31 août 2014

INRAP : 12 atlas interactifs


inrap-atlas

 

Tours, Orléans, Marseille, Besançon, Reims, Sénart...
A85, A65, Canal Seine-nord Europe, LGV Est européenne (2 liens web), LGV Rennes-Le Mans,
12 atlas multimédia interactifs sont disponibles sur le site de l'INRAP (source EL)

« La collection des atlas interactifs offre une approche des fouilles archéologiques réalisées dans une ville ou le long d’un tracé ferroviaire ou routier : cartes des sites, synthèses historiques, reportages vidéo, restitutions en 3D. Chaque atlas est conçu pour être diffusé en ligne ou sur borne d’exposition ».

http://tinyurl.com/inrap-12atlas
ou http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources/

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources/p-10455

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01 juin 2012

Vincent Peillon à Orléans

 

- Vincent Peillon inaugure le 5ème Forum des enseignants innovants - Le café pédagogique

Le ministre a assuré vendredi à Orléans qu'il ne dirigeait pas un ministère comptable et que la pédagogie serait au coeur de la refondation de l'Ecole de la République - Le ParisienLibération - 01.06.2012

Le discours en extraits audio :
http://audioboo.fm/boos/828415-discours-de-vincent-peillon-1-4
http://audioboo.fm/boos/828423-discours-de-vincent-peillon-2-4
http://audioboo.fm/boos/828426-discours-de-vincent-peillon-3-5

http://audioboo.fm/boos/828434-discours-de-vincent-peillon-5-5


Le site web du Forum

Twitter :

Twitter : Jérôme Staub



- L'HG en Première : des programmes ambitieux ou invraisemblables ?

« Les nouveaux programmes d’histoire-géographie de première s’inscrivent dans une approche novatrice pour ces deux disciplines, mais ilsont été conçus de façon déconnectée de la réalité des établissements : acquis des élèves, contraintes horaires, pression de l'examen en 1ere S … multiplicité des types d’épreuves… »
« Les programmes sont peut-être ambitieux dans l’esprit, mais, dans leur mise en œuvre, pour être « efficace », l’enseignant doit être dénué d’ambition et oublieux du sens » écrivent Vincent Capdepuy et Mathieu Ferradou, (collectif Aggiornamento) dans les Cahiers pédagogiques, no 497, mai 2012


- ""Formation"" des profs : un bilan globalement positif ?? - Parmi les 17 rapports publiés récemment, « contre toute attente, un bilan d’étape réalisé par deux inspecteurs généraux qualifie de réussite la première année de mise en œuvre de la politique menée par Luc Chatel en 2010-2011 ». Le Monde, blog Education.
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2012/05/31/le-seul-rapport-qui-plebiscite-la-masterisation/

Marie Mégard et Jean-Pierre Hédoin, les deux IG, parlent de « bilan globalement positif » de l'hamsterisation et de la suppression de la formation initiale en alternance : « A l’issue de cette première année de mise en oeuvre, les conditions d’une construction progressive et adaptée aux contraintes locales d’un régime de croisière de la nouvelle formation des enseignants paraissent réunies ... »
http://media.education.gouv.fr/file/2011/52/6/2011-093_215526.pdf


- Pédagogies, utopies, révolutions (1789-1848)
Journée d'étude - Samedi 16 juin 2012 - Paris (75005)
L’école révolutionnaire : une utopie pédagogique en actes
Les pédagogies politiques : convaincre, expliquer, régénérer
http://calenda.revues.org/nouvelle24188.html


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10 mai 2012

Education : quelle politique ?


- NS, FH,  deux parcours politiques - http://29.media.tumblr.com/tumblr_m3qv0mAQs81qhwr35o1_r1_1280.png 

- Québec : Printemps Erable, les étudiants reconduisent la grève. Le Monde Amériques


- François Hollande, L'école, fondement de notre République - 
Je veux une refondation de l'Ecole -  le discours d'Orléans - 9 février 2012

Le texte : http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article669
Les vidéos sur le site du PS :
http://www.parti-socialiste.fr/articles/francois-hollande-je-veux-une-refondation-de-lecole

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- Quelle politique pour l'éducation après le 6 mai ? - Rue des Ecoles  09.05.2012

Les points de vue de trois journalistes :
Emmanuel Davidenkoff,  L'Etudiant
Natacha Polony, Le Figaro
Maryline Baumard, Le Monde

Après un débat entre 2 politiques, la vision des journalistes ... L'émission est révélatrice à travers les arguments (le flou supposé ou la négociation globale, une prétendue vision commune ump-ps), les sous-entendus, les paradoxes (Qui a supprimé les iufm ?)
Une émission est-elle prévue avec les acteurs de terrain ?

L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11192-09.05.2012-ITEMA_20367062-0.mp3


Dans le monde de l'Education, les attentes sont immenses, après 5 ans de casse méthodique.
Les réponses seront-elles à la hauteur des attentes ?

La protestation contre la logique managériale a beaucoup fédéré.
Sera-t-il possible de susciter un consensus entre des tenants de visions opposées de l'Ecole ?

Le calendrier est aussi difficile : il faut mener de front le court terme (les législatives, "Comment gérer la rentrée 2012 et lui donner un petit air de rentrée de gauche, alors qu'elle a été préparée par Chatel et la droite ?") et le long terme ("refonder une école républicaine, cela ne se fait pas en claquant des doigts"). De nombreux dossiers sont explosifs (définition du métier, rythmes, évaluations ). La négociation avec les partenaires ne sera pas simple. Les syndicats sont divisés (et moribonds selon la formule d'E.D.).


Parmi les enjeux évoqués lors de l'émission :
- Quelles doivent être les priorités de l'Ecole ? Les savoirs ? La formation intellectuelle ? (cf l'ex des maths où l'apprentissage de la numération occupe une place excessive)
- Quelle formation des profs reconstruire après la démolition chatelienne ?

- La place du numérique à l'école est abordée en fin d'émission.
On y entend surtout un choc d'opinions et des considérations qui paraissent très vagues ( Enseigner l'essentiel, l'allusion aux Zipad :-), le choc des pros et des antis,  L'informatique outil, Apprendre à débrancher les écrans...).
Sur ce terrain, écouter plutôt D Cardon et S Soudoplatoff à Lyon.

