01 avril 2017

G et le capitalisme de surveillance

 

Google, nouvel avatar du capitalisme, celui de la surveillance, traduction Framablog
Shoshana Zuboff est professeur émérite à Charles Edward Wilson, Harvard Business School.
http://framablog.org/2017/03/28/google-nouvel-avatar-du-capitalisme-celui-de-la-surveillance/
http://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/the-digital-debate/shoshana-zuboff-secrets-of-surveillance-capitalism-14103616.html


La plupart des gens attribuent le succès de Google à son modèle publicitaire.
Longtemps la force de Google a reposé sur l’efficacité de son moteur de recherche.
Les données sur les utilisateurs ne servaient qu'à affiner la recherche.

Avec le capitalisme de surveillance, ce sont les données personnelles qui sont privatisées et font la fortune des multinationales qui s’en servent pour vendre des prédictions sur le comportement possible des internautes. « C’est une forme de marché sans précédent dont les racines se développent dans un espace de non-droit. Il a été découvert et consolidé par Google, puis adopté par Facebook et rapidement diffusé à travers l’Internet »

« Le capitalisme de surveillance est une mutation économique nouvelle, issue de l’accouplement clandestin entre l’énorme pouvoir du numérique (avec l’indifférence radicale et le narcissisme intrinsèque du capitalisme financier) et la vision néolibérale qui a dominé le commerce depuis au moins trois décennies, en particulier dans les économies anglo-saxonnes ».

« A partir de l’exemple de Google, Shoshana Zuboff analyse les pratiques sauvages de l’extraction de données par ces grands acteurs économiques, à partir des individus, des sociétés, et surtout du quotidien, de nos intimités. Cette appropriation des données comportementales est un processus violent de marchandisation de la connaissance « sur » le comportement de l’autre et son contrôle. C’est ce qu'elle nomme Big Other est la puissance souveraine d’un futur proche qui annihile la liberté que l’on gagne avec les règles et les lois »



Quelles réponses possibles ?
Quel vaccin ?

Nous avons besoin de nouvelles interventions qui interrompent, interdisent ou réglementent :

1) la capture initiale du surplus du comportement,
2) l’utilisation du surplus du comportement comme matière première gratuite,
3) des concentrations excessives et exclusives des nouveaux moyens de production,
4) la fabrication de produits de prévision,
5) la vente de produits de prévision,
6) l’utilisation des produits de prévision par des tiers pour des opérations de modification, d’influence et de contrôle,
et 7) la monétisation des résultats de ces opérations.

Tout cela est nécessaire pour la société, pour les personnes, pour l’avenir,
et c’est également nécessaire pour rétablir une saine évolution du capitalisme lui-même.

 

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06 octobre 2013

Un droit à l'oubli numérique ?

 

L'Histoire au piège de la Toile - Le passé aux oubliettes ? Le Monde culture et idées 05.10.2013
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/03/le-droit-a-l-oubli-numerique-inquiete-les-historiens_3489513_651865.html
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/10/03/le-droit-a-etre-oublie-genese-d-une-idee-neuve_3489511_651865.html


L’UE prépare un texte sur la protection des données personnelles. Jan Philipp Albrecht député Verts rapporteur a retenu 350 projets d’amendements dans la version de janvier 2013.
L'AAF (Association des archivistes français) a lancé une pétition qui a récolté plus de 50 000 signatures : les signataires craignent ne plus pouvoir travailler si les données sont détruites après un temps de conservation limité ou si elles sont anonymisées.
Denis Peschanski,: « Je ne peux pas dire aujourd'hui quelles archives vont être utiles aux historiens dans trente ans ! Je ne sais pas quelles questions ils vont poser, avec quels outils ».

[ Lionel Maurel a contesté la première version de la pétition de l'AAF (confusion entre rapport et projet de règlement) :
SavoirsCom1 : Données personnelles : non, le règlement n’est pas un danger - 06.04.2013
http://www.savoirscom1.info/2013/04/06/donnees-personnelles-non-le-reglement-nest-pas-un-danger/ ]

Pour Florence Decamps, il faut garantir un droit à la connaissance. « Il faut créer des exceptions légales, afin que les gens qui exploitent les données personnelles à des fins de connaissance ne soient pas mis dans le même sac que ceux qui les exploitent à des fins commerciales »
Fin octobre, le parlement européen devra trancher sur le sujet et s’accorder avec conseil des ministres et commission. La version européenne saura-t-elle répondre aux attentes contradictoires ?

L’amnistie et la prescription sont des formes juridiques du droit à l’oubli.
En 1973, un loi suédoise limite la durée de vie des données à la finalité de leur collecte.
En France, la loi informatique et libertés prévoit un droit à l’accès et à la rectification des données et limite leur durée de conservation. Une charte du droit à l’oubli numérique a été signée en 2010 par des publicitaires. Facebook et Google n'ont pas signé.

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Posté par clioweb à 08:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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