19 septembre 2011

A quoi sert le secondaire ?

 

- Non, les profs ne peuvent pas tout - Marianne, 17/09/2011

L’urgence pour le public : la maîtrise du français et la discipline
L’urgence pour les profs : la maîtrise du français et les effectifs par classe.
C’est un sondage Ipsos réalisé par internet du 21 au 27 juillet qui le dit.

- Ecole : retour aux fondamentaux
extrait de l'éditorial de Jacques Julliard dans Marianne n° 752, 17/09/2011

« J’en viens à la question de l’enseignement secondaire. Au risque cette fois d’être incompris de vous, cher échantillon, je me dois de déclarer ici ma conviction profonde : sous sa forme actuelle, l’enseignement secondaire - je pense surtout au deuxième cycle - ne sert à rien. Ou à pas grand-chose. Pas plus que la prostate ou l’Académie française. Il est la survivance d’un monde ancien, qui n’a pas trouvé, je le déplore, sa place dans le monde nouveau. Il avait été conçu à l’origine pour donner une  culture générale élitiste aux enfants de la bourgeoisie. Il n’a pas résisté à la concurrence de la télévision, d’Internet, de la démocratisation du livre. Ce sont des sources non scolaires que les adolescents d’aujourd’hui tirent l’essentiel de leur savoir et de leur culture. Si l’on interroge un échantillon d’élèves sur leur programme de l’année précédentes on sera surpris du résultat.  Il n’en reste à peu près rien. L’enseignement secondaire est un moteur à rendement si faible qu’on préfère ne pas le mesurer. S’il ne jouait pas, a l’égard des adolescents, qui sont aux yeux de beaucoup la nouvelle classe dangereuse de la société, le rôle de parking et de sas de décompression, on l’aurait déjà supprimé. S’il n’existait pas, on ne l’inventerait plus. En dépit du dévouement des enseignants - cela n’est pas une formule, mais une réalité - cet enseignement fantôme est couronné par un examen fantôme, le baccalauréat.

Je n’ai ni la place ni le loisir de m’étendre sur ce que pourrait être une école centrée sur ses deux missions essentielles : l’apprentissage des langages, l’approfondissement scientifique, technique et professionnel des savoirs. J’y reviendrai, c’est sûr. Et la culture ? C’est comme la tolérance, il y a des maisons pour ça. Celle de la rue de Valois n’est pas un ministère de la Culture, mais un secrétariat d’Etat aux Beaux-Arts. Une chose est sûre : la culture ne saurait être désormais un simple produit dérivé de l’enseignement secondaire et des institutions des Beaux-Arts. Il faut la réinventer de fond en comble, dans toute sa dimension anthropologique, car elle est le seul barrage qui puisse tenir face à la barbarie moderne ». 

[ dans cette condamnation brutale et sans nuance, aucune mention de la démolition en cours (la suppression de la formation professionnelle en alternance a pris pour prétexte les critiques répétées contre les IUFM) ].  


- La prolétarisation des enseignants, au-delà du salaire - 
Guy Dreux et Francis Vergne (FSU) - Libération 16/09/2011

La concurrence, le «new public management», l’utilitarisme dans la définition des programmes scolaires ... ces machines font émerger un travail de plus en plus sous contrôle. Longtemps restés des artisans, reconnus par leur statut, les enseignants deviennent des prolétaires, c’est-à-dire des travailleurs exerçant un métier dont l’intelligence et le sens passent du côté ... de l’Etat-entreprise (corporate state)...


.

Posté par clioweb à 08:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,