 



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- Education : le programme Hollande pour la rentrée scolaire
Maryline Baumard, Le Monde 10.05.2012
http://www.lemonde.fr/education/2012/05/10/le-programme-hollande-pour-la-rentree-scolaire

Le Monde cite les "hommes de l'ombre" qui ont travaillé sur le dossier :
Jean-Paul Delahaye
Alexandre Siné
Jean-Yves Daniel
Daniel Assouline
Daniel Bloch
Bruno Julliard
Yannick Trigance

- Quelles urgences pour le prochain ministre ? E Davidenkoff, France-Info

- Le quinquennat NS a divisé profs et chefs d'établissement - Le Monde 09.05.2012
http://www.lemonde.fr/ecole/2012/05/09/divise-profs-et-chefs

.http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse/question-d-education/quelles-urgences-attendent-le-futur-ministre-de-l%E2%80%99education-nationale-611003-201

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François Hollande, Refonder l'Ecole

 

- François Hollande, L'école, fondement de notre République -

Je veux une refondation de l'Ecole - le discours d'Orléans - 9 février 2012

Le texte du discours : http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article669

Les vidéos sur le site du PS :
http://www.parti-socialiste.fr/articles/francois-hollande-je-veux-une-refondation-de-lecole

 

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27 avril 2012

Orléans-T : Stupeur de profs de physique


Stupeur de profs de physique, invités par leur rectorat à... changer de métier.
.....................................................................................Le Monde Education - 27.04.2012

Une lettre de la DRH du rectorat d'Orléans-Tours engage vivement les professeurs remplaçants de physique-chimie à réfléchir à une reconversion (...) en vue d'un changement définitif de discipline, voire un autre métier (10.04.2012).

« Stupeur et colère des destinataires ».
« La rectrice elle-même, Marie Reynier, se dit choquée ».
La réforme Chatel a supprimé de nombreuses heures en 2de, en Term, en STI
« Sur les 104 enseignants remplaçants de sciences physiques de l'académie,
41 ont dû s'improviser profs de maths ».

Dans cette gestion à courte vue, on suggère aux profs
de créer leur propre entreprise (pour vendre du soutien scolaire ?
Pour fournir des remplaçants au collège de Sarreguemines ?)
http://www.lemonde.fr/ecole/2012/04/27/stupeur-de-profs-de-physique


- Voir une copie de la lettre sur le forum Aggiornamento - 23.04.2012
https://groups.google.com/group/aggiornamento-histgeo/

Extrait :
orleans-physique

« Néanmoins les besoins dans la discipline des sciences physiques restent inférieurs aux
ressources disponibles et un certain nombre d'entre vous ne pourront se voir confier
un service d'enseignement dans leur discipline. L'affectation dans une discipline connexe
que les textes autorisent constitue une solution temporaire, mais je vous engage vivement
à réfléchir à une reconversion plus durable en vue d'un changement définitif de discipline,
voire un autre métier, si vous voulez stabiliser votre situation. »


>> La rectrice elle-même, Marie Reynier, se dit choquée.

L'an passé, elle avait elle-même réussi à déclencher un vrai-tollé
Relire La Nouvelle République et Le Monde du 22 juin 2011 :
« Marie Reynier, la rectrice de l’académie d'Orléans-Tours,
relance la polémique sur les enfants d'immigrés »
http://clioweb.canalblog.com/tag/balbuzard

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20 février 2012

Un crime français : Jean Zay

 

Un crime français
Jean Zay, ministre de l'Education nationale du Front Populaire, a été condamné par Vichy en 1940 et assassiné en 1944 par la Milice (52 mn). Le documentaire a été écrit par Dominique Missika et Catherine Bernstein, et réalisé par Catherine Bernstein.

A voir ou enregistrer ce soir, sur France 3, à 23 h 55 !!!
Il a été projeté en décembre par l'association Ciné Histoire et novembre par France3 Centre.
http://programmes.france3.fr/documentaires/
http://videotheque.cnrs.fr/doc=2821

L'article de Libération vaut le détour, mais il faudra attendre pour le lire : Jean Zay n'avait sa place ni dans la mémoire gaulliste, ni dans celle des communistes.
http://www.liberation.fr/medias/01012390950-jean-zay-un-meurtre-d-etat


. rappel : Jean Zay (1904-1944)
Mémoire d'un homme, modernité d'une oeuvre
http://www.cndp.fr/crdp-orleans-tours/jean-zay/
oublier l'adresse http://aegir.cndp.fr/crdporleans/crdp/jean-zay/ qui ne répond plus

jeanzay

 

Caroline Piketty, Les papiers de Jean Zay.
Nouvelles sources d’archives pour l’histoire du début du XXe siècle - Histoire & Politique n°16, janvier 2012
http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=16

Cible de l'extrême droite à partir de 1934, il entra au gouvernement en janvier 1936. En juin de cette même année, Léon Blum le nomma ministre de l'Éducation nationale et des Beaux Arts, en faisant de lui le centre politique de la vie culturelle française. Arrêté en août 1940 par la police française à son arrivée au Maroc à bord du Massilia, il fut emprisonné et accusé de désertion le 4 octobre 1940, lors d'un procès hautement politique qui le condamna à la réclusion perpétuelle. Durant ses quarante-sept mois d'enfermement, Jean Zay rédigea des lettres, des nouvelles, des notes sur son travail de ministre, des réflexions sur la mémoire et sur sa solitude. En juin 1944, il fut remis entre les mains de la Milice qui l'assassina.

Jean Zay adorait la littérature, le théâtre, la musique, les sports. Ses goûts et ses passions s'ancraient dans une vie familiale épanouie. Ces documents uniques révèlent sa façon de travailler, son humanisme et éclairent l'histoire française des années 1930 et du début 1940.

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16 février 2012

L'Ecole selon François Hollande

 

Le discours de François Hollande sur l’Education
Orléans - jeudi 9 février 2012




Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je suis venu ici à Orléans pour vous parler de la France, de ce qui la rassemble, et donc de l’Ecole, fondement de notre République.

J’ai mis la jeunesse au premier rang de mes engagements dans cette campagne présidentielle.

Parce que c’est l’atout de la France. Nous sommes le pays le plus jeune d’Europe. Notre jeunesse n’est pas une charge, un danger ou un risque. C’est une chance, un levier, une opportunité.

Parce que c’est la condition de notre redressement. La compétitivité, ce n’est pas seulement une comparaison entre des coûts, c’est la capacité technologique, c’est l’investissement humain, c’est le savoir-faire, c’est le niveau de formation d’une Nation. Notre jeunesse nous fournit les meilleures armes dans la mondialisation.

 Parce que c’est l’enjeu de notre cohésion nationale, notre jeunesse est diverse. Par ses origines, ses conditions, ses territoires. Elle porte des aspirations communes. Mais il est de notre devoir de l’unir autour des mêmes valeurs, celles de la République, de la laïcité, du civisme, de l’engagement.

