23 mai 2017

Un passeport vers la précarité

 

« Aujourd’hui, en France, même le diplôme universitaire le plus élevé est un passeport vers la précarité »

Collectif des docteurs sans poste  Le Monde 18.05.2017  http://lemde.fr/2rOxR18
http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/18/aujourd-hui-en-france-meme-le-diplome-universitaire-le-plus-eleve-est-un-passeport-vers-la-precarite_5129776_3232.html



Dans une tribune au « Monde », un collectif regroupant deux cents titulaires du plus haut diplôme français dénonce la précarité à laquelle ils sont voués, faute de postes dans le secteur public, mais aussi dans le privé.


« Si vous vouliez trouver du travail, c’est un BTS qu’il fallait faire, pas une thèse. » Cette phrase a été adressée à l’un d’entre nous par sa conseillère Pôle emploi : elle figure parmi les témoignages collectés sur le site Doc en stock, destiné à rendre visible la précarité subie par des milliers de titulaires d’un doctorat privés d’emploi stable.

Selon le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq), le taux de chômage des docteur.e.s avoisine aujourd’hui 10 %. C’est trois fois plus qu’en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, qui forment pourtant davantage de docteur.e.s que la France. Nous souffrons surtout de l’incertitude liée à notre situation : une récente note d’information ministérielle souligne que moins d’un.e docteur.e sur deux dispose d’un poste fixe dans les cinq ans suivant sa soutenance de thèse.

Si l’enseignement supérieur et la recherche demeurent la « voie royale » aux yeux de beaucoup de docteur.e.s, elle ressemble à un parcours du combattant. Malgré des besoins en hausse dans les universités en raison de l’augmentation du nombre d’étudiant.e.s, les recrutements de titulaires ont baissé de près d’un quart en dix ans.

Manque de transparence
Alors qu’on dénombre dans chaque discipline des dizaines de candidats légitimes pour chaque poste, le manque de transparence des processus de recrutement suscite l’amertume de nombreux postulants : critères de sélection informels, faible durée des auditions, absence d’information ou d’explication des décisions, etc.

Pour consolider notre expérience tout en subvenant à nos besoins, nous assumons malgré tout une grande partie des activités académiques. Les mieux lotis décrochent des contrats de recherche (post-doc), dont la durée (d’un mois à trois ans) et les conditions d’emploi sont très variables, et les modalités d’attribution souvent discrétionnaires.

Côté enseignement, c’est pire : il faut avoir un travail pour travailler à l’université ! Une fois docteur.e.s, nous devons justifier d’un autre employeur pour espérer faire des « vacations » : des cours payés à la tâche avec plusieurs mois de décalage et qui n’ouvrent pas droit à des allocations-chômage. Les universités se délestent ainsi des cotisations sociales, tandis que ces revenus sont imposables.

Pour avoir le droit d’exercer notre métier, nous sommes nombreux à occuper en parallèle un emploi « alimentaire » sans rapport avec nos qualifications, ou à créer une microentreprise, paravent gestionnaire qui fait reposer sur nous le poids des charges administratives et fiscales. L’ubérisation de l’université est déjà bien avancée !


Atomisation
Ces situations peuvent durer des années. L’âge moyen du recrutement s’élève à 34 ans, environ cinq ans après la soutenance de thèse (laquelle a souvent déjà pris autant de temps). Durant cette période, nous écrivons gratuitement des articles et participons à des colloques – souvent à nos frais – pour espérer accéder à un poste de titulaire. Ce système ne peut se perpétuer que par la mise en concurrence et l’atomisation des conditions de travail, qui créent de la précarité à tous les niveaux, sous couvert « d’autonomie des universités ». Quant à celles et ceux d’entre nous qui s’orientent vers d’autres secteurs, ils se heurtent à un cruel manque de reconnaissance.

Dans la fonction publique, il n’existe pratiquement pas de voies d’accès réservées aux titulaires d’un doctorat. Ce type de recrutement, pourtant encouragé par la loi, se heurte à la frilosité des administrations et des grands corps de l’Etat. A quoi bon disposer d’un diplôme de niveau bac +8 s’il faut encore prendre une année supplémentaire, sans revenu, pour passer des concours auxquels d’autres se préparent en master ? Forts de leur goût pour l’enseignement, de nombreux docteur.e.s passent néanmoins le capes ou l’agrégation, mais ce choix suppose de renoncer à la recherche.

