01 septembre 2010

Urgences sociales, outrance sécuritaire

Urgences sociales, outrance sécuritaire,
Laurent Bonelli, Le Monde diplomatique, septembre 2010
a venir en ligne dans quelques mois...

Extraits :
« Les faits sont têtus et les assourdissants discours sur la responsabilité individuelle … ne peuvent masquer l’échec… Néanmoins, il ne s’agit pas d’un simple échec de l’option policière et judiciaire qui permettrait un retour au statu quo quante. Chaque mouvement de l’un des acteurs (« gendarmes » ou « voleurs ») joue sur le comportement des autres et influence les mouvements suivants ».

« La plupart des hauts responsables policiers étaient tombés d’accord : seule une police entretenant une présence visible et continue sur le terrain est à même de jouer un rôle utile ».

« En situation de sous-effectifs policiers… les discours sécuritaires portent en germe leur propre échec, puisqu’ils prétendent faire disparaître des comportements sur lesquels ils n’ont de prise qu’à la marge. La seule issue reste la surenchère verbale et législative ».

« Dans la société industrielle, les mécanismes disciplinaires étaient étroitement imbriqués dans le quotidien des individus, le travail, le quartier, l’école, le logement, l’Eglise, le parti ou le syndicat. Ils résultaient d’une multitude de liens, de croyances, de contraintes et leur légitimité restait dépendante des contreparties qu’ils procuraient à ceux sur lesquels ils s’exerçaient…
Il est peut-être temps d’en finir avec la coupure artificielle instaurée entre la petite délinquance et la question sociale, de l’y réencastrer… Le seul mode de gouvernement par l’insécurité qui ait fonctionné durablement fut … l’invention du purgatoire par les clercs catholiques du XIIe siècle ».

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