C’est aussi la responsabilité de l’Ecole.

La campagne présidentielle est un moment majeur de notre vie démocratique. Elle est l’occasion pour les Français de désigner un chef de l’Etat pour les représenter, et conduire pendant cinq ans le destin de notre pays. C’est aussi le choix d’un projet. C’est-à-dire des orientations qui vont être autant d’engagements à respecter dans un contexte éminemment difficile. Une crise financière, économique, budgétaire et sociale. J’ai proposé le redressement dans la Justice. Mais cette élection est aussi une conception de la société française et même de la République.

Je veux vous livrer la mienne.

Nous sommes un grand pays, avec une longue histoire et qui ne se résout pas à n’être qu’une Nation parmi d’autres. Non par arrogance, mais par fidélité à notre message universel. Nous ne nous vivons pas comme une exception mais comme une construction qui peut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs mais qui n’a pas vocation à l’alignement et encore moins à la soumission de la Finance, aux marchés ou à des disciplines sans perspective qui n’a pas besoin qu’on lui impose un modèle, même estimable.

Je sais que les doutes se sont installés sur la place de la France , son destin, son avenir. Comment en serait-il autrement quand le chômage est au plus haut, la croissance au plus bas, quand le déficit commercial atteint un niveau record et quand la Cour des Comptes annonce que la dette publique va atteindre près de 90% du PIB en 2012, contre 60% en 2002. Elle doit donc reprendre confiance en elle. Elle n’y parviendra que si au plus haut sommet de l’Etat, on lui parle de ses atouts, de ses forces, de ses capacités, et si on mobilise tous ses acteurs publics (Etat, collectivités locales), privés (entrepreneurs, salariés, chercheurs), dans un pacte productif qui n’appelle pas des bricolages fiscaux de dernière heure mais une stratégie cohérente autour de la transition technologique, numérique, énergétique, écologique.

Les Français n’adhéreront à des efforts que s’ils sont justes. Ils ne peuvent accepter le creusement des inégalités, l’indécence des rémunérations, la précarisation des plus fragiles (8 millions de pauvres) quand l’injustice fiscale vient s’ajouter à l’arrogance de l’argent, j’entends certains qui menacent de leur propre exil si des sacrifices leur étaient demandés.

Voilà pourquoi j’ai proposé une réforme fiscale qui s’attache à mettre de l’équité, de la transparence et de la simplicité dans nos prélèvements qui épargnent les plus modestes et les classes moyennes, lesquelles ont été victimes du quinquennat qui s’achève.

Voilà pourquoi si des économies sont à faire, elles ne peuvent pas porter sur l’Ecole et sur la préparation de l’avenir.

 Le redressement dans la Justice, mais aussi l’Espérance dans la République.

La République, c’est bien plus que des Institutions, qu’il conviendra d’ailleurs de rénover pour donner plus de pouvoir au Parlement, plus de libertés aux collectivités locales, plus d’indépendance à la Justice, plus de droits aux partenaires sociaux. Car la République, ce n’est pas le pouvoir d’un seul décidant de tout sur tout. Le pouvoir d’un seul parti qui devient vite un clan.

La République ce sont des valeurs qui nous permettent de vivre ensemble, qui nous élèvent autour d’un projet au service de l’intérêt commun.

La République c’est un combat. Elle nous unit autant qu’elle nous sépare, chacun a sa sensibilité. Elle nous permet, par le mouvement qu’elle imprime, par les valeurs qu’elle porte, de faire avancer la France. Elle exige de traduire ses valeurs proclamées : Liberté, Egalité, Fraternité, dans la réalité de chaque jour. Nous en sommes loin. Education, emploi, logement, santé, sécurité.

Elle suppose une volonté de progrès, de développement, de croissance. D’où l’enjeu du sursaut. Comme à d’autres époques de notre Histoire.

La République est rassembleuse. Je ne distingue pas les Français selon leur sensibilité ou leur vote. Je veux unir plutôt que séparer, apaiser plutôt que brutaliser. Chaque fois que la gauche a su se mettre à la hauteur de la France, elle l’a fait avancer.

Je m’adresse à ces Français négligés, abandonnés, angoissés pour eux-mêmes et surtout pour leurs enfants, soucieux de l’avenir de notre pays. Je leur dis : « Retrouvons ensemble le chemin des valeurs de la République et de notre Histoire qui nous rend si fiers ».

Le quinquennat qui s’achève aura été celui de la discorde, de la division, du désordre. Stigmatisation des populations les plus fragiles, les chômeurs, les assistés, les étrangers. Polémique blessante sur l’identité nationale, discours choquant sur la nationalité, déclarations provocatrices sur la hiérarchie entre les civilisations, opposition entre les Français, entre le public et le privé, entre les générations, entre les catégories sociales.

Mise en cause des rouages essentiels de l’Etat que sont les magistrats, les hauts fonctionnaires, les enseignants.

Voilà pourquoi notre pays aspire à retrouver confiance, sérénité, apaisement. Surtout avec cette crise qui mine les mécanismes de solidarité, qui appelle à des efforts et qui exige une mobilisation collective.

J’entends un candidat qui ne l’est pas encore et un président qui ne le sera peut-être plus dans quelques mois, évoquer des referendum sur de nombreux sujet, dans l’hypothèse où il serait reconduit. Pourquoi n’y a t-il pas pensé plus tôt, sur le paquet fiscal, sur les retraites, et même sur la TVA ? J’imagine la réponse que lui aurait adressée le peuple français. Mais je vais vous dire le fond de ma pensée sur la meilleur façon de consulter les citoyens sur leur avenir. Nous sommes à la veille de deux scrutins majeurs, l’élection présidentielle d’abord, les législatives ensuite. Que chaque candidat présente son projet, donne ses intentions, précise ses engagements, donne sa vision. Et que les Français choisissent. Le prochain referendum c’est l’élection présidentielle. Veut-on continuer la politique menée depuis cinq ans ou veut-on en changer ? Veut-on poursuivre avec le candidat sortant, ou veut-on changer de président ? Veut-on prolonger le présent ou changer d’avenir ? Alors venez voter le 22 avril puis le 6 mai.

Je veux renouer avec la promesse républicaine. Et la première promesse de la République, c’est l’Ecole.

Je veux que la France retrouve les chemins de l’avenir avec confiance, avec puissance, avec tranquillité.

Je veux le redressement de la France. C’est ce que je vous propose. Ce redressement, il est bien entendu économique, budgétaire, industriel, mais il est aussi et surtout moral et intellectuel. Tout se tient.