Le doctorat n’est malheureusement pas mieux reconnu dans le secteur privé. D’après le rapport 2014 sur « l’état de l’emploi scientifique en France » [du ministère de l’enseignement supérieur], les nombreux postes consacrés à la recherche au sein des entreprises sont majoritairement occupés par des diplômé.e.s d’écoles d’ingénieurs (55 %) ou des titulaires d’un master universitaire (16 %) plutôt que par des docteur.e.s (12 %).


Argent et compétence gâchés
Pendant que les entreprises nous négligent, le montant du crédit d’impôt recherche dont elles bénéficient a quintuplé en dix ans, pour atteindre près de 6 milliards. Deux fois le budget total du CNRS. Sans parler du détournement massif par certaines grandes entreprises de cette niche fiscale, censée encourager leurs dépenses de recherche & développement. Autant d’argent et de compétences gâchés. En France, seul un.e docteur.e sur quatre est employé.e dans le secteur privé, contre un.e sur trois aux Etats-Unis. Confrontés à l’absence de débouchés professionnels, nous sommes de plus en plus nombreux à être contraints de nous expatrier.

Ce tableau noir, c’est la vie quotidienne de toute une génération de docteur.e.s à l’avenir en suspens, avec tout ce que l’absence de contrat stable implique comme difficultés pour se loger ou pour fonder une famille, à souvent plus de 30 ans.

Ces situations ont des causes structurelles, dont nous ne sommes pas les seules victimes : baisse des moyens consacrés aux services publics, dérégulation du marché de l’emploi, multiplication des contrats temporaires sans couverture sociale…

L’université subit elle aussi les conséquences des réformes néolibérales qui produisent de la misère et détruisent le lien social. Aujourd’hui, en France, même le diplôme universitaire le plus élevé est un passeport vers la précarité ».

Envoyer un message au collectif  : docsansposte@precairesesr.fr

 

Posté par clioweb à 09:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


22 décembre 2016

Chercheurs et précarité

 

Quand la nouvelle génération de chercheurs français passe son temps à Pôle emploi et en contrats précaires
Kévin Trublet Bastamag, 19.12.2016 - source S. Poublanc Twitter
http://www.bastamag.net/En-France-la-science-repose-sur-la-precarite


« La France compte environ 60 000 doctorants.
Leur avenir et celui de leur travail de recherche sont compromis : une grande précarité règne.
Nombre d’entre-eux s’inscrivent à Pôle emploi pour terminer leur thèse, d’autres enchaînent des vacations sous-payées. Certains deviennent même auto-entrepreneurs et quelques uns rejoignent des laboratoires de recherche à l’étranger…

La situation handicape lourdement la qualité de la recherche et de l’innovation en France  ».


.

Posté par clioweb à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 mars 2013

Robert Castel (1933-2013)

 

castel

Robert Castel - photo Télérama 2009


- Robert Castel, désaffilié - Libération 13.03.2013
Révélé par ses travaux sur la folie puis célébré pour ceux sur le salariat, le sociologue est mort mardi, à 79 ans.
http://www.liberation.fr/livres/2013/03/13/robert-castel-desaffilie_888409

Sylvain Bourmeau rappelle les chantiers abordés par le sociologue :
- l'ordre psychiatrique (1977) et le combat pour la destruction de l'hôpital
- les métamorphoses de la question sociale (1995) : la longue mise en place du salariat et son effritement récent
- la montée de l'insécurité sociale (2003)
à mesure que s’affaiblit la solidarité collective et que se reporte sur l’individu «responsabilisé» l’activation de sa propre protection, engendrant du même coup ce qu’il proposait d’appeler une «désaffiliation»
- La montée des incertitudes, Seuil 2009
intégration républicaine ou stigmatisation ?

