20 juillet 2017

Quelle évolution du CNRD ?

 

- Concours national de la Résistance et de la Déportation
arrêté du 23-6-2016 - J.O. du 28-6-2016
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=103870


- La Refondation du CNRD (concours national de la Résistance et de la Déportation), Tristan Lecocq, IGEN

http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/la-refondation-du-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation/

Avant 2010, la 2 GM occupait trois chapitres dans un manuel de première :
la guerre mondiale, la France dans la 2 GM, la destruction des juifs par l'Allemagne nazie

Depuis Chatel, 1 seul chapitre met l'accent sur une guerre d'anéantissement.

1. Un concours adapté aux programmes, des procédures simplifiées, de nouveaux participants
« les thèmes annuels proposés seront adossés aux programmes d’enseignement, dans leur triple dimension académique, didactique et pédagogique »

2.Un concours mieux préparé, mieux harmonisé, mieux valorisé
« L’enseignement de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, en collège et dans les lycées, la réflexion sur les mémoires de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, le recul critique par rapport à un savoir en permanente évolution sont ainsi au cœur de la rénovation du CNRD »


- La revue Historiens & Géographes publie la tribune de Franck Schwab (APHG Lorraine)
http://www.aphg.fr/CNRD-vers-la-lobotomie

Dans un article mis en ligne le 30 mars 2017 sur le site du Souvenir français et intitulé « La refondation du CNRD », l’Inspecteur général Tristan Lecoq présente aux membres de cette honorable association ce que devrait être le nouveau Concours national de la Résistance et de la Déportation mis au point par les services de l’Education nationale. L’époque est aux refondations. Après avoir « refondé » l’école et peut-être avant de refonder la République - voire l’Europe - il fallait sans doute chercher à « refonder » le CNRD, même si, rappelons-le, celui-ci continue de se porter comme un charme puisqu’il est toujours, et de très loin, le premier concours scolaire du pays. Or, qui dit refondation du CNRD dit forcément redéfinition de ses objectifs. Les voici crûment formulés : « Le concours porte sur la résistance à l’occupant et à ses vassaux, sous toutes ses formes, extérieure et intérieure, militaire et politique, du 18 juin 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il porte sur la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, ses étapes et ses espaces, ses processus et ses appareils, ainsi que la déportation d’autres minorités telles que les Tziganes. » Et c’est tout, fin des objectifs !

Le nouveau concours reste donc strictement centré sur la résistance des Français à l’occupant en faisant totalement l’impasse sur la dimension européenne du phénomène (pour la refondation de l’Europe, ce sera une autre fois...) alors qu’il aurait sûrement pu être judicieux de faire travailler les élèves sur la résistance allemande. Surtout, il limite désormais l’étude de la déportation au seul cas des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles étaient et qui appartenaient donc à ce que les historiens appellent aujourd’hui la « déportation de la persécution » : les Juifs et les Tsiganes, en premier lieu, mais aussi les membres de ces « autres minorités » que sont par exemple les homosexuels ou les Témoins de Jéhovah. A l’inverse, le futur concours va maintenant faire entièrement l’impasse sur l’« autre déportation », celle des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles faisaient et qui ont appartenu à ce que les historiens appellent la « déportation de répression ». Exit donc du concours le déporté résistant qui s’est battu pour la liberté et pour une certaine idée de l’Homme et de la société jusqu’à l’intérieur des camps de concentration. Plus rien désormais sur ces refondateurs de la République et sur leur expérience terrible du système concentrationnaire nazi. A l’heure où les programmes d’éducation morale et civique mettent l’accent sur la notion d’engagement, c’est tout à fait surprenant et c’est même, disons-le, quasiment scandaleux.

Nuit et Brouillard ; connais plus ; Charlotte Delbo et ses compagnes entrées à Auschwitz en chantant La Marseillaise : connais pas ; Robert Antelme : connais pas ; par voie de conséquence, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Natzweiler, Mauthausen : connais plus. Et puisque parler des camps, c’est toujours parler d’Europe : Jorge Semprun, connais pas ; Boris Pahor : connais pas ; Ernst Wiechert : connais pas... Ce n’est plus de refondation dont il est question ici mais d’oblitération, voire même de lobotomisation de toute une partie de notre cerveau : celle où se trouve la mémoire de la déportation résistante que le concours a pourtant vocation à entretenir au même titre que la mémoire de la Shoah. Alors certes, en risquant volontairement leur vie pour le pays, les déportés résistants ont eu le mauvais goût d’avoir partie peut-être trop liée avec ce prétendu « roman national » tant décrié par certains « beaux esprits » de l’historiographie actuelle pour qui l’histoire de France n’est qu’une construction idéologique dépourvue de toute crédibilité (d’ailleurs, c’est bien connu, la France n’existe pas et personne n’a jamais eu envie de mourir pour elle). Mais faut-il que le concours « refondé » aille dans le même sens en reniant toute une partie de ce qui a fait jusqu’à aujourd’hui son identité ?