La connaissance, le savoir, l’Ecole, ce ne sont pas seulement des dépenses, ce sont des investissements. En termes économiques, la France n’a pas les résultats éducatifs lui permettant de préparer son avenir. De même qu’il y a une corrélation étroite entre la qualification et l’emploi, il y a une corrélation étroite entre les performances scolaires et le niveau de croissance.

Les dernières années n’ont pas été bonnes. Les classements internationaux sont inquiétants. Derrière ces chiffres, il y a une réalité humaine, et je la connais. Des parents inquiets, des élèves parfois en souffrance et trop souvent en difficultés, des professeurs fatigués qui ont le sentiment de ne pas être soutenus par la République. Des classes surchargées, des enfants encore trop souvent laissés sans enseignant, des manuels scolaires pas imprimés à temps, le manque d’équipements sportifs de proximité...

Et, surtout, l’échec scolaire, inacceptable, une forme de scandale, un incroyable et inadmissible gâchis national : 150000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification ni diplôme, des inégalités sociales parmi les plus fortes des pays industrialisés, et qui s’accroissent, des performances en lecture et en mathématiques qui régressent, près de 40% des élèves qui arrivent au collège avec une trop faible maîtrise de la langue écrite.

Il y a là une grave injustice et une plaie pour notre démocratie : comment imaginer que tant de jeunes sortent du système éducatif avec ce que l’on a appelé un sentiment de « vaincus » sans que cela n’entame notre cohésion sociale, notre civisme, notre pacte républicain ? De surcroît, en faisant des économies sur l’école, en l’affaiblissant, on a amputé notre potentiel de croissance à moyen terme.

 Je ne peux l’accepter.

Non l’échec scolaire n’est pas une fatalité ! Non, la performance des uns ne se nourrit pas forcément du recul des autres ! On veut trop souvent nous faire croire que pour que les uns réussissent les autres devraient trébucher ! Les raisons de l’ampleur de l’échec scolaire en France sont ailleurs, dans cette “machine à trier” qu’est devenue notre Ecole. Il faut désormais lancer la bataille culturelle sur la question, pour faire évoluer les mentalités.

Pour être vraiment une Ecole de l’excellence, alors l’école française doit être plus égalitaire.

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’avant, tout était parfait. Ce serait là un argument paresseux auquel je me refuse. Il ne s’agit pas pour moi d’entretenir une nostalgie, de cultiver l’illusion d’un âge d’or qui n’a jamais existé.

Je veux inventer du neuf. Je veux une refondation.

Ces cinq dernières années, la France a perdu beaucoup de temps et de force. Nous héritons d’une dette éducative au même titre que d’une dette financière, et de la même ampleur.

Chacun le sait : les premières années de la scolarité sont déterminantes. Lorsque des difficultés ne sont pas traitées dès les premiers apprentissages, il est très difficile de les corriger ensuite. Les élèves qui peinent à la fin du CP ou du CE1 éprouvent des difficultés tout au long de leur scolarité et leur insertion professionnelle sera la plus compromise.

Certes, la France dispose d’écoles maternelles qui nous sont enviées dans le monde entier. C’est une excellence française. Celle-ci a été attaquée. Le taux d’accueil des enfants de moins de trois ans est passé depuis 2000, de 35 à 13%. La formation initiale et continue, si nécessaire, et le respect dû aux maternelles, à leur personnel, à leur pédagogie, ont été aussi mis à mal.

Mais la France connaît un encadrement trop faible dans son enseignement primaire : 15% de moins en moyenne que les pays développés. Cette situation n’a pas été corrigée. Elle a même été aggravée.

S’ajoute à cela la suppression, en 2008, d’une demi-journée de classe en primaire, ce qui conduit à une année scolaire sans équivalent dans aucun autre pays, avec seulement 140 jours de classe par an. Mais des journées plus longues, auxquelles on a rajouté désormais des cours à la pause du déjeuner, en contradiction totale avec toutes les recommandations sur les rythmes d’apprentissage.

 C’est pourquoi j’ai décidé de faire de l’école maternelle et de l’enseignement primaire une priorité de mon action. Il faut commencer par le commencement. Il faut investir là où l’action éducative est la plus efficace.

Je remonterai le taux de scolarisation chez les enfants de moins de trois ans, en priorité dans les zones de grande difficulté scolaire.

 De manière à protéger l’école maternelle, qui ne doit plus jamais être une simple variable d’ajustement budgétaire, comme cela a malheureusement été le cas ces dernières années, je créerai une réelle obligation d’accueil pour le service public à partir de l’âge de trois ans et je la ferai respecter.

 L’encadrement scolaire doit être renforcé en particulier dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés et aux moments-clés de la scolarité ; pour cela, je m’engage à ce que le principe dit “de plus d’enseignants que de classes” soit adopté et mis en oeuvre.

Je ferai en sorte que les enseignants des classes charnières et décisives pour les apprentissages fondamentaux soient les plus expérimentés.

Les rythmes scolaires devront être réformés pour donner aux élèves le temps d’apprendre, en allongeant le temps scolaire sur l’année et sur la semaine et en diminuant les surcharges journalières, sans diminuer le temps passé à l’école.

Les évaluations permanentes, qui aujourd’hui accablent les professeurs, les empêchent d’enseigner, angoissent les enfants et leurs parents, seront supprimées.

Je suis favorable à l’évaluation de l’Ecole, mais à une évaluation indépendante et incontestable ; c’est ce principe que je ferai adopté.

Les pédagogies doivent évoluer, le travail en équipes doit être encouragé, le recours aux exercices, à l’implication des élèves, le changement des modes d’évaluation, tout ce qui concourt à enseigner différemment, à favoriser l’épanouissement de chaque élève, à organiser la progression et la réussite de tous, tout cela sera développé. Je veux la coopération plutôt que la compétition. C’est ainsi que l’Ecole sera une Ecole de l’excellence.

Il existe désormais un socle commun de compétences et de connaissances, inscrit dans la loi. Nous ne reviendrons pas sur ce principe. Les programmes de l’école primaire et ceux du collège devront, en concertation avec les personnels, être revus afin d’être en cohérence avec ce nouveau socle qui devra lui-même être repensé.

Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une formation initiale et continue des professeurs de qualité. L’actuel gouvernement l’a presque entièrement détruite. Pour des raisons budgétaires, à l’évidence. Pour des raisons idéologiques aussi, n’en doutons pas. Mesurons la gravité de ce geste, et ce qu’il en coûte à la Nation. La Cour des Comptes vient d’en faire le procès.