Les métamorphoses..., fiche Coulmont
http://socio.ens-lyon.fr/agregation/conflits/conflits_fiches_castel_1995.php

La fin du travail, un mythe démobilisateur (bonnes feuilles) - Monde diplomatique 1998
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/CASTEL/10915

L'insécurité - Consignes de sécurité, Marongiu, Libération 02.10.2003
http://www.liberation.fr/livres/0101456155-consignes-de-securite


La cité de Castel, entretien Libération  02.10.2003. De la sociologie de la psychanalyse et de la psychiatrie à celle de la marginalité et du travail, le parcours, varié mais cohérent, de Robert Castel.
http://www.liberation.fr/livres/0101456157-la-cite-de-castel

Hommage de La vie des idées (articles, entretiens, analyses)
http://www.laviedesidees.fr/Hommage-a-Robert-Castel.html

Le travail, c’est la précarité ?  Télérama le 09 mai 2009
http://www.telerama.fr/idees/le-travail-c-est-la-precarite,42502.php

La sociologie construit-elle le réel ? FC, les NCC - 12.11.2012
(avec photo de Robert Castel et Adèle van Reeth)
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-quel-reel-14-la-sociologie-construit-elle-le-reel-2


- Robert Castel, le spécialiste de la condition salariale et de la psychiatrie, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), est mort mardi 12 mars à l'âge de 79 ans.
Le Monde republie un portrait de novembre 2011.
... Montrer « comment les petits individus que nous sommes avec leurs petites histoires sont traversés par une grande histoire qui les façonne ». Relier, en un mot, l'objectif et le subjectif. Car « les soi-disant déterminismes objectifs sont aussi les clefs qui ouvrent la compréhension de l'intimité du sujet, de ses amours comme de ses deuils, de ses audaces comme de ses lâchetés, de ses choix politiques comme de ses rejets ».
http://www.lemonde.fr/import/article/2011/11/09/robert-castel-capteur-des-fragilites_1600908_3544.html


- Robert Castel (1933-2013) souligne la montée croissante des incertitudes et des risques dans les sociétés contemporaines, conséquence du passage à un nouveau régime du capitalisme auquel la précarité croissante serait consubstantielle. http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Castel_sociologue


- Peut-on se réaliser dans le travail ? Robert Castel, Dominique Méda, Laurence Roulleau-Berger, trois chercheurs conviés à débattre par la Vie des idées montrent que la mise en pratique de cette idée, pourtant omniprésente, est compromise par les crises, l’inaction des États et l’absence de normes internationales contraignantes.
http://www.laviedesidees.fr/Le-Travail-valeurs-attentes-et.html

Posté par clioweb à 10:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 janvier 2012

Une France du savoir déclassée

 

- Le gouvernement a appauvri et déclassé la France du savoir.

Christophe Charle (Paris 1) – Charles Soulié (Paris 8) - Le Monde Idées 20/01/2012

Extraits :
L' année universitaire s'est ouverte sous une triple menace.
La première est née de la crise financière et de ses conséquences économiques.
La seconde menace tient aux évolutions contrastées entre les filières et les disciplines.
La troisième dimension de la crise du crédit universitaire concerne l'ensemble des stratégies d'orientation des politiques universitaires à l'oeuvre depuis plus de dix ans.

Le processus de Bologne reste un vernis cosmétique qui n'efface pas la profonde divergence des logiques universitaires… il ne donne ni la force de frappe de la politique fédérale des Etats-Unis, ni le volontarisme scientiste et technophile de la Chine, du Japon, de l'Inde ou de la Corée.

« La force des universités anglo-américaines réside au moins autant dans des facteurs extra-universitaires que dans leurs vertus académiques intrinsèques. Pourtant, on fait comme si des annonces de crédits non encore investis, des changements de nomenclature et de titulature ronflantes, l'agitation continue autour de projets qui s'empilent sans être jamais ni évalués ni critiqués, la dilapidation de l'argent public au profit d'opérateurs privés allaient opérer ce miracle dont plus de trente années de fausses réformes n'ont toujours pas accouché : faire de la France une grande nation universitaire ».

Un candidat cherche à vanter la réussite de sa politique universitaire. C’est faire bien peu de cas du …« remplacement de l'autonomie annoncée par la directivité de la rigueur et du sacrifice des faibles, des crédits de recherche et d'équipement promis qui ne sont que des traites sur de l'argent emprunté, ce qui enfonce encore le "crédit" international de la France, prétention à jouer dans la cour des grands de l'internationalisation universitaire alors qu'on n'est même pas capable de loger convenablement ses propres étudiants, d'assurer leur emploi, leur santé et leur orientation et qu'on voit dans tout étudiant étranger depuis la circulaire Guéant, non la future Marie Curie du XXIe siècle, mais un immigrant clandestin ou un terroriste potentiel ».

