent qu'aux discours, alors que les passages à l'acte existent (assassinats ciblés) et sont ignorés des médias. A l'Ouest, ce racisme influence les imaginaires, tout comme les politiques multiculturelles anglo-saxonnes.

La multiplication des recherches et des publications peut-elle changer les comportements ?
Henriette Asséo se dit pessimiste : pour cette historienne de la longue durée, la presse et les milieux académiques ne changent pas le cours de l'histoire. Mais selon elle, il existe un combat du savoir, l'histoire servant à déconstruire les mythes et les préjugés.

 

Bohème et Bohémiens, une exposition à venir au Grand Palais (septembre 2012)
http://www.moreeuw.com/histoire-art/exposition-bohemes-grand-palais.htm

Tsiganes - Nomades : un malentendu européen
Suite du colloque à Pau.
http://tsiganes-nomades-un-malentendu-europeen.com/

Les Tsiganes dans l'Europe occupée - site web du Cercle d'étude 

 

 

Posté par clioweb à 07:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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