 Je rétablirai donc une formation initiale et continue des professeurs digne de ce nom.

 Les universités conserveront la responsabilité de cette formation. Au sein de ces universités, les actuels IUFM se transformeront en Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education. Je souhaite que tous les professeurs, quels que soient leurs niveaux de recrutement, qu’ils se destinent à enseigner en maternelle ou à l’université, partagent un moment de formation commun dans ces nouvelles Ecoles Supérieures. C’est cela aussi, la République. Dans ces Ecoles, les enseignements théoriques et pratiques, mais aussi la recherche pédagogique, à laquelle nous donnerons de nouveaux moyens, seront réunis.

L’année de stages sera rétablie.

Pour remédier à la crise du recrutement, mais aussi pour redonner à l’Education nationale son rôle exemplaire de promotion sociale et républicaine, pour permettre aux étudiants de milieux modestes qui souhaitent devenir enseignants mais ne peuvent financer des études longue de le faire, une filière de prérecrutements sera mise en place. Dès la licence, les étudiants intéressés pourront se présenter à ces recrutements.

Le collège concentre, depuis longtemps, bien des difficultés. Mais il y a longtemps qu’il n’est pas, contrairement à ce que j’entends, un collège unique et uniforme où tous les élèves seraient passés à la toise.

Les difficultés, je l’ai dit, il faut les résoudre en amont : comment réussir le collège si 40% des élèves qui entrent en sixième sont déjà en difficulté ?

Ne rallumons pas de fausses oppositions qui ont fait tant de mal à l’Ecole, qui n’ont pas de justification, ni pratique ni théorique, qui trop souvent ne font que refléter le goût de la polémique et de la querelle.

 Il n’ y a pas d’un côté l’instruction, et de l’autre l’éducation ; il nous faut les deux, nous voulons les deux, parce que l’Ecole doit former tout à la fois un travailleur, un citoyen, un homme.

Il s’agit là d’un véritable choix de société.

Ce qui fait la force des systèmes éducatifs qui marchent le mieux, c’est l’importance et la durée du tronc commun. C’est pourquoi je refuse totalement les orientations précoces proposées par l’actuel gouvernement. Vouloir orienter les élèves dès la fin de la cinquième, c’est accentuer les défauts de notre système, c’est trier encore et plus tôt, c’est aggraver encore les inégalités, c’est abaisser le niveau général d’éducation, c’est faire le contraire de ce que font toutes les nations dont les écoles sont performantes et justes, c’est renoncer à la belle ambition que portait le collège unique, c’est revenir en arrière de près d’un demi-siècle. Bref, c’est entrer dans l’histoire à reculons.

Je m’y refuse.

Ce qu’il faut, ce que je veux, c’est l’inverse : permettre à chacun de construire ses choix positivement, lui donner la possibilité d’acquérir les moyens de sa culture, de sa citoyenneté, de sa liberté dans un collège qui réunit tous les enfants de la République, et faire de nos filières professionnelles des vraies filières d’excellence, avec des orientations positives et des débouchés assurés. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.

C’est pourquoi je veux une réforme de l’orientation, qui puisse conduire à respecter le premier choix et à garantir le second, si nécessaire. Je veillerai à ce que les élèves de l’enseignement professionnel, ainsi que leurs enseignants trouvent le soutien et la reconnaissance d’une nation qui a besoin de développer ses capacités productives et qui a besoin d’eux. Du CAP au diplôme d’ingénieur, c’est bien une élite professionnelle que nous devons former avec énergie et enthousiasme.

Je veux que les lycées d’enseignement général, technologique, agricole et professionnel, se rapprochent et que les jeunesses se mêlent.

Je réserverai aux bacheliers des filières technologiques et professionnelles les formations du supérieur qui étaient prévues pour eux et qui aujourd’hui leur sont trop souvent fermées.

Jean Zay était ministre de l’Education, mais aussi des Beaux-Arts, car, et c’est bien ce que disaient les instructions de 1938, ce sont des travailleurs, des citoyens, des hommes complets qu’il convient de former dés l’enseignement primaire en leur donnant « (...)le goût de l’action et l’exaltante admiration des belles oeuvres ». Chaque élève doit y avoir accès, quel que soit son milieu social, le quartier ou la commune où il vit, quel que soit son degré et sa filière d’enseignement.

C’est ce que Jean ZAY nommait un « enseignement humaniste ». C’est bien dans cette tradition que nous devons inscrire notre action.

C’est pourquoi je lancerai un grand plan pour l’éducation artistique. Je le conçois comme fondé sur des partenariats entre tous les établissements scolaires et des institutions culturelles ou des artistes, comme dispensant un enseignement à l’histoire des arts intégrés aux programmes scolaire, avec un volet de formation des enseignants et des espaces dédiés à la pratique artistique dans les établissements scolaires.

C’est pourquoi je développerai la culture scientifique, qui ne doit pas être seulement un instrument de sélection mais une culture de l’expérience, de la recherche, de l’observation, de la créativité.

C’est pourquoi je favoriserai la pratique du sport et, pour cela, le développement d’équipements sportifs aujourd’hui en nombre très insuffisant.

C’est pourquoi je veux aussi un grand progrès et un grand effort pour les nouvelles technologies qui ne doit pas porter que sur les matériels mais sur leurs usages, leurs contenus, leurs ressources pédagogiques.

C’est pourquoi je demanderai aux collectivités locales, dont je rappelle le rôle précieux, que je conforterai, aux mouvements d’éducation populaire, dont les valeurs, la présence, l’engagement et les compétences sont indispensables, de s’engager à nos côtés dans cette oeuvre de refondation.

Artistes, savants, sportifs, toute la Nation doit participer à ce mouvement de redressement, de justice et d’espérance auquel je vous invite autour de notre jeunesse.

Enfin, je ne néglige pas le redressement moral.

Le savoir doit être valorisé. Personne ne doit être jugé indigne de lire “La Princesse de Clèves”.

Le mérite ne sera pas un héritage qui se transmet mais un effort qui sera encouragé et récompensé.

Le respect doit être exigé, de tous et partout. L’exemple doit être donné, surtout par ceux qui occupent les plus hautes fonctions.

L’Histoire ne doit pas être manipulée mais enseignée.
Je rétablirai l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.


L’autorité doit être restaurée. Une véritable autorité fondée sur les qualités morales et intellectuelles, reconnues, et sur l’exemplarité de celui qui la détient.