.
- Egalement dans Le Monde Idées, à propos de l'université :
. L'autonomie est une chance pour nos établissements
Alain Beretz -  Strasbourg

. Ne bradons pas les diplômes de la licence ! - Le Monde
Alain Caillié -  Marcel Gauchet
On ne peut demander aux universités d'accueillir tout le public refusé ailleurs et de le diplômer envers et contre tout.

Le taux d'échec pour les titulaires du bac pro serait de 90 % en premier cycle universitaire.


. Une autre pédagogie s'impose face à la montée de la précarité étudiante - Le Monde 20/01/2012
Aziz Jellab,  Lille-III

Autonomie des universités : le piège du budget -
carte de l'évolution des budgets par université en 2007 et 2012

Posté par clioweb à 09:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 avril 2011

Le coup de l’excellence


Le « coup » politicien de «l'excellence » supposée,
et le « coût » social de cette gestion idéologiquement inégalitaire des crédits publics.

dans la revue de presse du 01/04/2011 :
. Faut-il envoyer l'armée dans les écoles ? De Valmy à la Kapisa, le soldat français ... Le Monde Opinions
. TF1 met fin à son Carré Viiip - Le Monde
. Le gouvernement envisage de geler les tarifs du gaz jusqu'à la présidentielle - Libération...
. Tepco aurait installé une webcam sur une des lances à incendie. Juste trois semaines après l'accident nucléaire.
 

- Dans le 20 h de France, mercredi 30 mars, vers la 10e mn, http://jt.france2.fr/20h/

2 reportages sur l'école chatelisée :

. 3 adultes pour 11 élèves d'Aubervilliers (2 profs et 1 assist d'éducation) dans un internat dit d'excellence pour le primaire. Les moyens supplémentaires feraient la différence… Si les moyens ne sont pas le problème, pourquoi réserver un tel ratio à 11 élèves seulement ?

. Une petite annonce pour dénicher un prof d'anglais ? C'est une initiative de parents excédés.
Pourtant, selon le MEN, les profs absents seraient « tous » remplacés (91 % en primaire, 96,5 % en collège). Et le ministre affirme vouloir créer un « vivier de vacataires »  ???, y compris en faisant appel à Pôle emploi. « Vivier de vacataires », serait la dernière invention dans la novlangue des spécialistes de ressources dites « humaines » pour désigner la retour à la précarisation des années 1970 et aux « maîtres-aux » d'alors ?

.
- Cette semaine, l'université est au coeur de l'émission Sur les Docks.

Lundi, Nicole Edelman (Nanterre) et François Jarrige (Dijon) reviennent sur leur parcours, et posent un regard distancié sur leur métier de Maître de conférences. « Moins mal loti que le secondaire, l’enseignement supérieur souffre pourtant de suppressions de postes, de difficultés de recrutement, avec des objectifs d’activité et de productivité des enseignants-chercheurs, dans une corporation surdiplômée dont le salaire en début de carrière ne dépasse pas les 2000€ par mois ». l'émission au format mp3 

Mercredi, vers la 30e minute, l'idéologue thatchérien d'une petite fac privée constate : « nos étudiants paient 15 000 £, mais nous leur offrons une éducation magnifique, les étudiants sont toujours parler avec un professeur en un niveau ou un autre », avant d'ajouter en substance, « si vous nous laissez le temps, dans 2 ou 300 ans, nous pourrons faire comme Harvard ou Yale aujourd'hui, nous pourrons accueillir, sans les faire payer, quelques étudiants méritants... » -
l'émission au format mp3


-  G Tron et la précarité dans la fonction publique - Libération 31/03

« Je pense notamment que la règle intangible de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne devrait pas se poursuivre après 2012 »
A propos des fonctionnaires,  « il y a eu un vrai débat dans la majorité. Il ne s'agissait pas, cependant, de se lancer dans une remise en cause de la fonction publique à un an de la présidentielle »
. sic et resic 
http://tinyurl.com/libe-tron-precarite

Posté par clioweb à 09:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 novembre 2010

La faute à l'Ecole

faute1_lm

Pourquoi les jeunes sont-ils descendus dans la rue, parfois très violemment ?
Pour manifester contre la réforme sarkozyste des retraites ?
Pour dénoncer une politique économique qui les contraint à la précarité ?
Les Echos  ?
Non pas.
Mais Le Monde de l'Education (10/11/2010, pas encore en ligne) qui a d'autres explications : « C'est en France, en Espagne et en Allemagne que les jeunes ont le moins le moral » selon la Fondation pour l'innovation politique (une source à situer politiquement..)