Peut-être pouvons nous rappeler, pour finir, ce que disait en 2009 dans la revue Le Déporté (n° 562) un autre inspecteur général de l’Education nationale récemment disparu qui fut, entre 1993 et 2001, le dernier déporté résistant ayant présidé le jury du CNRD. A la question « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? », Jean Gavard - puisque c’est de lui dont il s’agit - répondit : « Je pense que si tout continue ainsi, un jour nous irons dans le mur. J’ai peur que ce qui se passe en ce moment nous ramène vers des tendances totalitaires. Car si les difficultés augmentent encore, il y aura toujours un homme providentiel qui prétendra sauver tout le monde. En France, on a cette inclination-là ; rechercher l’homme providentiel. L’Histoire nous l’a appris : Napoléon III, le général Boulanger et même Pétain car, à ses débuts, il a été accepté. Le risque existe, c’est certain. C’est pourquoi je pense que mes amis déportés résistants et tous ceux qui acceptent de travailler à nos côtés ont un rôle important et majeur à jouer. » Mais non, mais non cher Jean, l’Education nationale ne le pense pas puisque la mémoire de votre déportation, comme celle du Père Jacques, que vous avez fréquenté à Mauthausen, ou la mémoire de la déportation de Germaine Tillion à Ravensbrück - pourtant très officiellement célébrée lors de la dernière panthéonisation - disparaissent du concours que vous avez présidé. Et ne nous répondez pas, je vous prie : « Nous n’avons sûrement pas fait tous ces sacrifices pour aboutir à cette société de consommation qui s’étale sous nos yeux. Nous rêvions d’une société infiniment plus fraternelle. » Il faut être de son temps, savoir évoluer, que diable ! Répétez après nous : « Je refonde, tu refondes, nous refondons... »

Franck Schwab,
Rédacteur au Patriote Résistant
Ancien lauréat départemental du CNRD avec ses classes.
Le Patriote Résistant
n° 919 - mai 2017. Tous droits réservés.


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01 novembre 2012

Caen : Mémoriales 2012

 

caen-memoriales



Les Mémoriales, La Seconde Guerre Mondiale aujourd’hui
Mémorial de Caen, 7-12 novembre 2012

Parmi les activités annoncées :

Mercredi 7 novembre
14h30-17h00 I Séminaire : « La figure du traître et du collabo »

19h15-22h00 : conférence d'Antony Beevor, « La Seconde guerre mondiale : une guerre planétaire à redécouvrir »


Jeudi 8 :
9h30-18h colloque : « La police de sécurité allemande et ses auxiliaires en europe occupée (1940-1945) : nouvelles recherches et perspectives comparées »

20h30 : « Dénoncer sous l’occupation », documentaire de David Korn-Brzoza
suivi d'un débat avec Laurent Joly.


Vendredi 9
9h30-10h30 : « Repenser la Solution finale »

10h30-11h30 : « À quoi pensent-ils en massacrant ? »
Jacques Sémelin et Florent Brayard modérateurs

14h00-15h30 : « La Shoah par balles : nouvelles recherches »


Samedi 10
11h00-12h30  : « aspects méconnus de la Résistance : faits et mémoires »
Cécile Vast, modératrice

11h30-12h30 : « Les « oubliés » de la Déportation »

15h00-16h00  : « Témoigner de la persécution et de la déportation »

17h00-18h00  : « Histoire et mémoire : le noeud gordien des historiens ? »
Annette Wieviorka et Pierre Laborie


Dimanche
14h30-16h00 : « Musique et chanson en temps de guerre »


Lundi 12 : Journée pédagogique avec des tables rondes

9h30 - « Mémoire et histoire »

13h30-15h30 : Mémoriaux et parcours pédagogiques

16h-18h : « La place de l’histoire à l’école »
dont JB Pattier, La 2GM enseignée dans 8 pays européens depuis 1945


programme complet au format pdf
http://www.memorial-caen.fr/memoriales/images/les-memoriales.pdf

http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/10/22/25394295.html

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22 octobre 2012

Caen : Mémoriales 2012


dans l'agenda du Mémorial de Caen

Mercredi 7 novembre 2012
Conférence « Le musée : Enjeu de tourisme d’histoire et de développement territorial »
- Séminaire « Seconde Guerre mondiale » de l’UFR d’histoire
- 19 h15 - Conférence d'A Beevor « La 2GM : une guerre planétaire à redécouvrir »