La sécurité doit être assurée. Malheureusement, et en dépit de trop de gesticulations, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Tirant la leçon de toutes les études dont nous disposons, j’ai proposé d’augmenter la présence des adultes dans les établissements, de permettre le nécessaire travail en équipe et surtout la stabilité de ces équipes, et enfin la création d’un nouveau métier chargé de la sécurité et de la prévention. Je traiterai cette question sans jamais céder à la démagogie ou à la facilité, mais avec la plus implacable intransigeance face à la violence.

La morale doit être enseignée, la même morale pour tous. Parce que chacun doit mesurer qu’il a des droits mais aussi des devoirs ; et qu’il appartient à tout citoyen de savoir concilier sa liberté avec celle de tous les autres. Pour enseigner cette morale commune, je fais confiance aux enseignants que je ne crois pas en cette matière inférieure aux hommes de religion.

La laïcité doit être expliquée, revendiquée, réfléchie. Une laïcité qui n’a pas besoin d’épithète. Mais qui s’applique dans les lieux scolaires. Pour préserver la liberté de chacun et assurer la protection de tous.

Mes chers amis,

Ce que je vous propose, c’est un nouveau contrat entre l’école et la Nation, un pacte éducatif.

Cela a un sens précis : l’Ecole est l’affaire de toute la Nation, parce qu’elle prépare la Nation de demain. Elle n’est pas une politique sectorielle, elle n’est pas un simple domaine d’action de l’Etat, elle n’est pas l’affaire des seuls professionnels.

 C’est pourquoi je veux qu’elle engage toute la Nation ; les professeurs bien entendu, les grands mouvements d’éducation populaire, les parents et les familles, les collectivités locales, les forces vives de la Nation.

Je veux la concertation, la concertation jusqu’au bout. Avec tout les personnels de l’école, avec les parents, avec les élèves aussi.

 Lorsque l’enseignant pénètre dans sa classe, il doit se souvenir que tout élève est éducable, que tout élève à son droit, et il doit, selon la magnifique formule d’Alain,« donner d’abord ».

Il n’y a pas ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas, il y a en chacun une puissance qu’il faut délivrer, une lumière qu’il faut allumer, un désir qu’il faut éveiller, un droit qu’il faut honorer, une dignité qu’il faut respecter.

La politique aussi est une pédagogie.

Je sais que tous les acteurs de l’Ecole mesurent aujourd’hui l’importance de ce que nous avons à faire, ensemble, pour notre patrie ; je sais aussi leurs préventions, leurs défiances, et comment pourrais-je ne pas les comprendre quand je vois toutes les attaques, parfois appelées réformes, qu’ils ont dû subir ? Je respecte tous les points de vue, toutes les expériences, et je propose à chacun d’entrer dans cette concertation sans exclusive et sans a priori.

 Mais de même que l’apprentissage consiste à abandonner son point de vue pour s’ouvrir à celui des autres, à voir les choses du plus grand nombre de point de vue possible, nous devons faire effort pour construire, à partir de là, une perspective commune.

 Notre seul guide doit être l’intérêt des élèves et l’intérêt de la Nation.

Viendra le moment, j’annonce une méthode : une large concertation puis une loi. J’ai fixé un calendrier. Négociations durant l’été, loi d’orientation et de programmation à l’automne. C’est le rythme que nous devrons tenir.

Je prendrai toutes mes responsabilités.

La belle tâche d’enseigner et d’éduquer notre jeunesse, nous la confions aux professeurs. C’est une tâche difficile et c’est une tâche importante.

Nous sommes et nous serons à leurs côtés. Et je demanderai aux Français de se tenir à leurs côtés.

Pour former des citoyens libres, il faut des professeurs libres, libérés de toutes les tutelles et de toutes les Eglises, des modes, de l’argent. Il faut, comme le disait déjà Jules FERRY, « que vous ayez autant de liberté que de responsabilité ».

Ce n’est pas là l’autonomie de la droite, celle des chefs d’établissement transformés en patrons, des écoles en entreprises, la concurrence s’installant entre professeurs, élèves, établissements.

Je leur donnerai aux enseignants la confiance qu’ils attendent avec la responsabilité qui est la leur. La confiance ne peut se restaurer en opposant les uns aux autres selon les niveaux en payant à la tâche.

 Elle ne peut revenir si, obsédé par le statut, on laisse ainsi entendre que les piètres résultats de notre système seraient liés à l’insuffisance d’engagement des professeurs. C’est inexact, et c’est injuste.

Quel avenir a un pays qui a tant maltraité ses professeurs qu’il se trouve incapable aujourd’hui d’en recruter suffisamment pour assurer ses besoins d’instruction et d’éducation ?

Refuser d’entrer dans la discussion du statut, ce n’est pas pour autant considérer que le métier ne doit pas évoluer, que ses missions ne doivent pas être discutées. Si nous voulons réformer les rythmes scolaires, si nous voulons permettre un meilleur travail en équipes, si nous voulons que les cycles, les transitions, l’orientation se passent mieux, si nous sommes prêts alors à reconstruire une formation des professeurs, initiale et continue digne de ce nom, alors pourquoi ne pas discuter aussi du métier d’enseignant pour le faire évoluer, le rendre plus attractif, plus heureux, plus efficace et qu’il puisse atteindre ses nouveaux objectifs ?

Je veux que cette discussion soit conduite franchement, dans la sincérité, le sérieux, la transparence, car elle est au coeur de la réussite que nous voulons construire ensemble. Notre capacité à améliorer les résultats de l’école, à vaincre l’échec scolaire, à corriger les effets de reproduction sociale, à améliorer nos performances dépendent d’abord des femmes et des hommes qui font vivre au jour le jour notre institution et de leurs pratiques.

Depuis longtemps, la France accumule sans cesse des réformes, bouleverse son école, mais la vision d’ensemble manque, et les progrès ne sont pas au rendez-vous. Les professeurs, les différents personnels sont fatigués de cette remise en cause permanente, de ces injonctions, de ces dispositifs, de cette accumulation d’obligations nouvelles sans grand dessein et qui finissent par donner l’impression de n’être là que pour habiller des renoncements et des manques.

C’est pourquoi j’ai fait le choix de la refondation. Les Français l’attendent. Ils y sont prêts. Je sais que les professeurs le sont aussi.

 On me dit : “Vous courez un risque”. Peut être, mais le risque pour la France, si nous ne faisons pas cette réforme, sera beaucoup plus grand. Peut-être, mais c’est un beau risque à courir.

J’ai annoncé que je rétablirai les postes supprimés ces cinq dernières années dans l’Education nationale : 60000 sur les 77000.