« Est-ce la faute de notre système éducatif ou universitaire ?
Sans doute un peu.
Même si les choses s'arrangent doucement. Ainsi, peu à peu, l'université s'intéresse à l'insertion des étudiants... »

L'école reste (trop ?) éloignée du monde du travail... « elle use les jeunes à la compétition ... elle stresse la jeunesse .. elle oriente par l'échec ... elle fige les inégalités de naissance... »

« L'Ecole n'offre aucun lieu de discussion...  « aujourd'hui, les jeunes n'ont plus d'espace pour discuter. Alors, ils descendent dans la rue se faire entendre », estime Thierry Lefebvre [? Paris-Diderot cinéma ?]. Selon l'universitaire, si « la confrontation des opinions avec la médiation d'un adulte » avait lieu dans l'école, [sur le modèle des débating cubs aux USA et au Royaume-uni] cela éviterait peut-être certaines descentes dans la rue. [n’est-ce pas une des missions de l’Education civique ?]

« La sacralisation du savoir cultivé se double de l'omnipotence du système scolaire public. C'est à lui, et à sa hiérarchie de valeurs, qu'a été confiée la formation professionnelle initiale, à la différence de l'Allemagne, où les entreprises jouent un rôle majeur... ».   

Le journal vante l'aide personnalisée, les stages pendant les vacances, les actions d'insertion professionnelle

L’article se termine par deux lignes qui nuancent fortement tout ce qui précède : « Ce qui repose la question de la conjoncture économique. Sans croissance, même avec la meilleure formation, tant académique que professionnelle, l'université ne pourra pas faire de miracle ».

faute2_lm
Une classe pour un dessinateur du Monde : 21 élèves...
à comparer avec la réalité aggravée par la réforme en cours...
Noter aussi la mise en page et la part du texte dans un journal de référence...


-  Crise économique ? crise sociale ? crise de l’école ?
Attali a les analyses et les solutions miraculeuses…

Extraits :
« Tous les pays qui savent utiliser les technologies de l'information et de la communication pour mettre en place cette société de la connaissance ont déjà une longueur d'avance sur les autres. Or la France est classée 24e sur 27 par la Commission européenne pour l'utilisation des technologies numériques à l'école ».

« ... quelque 15 % des enfants ont des difficultés lourdes à l’etnrée en 6eme et la moitié n'est pas assez autonome pour bien s'en sortir. Mais à ce moment-là il est déjà trop tard pour agir ».

« Il faut traiter le problème plus en amont. Mettons d'abord l'accent sur la formation des formateurs de la petite enfance. En France, seuls 40 % des personnels qui accueillent les très jeunes enfants ont reçu une formation qualifiante. En Finlande, pays dont on vante les résultats scolaires, tous ont l'équivalent d'une licence »

« En effet, il nous faut un projet éducatif radicalement différent. Il faut que le directeur de l'école soit un vrai patron qui choisisse ses maîtres, que les maîtres aient une obligation de présence plus large qu'aujourd'hui dans l'établissement, qu'ils soient mieux payés, aussi. Si le chef d'établissement voit qu'un enseignant a des soucis, il faut qu'il soit en capacité de l'envoyer en formation. Et si l'enseignant en a assez, il faut qu'il puisse se reconvertir.
L'enseignement doit pouvoir être le métier d'une demi-vie ».

« Par quoi commence-t-on ?
Par la valorisation de l'échec. Quand on aura compris dans ce pays qu'on apprend en se trompant, on reconstruira l'école différemment. Il faut que l'école soit le lieu où l'on apprend à apprendre ; le lieu où se révèle le point d'excellence de chaque élève ».

Posté par clioweb à 09:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,