Jeudi 8 novembre 2012 (9 h à 18 h)
Colloque « junior » Ciera
thème : La police de sécurité allemande et ses auxiliaires en Europe occupée (1940-1945) : nouvelles recherches et perspectives comparées »

Vendredi 9 novembre 2012
- Séminaire : « L’actualité de la recherche en partenariat avec le Mémorial de Caen »
Séminaire : « Images et représentation de la Seconde Guerre mondiale »•
- La face cachée d’une renaissance. La production, les producteurs 1939-1944
projection du film d’Alain Tyr et Francis Gendron suivie d'un débat
- Conférence : « Le succès de la Seconde Guerre mondiale à la télévision »

Samedi 10 et dimanche 11 novembre 2012
Salon du livre
- Tables rondes
- Cafés littéraires
- Animations : visites guidées, atelier pédagogique

Lundi 12 novembre 2012
- Journée pédagogique « Mémoire et Histoire »
- Groupe de réflexion sur « La place de l’histoire à l’école »
- Conférence par Pierre Nora « L’historien dans la cité : son rôle, son action, son engagement »


rappel :
Mercredi 24 octobre, 9h30 - 17h15
La persécution antisémite en France : le tournant de l'année 1942
http://www.memorial-caen.fr/portail/images/Programme0913.pdf

Le tournant de l’année 1942 : les rafles et l’internement des Juifs en France
L’opinion française face au port obligatoire de l’étoile jaune aux premières rafles. Histoire et mémoire.
La mémoire de la Shoah en France : du témoignage à la représentation filmique

Mercredi 24 octobre, 20h30
Ce qu’ils savaient. Les Alliés face à la Shoah
projection et débat en présence de la réalisatrice Virginie Linhart
et de la productrice Fabienne Servan Schreiber


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30 octobre 2010

Face à la persécution

zalc_991

Face à la persécution : 991 Juifs dans la guerre,Odile Jacob, 9/9/2010
La Fabrique, à partir de la 10e minute (1)
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-29.10.2010-ITEMA_20249941-0.mp3

La lecture par Ivan Jablonka pour La vie des idées - 28-09-2010
http://www.laviedesidees.fr/Le-993e-homme.html

Sosche Salik est décédée en 2003. Les archives de sa petite entreprise ont été le point de départ de cette recherche.
La Voix du Nord, 13/09/2010

Publications de Claire Zalc
http://www.ihmc.ens.fr/Publications-Claire-Zalc.html

. (1)
14 e : Vous n'êtes pas spécialistes de la 2 GM ?
Claire Zalc, vous avez travaillé sur le petit commerce dans les années 30...

Oui, c'est le sujet de ma thèse, mais l'historien n'a pas à porter des étiquettes toute une vie de chercheur.. Les itinéraires doivent rester ouverts, on a bien besoin d'un peu d'air frais...

25e : habituellement, on attend des réponses toutes faites, parce qu'on se projette dans l'époque et on se demande ce qu’on aurait fait. En fait, la quantification incite à la prudence. Certains critères peuvent paraître déterminants (la famille - avec plus de 3 enfants- l'âge - les très jeunes et les plus âgés quittent difficilement Lens, de 16 à 30 ans, on est davantage mobile). Mais il n’y a aucun déterminisme, et chaque personne garde une marge de manœuvre par rapport à tous ces déterminants.
Cela oblige l’historien à penser et à savoir penser la complexité.

30e : Qu'est-ce qu'être juif ?
du point de vue des juifs lensois, ce n'est pas seulement être persécuté par les autorités, c'est aussi choisir de dire ou de taire sa judéité, de la vivre à différents moments, mois par mois.

du point de vue des autorités, c'est l'arbitraire le plus complet ; les critères sont flous et instables (race, religion...). Les statuts de 1940 et 1941 renvoient le problème aux grands parents sans réponse précise [plutôt la race en 40, plutôt la religion en 41]. Pour la police et la justice de Vichy, ceux qui se sont déclarés sont repérés et donc exposés aux arrestations et aux rafles.

Pour ceux qui ont survécu, ces déclarations ou non déclarations les ont poursuivi après la guerre et après la fin de la destruction planifiée par les nazis.

41e : l’étude suit les 456 déportés à Malines et à Fives-Lille, puis à Auschiwtz-Birkenau. 17 seulement sont revenus.
Les sources sont ténues, mais elles existent encore, malgré la volonté de destruction des nazis.

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- Requiem allemand de Amos Elon

Dans le grain à moudre du 26/10, Les Juifs et l'Allemagne. L'élite fait le choix de l'assimilation (cf Walter Rathenau), de la langue et de la culture allemande. Mais les ultra-nationalistes racistes ne veulent voir dans les écrivains de langue allemande de la Mitteleuropa que des "cosmopolites"...
en mp3 : http://media.radiofrance-podcast.net/

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