Cela a fait débat. Mais c’est la condition.

Comment rétablir une formation des enseignants, initiale et continue, comment mettre la priorité sur la lutte contre l’échec scolaire et en particulier dans les quartiers où se concentrent les plus grandes difficultés, sans rétablir les moyens nécessaires ?

 Il faudra relancer une politique d’éducation prioritaire sérieuse et dotée de moyens véritables : équipe pédagogique, temps de travail, affectation, déroulement de carrière et pérennité des équipes, coordination avec les autres institutions, formation continue spécifique....

Les réseaux d’aides aux enfants en difficulté ont été laminés. Je les rétablirai.

Les personnels nécessaires à l’accompagnement des élèves en situation de handicap n’ont pas été renouvelés. Des auxiliaires de vie scolaire seront nécessaires.

La médecine scolaire est laissée en jachère. Les postes ne sont pas pourvus, et la prévention ne peut faire son office.

Comment fera-t-on tout cela sans créer de postes ? Professeurs, personnels d’encadrement et de direction, médecins, psychologues, infirmières, auxiliaires de vie scolaire : nos enfants ont besoin d’eux.

Nous aurons besoin aussi de mieux organiser la transition entre nos lycées et notre enseignement supérieur. Trop d’élèves se retrouvent désorientés en entrant à l’Université et, finalement, abandonnent leurs études. Il n’est pas acceptable que nous ayons de moins en moins d’étudiants et un tel échec dans nos premiers cycles. J’accorderai une part de l’effort de la Nation à l’Université pour réussir cette transition.

Je suis prêt à tous les débats. Mais je refuserai toutes les hypocrisies.

La France a besoin de clarté, de raison et de justice. Elle a besoin de retrouver la volonté de progresser, de réussir.

En venant ici, à Orléans, honorer la mémoire de Jean ZAY, je ne suis pas venu seulement honorer une mémoire, même si elle le mérite ; je suis venu me ressourcer à une tradition, y puiser le sens et l’énergie de la tâche qui est la nôtre pour demain.

Je veux agir pour la France à cinq ans, à dix ans, à vingt ans. C’est le temps de la véritable action publique.

 Cette tâche je veux l’énoncer simplement, et je veux réunir l’ensemble des Français autour d’elle : c’est la promesse républicaine qu’il nous faut reprendre, c’est la priorité à la jeunesse, c’est la refondation de notre école et du pacte éducatif.

Je sais que tous les républicains de progrès peuvent se réunir autour de ce projet s’il est conduit avec rigueur, sincérité, obstination.

La France est un grand pays, qui a de grandes ressources ; elle peut surmonter la crise d’avenir qui la ronge et l’affaiblit. Il y faudra des efforts. Nous en ferons, ensemble.

Il y faudra de la constance. De la précision, de l’exigence, du respect aussi. Ils seront présents au rendez-vous. Pas besoin de bousculer les choses, pas besoin de déprécier les autres.

La France a besoin d’un vrai débat, et non de fausses querelles.

Je pense à ces déclarations brutales, prétendant briser les consensus en se présentant comme la voix du “bon sens”, et qui ne sont que des provocations semant la discorde et ternissant notre image nationale.

Et le courage, ce n’est pas l’injustice, alors qu’il n’est qu’agitation et virevolte.

Dans une tourmente financière qui déstabilise les Etats, devant une récession économique qui s’installe, face à une crise politique et morale, les manoeuvres visant à diviser, à opposer les Français les uns aux autres sont à la fois dérisoires et dangereuses.

Les Français ont besoin de rassemblement.

Le rassemblement, ce n’est pas l’union nationale ! Il y aura toujours des sensibilités, des histoires personnelles. Il y aura toujours des hiérarchies à établir dans les priorités d’une Nation. Il y aura toujours de grands choix à faire, quelle que soit la gravité de la situation, et des grands choix à faire en fonction de ses convictions, de la vision que l’on se fait de son pays et de son avenir. Il y aura toujours -et c’est tant mieux !- la gauche et la droite. Cela est nécessaire.

Le rassemblement, c’est le respect de ces différences, c’est l’écoute attentive de tous, c’est la volonté d’avancer ensemble, c’est l’affirmation tranquille de ses convictions, mais c’est d’abord la recherche obstinée de l’intérêt général, la reconnaissance de l’intérêt supérieur de la Nation.

Je veux, pour la France, l’unité, le rassemblement, la réconciliation, la concorde.

 Devant l’ampleur de la tâche à accomplir, face à la gravité des défis à relever ensemble, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour ne jamais attiser d’inutiles dissensions.

Je m’engage, devant et pour les Français à toujours agir avec volonté, à travailler avec méthode.

Oui, avec méthode.

Commencer par le commencement, c’est la bonne méthode, quand d’autres veulent commencer par la fin.

Or le commencement, c’est l’Ecole.

En faisant de l’Ecole une priorité de mon action, je veux redonner à notre pays une ambition et une espérance.

Le moment est venu.

Vive la République ! Vive la France !

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06 décembre 2011

Louis XI et France 3

 

Un téléfilm : Louis XI, le pouvoir fracassé, H Helman et F Santamaria, France 3 - 6 déc 2011

Un thriller historique jubilatoire ?
Louis XI, une mort massacrée ?
Un historien, une critique de TV.
Deux lectures pour le moins opposées ...

- - -

Un thriller historique jubilatoire sur lequel règne en majesté Jacques Perrin - Le Monde

extrait :
... Produit par Dominique Antoine (Alchimic Films), Louis XI, le pouvoir fracassé est réalisé par Henri Helman qui, comme l’ont prouvé ses précédents téléfilms (Cartouche, le brigand magnifique et Charlotte Corday), sait mettre en scène les films historiques. Mieux. Il sait respecter les codes, donner du panache et introduire, sans en avoir l’air, un souffle de modernité au genre. De son côté, le scénariste Jacques Santamaria, qui a le goût des mots, sait reproduire la langue des sièclespassés, ainsi qu’il a pu l’illustrer dans la série des « Maupassant « ou encore dans le téléfilm La Reine et le Cardinal (2009). Pour Louis XI, ils’en donne à coeur joie, déroule de longues tirades sans jamais endormir. Et pour cause.

Construit comme un thriller, ce Louis XI-là nous tient en haleine mieux que bien des polars. Et les dialogues sont servis par des comédiens au sommet. Jacques Perrin en tête, délicieux en vieille canaille que ce complot transforme en jeune garnement et ranime une dernière fois.
Véronique Cauhapé - Le Monde Radio-TV

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L’Histoire :
Louis XI, une mort massacrée, Didier Le Fur - L’Histoire n° 370, p 35

Faire un film historique est toujours une gageure. Henri Helman a tenté l’aventure. A la reconstitution fidèle des derniers jours de Louis XI, que l’on connaît fort bien par ailleurs, il a préféré le romanesque tout en imaginant servir la mémoire du souverain. Mais voyons plutôt. Août 1483 : le roi, affaibli par la maladie, apprend que son gendre le duc d’Orléans, et plusieurs seigneur, mécontents de sa politique qui n’aurait favorisé que les humbles et les bourgeois, envisagent de l’assassiner. Le « roi renard » déjouera le complot, mais il succombera finalement dans les  bras de ses filles, Jeanne d’Or1éans et Anne de Beaujeu. Et c’est à cette dernière qu’il confiera la régence du royaume afin qu’e11e poursuive son œuvre présentée comme utile à 1a construction de la France.

Passons sur les anachronismes en tout genre même s’il est difficile de retenir son sérieux devant la leçon de géographie du roi présentant une carte de France pareille à celle de nos manuels, alors qu’il ne disposait d’aucune représentation de son royaume ou devant ce portrait censé figurer Charles VIII qui n’est autre qu’une image de Charles Quint. Passons aussi sur les clichés sortis de gravures de Job montrant Louis XI au milieu de ses fillettes, cages suspendues au plafond dans lesquelles il aurait enfermé ses victimes, et qui ne furent que des cellules fermées.
Passons toujours sur les libertés prises avec l’histoire : Jeanne d’Orléans ne revit jamais son père depuis le jour où il la relégua dans le Berry à l’âge de 5 ans pas plus qu’Anne de Beaujeu ne se vit confier la régence pendant la minorité du futur Charles VIII. Passons enfin sur l’ignorance de la politique de ce souverain obsédé par la conquête du duché d’Orléans - qui est déjà du domaine royal - pendant que 1’on passe sous silence les acquisitions de la Provence, du Roussillon et de la Franche-Comté.

Mais interrogeons-nous peut-être sur le sens de cette fable maladroitement inspirée des écrits et des idéaux des historiens du XIXe siècle qui nie les travaux de tous ceux qui depuis plusieurs décennies déjà besognent sur ce règne. La centralisation de France ne fut pas la création de Louis XI. Dresser le catalogue des réformes de ce souverain comme les preuves de sa modernité en oubliant toutes celles qui firent de lui, pour la majorité de ses sujets, un tyran et, pour des siècles, le plus mauvais roi de France nous ramène bien loin en arrière.
Didier Le Fur, L'Histoire n° 370


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17 juillet 2011

Aline Korenbajzer

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- A Orléans, la mémoire retrouvée des enfants déportés
. Libération 16/07/2011
Ouvert en janvier, le Musée-mémorial des enfants du Vél d’Hiv' permet notamment d’exploiter les archives des camps du Loiret. L'article cite Hélène Mouchard-Zay, fondatrice et présidente du CERCIL, fille de Jean Zay, et Nathalie Grenon, directrice du Musée-mémorial.
http://www.liberation.fr/societe/01012349286-a-orleans-la-memoire-retrouvee-des-enfants-deportes


- « La détresse des petits livrés à eux-mêmes ».
Libération 16/07/2011
Soixante-neuf ans après la rafle du Vél d’Hiv', Annette Krajcer, 12 ans en 1942, raconte l’horreur des camps de transit.
http://www.liberation.fr/societe/01012349284-la-detresse-des-petits-livres-a-eux-memes
  .

aline

Aline Korenbajzer est l'une des 4 400 enfants juifs
internés dans les camps du Loiret, déportés et 
assassinés à Auschwitz.

Son père, Abraham a été arrêté le 14 mai 1941.
 
Aline et sa mère, raflées le 16 juillet 1942, sont assassinées le 31 août 1942,
le jour anniversaire des 3 ans d'Aline.

source :  http://fr.calameo.com/read/000147994075c160579a6

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Le 14 mai 1941, 3.700 Juifs sont ainsi arrêtés dans la région parisienne : c'est la rafle du billet vert. Les hommes sont massivement déportés par les convois 2, 4, 5, et 6 partis respectivement le 5 juin de Compiègne, le 25 juin de Pithiviers, le 28 juin de Beaune-la-Rolande, et le 17 juillet de Pithiviers.

En 1942entre le 19 et le 22 juillet 1942, après la rafle du Vél d'Hiv', près de 8.000 personnes - parmi lesquelles plus de 4.000 enfants, souvent très jeunes - sont transférées dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, conçus pour en accueillir moitié moins.

Fin juillet, la décision est prise de déporter les adultes... Les mères et les grands adolescents sont déportés vers Auschwitz par 4 convois du 31 juillet au 7 août (convois 13 à 16). Les enfants restent seuls, livrés à une détresse absolue, matérielle et psychique.
Le 13 août 1942, l'accord écrit pour la déportation des enfants arrive de Berlin. Entre le 15 et le 25 août, les enfants sont transférés à Drancy , d'où ils sont déportés à Auschwitz-Birkenau, majoritairement par les convois 20 à 26 (du 17 au 28 août 1942). Ceux qui ne partent pas dans ces convois partiront un peu plus tard, notamment le 21 septembre par le convoi 35, depuis la gare de Pithiviers (la plus jeune a 2 ans).
Aucun des enfants déportés n'est revenu.

d'après Nathalie Grenon, directrice du Musée-mémorial
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19410514

La rafle du billet vert et l'ouverture des camps du Loiretconférence organisée par Le Cercle d'étude en juin 2011

La rafle du Vél' d'Hiv' 
vue par Arlette Reiman-Testyler, enfant internée, enfant cachée : h
ttp://www.cercleshoah.org/spip.php?article130

vue par Sarah Montard, Chassez les papillons noirs : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article173

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CERCIL1

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CERCIL2

Le Musée-mémorial des enfants du Vél d’Hiv', 45 rue du Bourdon Blanc, Orléans
http://www.cercil.fr/ 
 source :  http://fr.calameo.com/read/000147994075c160579a6

Rappels :
- Marie-Jo Chombart de Lauwe, Ida Grinspan, Sam Braun, Henri Borlant, Charles Palant. cinq déportés témoignent dans l'émission Hors-Champs (France-Culture, avril 2011).
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/07/15/21612474.html

- Témoins : Fondation de la Mémoire de la Shoah - Le Monde - TV5 - Steven Spielberg - Fortunatoff
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/07/14/21624722.html

 

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